Skip to content
OPINION : Quand les puissants décident d’une paix que seuls les faibles devront porter
Crédit: Adobe Stock

Qui fixe les termes, qui paie le prix

Dans toute négociation de paix, la première question n’est jamais « comment finir la guerre ? ». La première question est toujours : « qui est autour de la table ? » Parce que ceux qui sont autour de la table définissent ce qui est acceptable, ce qui est négociable, ce qui est sacrifiable. Et dans les négociations actuelles autour de l’Ukraine, il y a une asymétrie fondamentale que personne ne veut nommer clairement : ceux qui décident le plus fort ne sont pas ceux qui paient le prix le plus fort.

Les États-Unis représentent entre 37 et 43 % des dépenses militaires mondiales. Ils ne perdent aucun territoire dans cet accord. L’Europe n’a pas un seul civil qui dort dans une cave en attendant que les sirènes s’arrêtent. Washington et Bruxelles négocient depuis une position de confort absolu — le confort de ceux qui peuvent se permettre d’arrêter quand la situation devient trop compliquée à gérer politiquement, trop coûteuse médiatiquement, trop embarrassante diplomatiquement. L’Ukraine, elle, ne peut pas décider d’arrêter. Elle n’a pas ce luxe. Et c’est précisément cette différence fondamentale qui rend obscène le fait que ce soient les puissants qui définissent les termes de la capitulation qu’ils vont ensuite appeler « accord de paix ».

Quand vous avez la possibilité de partir et que l’autre n’a nulle part où aller, vous n’êtes pas en train de négocier. Vous êtes en train de dicter.

La grammaire du sacrifice imposé

Il y a une grammaire particulière dans la façon dont les puissants parlent de la paix qu’ils veulent imposer aux faibles. Elle mérite d’être décryptée, parce que ses mots sont des armes. On dit « compromis territorial » pour ne pas dire « vol validé ». On dit « réalisme géopolitique » pour ne pas dire « abandon de principes ». On dit « stabilité régionale » pour ne pas dire « reddition à l’agresseur ». On dit « négociations de bonne foi » pour ne pas dire « pressions sur la victime pour qu’elle accepte moins que ce à quoi elle a droit ».

Cette langue de bois de la diplomatie internationale a une fonction précise : elle permet à ceux qui l’utilisent de se regarder dans un miroir sans trop de malaise. Elle transforme l’abandon en pragmatisme. Elle transforme la lâcheté en sagesse. Elle crée une distance entre la décision prise dans un bureau feutré et ses conséquences réelles sur des êtres humains en chair et en os qui n’ont pas eu leur mot à dire. Ce que cette grammaire ne peut pas faire, en revanche, c’est changer la réalité. Et la réalité, c’est que céder du territoire ukrainien à la Russie — territoire qu’elle occupe par la force, contre tout droit international — n’est pas un compromis. C’est une récompense pour l’agression.

Encadré de transparence du chroniqueur

Positionnement éditorial

Ce texte est une prise de position argumentée sur la nature de la paix actuellement négociée autour du conflit ukrainien. Je défends la thèse que les termes envisagés constituent une récompense de l’agression russe et une trahison des engagements pris envers l’Ukraine. Mon analyse repose sur des faits vérifiables — les traités signés, les chiffres de dépenses militaires, les sondages publiés — mais ma lecture de ces faits est engagée et assumée. Je n’ai aucun intérêt financier lié à l’une ou l’autre des parties dans ce conflit.

Méthodologie et sources

Les références historiques au Mémorandum de Budapest et à l’accord de Munich sont des faits historiques documentés et vérifiables. Les données sur les dépenses militaires comparées des États-Unis et de la Russie proviennent des rapports annuels du Stockholm International Peace Research Institute (SIPRI). Le sondage sur les élections ukrainiennes provient du Kyiv International Institute of Sociology, publié en février 2026. Les références aux événements géopolitiques récents — pourparlers de Genève, positions de Zelensky — sont tirées de sources journalistiques primaires citées en référence.

Nature de l’analyse

Cette opinion utilise délibérément une approche historique comparative pour contextualiser la situation ukrainienne actuelle dans un cadre plus large. Je considère que la comparaison avec des précédents historiques documentés — la Géorgie de 2008, le Mémorandum de Budapest, la dynamique de Munich — est légitime et éclairante, pas rhétorique. Le lecteur est invité à contester mes interprétations mais les faits sur lesquels elles s’appuient sont vérifiables indépendamment.

Sources

Sources primaires

Euromaidan Press — Only 10% of Ukrainians want wartime elections — 21 février 2026

Kyiv International Institute of Sociology — Sondage sur les élections en temps de guerre — Février 2026

Euromaidan Press — Geneva talks yield military progress but political deadlock — 18 février 2026

Euromaidan Press — EU wants Russia to hold free elections as part of Ukraine peace deal — 19 février 2026

Sources secondaires

Stockholm International Peace Research Institute (SIPRI) — Military Expenditure Database — 2024

Nations Unies — Mémorandum de Budapest sur les garanties de sécurité — 1994

Euromaidan Press — Zelenskyy: May elections impossible — 12 février 2026

AP News — Ukraine war: tensions between Zaluzhnyi and Zelenskyy — 2026

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

facebook icon twitter icon linkedin icon
Copié!
Plus de contenu