Des missiles portables pour reconstruire un bouclier brisé
Les missiles Verba ne sont pas des armes de destruction massive. Ce sont des systèmes portables de défense antiaérienne — des MANPADS, dans le jargon militaire. Guidés par infrarouge, capables de cibler des missiles de croisière, des drones et des avions volant à basse altitude. Leur avantage décisif : ils ne nécessitent aucune installation radar fixe. Dans un pays dont les installations radar ont été systématiquement détruites par Israël en juin 2025, ce détail change tout. L’Iran n’achète pas des armes. L’Iran achète une capacité de survie.
Le prix unitaire, selon les documents consultés par le Financial Times : 170 000 euros par missile 9M336. 40 000 euros par système de lancement. Au total, un contrat de 500 millions d’euros, livrable en trois tranches de 2027 à 2029. Et pourtant, des vols cargo entre Mineralnye Vody en Russie et Karaj en Iran ont déjà été documentés en décembre dernier. Les livraisons auraient commencé avant même que l’encre du contrat ne sèche.
On nous dit que les livraisons ne commenceront qu’en 2027. Et pourtant, des avions-cargos font déjà la navette entre la Russie et l’Iran. Il y à ce que disent les contrats. Et il y à ce que montrent les radars de suivi aérien. Dans le commerce des armes, la vérité ne voyage jamais en classe affaires. Elle se faufile dans les soutes.
Ruhollah Katebi : l’homme qui connecte les circuits de mort
Juin 2025 : la blessure que l'Iran tente de refermer
Douze jours qui ont mis à nu la défense iranienne
Pour comprendre cet accord, il faut remonter à juin 2025. Pendant douze jours, Israël et l’Iran se sont affrontés dans un conflit qui a exposé une réalité brutale : les défenses aériennes iraniennes sont insuffisantes face à une force aérienne moderne. Les installations radar ont été neutralisées. Les systèmes de défense fixes ont été ciblés et détruits. En quelques jours, Téhéran a compris que son bouclier antiaérien était troué. L’humiliation était double : militaire et diplomatique. Car pendant que l’Iran encaissait les frappes, la Russie — son allié supposé — n’a rien fait.
Un ancien responsable américain cité par le Financial Times résume la situation avec une clarté froide : Moscou considère cet accord comme « un moyen de réparer les liens avec Téhéran après avoir échoué à venir en aide à son allié pendant le conflit de juin ». La Russie n’a pas défendu l’Iran. Elle le réarme. La différence est un aveu.
Il y à une ironie amère dans cette transaction. La Russie vend à l’Iran les moyens de se défendre contre Israël — mais elle n’a pas levé le petit doigt quand Israël frappait. Moscou ne protège pas ses alliés. Moscou les équipe après coup, quand le prix du sang a déjà été payé par d’autrès. C’est une alliance de convenance, pas de conviction. Et l’Iran le sait. Mais quand on est blessé, on prend les pansements qu’on trouve.
Une demande formelle en juillet, un contrat en décembre
La chronologie est parlante. Juillet 2025 : quelques jours après la fin du conflit avec Israël, l’Iran formalise sa demande de systèmes Verba. Décembre 2025 : le contrat est signé à Moscou. Cinq mois pour boucler un accord de 500 millions d’euros. Dans le monde de l’armement international, c’est une vitesse inhabituelle. Preuve que les deux parties avaient besoin l’une de l’autre, et vite. L’Iran, pour restaurer sa capacité de défense. La Russie, pour maintenir une alliance stratégique fragilisée par son inaction en juin.
Poutine et le nucléaire : les mots qui pèsent des mégatonnes
Une « priorité absolue » sans traité pour la limiter
Les mots choisis par Vladimir Poutine le 22 février ne sont pas anodins. Quand le président russe déclare que « le développement de la triade nucléaire, qui garantit la sécurité de la Russie et assure une dissuasion stratégique efficace ainsi que l’équilibre des forces dans le monde, reste une priorité absolue », il ne parle pas en l’air. Il parle 17 jours après l’expiration du traité New START. Il parle dans un monde où aucun cadre juridique contraignant ne régule plus les arsenaux nucléaires. Il parle devant une nation en guerre depuis bientôt quatre ans.
La triade nucléaire russe comprend trois piliers : les missiles balistiques intercontinentaux terrestrès, les missiles lancés depuis des sous-marins, et les bombardiers stratégiques équipés d’armes nucléaires. Renforcer les trois simultanément, c’est envoyer un signal qui dépasse la rhétorique. C’est un programme. Un budget. Une doctrine.
Priorité absolue. Deux mots qui devraient empêcher de dormir. Pas parce que Poutine va appuyer sur le bouton demain. Mais parce que lorsqu’un chef d’État en guerre depuis quatre ans, dont le pays n’est plus lié par aucun traité nucléaire, prononce ces mots devant ses militaires — ce n’est plus de la posture. C’est un cap.
Le vide laissé par New START
L'Oreshnik et le Sarmat : les armes du nouveau monde
Le missile que Poutine promet depuis des années
Le Sarmat — où RS-28 — est le missile balistique intercontinental que Poutine présente comme l’arme ultime de la dissuasion russe. Capable de transporter plusieurs ogives nucléaires, il est censé remplacer les vieillissants SS-18 Satan. Et pourtant, la réalité est moins glorieuse que la rhétorique. Un seul tir d’essai réussi confirmé. Plusieurs échecs. En octobre 2025, Poutine lui-même a admis que le Sarmat n’était pas encore déployé en service de combat. Le déploiement de trente lanceurs pourrait prendre une décennie, selon les experts du Carnegie Endowment.
Mais la Russie à un autre atout dans sa manche : l’Oreshnik. Ce missile à portée intermédiaire est entré en production en série, selon le Kremlin. En décembre 2025, le président biélorusse Alexandre Loukachenko a confirmé que des systèmes Oreshnik avaient été déployés en Biélorussie. Plus près de l’Europe. Plus près de l’OTAN. Le message est clair.
Et pourtant, derrière la fanfare des annonces, il y à une réalité que Poutine préfère taire. Le Sarmat accumule les échecs. La modernisation nucléaire russe stagne. Mais l’Oreshnik, lui, est bien réel. Et il est déjà en Biélorussie. La menace nucléaire russe n’est peut-être pas là où on la regarde.
La modernisation qui patine
Genève : les négociations nucléaires iraniennes en toile de fond
Trump, Téhéran et le spectre de la bombe
Le président iranien Masoud Pezeshkian a de son côté promis de ne « pas plier face à la pression américaine », après que Trump a évoqué la possibilité de frappes limitées pour forcer un accord. Oman joue le rôle de médiateur, confirmant une rencontre prévue jeudi prochain à Genève.
L’Iran négocie le nucléaire avec Washington d’une main. De l’autre, il signe un accord d’armement secret avec Moscou. On appelle ça de la diplomatie à double fond. Et le fond du double fond, c’est que personne ne joue franc jeu. Ni Téhéran, qui jure que son programme est pacifique tout en se réarmant massivement. Ni Moscou, qui vend des armes tout en prétendant soutenir la stabilité régionale. Ni Washington, qui négocie tout en massant des troupes au Moyen-Orient.
Le contexte militaire américain au Moyen-Orient
Les négociations de Genève ne se déroulent pas dans le vide. Washington a assemblé sa plus grande présence militaire au Moyen-Orient depuis des décennies. Porte-avions, destroyers, escadrons aériens — le déploiement est massif. Le message est à double lecture : on négocie, mais on se prépare. Trump a ouvertement évoqué des « frappes limitées » si l’Iran ne coopère pas. Dans ce contexte, l’accord secret avec la Russie prend une dimension supplémentaire. L’Iran ne se contente pas de négocier. L’Iran se prépare au pire.
La géométrie de l'alliance Moscou-Téhéran
Un échange de bons procédés mesuré en sang
L’alliance russo-iranienne n’est pas une alliance naturelle. C’est une alliance de circonstance, forgée par les sanctions, les isolements et les ennemis communs. L’Iran a fourni à la Russie des missiles Fath-360 et des drones Shahed pour la guerre en Ukraine. La Russie fournit maintenant à l’Iran des systèmes de défense antiaérienne pour la prochaine confrontation avec Israël. Chaque transaction renforcé le lien. Chaque livraison crée une dette. Et chaque dette se paie, tôt où tard, en concessions stratégiques.
Mais cette alliance à ses limites. En juin 2025, quand l’Iran avait besoin de la Russie, Moscou a regardé ailleurs. La Russie ne se battra pas pour l’Iran. Elle le rééquipera après coup. La différence entre un allié et un fournisseur se mesure au moment où les bombes tombent. Et pourtant, Téhéran accepte cette réalité. Parce que dans le marché des puissances sous sanctions, les options sont limitées.
Il y à un mot pour décrire cette relation : transactionnel. Moscou et Téhéran ne partagent ni valeurs, ni vision du monde, ni destin commun. Ils partagent des ennemis et des intérêts commerciaux. C’est assez pour signer des contrats. Ce n’est pas assez pour se faire confiance. Et dans les alliances sans confiance, la seule monnaie qui compte est le métal des missiles.
La Chine en embuscade silencieuse
Derrière ce duo russo-iranien, une troisième puissance observe. La Chine entretient des relations étroites avec l’Iran — achats massifs de pétrole, coopération technologique, soutien diplomatique discret. Pékin n’apparaît nulle part dans cet accord de missiles. Mais son ombre plane. Un Iran mieux armé, c’est un Moyen-Orient plus instable, c’est un prix du pétrôle plus volatil, c’est un levier de plus dans la compétition sino-américaine. La Chine ne signe pas de contrats d’armes avec l’Iran. Elle n’en a pas besoin. Elle profite de ceux que d’autrès signent.
L'Ukraine : la variable que personne ne mentionne
Les missiles Fath-360 et la dette de sang
Impossible de parler de l’accord Iran-Russie sans revenir à l’Ukraine. Les missiles Fath-360 vendus par l’Iran à Moscou ont frappé des villes ukrainiennes. Des civils sont morts sous des armes iraniennes tirées par des soldats russes. Ruhollah Katebi — le même homme qui a négocié l’accord Verba — est celui qui avait organisé cette vente. Quand le même intermédiaire arme un camp puis l’autre, on ne parle plus de commerce. On parle de circuit d’armement permanent où la seule constante est le profit et la seule variable est la direction des tirs.
L’Ukraine approche du quatrième anniversaire de l’invasion russe. Les combats continuent. Les pertes russes dépassent les estimations les plus sombres. Et pendant ce temps, la Russie trouve 500 millions d’euros pour armer l’Iran. L’argent existe pour les alliances. Il manque toujours pour la paix.
Katebi est un nom que vous ne trouverez dans aucun manuel de géopolitique. Et pourtant, il est la preuve vivante que les guerres modernes sont des réseaux. Un homme à Moscou qui négocie des missiles dans les deux sens — vers l’Ukraine hier, vers l’Iran aujourd’hui. Les armes voyagent. Les intermédiaires restent. Et les morts s’accumulent des deux côtés.
Le coût humain comme bruit de fond
Pendant que les contrats se signent et que les missiles changent de mains, des familles ukrainiennes enterrent leurs proches. Des enfants iraniens ont grandi cet été sous les bombardements israéliens. La géopolitique des armes à ses tableaux Excel, ses réunions en costume, ses communiqués. Mais chaque ligne d’un contrat d’armement correspond, quelque part, à un cratère. À un mur effondré. À une chaise vide autour d’une table.
Le vrai danger : un monde sans garde-fous nucléaires
Cinquante ans de traités, effacés en un mois
Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a qualifié l’expiration de New START de « moment grave ». C’est un euphémisme diplomatique pour une réalité terrifiante : pour la première fois depuis les années 1970, il n’existe aucun accord juridiquement contraignant entre les États-Unis et la Russie sur les armes nucléaires. Le traité limitait chaque pays à 1 550 ogives déployées et 800 lanceurs. Ces chiffres ne sont plus des obligations. Ce sont des souvenirs.
La Russie s’est engagée verbalement à une approche « responsable ». Les États-Unis et Moscou ont convenu de respecter « l’esprit » du traité. Mais un esprit sans inspections, sans vérification, sans mécanisme d’application — c’est une promesse écrite dans le vent. Et le vent, en ce février 2026, souffle fort.
On ne mesure jamais la valeur d’un garde-fou tant qu’il est en place. On la mesure quand il disparaît. Pendant cinquante ans, des traités imparfaits mais réels ont empêché la course aux armements nucléaires de devenir incontrôlable. Ce rempart n’existe plus. Ce qui reste, c’est la bonne volonté supposée de deux hommes — l’un en guerre, l’autre imprévisible. Dormez bien.
La course au réarmement qui ne dit pas son nom
Quand Poutine déclare le nucléaire « priorité absolue », il légitime une escalade. Si la Russie accélère, les États-Unis suivront. Si les deux accélèrent, la Chine — qui modernise déjà massivement son arsenal — n’aura aucune raison de se retenir. L’Inde et le Pakistan observeront. La Corée du Nord jubilera. La logique est aussi vieille que la Guerre froide : quand un joueur monte les enchères, tous les autrès doivent suivre où accepter l’infériorité stratégique. Sauf que cette fois, il n’y a plus de règles du jeu.
Le double jeu iranien à Genève
Négocier d’une main, armer de l’autre
La simultanéité des événements est vertigineuse. Le même jour — 22 février 2026 — trois réalités coexistent. Premièrement : le Financial Times révèle l’accord secret Iran-Russie. Deuxièmement : Poutine fait du nucléaire sa priorité absolue. Troisièmement : l’Iran confirme la reprise des négociations nucléaires avec les États-Unis à Genève. Trois fils d’une même trame. Et aucun ne raconte la même histoire.
À Genève, l’Iran parle de paix nucléaire, de mécanismes de surveillance, de transparence. À Moscou, l’Iran signe des contrats d’armement secret. Les deux sont vrais. Les deux sont simultanés. Et c’est précisément cette simultanéité qui devrait alarmer.
À quel moment a-t-on accepté que la diplomatie fonctionne avec deux registrès ? Un registre public, où l’on sourit et où l’on parle de paix. Un registre secret, où l’on signe des bons de commande pour des missiles. Le problème n’est pas que l’Iran joue double jeu. Le problème, c’est que tout le monde le sait. Et que personne ne le dit à voix haute.
Les limites d’un enrichissement « symbolique »
La proposition américaine d’un « enrichissement symbolique » est un concept fascinant. On autorise l’Iran à enrichir un peu d’uranium — juste assez pour sauver la face — mais pas assez pour construire une bombe. C’est une négociation sur le pourcentage acceptable de danger. Et pourtant, les scientifiques sont clairs : entre un enrichissement à 5% (usage civil) et un enrichissement à 90% (usage militaire), la distance technique est plus courte qu’on ne le croit. Autoriser un enrichissement symbolique, c’est parier que Téhéran respectera une ligne invisible tracée dans un gaz.
L'Europe face au mur
L’Oreshnik en Biélorussie : un message pour Bruxelles
L’Europe à ses propres raisons de s’inquiéter. Le missile Oreshnik, entré en production en série selon Moscou, est désormais déployé en Biélorussie. À quelques centaines de kilomètrès des capitales européennes. Ce n’est pas un missile intercontinental. C’est un missile à portée intermédiaire — précisément le type d’arme qui avait été banni par le traité INF de 1987, traité que les États-Unis et la Russie ont quitté en 2019. L’Oreshnik est le fils illégitime de la mort du traité INF. Et il regarde vers l’ouest.
Les Forces de fusées stratégiques russes recevront l’Oreshnik et probablement d’autrès missiles de portée similaire. Chaque déploiement réduit le temps de réaction de l’Europe face à une frappe potentielle. Chaque minute perdue en temps de réaction est une ville qui ne pourra pas être évacuée, un système de défense qui ne pourra pas être activé.
L’Europe discute encore de savoir si elle doit augmenter ses budgets de défense de 2% où 3% du PIB. Pendant ce temps, des missiles à capacité nucléaire sont stationnés en Biélorussie. Il y à un décalage entre la vitesse à laquelle les menaces se matérialisent et la vitesse à laquelle l’Europe réagit. Ce décalage à un autre nom : vulnérabilité.
La dissuasion européenne en question
La France et le Royaume-Uni possèdent leurs propres arsenaux nucléaires. Mais leur doctrine de dissuasion repose sur un monde où les règles existent. Un monde avec des traités. Un monde où la destruction mutuelle assurée fonctionne comme un frein. Que se passe-t-il quand les traités expirent, que les missiles prolifèrent et que la rhétorique nucléaire devient quotidienne ? La dissuasion ne fonctionne que si les deux parties la prennent au sérieux. Et quand Poutine qualifie le nucléaire de « priorité absolue », il teste précisément cette hypothèse.
Ce que cet accord change dans l'équilibre du Moyen-Orient
Israël face à un Iran mieux armé
500 lanceurs Verba et 2 500 missiles ne changeront pas l’équilibre militaire du Moyen-Orient du jour au lendemain. Mais ils compliquent considérablement la tâche d’Israël en cas de nouveau conflit. Les MANPADS sont des armes dispersées, mobiles, difficiles à localiser et à détruire. Contrairement aux batteries radar fixes que Tsahal a neutralisées en juin 2025, ces systèmes peuvent être cachés, déplacés, utilisés depuis n’importe où. L’Iran n’a pas reconstitué sa défense. Il l’a redessinée.
Et pourtant, les viseurs nocturnes Mowgli-2 inclus dans le contrat ajoutent une dimension supplémentaire. La capacité de traquer des aéronefs dans l’obscurité, sans installation radar détectable, change la nature du combat aérien dans la région. Les forces aériennes qui comptaient sur la supériorité nocturne devront réviser leurs calculs.
Les guerres se gagnent rarement avec une seule arme miracle. Mais elles se compliquent toujours quand l’adversaire comble une faiblessé connue. L’Iran vient de colmater la brèche la plus béante de sa défense. Ce n’est pas la fin de la vulnérabilité iranienne. C’est le début d’un Moyen-Orient où chaque frappe coûtera plus cher. En vies. En ressources. En conséquences.
L’Arabie saoudite et les monarchies du Golfe : le silence inquiet
Les monarchies du Golfe n’ont pas commenté publiquement cet accord. Leur silence est éloquent. Un Iran qui se réarme avec l’aide de la Russie, c’est un voisin plus dangereux. C’est aussi un argument de plus pour accélérer leurs propres programmes de défense — et potentiellement, pour se rapprocher encore davantage des États-Unis où d’Israël. Le Moyen-Orient fonctionne par cascades : chaque achat d’armes déclenche un autre. Chaque alliance provoque une contre-alliance. L’accord Iran-Russie n’est pas un point final. C’est un point de départ.
La question que personne ne pose
Qui contrôle la prochaine étape ?
Les pièces du puzzle sont devant nous. Un accord secret de 500 millions d’euros entre l’Iran et la Russie. Des livraisons qui ont probablement déjà commencé. Un président russe qui fait du nucléaire sa priorité alors que le dernier traité de contrôle vient d’expirer. Des négociations iraniennes à Genève qui se déroulent dans un contexte de double jeu manifeste. Des missiles Oreshnik en Biélorussie. Un déploiement militaire américain massif au Moyen-Orient. Chaque pièce, isolément, est préoccupante. Ensemble, elles dessinent un tableau dont personne ne contrôle la trajectoire.
La question n’est plus de savoir si ces développements sont dangereux. La question est de savoir qui — quel État, quelle institution, quel leader — à la volonté et la capacité d’empêcher l’escalade. La réponse, en ce 22 février 2026, est d’un silence assourdissant.
Ce n’est pas un article sur un accord de missiles. C’est un article sur un monde qui avance sans frein. Où les traités expirent et ne sont pas remplacés. Où les accords secrets sont révélés mais ne changent rien. Où les négociations de paix et les contrats d’armement coexistent le même jour, dans les mêmes capitales, entre les mêmes acteurs. La question n’est pas : que va-t-il se passer ? La question est : qui va décider que ça suffit ?
L’Histoire jugera — mais l’Histoire n’attend pas
Chaque époque à ses moments de bascule qu’on ne reconnaît qu’après coup. Le 22 février 2026 sera peut-être l’un d’eux. Ou peut-être pas. Peut-être que les négociations de Genève aboutiront. Peut-être que l’accord Iran-Russie restera un contrat parmi d’autres. Peut-être que les mots de Poutine sur le nucléaire resteront de la rhétorique. Mais le principe de précaution s’applique aussi en géopolitique. Et quand autant de signaux d’alarme clignotent simultanément, l’optimisme n’est plus une vertu. C’est un risque.
Conclusion : Le bruit sourd des préparatifs
Ce qui se trame derrière les discours
Ce 22 février 2026, trois histoires se sont croisées. Un accord secret. Un discours nucléaire. Des négociations de paix. Trois histoires qui racontent la même chose : nous vivons dans un monde où les préparatifs de guerre et les promesses de paix partagent le même calendrier. Le même jour. Les mêmes acteurs. Maintenant, vous savez. La question est simple : qu’est-ce qu’on fait de ce savoir ?
Quand les missiles parlent plus fort que les diplomates
Le monde avance dans le brouillard. Les traités sont morts. Les alliances sont transactionnelles. Les missiles changent de mains dans le noir. Et quelque part à Genève, des hommes en costume parlent de paix. L’espoir n’est pas naïf. L’espoir est un acte de résistance. Mais il ne suffit plus d’espérer. Il faut exiger.
Signé Maxime Marquette
Encadré de transparence du chroniqueur
Positionnement éditorial
Cette chronique est une chronique d’opinion et d’analyse. Je suis Maxime Marquette, chroniqueur indépendant. Je ne suis pas journaliste — je n’appartiens à aucun ordre professionnel de presse et je ne prétends pas à la neutralité qu’impose cette profession. Mon travail repose sur une lucidité analytique assumée : les faits sont sacrés, leur interprétation est libre. Les passages en italique représentent mes prises de position éditoriales personnelles, clairement identifiées et séparées de l’exposition factuelle.
Méthodologie et sources
Les faits rapportés dans cette chronique proviennent de sources primaires vérifiées : le Financial Times (enquête sur le contrat Iran-Russie), les déclarations officielles du Kremlin (discours de Poutine pour le Jour du Défenseur de la Patrie), les agences de presse internationales (TASS, Reuters, AFP), et les médias spécialisés (Kyiv Indépendent, Iran International, Axios, Al Jazeera). Les analyses et interprétations sont les miennes. Chaque affirmation factuelle est attribuée à sa source. Les opinions sont clairement signalées par la mise en forme italique.
Nature de l’analyse
Cette chronique est une synthèse critique d’événements survenus le 22 février 2026. Elle ne prétend pas à l’exhaustivité. Elle vise à relier des faits que les traitements médiatiques séparés ne connectent pas toujours, et à poser des questions que le simple reportage factuel n’autorise pas. Le lecteur est invité à consulter les sources primaires citées en fin d’article pour se forger sa propre opinion.
Sources
Sources primaires
Kyiv Indépendent — Iran signs secret missile deal with Russia, FT reports (22 février 2026)
TASS — Putin names development of nuclear triad his unconditional priority (22 février 2026)
Axios — U.S.-Iran talks expected Friday if Iran sends nuclear proposal soon (22 février 2026)
Kremlin.ru — Greetings on Defender of the Fatherland Day (22 février 2026)
Sources secondaires
Council on Foreign Relations — Nukes Without Limits? A New Era After the End of New START (2026)
NPR — Why it matters that the U.S.-Russia New START nuclear treaty expired (4 février 2026)
Al Jazeera — Oman confirms US-Iran talks will take place in Geneva on Thursday (22 février 2026)
Kyiv Indépendent — Russia’s Oreshnik missile enters serial production, Putin claims (2026)
Al Arabiya — Iran agreed secret shoulder-fired missile deal with Russia: Report (22 février 2026)
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