Les acteurs de l’ombre
D’un côté, Rosoboronexport — l’exportateur d’armes officiel de l’Etat russe. De l’autre, le representant moscovite du MODAFL, le ministere iranien de la Defense et de la Logistique des Forces armées. Entre les deux, un nom revient : Ruhollah Katebi. Le même homme qui avait négocie la vente des missiles balistiques Fath-360 de l’Iran à la Russie pour la guerre en Ukraine. Le même intermediaire. Les mêmes circuits. La même opacite.
Et pourtant, Katebi n’est pas un inconnu des services de renseignement. Son nom circule dans les rapports depuis des mois. Il est le fil rouge d’une coopération militaire qui ne cesse de s’approfondir, de se sophistiquer, de s’institutionnaliser. Ce n’est plus du bricolage. C’est une alliance stratégique structuree, avec des contrats, des prix, des echeances.
On parle souvent de l’axe Moscou-Teheran comme d’une alliance de circonstance. Les documents du Financial Times disent autre chose. Ils montrent une relation transactionnelle, methodique, reciproque. L’Iran a donne des drones et des missiles balistiques à la Russie pour tuer en Ukraine. La Russie donne des missiles de défense aérienne à l’Iran pour se protéger d’Israel et des Etats-Unis. C’est un troc entre bourreaux. Un échange de capacités de destruction.
Les chiffres qui parlent
Le contrat est d’une précision chirurgicale. 495 millions d’euros pour etre exact. 500 systèmes de lancement Verba. 2 500 missiles 9M336 a guidage infrarouge. 500 viseurs de nuit Mowgli-2 pour traquer les aeronefs dans l’obscurite. Livraison en trois tranches, de 2027 a 2029. Chaque missile coute 170 000 euros. Chaque lanceur, 40 000 euros.
Ces chiffres ne sont pas abstraits. Derriere chaque missile, il y à un avion qui pourrait etre abattu, un drone qui pourrait etre détruit, un pilote qui pourrait ne jamais rentrer chez lui. Le Verba est un système de quatrième génération. Trois capteurs — ultraviolet, infrarouge proche, infrarouge moyen. Il distingue un avion d’un leurre. Il résiste aux contre-mesures. Il est 1,5 a 2 fois plus performant que les générations précèdentes. Portee : 6 kilometres. Plafond : 4 500 metres. Il peut intercepter des missiles de croisiere, des avions a basse altitude, des drones.
Pourquoi maintenant : l'Iran blessé qui se rearme
Les cicatrices de juin
L’Iran n’a pas oublie juin 2025. Personne a Teheran n’a oublie. Les frappes israeliennes et americaines ont expose une vulnerabilite que le régime croyait avoir comblee. Les systèmes de défense aérienne iraniens — censes protéger les sites les plus sensibles du pays — ont été submerges, neutralises, détruits. Les S-300 russes déjà en service n’ont pas suffi. Les radars ont été aveugles. Les intercepteurs ont rate leurs cibles.
Le renseignement ukrainien a rapporte en aout 2025 que l’Iran cherchait désespérerement de l’aide pour restaurer ses capacités de défense aérienne endommagees — allant jusqu’a solliciter la Bielorussie. Imaginez. Un pays de 88 millions d’habitants, avec l’un des programmes militaires les plus ambitieux du Moyen-Orient, réduit a supplier des allies de seconde zone pour colmater les breches dans son bouclier aérien.
Il y à une ironie cruelle dans cette situation. L’Iran a passe des decennies a se presenter comme une puissance militaire régionale insubmersible. Le régime a investi des milliards dans ses programmes de missiles. Et pourtant, douze jours de frappes ont suffi a mettre a nu la fragilite du système. Le roi etait nu. Et le roi avait besoin de vetements russes.
La logique du désespéroir
Ce n’est pas un hasard si Teheran a choisi les MANPADS. Les systèmes de défense aérienne conventionnels — les batteries fixes, les radars au sol, les centrès de commandement — sont des cibles visibles. Israel et les Etats-Unis les ont prouves : ils savent où ils sont, ils savent comment les detruire. Les Verba, c’est l’inverse. Portables. Mobiles. Invisibles. Des équipes de deux où trois hommes disseminees sur le territoire, sans infrastructure détectable, sans signature radar.
C’est la stratégie du faible qui s’adapte. L’Iran ne peut pas reconstituer un bouclier aérien conventionnel sans que les satellites americains et israeliens le détectent en temps reel. Mais il peut semer des milliers de tireurs avec des missiles à l’epaule sur tout son territoire. Et pourtant, cette stratégie à un prix : elle transforme chaque coin de rue, chaque colline, chaque toit d’immeuble en position de tir potentielle. C’est la guerilla de la défense aérienne.
La Russie : pourquoi Moscou a dit oui
Reparer une alliance fissuree
Un responsable americain cite par le Financial Times a lache une phrase qui éclaire tout : Moscou considere ce deal comme un moyen de réparer les liens avec Teheran après avoir echoue a venir en aide à son allie pendant le conflit de juin. Relisez. La Russie — le prétendu protecteur, le grand allie stratégique de l’Iran — n’a rien fait quand Israel et les Etats-Unis ont pilonne les sites iraniens pendant douze jours.
Rien. Pas une déclaration serieuse. Pas un avertissement credible. Pas un système d’arme envoye en urgence. Poutine a regarde l’Iran bruler et il a choisi le silence. Pourquoi? Parce que la Russie avait besoin des Etats-Unis pour l’Ukraine. Parce que Moscou ne pouvait pas se permettre de confronter Washington au Moyen-Orient pendant qu’elle cherchait désespérerement une sortie de crise en Europe de l’Est.
Et pourtant, c’est la même Russie qui avait signe un accord de partenariat stratégique de vingt ans avec l’Iran en avril 2025. Vingt ans de coopération. La signature de Poutine. Et quand les bombes sont tombees sur Natanz et Fordow, cette signature ne valait plus le papier sur lequel elle etait écrite. Les alliances russes ont une date de peremption — celle de l’intérêt du moment.
Le prix de la trahison passee
Ce deal de 500 millions d’euros est donc une compensation. Un cheque pour faire oublier l’abandon. La Russie achété le pardon iranien avec des missiles Verba. C’est cynique. C’est calculateur. Et c’est parfaitement coherent avec la manière dont Moscou gere ses relations internationales : chaque alliance à un prix, chaque trahison à une monnaie d’échange.
Mais il y a plus. La Russie a aussi une dette envers l’Iran. Teheran a fourni a Moscou plus de 350 missiles balistiques Fath-360 pour la guerre en Ukraine. Des milliers de drones Shahed. Des obus d’artillerie. Ces armes iraniennes ont tue des civils ukrainiens, détruit des infrastructures, terrorise des villes. La Russie le sait. L’Iran le sait. Et maintenant, la facture arrive dans l’autre sens.
Le circuit logistique : les avions-cargos dans la nuit
Les vols fantomes
Le Financial Times a documente quelque chose d’encore plus troublant que le contrat lui-même : les livraisons ont peut-etre déjà commence. Des avions-cargos Ilyushin Il-76TD ont effectue trois rotations en huit jours entre Mineralnye Vody, dans le sud de la Russie, et Karaj, en Iran. Au moins un Il-76 supplementaire a emprunte la même route fin decembre.
Que transportaient ces avions? Officiellement, rien de déclarable. Mais les sources du Financial Times suggerent qu’un nombre réduit de systèmes a pu etre livre avant le calendrier officiel de 2027-2029. Et en janvier, l’Iran aurait recu jusqu’a six hélicoptères d’attaque Mi-28 russes. Les livraisons ne sont plus une hypothese. Elles sont un fait en cours.
Six hélicoptères Mi-28 en janvier. Des avions-cargos en decembre. Et un contrat signe pour trois ans de livraisons. Ce n’est plus un deal futur. C’est une pipeline d’armement active, opérationnelle, qui fonctionne pendant que les diplomates a Geneve discutent de centrifugeuses et de taux d’enrichissement. La diplomatie parle. Les armes voyagent.
Mineralnye Vody — Karaj : la route de l’ombre
Mineralnye Vody n’est pas un choix anodin. Cette ville du Caucase russe abrite une base aérienne militaire qui sert régulierement de point de transit pour les exportations d’armes russes. Karaj, en Iran, est une ville industrielle situee à une trentaine de kilometrès de Teheran, connue pour abriter des installations liees au programme militaire iranien.
La route est directe. Pas d’escale. Pas de détour par un pays tiers qui pourrait poser des questions. Juste un vol de quelques heures au-dessus de la mer Caspienne — ce lac interieur que la Russie et l’Iran partagent comme frontière, à l’abri des regards occidentaux. Et pourtant, des observateurs de vols civils ont repere les mouvements. Les transpondeurs ne mentent pas. Meme quand les cargaisons sont secretes, les avions laissent des traces.
Le Verba : l'arme qui change la donne
Quatrieme génération, troisième oeil
Le 9K333 Verba — SA-29 Gizmo dans la nomenclature de l’OTAN — n’est pas un vulgaire lance-missile portable. C’est le système MANPADS le plus avance que la Russie ait jamais produit. Sa révolution tient en trois lettrès : IRM. Un autodirecteur optique multispectral a trois capteurs — ultraviolet, infrarouge proche, infrarouge moyen — qui croise les données en temps reel pour distinguer un vrai aeronef d’un leurre thermique.
Les générations précèdentes de MANPADS — les Igla, les Stinger americains — pouvaient etre trompees par des fusees éclairantes larguees par les avions. Le Verba, non. Son triple capteur compare les signatures thermiques sur trois longueurs d’onde différentes. Un leurre peut imiter une signature sur un spectre. Pas sur trois simultanement. C’est la difference entre un piege qui fonctionne et un missile qui touche.
Il y à quelque chose de terrifiant dans la simplicite d’utilisation du Verba. Un soldat. Une epaule. Un tube de lancement. Et soudain, un avion de combat a 40 millions de dollars est menace par un homme avec une arme a 40 000 euros. C’est l’asymetrie à l’état pur. David contre Goliath, version XXIe siecle. Sauf que David a maintenant 2 500 pierres a guidage infrarouge.
Ce que ca change sur le terrain
Avec 500 lanceurs et 2 500 missiles, l’Iran pourrait déployér des équipes de tireurs MANPADS sur l’ensemble de son territoire. Chaque site nucleaire, chaque base militaire, chaque installation stratégique pourrait etre entoure d’un réseau invisible de défenseurs portables. Et pourtant, la menace ne s’arrété pas la. Ces systèmes sont transportables. Ils peuvent etre déplacés en heures, repositionnes en fonction des menaces, concentrès sur un point où disperses sur une vaste zone.
Pour les forces aériennes israeliennes et americaines, c’est un cauchemar tactique. Lors des frappes de juin 2025, les pilotes savaient où se trouvaient les batteries de défense aérienne fixes. Ils les ont neutralisees en premier. Avec les Verba, cette approche ne fonctionne plus. On ne peut pas detruire ce qu’on ne voit pas. On ne peut pas neutraliser un homme sur un toit a 3 000 kilometres avec un missile de croisiere. Chaque mission de frappe devient un pari.
Le double jeu de Geneve
Negocier d’un côté, s’armer de l’autre
Le timing de cette révélation n’est pas un hasard. Le Financial Times publie son enquété le 22 fevrier 2026. Le troisième round de négociations nucleaires entre les Etats-Unis et l’Iran est prevu pour le 26 fevrier a Geneve. Abbas Araghchi, le négociateur iranien, doit y rencontrer Steve Witkoff et Jared Kushner, les emissaires de Trump.
D’un côté de la table, l’Iran discute de centrifugeuses, de taux d’enrichissement, de transparence nucleaire. De l’autre, dans l’ombre, il signe un contrat d’armement secret de 500 millions d’euros avec la Russie. La main gauche négocie pendant que la main droite charge les armes. C’est de la duplicite élevee au rang d’art diplomatique.
Combien de poignees de main faudra-t-il a Geneve pour effacer la réalité de ce contrat signe a Moscou? Les diplomates iraniens parleront de paix, de coopération, de bonne volonté. Et pendant ce temps, quelque part entre Mineralnye Vody et Karaj, un Il-76 cargo fera le plein de kerosene pour un nouveau vol de nuit.
Trump et la menace militaire
Donald Trump a été clair : sans accord nucleaire, de très mauvaises choses arriveront à l’Iran. Les Etats-Unis ont déployé deux porte-avions dans la région. La presence militaire americaine au Moyen-Orient atteint des niveaux inedits depuis des decennies. Et pourtant, c’est précisement cette pression militaire qui pousse l’Iran a s’armer davantage.
C’est le cercle vicieux classique de l’escalade. Les Etats-Unis menacent. L’Iran s’arme. Les Etats-Unis voient l’armement et menacent plus fort. L’Iran achété encore plus de missiles. Chaque tour de vis augmente la pression. Chaque pression justifie un nouveau contrat d’armement. Et au milieu de cette spirale, les négociateurs a Geneve essaient de construire un pont sur des sables mouvants.
L'axe de la reciprocite meurtriere
Les drones de Teheran, les missiles de Moscou
Pour mesurer l’ampleur de ce qui se passe, il faut regarder le tableau complet. L’Iran a fourni à la Russie plus de 350 missiles balistiques Fath-360. Des milliers de drones Shahed — ces munitions volantes qui s’écrasent sur les immeubles residentiels ukrainiens, sur les centrales électriques, sur les hopitaux. Des obus d’artillerie par centaines de milliers.
En retour, la Russie donne à l’Iran des Verba, des Mi-28, et probablement bien plus que ce que les documents révéles laissent entrevoir. C’est un système de vases communicants de la mort. Les armes iraniennes tuent des civils ukrainiens. Les armes russes protégeront les installations militaires iraniennes. Le sang qui coule a Kharkiv et a Odessa finance le bouclier qui protégera les centrifugeuses de Natanz.
C’est peut-etre la dimension la plus révoltante de cette affaire. Les drones Shahed qui detruisent les maisons ukrainiennes — ces mêmes drones — sont la monnaie d’échange qui permet à l’Iran d’acheter sa protection. La souffrance des Ukrainiens est litteralement convertie en missiles de défense aérienne pour le régime de Teheran. C’est du commerce. Du troc. De la comptabilite de la terreur.
Le traite de vingt ans et ses petites lignes
En avril 2025, Poutine a ratifie un accord de partenariat stratégique de vingt ans avec l’Iran. Ce document, presente comme un accord de coopération et de stabilité régionale, contenait des clauses de coopération militaire étendue. Ce que le monde a lu comme de la diplomatie, les généraux ont lu comme un permis d’armer.
Le deal Verba n’est pas une deviation de cet accord. Il en est l’application directe. Les petites lignes du traite contenaient exactement ce type de transferts. Les experts qui avaient alerte sur les risques de cette alliance avaient raison. Et pourtant, comme souvent, leurs avertissements ont été classes dans la categorie des inquietudes exagerees. Jusqu’a ce qu’un Il-76 decolle de Mineralnye Vody avec sa cargaison secrété.
Les exercices navals : la provocation coordonnée
Le Golfe d’Oman en eaux troubles
Le 19 fevrier 2026 — trois jours avant la publication de l’enquété du Financial Times — la Russie et l’Iran ont mene des exercices navals conjoints dans le golfe d’Oman et l’ocean Indien. Des navires de guerre des deux pays navigant côté a côté, effectuant des manoeuvres coordonnées, envoyant un message que les mots diplomatiques ne suffisent plus a transmettre.
Et pourtant, pendant que les fregate russes et les destroyers iraniens paradaient dans le golfe, Steve Witkoff, l’emissaire de Trump, rappelait à l’Iran qu’il devait conclure un accord. L’ironie est suffocante. L’Iran négocie son nucleaire avec les Americains a Geneve pendant que ses marins manoeuvrent avec les Russes en mer d’Oman. C’est de la géopolitique a double fond.
Le message de ces exercices navals est limpide. L’Iran dit aux Etats-Unis : vous n’etes pas nos seuls interlocuteurs. La Russie dit à l’Occident : nous avons des allies, et nous n’avons pas peur de le montrer. Et les missiles Verba, signes en decembre, livres peut-etre déjà, ajoutent une dimension concrété à cette bravade. Ce n’est plus du theatre. C’est de l’armement.
La réponse americaine
Deux porte-avions americains dans la région. La plus importante presence militaire au Moyen-Orient depuis des decennies. Trump qui menace des conséquences graves. Et en face, l’Iran qui signe des contrats secrets et fait des exercices navals avec la Russie. C’est un jeu de poker où tout le monde bluffe — sauf que les enjeux sont des vies humaines et la stabilité d’une région entiere.
La question que Washington doit se poser maintenant est brutale : les négociations de Geneve ont-elles encore un sens quand l’Iran s’arme secretement avec la Russie? Quand les avions-cargos font la navette entre le Caucase et la banlieue de Teheran? Quand chaque round de négociation n’est qu’une couverture pour gagner du temps pendant que les missiles arrivent?
Les implications pour l'Ukraine
Le cercle qui se referme
Il y à une victime silencieuse dans cette affaire : l’Ukraine. Chaque missile Verba exporte vers l’Iran est un missile qui ne sera pas utilise sur le front ukrainien. Mais chaque drone Shahed iranien qui explose a Kiev est la monnaie qui finance ce transfert. L’Ukraine est prise dans un etau dont les deux machoires sont la Russie et l’Iran.
Et pourtant, c’est le même renseignement ukrainien qui a alerte le premier sur les ambitions iraniennes de rearmement. En aout 2025, Kiev avait signale que Teheran cherchait de l’aide pour restaurer ses systèmes de défense aérienne. Personne n’a ecoute. Ou plutôt, tout le monde a entendu, mais personne n’a agi. Et maintenant, le contrat est signe, les avions volent, et les missiles sont en route.
L’Ukraine se bat pour sa survie avec des armes occidentales comptees au compte-gouttes. Pendant ce temps, l’Iran et la Russie s’échangent des arsenaux entiers dans le secret le plus total. Il y a dans ce contraste une injustice qui dépasse l’entendement. Les démocraties hésitent a livrer des missiles longue portee a Kiev. Les autocraties signent des deals de 500 millions en decembre et commencent les livraisons en janvier.
L’effet sur l’équilibre des forces
Si l’Iran renforcé significativement sa défense aérienne grâce aux Verba, cela change le calcul stratégique de toute la région. Israel devra repenser ses plans de frappe. Les Etats-Unis devront déployér des moyens supplementaires pour neutraliser une menace dispersee et invisible. Et la Russie aura gagne un allie mieux arme, plus confiant, moins susceptible de ceder aux pressions occidentales.
C’est l’effet domino que les stratéges redoutent. Un deal d’armes en entraine un autre. Une escalade en justifie la suivante. Et à chaque tour, la probabilite d’un conflit majeur augmente d’un cran. Le Moyen-Orient n’a pas besoin de plus d’armes. Il deborde déjà de missiles, de drones, de rancunes et de comptes a règler.
Le silence complice de la communaute internationale
Les sanctions qui n’arretent rien
La Russie est sous sanctions. L’Iran est sous sanctions. Rosoboronexport est sous sanctions. Et pourtant, un contrat de 500 millions d’euros est signe, des avions-cargos decollent, des missiles traversent les frontières. Les sanctions sont censees isoler ces régimes, les priver de ressources, les forcer a négocier. Dans les faits, elles n’arretent rien quand deux Etats sanctionnes décident de s’entraider.
C’est le paradoxe fondamental de la politique de sanctions. Elles fonctionnent contre les pays isoles. Elles echouent quand les pays sanctionnes forment une alliance. La Russie et l’Iran ont transforme leur isolement commun en interdépendance. Les sanctions ne les separent pas — elles les rapprochent. Chaque nouvelle sanction est une raison supplementaire de coopérér en dehors du système.
Et pourtant, les capitales occidentales continueront d’annoncer de nouvelles sanctions avec la solennite de ceux qui croient encore à leur efficacite. Il y aura des communiques, des résolutions, des déclarations. Et pendant ce temps, les Il-76 continueront de voler entre Mineralnye Vody et Karaj. Les mots d’un côté. Les missiles de l’autre. L’histoire tranchera lequel des deux pese le plus lourd.
Reuters ne peut pas verifier
Reuters a ajoute cette phrase à la fin de sa depeche : Reuters n’a pas pu verifier immédiatement ce rapport. C’est la formule consacree. Le bouclier juridique des agences de presse. Mais le Financial Times n’est pas un blog anonyme. Les journalistes du FT ont vu les documents. Ils ont parle a plusieurs sources familiers du deal. Ils ont croise les données de vol avec les calendriers de négociation.
La question n’est plus de savoir si ce deal est reel. La question est de savoir ce que le monde va faire maintenant qu’il le sait. Et si l’histoire recente est un indicateur, la réponse est probablement : pas grand-chose. Un cycle de plus dans la spirale de l’armement. Un chapitre de plus dans le feuilleton de l’impuissance internationale.
Conclusion : Le monde regarde, les missiles voyagent
Ce que ce deal révéle sur notre époque
500 millions d’euros. 500 lanceurs. 2 500 missiles. 500 viseurs de nuit. Ces chiffres ne sont pas abstraits. Ils representent une capacité de destruction concrété, deployable, meurtriere. Ils representent la decision deliberee de deux régimes autoritaires de s’armer mutuellement contre le reste du monde. Ils representent l’échec des sanctions, de la diplomatie, de la pression militaire — de tout ce que l’Occident a essaye pour contenir ces deux puissances.
Et ils révélent autre chose, de plus profond. La fragmentation de l’ordre international n’est plus une tendance. C’est un fait accompli. Il y a désormais deux mondes qui coexistent : celui des négociations, des traites, des conferences de presse — et celui des contrats secrets, des vols de nuit, des missiles dans des caisses. Le premier fait semblant de gouverner. Le second fait vraiment tourner la machine.
Il y à des deals qui changent le monde sans faire de bruit. Celui-ci est de ceux-la. Pas de conference de presse. Pas de ceremonie de signature devant les cameras. Juste des documents leakes, des avions-cargos dans la nuit, et la certitude froide que demain sera plus dangereux qu’hier. Le monde ne s’effondre pas dans un grand fracas. Il s’effrite, contrat après contrat, missile après missile, dans un silence que seuls les documents fuites viennent troubler.
La question qui reste
Maintenant, vous savez. L’Iran et la Russie s’arment mutuellement dans le secret. Les négociations de Geneve se poursuivent comme si de rien n’etait. Les sanctions existent sur le papier mais pas dans les soutes des Il-76. Les porte-avions americains croisent dans le golfe pendant que les missiles Verba atterrissent a Karaj.
Ce deal ne tuera personne aujourd’hui. Mais il rend demain infiniment plus dangereux. Et la vraie question n’est pas de savoir si ces missiles seront un jour utilises. C’est de savoir combien d’autrès deals ont été signes dans l’ombre, que le Financial Times n’a pas encore decouverts.
Signé Maxime Marquette
Encadré de transparence du chroniqueur
Positionnement éditorial
Je ne suis PAS journaliste. Je suis chroniqueur indépendant. Cette analyse porte un regard critique et assume sur le deal secret d’armement entre l’Iran et la Russie, révéle par le Financial Times. Mon positionnement est celui d’un observateur qui refuse la neutralité quand deux régimes autoritaires s’arment mutuellement en secret pendant que la diplomatie internationale fait semblant de fonctionner. La complaisance face à la proliferation des armes n’est pas de l’objectivite — c’est de l’aveuglement volontaire.
Méthodologie et sources
Cette analyse s’appuie sur l’enquété du Financial Times publiee le 22 fevrier 2026, basee sur des documents russes fuites et des sources multiples familieres du deal. Les données factuelles — montants, specifications techniques, calendriers de livraison, mouvements d’avions-cargos — proviennent directement de ces documents. Le contexte géopolitique s’appuie sur des sources ouvertes verifiees : rapports de renseignement, depeches d’agences, analyses d’experts militaires. Les faits sont documentes. Les opinions sont identifiees comme telles.
Nature de l’analyse
Ce texte est une chronique d’analyse, pas un reportage factuel. Il combine des faits verifies avec une perspective éditoriale assumee. Les passages en italique representent des commentaires personnels du chroniqueur. Je ne suis PAS journaliste. Je suis chroniqueur indépendant. Les journalistes ont un devoir de neutralité. Les chroniqueurs ont un devoir de vérité. Ce sont deux choses différentes, et je revendique pleinement la seconde.
Sources
Sources primaires
Kyiv Indépendent — Iran signs secret missile deal with Russia, FT reports
Iran International — Iran agrees 500 mln arms deal with Russia to rebuild air défenses
South China Morning Post — Iran agreed secret US$589 million missile deal with Russia
US News — Iran Agreed Secret Shoulder-Fired Missile Deal With Russia, FT Reports
Sources secondaires
Newsmax — Iran Agreed Secret Shoulder-fired Missile Deal with Russia, FT Reports
Asharq Al-Awsat — Iran Reportedly Agreed Secret Shoulder-fired Missile Deal with Russia
Pravda EN — Iran concluded secret deal with Russia worth 500 million for Verba missile systems
Wikipedia — 9K333 Verba MANPADS specifications
Axios — U.S. and Iran say progrèss made in Geneva nuclear talks
Kyiv Indépendent — Russia now has Iran’s Fath-360 ballistic missile
Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.