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ANALYSE : L’Ukraine creuse un trou de 65 millions dans le coeur nucléaire de l’aviation russe
Crédit: Adobe Stock

De la fierté soviétique au champ de ruines

L’usine Beriev de Taganrog porte en elle l’héritage de la puissance aérienne soviétique. Fondée pour concevoir et produire des avions amphibies et des appareils de surveillance, elle est devenue au fil des décennies le seul site capable de moderniser les bombardiers stratégiques Tu-95MS au standard MSM. Cette modernisation n’est pas cosmétique. Elle consiste à équiper ces mastodontes à hélices, conçus dans les années 1950, de nouveaux moteurs NK-12MPM, de radars modernisés, de systèmes de défense actualisés et surtout de pylônes externes capables d’emporter huit missiles Kh-101 — ces mêmes missiles qui ont frappé l’hôpital pour enfants Okhmatdyt à Kyiv le 8 juillet 2024.

Le contrat prioritaire qui liait TANTK au ministère russe de la Défense portait sur la modernisation de trois Tu-95MS pour un montant de 170 millions de dollars. Ce contrat est désormais en suspens. Les ateliers qui devaient accueillir ces bombardiers géants sont éventrés. La production a chuté de 2,5 fois. Les ouvriers qualifiés, dont certains maîtrisaient des savoir-faire irremplaçables dans l’entretien de ces appareils vieux de plusieurs décennies, se retrouvent devant des machines détruites et des chaînes de montage silencieuses.

On parle souvent de frappes de précision. Rarement de ce qu’elles laissent derrière elles quand le bruit s’arrête. À Taganrog, le silence qui règne dans les ateliers 22 et 36 est plus éloquent que n’importe quel communiqué militaire.

Les chiffres qui ne mentent pas

Les rapports financiers de l’entreprise, analysés par les experts de Defense Express et United24 Media, dessinent un tableau sans ambiguïté. En 2024, TANTK Beriev dégageait un bénéfice de 15 millions de dollars. En 2025, l’entreprise affiche une perte nette de 65 millions. Un basculement de 80 millions de dollars en une seule année. La production — mesurée en volume de sortie — a été divisée par 2,5. Et ces chiffres ne prennent en compte que les dégâts directs. Ils n’incluent pas la valeur des appareils détruits sur le tarmac, ni le coût de remplacement d’équipements uniques au monde, ni la perte de compétences humaines qui ne se reconstituent pas en quelques mois.

Pour mettre ces chiffres en perspective : 65 millions de dollars, c’est le prix de plusieurs centaines de drones ukrainiens. Le rapport coût-efficacité de ces frappes est dévastateur pour Moscou. Chaque drone qui atteint sa cible inflige des dégâts disproportionnés par rapport à son coût de fabrication. C’est la définition même de la guerre asymétrique — sauf qu’ici, c’est le petit qui frappe le gros là où ça fait le plus mal.

Encadré de transparence du chroniqueur

Positionnement éditorial

Je ne suis PAS journaliste. Je suis chroniqueur indépendant. Je ne prétends pas à la neutralité. Je considère que l’invasion russe de l’Ukraine est une guerre d’agression illégale au regard du droit international. Mon analyse est ouvertement pro-ukrainienne dans la mesure où elle soutient le droit d’un peuple à se défendre contre une agression militaire. Ce positionnement est assumé, transparent et constant depuis le début de ce conflit.

Méthodologie et sources

Les faits présentés dans cette chronique proviennent de sources ouvertes vérifiables : rapports financiers de l’entreprise Beriev/TANTK, analyses de Defense Express, United24 Media, Jane’s Intelligence, CSIS, Hudson Institute, Bellingcat et Human Rights Watch. Les images satellites et analyses OSINT citées ont été recoupées par plusieurs sources indépendantes. Les chiffres de pertes sont présentés avec les fourchettes disponibles lorsque les sources divergent.

Nature de l’analyse

Cette chronique est une analyse éditoriale, pas un reportage factuel. Elle mêle faits vérifiés et commentaire personnel. Les passages en italique sont des réflexions éditoriales de l’auteur et sont clairement identifiés comme tels. Le lecteur est invité à consulter les sources citées pour se forger sa propre opinion.

Sources

Sources primaires

Ukraine Blows a $65 Million Hole in Russia’s Nuclear Bomber Hub — United24 Media

$65M Loss Instead of Three Tu-95MS Repairs: Results of Ukrainian Strikes on Beriev Aircraft Plant — Defense Express

Ukraine Destroyed 15 Russian Aircraft in 2025 Drone Strikes Worth $1 Billion in Damage — United24 Media

Russia’s July 8 Attack on a Children’s Hospital in Ukraine — Human Rights Watch

Russian Missile Identified in Kyiv Children’s Hospital Attack — Bellingcat

Sources secondaires

How Ukraine’s Operation Spider’s Web Redefines Asymmetric Warfare — CSIS

Ukraine’s Operation Spiderweb Was Smart, Not Reckless — Hudson Institute

Ukrainian Strike on Beriev Plant Destroys Russian Laser and AEW Testbeds — The Aviationist

Operation Spiderweb — Everything We Know About Ukraine’s Audacious Attack on Russia’s Heavy Bombers — Kyiv Indépendent

Operation Spiderweb: Ukraine Hits Air Bases Thousands of Miles Inside Russia — CNN

Russian Military Aircraft Maker Reports Heavy Financial Losses — Defence Blog

Drone Strike Hits Atlant Aero Facility Linked to Molniya and Orion UAV Production — United24 Media

Tupolev Tu-95 — Wikipedia

Kh-101 — Wikipedia

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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