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OPINION : Danielle Smith joue à quitte ou double avec neuf référendums — et l’Alberta n’est pas un laboratoire politique
Crédit: Adobe Stock

Ce que l’on sait jusqu’ici

Si tous les détails exacts des neuf questions référendaires n’avaient pas encore été rendus publics dans leur libellé final au moment de cette publication, les grandes thématiques avancées par le gouvernement Smith sont suffisamment claires pour qu’on puisse en analyser la portée. On parle de questions liées au contrôle provincial de l’immigration, à la capacité de l’Alberta de se retirer de certains programmes fédéraux, à la réforme du système de péréquation, à des questions touchant les droits constitutionnels provinciaux, et potentiellement à des enjeux liés au contrôle des ressources naturelles. Ce sont des sujets qui ne sont pas anodins. Ce sont des sujets qui, pris individuellement, méritent un débat public sérieux et approfondi.

Mais voilà le premier problème avec la stratégie de Smith : en les regroupant tous en automne 2026, simultanément, elle crée une saturation délibérée du débat public. Neuf enjeux complexes en même temps, c’est structurellement impossible à débattre sérieusement. Les citoyens albertains — qui travaillent, élèvent des enfants, paient leurs factures — n’ont pas la capacité cognitive et temporelle de se former une opinion éclairée sur neuf questions constitutionnelles complexes en quelques semaines. Ce que Smith appelle de la démocratie directe ressemble plutôt, dans ce contexte précis, à une noyade délibérée sous l’information.

Et c’est là que quelque chose en moi résiste fortement. J’ai lu assez d’histoire politique pour reconnaître une technique rodée : quand on veut que les gens disent oui à quelque chose de difficile à avaler, on l’emballe avec huit autres questions plus faciles, et on appelle ça de la démocratie. Ce n’est pas un procès d’intention. C’est une observation sur la mécanique référendaire. Neuf questions, c’est neuf opportunités pour que la confusion joue en faveur du camp qui contrôle le récit.

La mécanique du référendum au Canada

Le Canada n’a pas de tradition robuste de référendums provinciaux sur des questions constitutionnelles — du moins pas à cette échelle et avec cette fréquence. Le pays a eu son lot de consultations populaires déterminantes : le référendum québécois de 1995 en est l’exemple le plus douloureux et le plus déterminant. Mais même dans ce cas-là, il s’agissait d’une seule question, d’une clarté terrible, qui avait mobilisé des mois de débat public intense. Ce que Danielle Smith propose, c’est fondamentalement différent. C’est une multitude de questions qui s’entrecroisent, qui s’alimentent mutuellement, et dont les résultats combinés pourraient créer une mosaïque constitutionnelle d’une complexité sans précédent.

Sur le plan strictement légal, les provinces ont le droit de tenir des référendums consultatifs sur n’importe quelle question. Mais « consultatif » est le mot clé ici. Ces référendums n’ont pas force de loi. Ils ne peuvent pas modifier la Constitution canadienne unilatéralement. Ils ne peuvent pas annuler des lois fédérales. Ce que Smith peut faire avec des résultats positifs, c’est les brandir comme un mandat populaire et s’en servir comme argument politique dans ses négociations avec Ottawa. Ce qui est, en soi, une stratégie politiquement légitime — mais qui doit être nommée pour ce qu’elle est : une opération de communication politique de grande envergure, autant sinon plus qu’un exercice de démocratie directe.

Encadré de transparence du chroniqueur

Positionnement éditorial

Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur et analyste. Mon expertise réside dans l’observation et l’analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.

Je ne prétends pas à l’objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. Je prétends à la lucidité analytique, à l’interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d’offrir une lecture critique des événements.

Méthodologie et sources

Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et analyses interprétatives. Les informations factuelles présentées proviennent exclusivement de sources primaires et secondaires vérifiables.

Sources primaires : communiqués officiels du gouvernement de l’Alberta, déclarations publiques de Danielle Smith, rapports constitutionnels, dépêches d’agences de presse internationales reconnues.

Sources secondaires : publications spécialisées, médias d’information canadiens reconnus, analyses d’institutions de recherche établies. Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques constituent une synthèse critique et contextuelle basée sur les informations disponibles au moment de la rédaction.

Nature de l’analyse

Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans cet article constituent une synthèse critique et contextuelle basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d’experts cités dans les sources consultées. Toute évolution ultérieure de la situation pourrait naturellement modifier les perspectives présentées ici.

Sources

Sources primaires

Radio-Canada — Danielle Smith annonce la tenue de neuf référendums cet automne en Alberta — 2025

Gouvernement de l’Alberta — Bureau de la première ministre Danielle Smith — Déclarations officielles

Gouvernement du Canada — Loi constitutionnelle de 1982, incluant la Charte canadienne des droits et libertés

Sources secondaires

Le Devoir — Analyse de la stratégie référendaire de Danielle Smith — 2025

The Globe and Mail — Alberta’s referendum gambit and its implications for Canadian federalism — 2025

Policy Options — Alberta, equalization and the politics of provincial grievance — Institut de recherche en politiques publiques — 2024

CBC News — Alberta referendums: What Smith is proposing and what it could mean — 2025

Maclean’s — Danielle Smith’s referendum gamble — 2025

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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