Le choix stratégique du sud
Puis les forces aéroportées ukrainiennes sont entrées en scène. Sous le commandement du général Oleh Apostol, commandant des Forces d’assaut aérien (DShV), l’opération a été lancée sur l’axe Oleksandrivka. L’objectif, selon les déclarations officielles : la destruction totale des groupements russes et leur expulsion au-delà des frontières administratives de l’oblast de Dnipropetrovsk. Pas un recul. Pas un repli. Une expulsion.
Les mots comptent. Quand un commandement militaire utilise le terme « expulsion » plutôt que « repoussement », c’est un changement de posture. Ce n’est plus « tenir la ligne ». C’est « reprendre ce qui est à nous ». Après des mois de narratif défensif, ce vocabulaire-là change tout.
La 82e et la 95e : l’élite dans le feu
300 km² : ce que les chiffres ne disent pas
La géographie de la reprise
Pour mettre ces 300 km² en perspective : la Russie avait capturé environ 450 km² dans la région entre décembre et janvier. En quelques semaines, l’Ukraine a effacé plus de la moitié de ces gains. L’Institute for the Study of War (ISW), organisme américain de référence, a vérifié indépendamment ces avancées territoriales. Ce n’est pas de la propagande. Ce n’est pas un chiffre gonflé. C’est vérifié, cartographié, confirmé.
On entend souvent que les gains territoriaux en Ukraine se mesurent en mètrès, en centaines de mètrès au mieux. Que la guerre est figée. Que personne n’avance. Et puis arrivent ces 300 km². D’un coup. Comme un démenti cinglant à tous ceux qui avaient enterré la capacité offensive de l’Ukraine. Les faits ont cette brutalité-là : ils ne négocient pas avec les narratifs.
Le prix russe de la résistance
Et cette arithmétique vient de se retourner. Les 300 km² repris par l’Ukraine ne représentent pas seulement du territoire. Ils représentent des semaines de pertes russes annulées. Des milliers de soldats tombés pour rien. Des positions fortifiées à grands frais, abandonnées. Des plans d’offensive 2026 réduits en poussière. Le commandement russe avait un plan pour le sud de l’Ukraine. Ce plan n’existe plus.
L'effet Starlink : quand la technologie change de camp
La coupure qui a tout changé
Pour comprendre cette contre-offensive, il faut remonter à janvier 2026. C’est à ce moment que SpaceX a pris une décision qui allait transformer le champ de bataille : désactiver les terminaux Starlink utilisés par les forces russes. Le 1er février, Elon Musk écrivait sur X : « Il semble que les mesures que nous avons prises pour stopper l’utilisation non autorisée de Starlink par la Russie aient fonctionné. »
La méthode était chirurgicale. Le ministre ukrainien de la Défense, Mykhaïlo Fedorov, avait créé une « liste blanche » de terminaux Starlink utilisés par les forces armées ukrainiennes et l’avait envoyée à Musk, demandant de maintenir ceux-ci opérationnels tout en coupant tous les autres dans le théâtre ukrainien. Les terminaux « gris » — ceux que la Russie avait acquis par des canaux détournés — se sont éteints. D’un coup.
Il y à une ironie cruelle dans cette histoire. La Russie, qui se présente comme une puissance technologique souveraine, dépendait d’un réseau satellitaire américain pour coordonner ses troupes sur le front. Quand ce réseau s’est éteint, leur système de commandement s’est effondré. La souveraineté technologique russe, ce grand narratif du Kremlin, tenait à des terminaux Starlink achetés au marché noir.
L’effondrement du commandement russe
L’impact a été dévastateur. Selon un haut responsable de l’OTAN, la perte de Starlink a directement contribué aux avancées ukrainiennes dans la région de Zaporizhzhia. Le système de commandement et contrôle russe — le fameux C2, colonne vertébrale de toute opération militaire — s’est effondré. Une part substantielle des communications de première ligne russes transitait par ces terminaux « gris ». Leur désactivation soudaine a perturbé l’ensemble de la verticale de commandement.
Opération Fenix : six mois dans les serveurs de l'ennemi
L’infiltration silencieuse
C’est peut-être la partie la plus extraordinaire de cette séquence. Depuis le milieu de l’année 2025, des cyber-spécialistes ukrainiens du centre analytique Fenix, soutenus par la communauté internationale de renseignement InformNapalm, menaient une opération d’une audace peu commune. Ils avaient piraté les comptes de dizaines de militaires russes et obtenu l’accès aux systèmes de surveillance utilisés par les opérateurs de drones de frappe.
Imaginez la scène. Vous êtes un opérateur de drone russe. Vous planifiez une frappe sur une infrastructure énergétique ukrainienne. Vous en discutez avec vos collègues. Vous définissez la route. Vous choisissez la cible. Et pendant tout ce temps, quelqu’un lit par-dessus votre épaule. Quelqu’un qui, demain, va transmettre ces coordonnées à ceux qui détruiront votre poste de commandement. C’est ce qui s’est passé. Pendant six mois.
Ce que les hackers ont découvert
Le Bélarus démasqué : la complicité de Loukachenko
Plus qu’un allié passif
Alexandre Loukachenko a toujours maintenu la fiction d’une neutralité relative. Le Bélarus, disait-il, n’était pas directement impliqué dans la guerre. Il avait certes permis à la Russie d’utiliser son territoire comme base de lancement pour l’invasion de février 2022. Mais depuis, affirmait-il, le Bélarus restait en retrait. Les données interceptées par Fenix racontent une autre histoire.
La complicité de Loukachenko n’est pas une surprise pour ceux qui suivent cette guerre. Mais la preuve, elle, est nouvelle. Ce ne sont plus des soupçons. Ce ne sont plus des analyses d’experts. Ce sont des données extraites directement des systèmes militaires russes, par des hackers qui ont passé six mois à les regarder opérer. La preuve est dans les conversations des opérateurs eux-mêmes. Ils le disent. Ils utilisent les antennes biélorusses. C’est documenté.
Les sanctions : la réponse politique
Le 18 février 2026, le président Zelensky a franchi un cap politique. Il a imposé des sanctions contre Alexandre Loukachenko personnellement, citant son implication dans l’escalade et la prolongation de la guerre. Plus de 3 000 entreprises biélorusses soutenant l’effort de guerre russe ont été identifiées. La décision n’était pas symbolique. Elle était l’aboutissement de l’opération Fenix — la preuve accumulée pendant six mois, convertie en action politique.
L'unité Rubikon et les postes de commandement détruits
Quand le renseignement devient une arme
L’opération Fenix n’était pas qu’une opération de collecte de renseignements. Les données recueillies ont été converties en frappes. Parmi les résultats concrets : des frappes réussies des forces de défense ukrainiennes sur des postes de commandement russes et des sites de lancement de drones. L’unité russe Rubikon, impliquée dans les opérations de drones, a été spécifiquement ciblée.
Le mécanisme est d’une efficacité redoutable. Les hackers identifient un poste de commandement à travers les conversations interceptées. Ils localisent sa position. Ils transmettent les coordonnées aux forces armées. Et le poste disparaît. Les opérateurs de drones russes planifiaient leurs frappes sans savoir que chaque mot tapé dans leurs conversations était lu, analysé et retourné contre eux. La guerre de l’information, dans sa forme la plus pure et la plus létale.
Il y à quelque chose de profondément satisfaisant dans cette inversion. Les drones Shahed, instruments de terreur conçus pour frapper des civils dans leur sommeil, retournés contre leurs propres opérateurs grâce à l’intelligence de ceux qu’ils visaient. La boucle est bouclée. L’agresseur frappé par ses propres plans. Ce n’est pas de la poésie. C’est de la guerre moderne.
Les limites de l’opération
La décision de révéler l’opération publiquement, en février 2026, suggère que l’accès a été compromis où que les renseignements recueillis avaient atteint leur valeur maximale. En cybersécurité, il y a toujours un arbitrage entre maintenir l’accès et exploiter les données. L’Ukraine a choisi le moment de la révélation pour maximiser l’impact politique — les sanctions contre Loukachenko — tout en ayant déjà extrait la valeur militaire maximale des données.
Le commandant en chef Syrskyi et la doctrine de contre-offensive
Un changement de posture stratégique
Le général Oleksandr Syrskyi, commandant en chef des forces armées ukrainiennes, a confirmé des « actions d’assaut contre-offensives efficaces » le long de l’axe Oleksandrivka et près de Houliaïpole. Ce n’est pas un détail. C’est un signal. Depuis l’échec relatif de la contre-offensive de 2023, le haut commandement ukrainien était resté dans une posture essentiellement défensive. Tenir. Ralentir. Infliger des pertes. Ne pas reculer.
Le timing n’est jamais un hasard en stratégie militaire. La Russie venait de perdre ses communications Starlink. Ses unités étaient en désordre. Sa logistique de drones était compromise par l’opération Fenix. Et c’est exactement à ce moment que les forces aéroportées ukrainiennes ont frappé. Ce n’est pas de la chance. C’est de l’art opérationnel. Et c’est ce qui sépare une armée qui subit d’une armée qui choisit.
L’avancée la plus rapide depuis 2023
Les 200 km² initialement repris en quelques semaines — devenus 300 à mesure que l’opération progrèssait — constituent la plus rapide avancée ukrainienne depuis la contre-offensive de 2023. L’ISW, qui suit quotidiennement les mouvements de front, a confirmé ce rythme. En quelques semaines, l’Ukraine a annulé près de la moitié de ce que la Russie avait mis deux mois à conquérir.
Et pourtant, le président Zelensky lui-même a reconnu des « problèmes » et des « défis » lors de son entrevue avec l’AFP. L’Ukraine aussi a été affectée par les perturbations de communication. Mais les revers russes, a-t-il ajouté, sont « beaucoup plus sérieux ». C’est la lucidité d’un chef de guerre qui ne vend pas de victoire facile. Qui dit la vérité : c’est dur. Mais c’est plus dur pour eux.
Drones Shahed et routes biélorusses : l'architecture de la terreur
Le réseau de relais
Les drones Shahed — ces armes de fabrication iranienne que la Russie utilise massivement contre les infrastructures civiles ukrainiennes — ne volent pas en ligne droite. Ils suivent des routes programmées, guidés par des signaux de contrôle. Et ces signaux, depuis la seconde moitié de 2025, passaient par le Bélarus. Le réseau de relais déployé sur le territoire biélorusse utilisait des tours cellulaires civiles pour maintenir une liaison stable avec les drones en vol.
On parle souvent des drones Shahed comme d’une arme bon marché, imprécise, terrorisante. C’est vrai. Mais derrière chaque drone, il y à un opérateur, un système de guidage, une route planifiée, des relais, des antennes. Et derrière ces antennes, il y à un pays — le Bélarus — qui a choisi d’être complice. Chaque frappe de Shahed sur un immeuble résidentiel ukrainien portait, quelque part dans son signal, la signature des tours cellulaires biélorusses. C’est un fait. Les hackers l’ont prouvé.
La violation de l’espace aérien OTAN
En septembre 2025, des dizaines de drones russes guidés par l’infrastructure biélorusse sont entrés dans l’espace aérien polonais. La Pologne est membre de l’OTAN. L’article 5 du traité garantit la défense collective. Un drone militaire survolant un territoire allié est, en droit international, une violation de souveraineté. Et pourtant, aucune réponse proportionnelle n’a suivi. Les drones sont entrés. Les drones sont sortis. Et le dossier a été classé.
Les opérateurs russes, selon les données interceptées par Fenix, testaient de nouvelles tactiques — utilisant les capacités cellulaires biélorusses pour explorer des routes de perturbation potentielles des chaînes d’approvisionnement en armes vers l’Ukraine. En clair : ils cherchaient à savoir si les drones pouvaient survoler des pays OTAN pour frapper les corridors logistiques occidentaux. Ce n’était pas un accident de navigation. C’était un test.
Le facteur Telegram : la deuxième coupure
Quand les deux béquilles lâchent en même temps
Starlink n’était pas la seule infrastructure de communication dont dépendaient les forces russes. Telegram, l’application de messagerie créée par Pavel Durov, était devenue l’outil de coordination principal des troupes russes sur le front. Ordres, rapports de situation, demandes de soutien d’artillerie — tout passait par Telegram. Quand l’application a connu des perturbations début 2026, c’est la deuxième béquille qui lâchait.
C’est la leçon fondamentale de cette séquence. La guerre moderne ne se gagne pas seulement avec des chars et des obus. Elle se gagne avec de l’information. Et quand vous coupez l’information de l’ennemi — ses satellites, ses messageries, ses drones — vous ne coupez pas un fil. Vous coupez le système nerveux. Un soldat sans communication est un soldat aveugle. Et une armée aveugle recule.
La dépendance technologique russe
La Russie, qui se présentait comme une grande puissance technologique, s’est retrouvée dans une situation humiliante. Sa dépendance à Starlink — un réseau américain — pour coordonner ses opérations militaires est un aveu d’échec industriel et technologique. Les services de communication approuvés par l’État russe se sont révélés insuffisants pour remplacer ce que Starlink fournissait. Aucune alternative viable n’existait.
Et pourtant, pendant des mois, les terminaux « gris » — achetés sur le marché noir, détournés de leur destination originale — avaient fonctionné. La Russie avait construit toute sa logistique de communication de front sur un système qu’elle ne contrôlait pas, fourni par un pays qu’elle considérait comme ennemi, géré par un entrepreneur qu’elle ne pouvait ni contraindre ni acheter. C’est l’arrogance transformée en vulnérabilité.
Les huit villages libérés : derrière les chiffres, des vies
Ce que signifie « libération » pour les civils
Huit localités. Le communiqué militaire les mentionne sans les nommer — sécurité opérationnelle oblige. Mais derrière chaque village repris, il y à une réalité que les chiffres ne captent pas. Des caves où des familles se terraient depuis des mois. Des maisons dont les murs portent les impacts. Des jardins transformés en positions de tir. Des routes minées que personne n’osait emprunter.
Quand les forces aéroportées ukrainiennes entrent dans un village repris, la première tâche n’est pas de planter un drapeau. C’est de déminer. De vérifier chaque bâtiment. De chercher les pièges. De s’assurer que les groupes de sabotage russes — les DRG — ne se cachent pas dans une cave où un grenier. Trois cents kilomètrès carrés « nettoyés », dit le communiqué. Chaque mètre de ces 300 km² a été inspecté. À pied. Sous la menace.
On oublie trop facilement que derrière les cartes et les flèches, il y à des gens. Des gens qui attendaient dans le noir, qui ne savaient pas si demain ils seraient libérés où bombardés. Et quand les parachutistes ukrainiens sont arrivés — quand les premiers mots en ukrainien ont résonné dans ces rues silencieuses — quelque chose s’est brisé dans la poitrine de ceux qui attendaient. Le soulagement à un son. C’est le silence qui se fissure.
Le risque des contre-attaques
La libération n’est que le début. Les forces russes, selon les rapports du terrain, déploient des réserves significatives pour tenter de reprendre le territoire perdu. Les contre-attaques sont quotidiennes. Les huit villages repris ne sont pas à l’abri. Ils doivent être défendus, fortifiés, intégrés dans la nouvelle ligne de défense. C’est le travail ingrat de la consolidation — moins spectaculaire que l’assaut, mais tout aussi vital.
Les forces aéroportées le savent. La 82e brigade et la 95e brigade sont restées sur place. L’opération, insistent les commandants, est « toujours en phase active ». Les objectifs n’ont pas été atteints — ils sont en cours de réalisation. L’expulsion des forces russes au-delà des frontières de l’oblast de Dnipropetrovsk n’est pas un souhait. C’est un ordre de mission.
La guerre hybride : quand le clavier vaut le blindé
Le nouveau champ de bataille
Cette séquence — Fenix, Starlink, contre-offensive — illustre une mutation profonde de la guerre moderne. Le champ de bataille ne se limite plus aux tranchées et aux lignes de front. Il s’étend aux serveurs, aux satellites, aux réseaux cellulaires, aux applications de messagerie. Et sur ce terrain-là, l’Ukraine possède un avantage que la Russie ne peut pas compenser par la masse : l’agilité.
Les hackers de Fenix ne disposaient pas de budgets militaires colossaux. Ils ne pilotaient pas des escadrons de chasseurs. Ils avaient un ordinateur, une connexion, et une intelligence opérationnelle qui leur a permis de rester six mois dans les systèmes ennemis sans se faire repérer. Le coût de l’opération Fenix est dérisoire comparé à celui d’une seule journée de bombardements russes. Le rapport coût-efficacité est sans commune mesure.
L’Ukraine réinvente la guerre. Pas par choix — par nécessité. Quand vous n’avez pas les moyens de la Russie, quand vous n’avez pas ses missiles, ses bombes, ses avions, vous trouvez d’autrès chemins. Vous entrez dans leurs serveurs. Vous lisez leurs plans. Vous frappez leurs postes de commandement avec des coordonnées qu’ils vous ont données sans le savoir. C’est David contre Goliath — et la fronde, cette fois, est numérique.
L’asymétrie inversée
Le résultat : 300 km² repris. Des postes de commandement détruits. Un réseau de drones compromis. Un allié — le Bélarus — démasqué. Et une armée russe qui, pour la première fois depuis des mois, recule dans le sud. Pas à cause d’une supériorité matérielle ukrainienne. À cause d’une supériorité informationnelle. L’information est devenue l’arme la plus létale de ce conflit.
Les leçons pour l'OTAN et l'Occident
Ce que l’Alliance devrait voir
Les capitales occidentales devraient étudier cette séquence avec la plus grande attention. Non pas seulement pour ce qu’elle dit de l’Ukraine, mais pour ce qu’elle dit de la guerre du futur. L’intégration du cyber-renseignement avec les opérations cinétiques n’est pas un concept théorique développé dans un think tank. C’est ce que l’Ukraine vient de faire. Sur le terrain. Sous le feu. Avec des résultats mesurables.
Chaque drone russe qui a survolé la Pologne sans conséquence a envoyé un message à Moscou : « Vous pouvez continuer. » Chaque jour sans réponse de l’OTAN est un jour où l’agresseur prend note. Les 300 km² repris par l’Ukraine sont la preuve que la résistance fonctionne. L’inaction de l’Alliance face aux violations de son propre espace aérien est la preuve que la dissuasion, elle, vacille. L’Ukraine fait sa part. La question est : quand l’Occident fera-t-il la sienne?
L’investissement dans la cyber-défense
L’opération Fenix démontre que l’investissement dans les capacités cyber rapporte davantage, par dollar investi, que n’importe quel système d’armes conventionnel. Six mois de surveillance ont permis de neutraliser des dizaines de frappes, de détruire des postes de commandement et de démasquer un réseau international d’infrastructure de terreur. Le coût? Incomparablement inférieur à celui d’un seul système de défense aérienne Patriot.
Les pays de l’OTAN qui hésitent encore à investir massivement dans leurs capacités cyber devraient regarder ce que l’Ukraine a accompli avec des moyens limités. Si une nation en guerre, bombardée quotidiennement, peut infiltrer les systèmes militaires de la deuxième armée du monde pendant six mois — imaginez ce que des pays en paix pourraient accomplir s’ils prenaient cette menace au sérieux.
Ce que cette séquence change dans la guerre
La fin du narratif de l’impasse
Depuis des mois, un narratif s’était installé dans les analyses occidentales : la guerre en Ukraine était dans une impasse. Personne n’avançait. Les deux camps s’épuisaient. La seule issue était diplomatique. Ce narratif arrangeait certains. Il justifiait l’inaction. Il légitimait la fatigue de ceux qui voulaient tourner la page.
Les 300 km² de l’axe Oleksandrivka viennent de pulvériser ce narratif. L’Ukraine peut avancer. L’Ukraine avance. Pas partout. Pas tout le temps. Mais quand les conditions sont réunies — intelligence, timing, commandement, unités d’élite — elle est capable de reprendre du territoire à une vitesse que personne n’avait vue depuis 2023. Ce n’est pas une impasse. C’est une guerre que l’Ukraine peut gagner si on lui en donne les moyens.
Le narratif de l’impasse ne servait qu’un seul camp : celui qui voulait arrêter de fournir des armes. Celui qui voulait une « paix » négociée aux conditions de l’agresseur. Celui qui, derrière les mots « réalisme » et « pragmatisme », vendait l’abandon. Les 300 km² ne sont pas seulement une victoire militaire. Ils sont la preuve vivante que le soutien occidental à un sens. Que les armes fournies servent. Que l’Ukraine se bat — et gagne — quand on ne l’abandonne pas.
Un modèle pour la suite
Ce triptyque — savoir, perturber, frapper — est reproductible. Et il inquiète le commandement russe bien plus que n’importe quel gain territorial ponctuel. Parce qu’il signifie que l’Ukraine ne se contente plus de réagir. Elle anticipe. Elle prépare. Elle choisit quand et où frapper. C’est le passage de la défense à l’initiative stratégique.
Jour 1 460 : l'Ukraine debout
Le message au monde
1 460 jours. Quatre ans. Quatre ans que l’Ukraine se bat contre une armée qui devait la conquérir en trois jours. Quatre ans de bombardements, de tranchées, de pertes, de deuil. Et au bout de ces 1 460 jours, l’Ukraine ne se contente pas de survivre. Elle contre-attaque. Elle reprend 300 km². Elle infiltre les systèmes ennemis pendant six mois. Elle sanctionne un dictateur complice. Elle avance.
Au jour 1 460, les forces aéroportées ukrainiennes avancent dans le sud. Des hackers ont passé six mois à lire les plans de l’ennemi. Un dictateur biélorusse est sanctionné. Et le narratif de l’impasse se fissure. Ce n’est pas la fin de la guerre. C’est peut-être le début de la fin de l’abandon. Le monde ne peut plus dire qu’il ne savait pas. Le monde ne peut plus dire que c’est sans espoir. Les faits sont là. 300 km². Huit villages. Six mois de renseignement. Et une armée qui refuse de mourir.
La question qui reste
L’opération est toujours en cours. Les forces aéroportées continuent d’avancer. Les résultats définitifs ne sont pas encore connus. Mais une chose est certaine : quelque chose a changé sur le front sud. La dynamique s’est inversée. Et la question n’est plus de savoir si l’Ukraine peut reprendre du territoire. La question est de savoir combien.
Signé Maxime Marquette
Encadré de transparence du chroniqueur
Positionnement éditorial
Cette analyse est rédigée par Maxime Marquette, chroniqueur indépendant publiant sous le pseudonyme LeClaude. Je ne suis pas journaliste. Je suis chroniqueur et rédacteur. Je n’appartiens à aucune rédaction, aucun groupe médiatique, aucun parti politique. Mon travail est financé exclusivement par les revenus publicitaires de mes publications sur MSN, Google News et Apple News.
Ma position sur la guerre en Ukraine est explicite et assumée : je considère l’invasion russe de l’Ukraine comme une guerre d’agression illégale au regard du droit international. Cette position n’est pas une opinion personnelle isolée — elle est partagée par 141 pays de l’Assemblée générale des Nations Unies, par la Cour internationale de Justice, et par l’ensemble du droit international contemporain. Nommer un agresseur n’est pas un biais. C’est un fait juridique.
Méthodologie et sources
Les informations présentées dans cette analyse proviennent de sources ouvertes vérifiées : communiqués officiels des forces armées ukrainiennes, déclarations présidentielles, rapports de l’Institute for the Study of War (ISW), enquêtes d’InformNapalm, couverture de médias internationaux (AFP, Bloomberg, France 24, Al Jazeera). Les données sur les gains territoriaux ont été indépendamment vérifiées par l’ISW. Les informations sur l’opération Fenix proviennent directement d’InformNapalm et ont été reprises par plusieurs médias de référence.
Je n’ai aucun accès privilégié à des sources militaires classifiées. Mon analyse repose sur le recoupement de sources publiques et sur le contexte accumulé au cours de plus de quatre ans de couverture quotidienne de ce conflit. Les passages éditoriaux (en italique) sont clairement identifiés comme tels et représentent mon analyse personnelle, distincte des faits rapportés.
Nature de l’analyse
Ce texte est une analyse éditoriale, pas un reportage de terrain. Il combine des faits vérifiés avec une interprétation assumée. Les passages factuels et les passages d’opinion sont délibérément séparés — les faits dans le corps du texte, les opinions dans les passages en italique. Le lecteur dispose ainsi de tous les éléments pour former son propre jugement.
Je n’ai reçu aucune rémunération, aucun avantage, aucune instruction d’un gouvernement, d’une organisation où d’un groupe d’intérêt pour la rédaction de cette analyse. Mon seul engagement est envers la vérité documentée et envers mes lecteurs.
Sources
Sources primaires
United24 Media — Ukraine’s Elite Airborne Forces Are On the Counteroffensive: What We Know So Far
Interfax-Ukraine — Zelensky: 300 square kilometrès liberated in southern counteroffensive
RBC-Ukraine — Hackers uncover Belarus’s hidden rôle in Russian drone attacks on Ukraine
United24 Media — How Ukraine Liberated 200 Sq Km in Its Fastest Push Since 2023
Sources secondaires
The Moscow Times — Ukraine Advances in Zaporizhzhia After Russian Troops Lose Starlink Access
Al Jazeera — How does the cutoff of Starlink terminals affect Russia’s moves in Ukraine?
Bloomberg — Russia’s Front-Line Comms Hit by Curbs to Starlink, Telegram
France 24 — Starlink loss a blow to Russian forces in Ukraine: experts
Charter97 — Secret Network Of Repeaters In Belarus Sends Shaheds To Ukraine And NATO Countries
Militarnyi — InformNapalm: Ukrainian Hackers Discover How Russian Drone Operators Use Belarus
Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.