Les territoires abandonnés
Pour comprendre ce que signifie le confinement par la violence au Mexique, il faut d’abord comprendre la géographie du pouvoir dans ce pays. Le Mexique n’est pas uniformément dangereux — et c’est précisément ce qui rend la situation si complexe et si perverse. Il existe des zones où la vie suit son cours normalement, où les touristes affluent, où les hôtels cinq étoiles affichent complet. Et il existe, parfois à quelques kilomètres de ces paradis artificiels, des territoires où l’État mexicain n’existe plus qu’en théorie. Des municipios entiers — ces unités administratives équivalentes à nos communes — où le maire est soit mort, soit complice, soit les deux. Des régions où la police municipale a été intégralement corrompue ou remplacée par des sicaires. Des routes où circuler la nuit revient à jouer à la roulette russe. Selon les données compilées par InSight Crime, organisation spécialisée dans le crime organisé en Amérique latine, plus de 35% du territoire mexicain se trouve sous influence directe ou indirecte de groupes criminels organisés. Ce n’est pas un chiffre abstrait. C’est l’équivalent d’un pays entier — plus grand que la France — livré à des entités para-étatiques qui lèvent leurs propres impôts, rendent leur propre justice, et font régner leur propre ordre.
Les cartels mexicains contemporains ne ressemblent plus aux organisations criminelles des années 1990. Ils se sont transformés, sophistiqués, diversifiés. Ils ne font plus que du trafic de drogue — bien que celui-ci reste leur moteur financier principal avec des revenus estimés entre 19 et 29 milliards de dollars annuels selon le Département du Trésor américain. Ils contrôlent désormais des filières d’extorsion, de kidnapping, de trafic d’êtres humains, d’exploitation minière illégale, de vol de carburant — la llamada huachicol — et même d’avocats et de médecins qui exercent sous leur protection. Ce sont des conglomérats criminels, des multinationales de la violence, avec leurs hiérarchies, leurs ressources humaines, leurs stratégies d’expansion. Et face à eux, un État qui peine à répondre.
Quand les cartels deviennent des gouvernements parallèles
L’une des évolutions les plus inquiétantes — et les moins documentées dans les médias occidentaux — est la gouvernance criminelle que certains cartels ont mise en place dans leurs zones d’influence. Dans plusieurs régions du Michoacán, de Guerrero, de Tamaulipas, les groupes criminels ne se contentent plus de contrôler les flux illicites. Ils organisent des services publics : distribution de nourriture, réparation de routes, arbitrage des conflits locaux. Ils imposent des codes de conduite à la population. Ils proscrivent certains comportements — la consommation de drogue dans leurs propres territoires, par exemple, ou la violence domestique — non pas par éthique, mais par calcul stratégique. Une population stable et disciplinée est une population qui produit, qui paye ses extorsions régulièrement, qui ne génère pas l’attention des autorités fédérales. Ce simulacre de gouvernance est peut-être l’aspect le plus glaçant de la réalité mexicaine : certains habitants préfèrent la loi du cartel à l’absence de loi que représente parfois l’État. Ce n’est pas de la sympathie pour les criminels. C’est le résultat logique de décennies d’abandon institutionnel.
Quand un cartel répare les routes que l’État ne répare plus, quand un groupe armé distribue des paniers alimentaires là où les programmes sociaux n’arrivent pas, on ne parle plus de criminalité ordinaire. On parle d’une faillite de l’État tellement profonde qu’elle crée un vide que même ses ennemis comblent mieux que lui. C’est insupportable à écrire. Mais c’est la réalité.
30 000 homicides : quand les chiffres deviennent insupportables
Le record que personne ne voulait battre
En janvier 2026, Reuters publiait un chiffre qui aurait dû faire la une de tous les journaux du monde : le Mexique a enregistré plus de 30 000 homicides en 2025, le niveau le plus élevé jamais enregistré dans l’histoire moderne du pays. Trente mille. Pour donner une mesure de ce que cela représente : c’est plus que le nombre de soldats américains morts pendant la guerre du Vietnam. C’est l’équivalent de la population d’une ville moyenne anéantie en douze mois. C’est 82 morts par jour. 3,4 morts par heure. Pendant que vous lisez ces lignes, quelqu’un est en train de mourir de mort violente au Mexique. Et la grande majorité de ces morts ne feront l’objet d’aucune enquête sérieuse, d’aucune arrestation, d’aucune condamnation. Parce que le taux d’impunité au Mexique dépasse les 94%. Autrement dit : tuer au Mexique, c’est prendre moins de 6% de risque d’avoir des conséquences judiciaires. L’impunité n’est pas un bug du système. Elle en est devenue la fonctionnalité principale.
Ces chiffres ne sont pas des statistiques froides. Derrière chaque nombre, il y a un prénom. Un visage. Une famille qui attend que quelqu’un frappe à sa porte pour lui annoncer ce qu’elle redoutait. Au Mexique, les familles de victimes se sont organisées en collectifs qui fouillent elles-mêmes les champs et les friches pour retrouver les corps de leurs disparus. Ces femmes — car ce sont majoritairement des femmes, des mères, des épouses, des sœurs — ont développé une expertise macabre que l’État n’a pas su leur offrir. Elles savent reconnaître un ossuaire clandestin. Elles savent utiliser des bâtons pour sonder le sol à la recherche de fosses communes. Elles s’appellent les colectivos de búsqueda et leur existence même est une accusation portée contre un système qui a renoncé à chercher ses propres morts. Depuis 2006, plus de 100 000 fosses clandestines ont été découvertes au Mexique. Le chiffre réel est probablement bien supérieur.
Les journalistes qui paient de leur vie
Raconter le Mexique est une activité dangereuse. Reporters sans frontières classe régulièrement le Mexique parmi les pays les plus meurtriers pour la presse — parfois devant des zones de guerre actives. Depuis 2000, plus de 150 journalistes mexicains ont été assassinés. Des dizaines d’autres ont disparu. Les journalistes de terrain, ceux qui couvrent les cartels dans leurs États d’origine, vivent sous des menaces permanentes. Certains travaillent sous pseudonyme. D’autres ont quitté leurs familles pour les protéger. D’autres encore ont simplement cessé de couvrir certains sujets — non pas par lâcheté, mais par calcul de survie. Ce silence forcé est peut-être l’une des raisons pour lesquelles la réalité mexicaine peine à percer dans la conscience internationale. Sans témoins. Sans caméras. Sans mots publiés. La violence peut se perpétuer dans une invisibilité presque totale.
Trente mille morts en un an. J’ai relu ce chiffre dix fois en préparant cet article, en espérant qu’il changerait. Il n’a pas changé. Et nous, nous continuons de planifier nos vacances à Cancún, d’acheter notre tequila, et de regarder ailleurs. La honte devrait être collective.
La corruption : le poison dans les veines de l'État
Une institution gangrenée de l’intérieur
La violence des cartels mexicains ne prospèrerait pas sans son engrais naturel : la corruption systémique. Transparency International classe le Mexique au 126e rang mondial sur 180 pays dans son Indice de Perception de la Corruption 2025. Ce classement place le Mexique aux côtés de pays en guerre, de régimes autoritaires, d’États en déliquescence avancée. Mais la réalité de la corruption mexicaine est encore plus complexe que ce que des indices peuvent capturer. Elle n’est pas simplement présente dans les institutions : elle les a construites en partie. Elle est institutionnalisée. Elle est attendue. Elle est, dans certains secteurs, le mode de fonctionnement normal. Des policiers municipaux qui reversent une partie de leurs extorsions à leurs supérieurs. Des magistrats dont les décisions sont vendues au plus offrant. Des douaniers qui laissent passer des cargaisons entières contre rémunération. Des militaires qui louent leurs services aux cartels pendant leurs heures de repos — ou pire, pendant leur service actif.
Le cas le plus emblématique de cette corruption institutionnelle reste celui du général Salvador Cienfuegos, ancien secrétaire de la Défense nationale du Mexique, arrêté aux États-Unis en 2020 pour ses liens présumés avec le cartel H-2. Cienfuegos n’était pas un policier de base. Il était l’homme qui commandait l’armée mexicaine. Et pourtant. Les États-Unis, après l’avoir arrêté et inculpé, ont finalement accepté de le remettre au Mexique sous pression diplomatique — et les charges ont été abandonnées. Cette décision, scandaleuse dans son principe, révèle la profondeur du problème : même quand un grand responsable est pris la main dans le sac, les mécanismes de protection s’activent. L’impunité protège ses propres architectes.
Le narco-financement de la politique
La corruption ne s’arrête pas aux forces de l’ordre. Elle remonte bien plus haut dans la hiérarchie politique. Des études et enquêtes menées par des organisations comme Global Financial Integrity estiment que les cartels mexicains investissent des centaines de millions de dollars dans le financement des campagnes politiques à tous les niveaux — municipal, régional, fédéral. En échange, ils achètent la tranquillité : des élus qui regardent ailleurs, des procureurs qui n’enquêtent pas, des législateurs qui bloquent les réformes. Ce narco-financement de la démocratie mexicaine n’est pas un secret bien gardé. Il est documenté, connu, et pourtant presque impossible à éradiquer tant il est structurel. Changer un élu ne change pas le système. Parce que le suivant arrive avec les mêmes dettes et les mêmes obligations envers ses financiers criminels. La présidente Claudia Sheinbaum, arrivée au pouvoir en octobre 2024, a hérité d’un système qu’elle a promis de réformer. Les mois qui suivent testent cette promesse face à une réalité qui résiste aux bonnes intentions avec une efficacité redoutable.
Quand le ministre de la Défense lui-même peut être suspecté de travailler pour les cartels, il ne s’agit plus d’un problème de quelques brebis galeuses. Il s’agit d’un système où la frontière entre l’État et le crime organisé est devenue une ligne pointillée. Cette réalité-là, elle devrait nous empêcher de dormir.
Les femmes du Mexique : premières victimes d'une guerre qu'on ne leur a pas déclarée
Le féminicide comme symptôme
Dans ce tableau déjà sombre, il est une réalité particulièrement insupportable : la violence faite aux femmes au Mexique atteint des niveaux qui relèvent de la crise humanitaire. Le terme féminicide — le meurtre d’une femme en raison de son genre — a été intégré dans le droit mexicain, mais sa présence dans les textes de loi n’a pas endigué sa présence dans la réalité. Selon les données officielles mexicaines, plus de 10 femmes sont assassinées chaque jour au Mexique. Dix. Quotidiennement. Des militantes, des journalistes, des mères de famille, des étudiantes. Des femmes qui avaient des projets, des rêves, des enfants qui les attendaient. Le mouvement #NiUnaMenos — « pas une de moins » — qui a pris racine en Argentine et s’est répandu dans toute l’Amérique latine, trouve au Mexique l’un de ses terrains les plus douloureux. Parce que la violence contre les femmes mexicaines n’est pas un épiphénomène : elle est le reflet amplifié d’une culture de l’impunité qui touche toute la société, mais frappe les plus vulnérables avec une intensité particulière.
Les feminicidios ne sont pas tous liés directement aux cartels. Mais l’atmosphère générale d’impunité, la normalisation de la violence comme mode de résolution des conflits, le mépris structurel pour la vie humaine que cultivent les organisations criminelles — tout cela crée un environnement dans lequel la violence contre les femmes peut prospérer sans conséquences. Les familles des victimes de féminicides se heurtent aux mêmes murs que les familles des victimes des cartels : des enquêtes qui s’enlisent, des dossiers qui disparaissent, des coupables qui restent libres. Une mère d’une victime de féminicide au Mexique a plus de chances de retrouver le corps de sa fille en fouillant elle-même que d’obtenir justice par les voies légales. C’est le scandale silencieux d’un pays qui a abandonné ses femmes.
Les disparitions : une épidémie dans l’épidémie
Parallèlement aux homicides, le Mexique vit une crise des disparitions forcées d’une ampleur terrifiante. Le registre national des personnes disparues comptabilise plus de 115 000 cas non résolus en 2026. Cent quinze mille personnes. Disparues. Sans corps retrouvé, sans enquête aboutie, sans réponse pour leurs familles. Ce chiffre place le Mexique au rang des pays avec les plus hauts taux de disparitions forcées au monde — un classement normalement réservé aux dictatures militaires ou aux zones de conflit armé reconnu. Mais le Mexique n’est officiellement ni l’un ni l’autre. Il est une démocratie — du moins sur le papier. Il est un partenaire commercial stratégique des États-Unis et du Canada dans le cadre de l’ACEUM. Il est un pays avec lequel la France entretient des relations diplomatiques cordiales. Et pourtant, 115 000 familles cherchent leurs disparus dans un vide institutionnel assourdissant.
Je pense à ces mères qui fouillent le sol à mains nues, cherchant des ossements qui pourraient être ceux de leurs enfants. Je pense à ce que ça fait à une femme, à une famille, de vivre dans cette incertitude permanente. Et je pense à notre indifférence collective face à ce deuil impossible. C’est une honte que nous partageons tous.
La frontière : couloir de la mort entre deux mondes
Le paradoxe américain
Il est impossible de comprendre la crise mexicaine sans regarder vers le nord. Vers les États-Unis. Vers ce voisin titanesque qui est à la fois la cause principale du problème et le premier à pointer du doigt. Car le lien entre la violence mexicaine et l’Amérique du Nord est direct, documenté et incontestable : 90% des armes saisies aux cartels mexicains proviennent des États-Unis, selon les données du Bureau of Alcohol, Tobacco, Firearms and Explosives (ATF). Des armes achetées légalement dans des États américains à législation permissive — l’Arizona, le Texas — et revendues illégalement au Mexique. Sans ces armes américaines, les cartels mexicains seraient infiniment moins dangereux. Et 90% de la cocaïne consommée aux États-Unis transite par le Mexique. Sans la demande américaine, les cartels mexicains n’auraient ni la raison ni les moyens de leur existence. La relation est symbiotique. Mortelle. Et profondément hypocrite quand les responsables américains parlent du « problème mexicain » comme s’il était extérieur à leur propre réalité.
La politique migratoire américaine ajoute une couche supplémentaire à cette tragédie. Des centaines de milliers de Mexicains fuient chaque année la violence des cartels pour tenter de rejoindre les États-Unis. Beaucoup se retrouvent bloqués dans des villes-frontières mexicaines comme Ciudad Juárez, Tijuana ou Matamoros — des zones où les cartels contrôlent précisément les passages, où les migrants deviennent des proies faciles pour l’extorsion, le kidnapping, la traite des êtres humains. La frontière mexicano-américaine est l’une des zones les plus dangereuses du monde pour les populations civiles en transit. Ce n’est pas une métaphore. C’est une réalité géographique documentée par des organisations humanitaires comme Médecins sans frontières, qui opère dans ces zones comme dans des zones de conflit actif.
Trump, les tarifs douaniers et le chantage géopolitique
Dans ce contexte déjà complexe, l’arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche pour son second mandat a ajouté une variable imprévisible. La menace de tarifs douaniers punitifs de 25% sur les produits mexicains, brandie comme un levier de pression pour forcer le Mexique à coopérer davantage sur les questions migratoires et sécuritaires, a plongé le gouvernement Sheinbaum dans une position délicate. Le Mexique dépend des États-Unis pour 80% de ses exportations. Une guerre commerciale avec Washington serait économiquement dévastatrice. Mais céder aux pressions américaines signifie accepter d’être traité comme un État vassal plutôt que comme un partenaire égal. Cette pression géopolitique sur un pays déjà fragilisé par sa crise sécuritaire interne crée une combinaison explosive. Un Mexique économiquement affaibli est un Mexique moins capable de financer ses institutions, de payer ses forces de l’ordre, de mettre en œuvre des réformes. C’est un Mexique qui devient encore plus vulnérable aux cartels.
Il y a quelque chose de profondément obscène dans le fait que les États-Unis arment les cartels mexicains d’un côté, alimentent leur business de l’autre avec leur consommation de drogue, et menacent ensuite le Mexique de sanctions économiques pour ne pas gérer assez bien la crise que l’Amérique a en grande partie créée. Ce n’est pas de la politique étrangère. C’est de la prédation.
Les solutions qui existent mais qu'on ne veut pas voir
Sanctionner les vrais responsables
Face à cette crise d’une ampleur colossale, il serait tentant de conclure à l’impuissance. De hausser les épaules et de se dire que c’est trop grand, trop complexe, trop enraciné pour que quoi que ce soit change. Ce serait faux. Des solutions existent. Elles sont difficiles, politiquement coûteuses, et supposent une volonté collective que nous n’avons pas encore mobilisée. Mais elles existent. La première et la plus immédiatement applicable : sanctionner les responsables identifiés. Pas seulement les chefs de cartels — qui font déjà l’objet de poursuites internationales. Mais les politiciens corrompus, les juges véreux, les policiers complices qui rendent leur existence possible. La loi Magnitsky, qui permet aux États-Unis et à certains pays européens de geler les avoirs et d’interdire le territoire aux individus corrompus ou violateurs des droits humains, est un outil qui pourrait être utilisé bien plus systématiquement. Des listes noires ciblées, des avoirs gelés, des visas refusés : ces mesures n’éliminent pas la corruption, mais elles en augmentent le coût. Et un crime dont le coût augmente est un crime qui se pratique moins.
Deuxièmement, couper les flux financiers qui alimentent les cartels. Le blanchiment d’argent du crime organisé mexicain ne se fait pas uniquement au Mexique. Il se fait dans les paradis fiscaux que le monde occidental tolère depuis des décennies. Il se fait dans des banques dont le siège est à New York, à Londres, à Zurich. Des banques qui ont déjà été condamnées — HSBC a payé 1,9 milliard de dollars d’amende en 2012 pour avoir blanchi l’argent des cartels mexicains — sans que cela ne change fondamentalement les pratiques. Sanctionner les banques complices, fermer les paradis fiscaux, renforcer les obligations de transparence sur les transactions financières suspectes : ce ne sont pas des idées révolutionnaires. Ce sont des outils qui existent mais qui se heurtent aux intérêts d’un système financier mondial qui profite, directement ou indirectement, de ces flux illicites.
La société civile : dernière ligne de défense
La troisième voie — et peut-être la plus fondamentale — est de soutenir la société civile mexicaine. Les journalistes qui risquent leur vie pour documenter les crimes des cartels et la corruption des institutions. Les défenseurs des droits humains qui accompagnent les familles de victimes. Les avocats qui, malgré les menaces, continuent d’attaquer l’impunité dans des tribunaux dont ils savent qu’ils sont partiellement achetés. Les colectivos de búsqueda — ces mères qui fouillent les champs. Les communautés d’auto-défense qui, faute d’État capable de les protéger, ont pris les armes pour défendre leurs villages — au risque constant d’être elles-mêmes criminalises ou infiltrées par les cartels qu’elles combattent. Ces acteurs sont la colonne vertébrale d’une résistance civile qui mérite, infiniment plus qu’elle ne le reçoit, une protection internationale, des financements, de la visibilité. Sans eux, le Mexique n’a plus aucune chance de se reconstruire de l’intérieur.
Je pense aux journalistes mexicains qui couvrent les cartels avec leurs noms d’emprunt, leurs téléphones cryptés, leurs itinéraires qui changent chaque semaine. Ils font ce qu’aucun d’entre nous ne ferait. Ils maintiennent vivante une vérité que tout le monde voudrait étouffer. Le moins que nous puissions faire, c’est de les lire. Et de les citer.
La présidente Sheinbaum face au mur : un héritage empoisonné
La promesse et la réalité
Claudia Sheinbaum est entrée dans l’histoire le 1er octobre 2024 en devenant la première femme présidente du Mexique. Sa victoire écrasante — plus de 59% des voix — lui a conféré un mandat démocratique incontestable. Elle a hérité de la coalition politique de son prédécesseur Andrés Manuel López Obrador, dit AMLO, dont la politique sécuritaire — résumée dans la formule abrazos, no balazos (« des câlins, pas des balles ») — a été abondamment critiquée pour son inefficacité face aux cartels. Sheinbaum a promis de continuer certaines politiques sociales qui ont eu des effets positifs sur la réduction de la pauvreté, tout en adoptant une approche plus ferme sur la sécurité. Mais promettre la fermeté et l’exercer sont deux exercices radicalement différents quand les institutions censées mettre en œuvre cette fermeté sont elles-mêmes infiltrées par l’ennemi qu’on cherche à combattre.
Les premiers mois de son mandat ont été marqués par des signaux contradictoires. D’un côté, une rhétorique claire sur la nécessité de renforcer l’État de droit. De l’autre, des réalités terrain qui résistent : des scandales de corruption qui continuent d’éclabousser des membres de son administration, des violences qui ne fléchissent pas dans les États les plus touchés, et une réforme judiciaire controversée — héritée d’AMLO — qui prévoit l’élection populaire des juges, une mesure que les experts en droit international jugent susceptible d’affaiblir encore davantage l’indépendance du pouvoir judiciaire. Dans un pays où les cartels achètent déjà les juges, permettre aux partis politiques — eux-mêmes potentiellement financés par le crime organisé — de peser sur la sélection des magistrats est une réforme qui inquiète profondément les observateurs internationaux.
La réforme judiciaire : une bombe à retardement
La réforme judiciaire mexicaine de 2024-2025 mérite qu’on s’y arrête, parce qu’elle illustre parfaitement la complexité et les risques de la situation. Sur le papier, l’idée d’élire les juges au suffrage universel semble démocratique. Dans la réalité mexicaine, elle est potentiellement catastrophique. Les cartels ont déjà démontré leur capacité à influencer les élections locales. Leur capacité à financer des campagnes, à menacer des candidats, à acheter des votes dans des régions où leur emprise est totale. Appliquer ce même système à la sélection des magistrats, c’est ouvrir la porte à une justice directement sous contrôle du crime organisé dans les États les plus exposés. La Cour suprême mexicaine elle-même a contesté cette réforme — avant d’être partiellement désavouée par le Parlement. Les États-Unis et le Canada ont exprimé leurs préoccupations. Les organisations internationales de défense de l’État de droit ont sonné l’alarme. Pour l’instant, le gouvernement Sheinbaum maintient le cap. L’avenir dira si c’était une erreur stratégique irréparable ou un pari risqué mais calculé.
Claudia Sheinbaum porte un poids que peu de dirigeants dans l’histoire ont eu à porter : reconstruire un État de droit dans un pays où les institutions sont simultanément les outils du changement et les premières résistances à ce changement. Je ne sais pas si elle y arrivera. Mais je sais que le monde entier devrait lui donner les moyens d’essayer, plutôt que de se contenter de la juger de loin.
L'Europe aveugle : notre complicité par omission
Le blanchiment dans nos banques
Il serait confortable, depuis l’Europe, de considérer la crise mexicaine comme un problème géographiquement distant et politiquement étranger. Ce serait une erreur profonde. L’Europe est complice de cette crise — pas par intention malveillante, mais par une indifférence structurelle qui a les mêmes effets. L’argent des cartels mexicains ne reste pas au Mexique. Il voyage. Il se transforme. Il s’investit. Dans l’immobilier espagnol. Dans les sociétés écrans néerlandaises. Dans les comptes bancaires luxembourgeois. Dans les crypto-monnaies qui circulent librement à travers les frontières numériques. Les enquêtes menées par Europol et des parquets nationaux européens ont régulièrement mis en évidence des connexions entre le crime organisé mexicain et des structures financières établies en Europe. Ces connexions ne sont pas anecdotiques. Elles sont systémiques. Et tant que l’Europe ne mettra pas en place des mécanismes robustes de lutte contre le blanchiment d’argent transnational, elle continuera d’alimenter indirectement la machine de mort mexicaine.
La consommation européenne de drogues joue également son rôle. L’Europe est le deuxième marché mondial pour la cocaïne, derrière les États-Unis. Une partie significative de cette cocaïne est produite en Colombie et transite par le Mexique — ce qui signifie que chaque ligne de cocaïne consommée dans les clubs et les soirées européennes finance, à travers une longue chaîne d’intermédiaires, les cartels mexicains. Cette réalité est rarement mentionnée dans les débats européens sur les drogues, qui se focalisent sur les questions de santé publique interne sans mesurer les conséquences géographiquement distantes de nos habitudes de consommation. Notre hédonisme irresponsable a un coût. Il se paye en vies humaines. Mexicaines.
La diplomatie européenne : la voix qui manque
Au-delà du blanchiment et de la consommation, l’Europe a un rôle diplomatique qu’elle n’assume pas. L’Union européenne a conclu avec le Mexique un accord de partenariat global révisé en 2023, qui inclut des clauses sur les droits humains et l’État de droit. Ces clauses, dans la réalité, ne sont jamais activées. Parce qu’activer des mécanismes de conditionnalité démocratique perturberait des échanges commerciaux profitables. Parce que la diplomatie européenne préfère le dialogue discret aux déclarations publiques. Parce que le Mexique est un partenaire trop important pour être bousculé. Mais ce silence a un prix : il signale au gouvernement mexicain que l’Europe regardera toujours ailleurs, que les exigences de droits humains sont négociables, que la priorité reste le commerce. Cette realpolitik sans principe est une forme de complicité. Elle mérite d’être nommée comme telle.
Nous importons les avocats, les ingénieurs, les artistes mexicains qui fuient la violence. Nous exportons les armes, finançons le blanchiment, consommons la drogue qui alimente les cartels. Et nous nous permettons de nous considérer comme extérieurs au problème. L’hypocrisie a des limites. Nous les avons largement dépassées.
Le confinement comme métaphore : ce que ce mot dit de nous
Quand la peur devient une infrastructure
Revenons au mot qui a déclenché cette analyse. Confinement. La ressortissante française l’a prononcé avec la gravité de quelqu’un qui mesure exactement le poids de ce qu’elle dit. Et ce poids est immense. Parce que le confinement par la peur est fondamentalement différent du confinement sanitaire que nous avons vécu en 2020. Le confinement sanitaire était une mesure temporaire, collective, encadrée par des institutions qui fonctionnaient — même imparfaitement. Il avait une fin annoncée, une logique médicale, une dimension de solidarité. Le confinement par la violence, lui, est permanent. Il n’a pas de date de fin. Il n’est pas encadré par des institutions qui protègent — les institutions sont souvent complices. Il n’a pas de dimension solidaire : chaque famille se barricade seule, dans une atomisation sociale que la peur impose. Quand une population entière apprend à réorganiser sa vie — ses itinéraires, ses horaires, ses sorties, ses communications — autour d’une menace criminelle permanente, c’est que la peur est devenue une infrastructure. Une infrastructure invisible mais totale, qui conditionne chaque décision, chaque mouvement, chaque relation sociale.
Cette infrastructure de la peur a des coûts économiques mesurables. Le Conseil mexicain des affaires estimait en 2025 que la violence coûte au Mexique environ 5% de son PIB annuel — en sécurité privée, en pertes d’investissements, en coûts de santé, en fuite des capitaux et des talents. Mais les coûts humains sont incalculables. Les traumatismes multigénérationnels que crée une violence endémique. Les enfants qui grandissent avec la normalité du danger comme horizon. Les jeunes gens qui n’ont d’autre perspective que de rejoindre un cartel — parce que c’est la seule institution qui leur offre un salaire, une protection, un sentiment d’appartenance. La destruction du capital social — la confiance entre voisins, la solidarité de quartier, la coopération civique — que la peur généralisée impose. Ces coûts-là ne figurent dans aucun bilan économique. Mais ils hypothèquent l’avenir du Mexique sur des décennies.
Ce que le Mexique nous dit sur nous-mêmes
Il y a une dernière dimension que ce témoignage de ressortissante française révèle, peut-être malgré lui : ce que la situation mexicaine dit sur nos propres sociétés. Sur notre capacité à normaliser l’inacceptable pourvu qu’il se passe assez loin de chez nous. Sur notre aptitude à traiter des crises humaines d’une gravité extrême comme des rubriques dans un journal, interchangeables avec d’autres rubriques, remplaçables par d’autres actualités. Le Mexique n’est pas un cas isolé dans un monde stable. C’est l’un des révélateurs les plus nets des dysfonctionnements systémiques d’un ordre mondial qui tolère des niveaux de violence, de corruption et d’impunité absolument incompatibles avec les valeurs qu’il prétend défendre. Droits humains. État de droit. Dignité des personnes. Ces principes, inscrits dans des traités et des déclarations que nos gouvernements ont signés, sont quotidiennement piétinés au Mexique. Et quotidiennement, nous regardons ailleurs.
Ce témoignage d’une Française sur LCI est, dans sa modestie, plus révélateur que des centaines de rapports officiels. Parce qu’il dit simplement : quelque chose a changé. La ligne a été franchie. Et nous, assis devant nos écrans dans nos maisons sécurisées, nous continuons de changer de chaîne. Ce texte existe pour que, au moins pour quelques minutes, nous ne changions pas de chaîne.
Les voix qui résistent : portraits d'une résistance invisible
Les mères qui ne capitulent pas
Dans ce tableau dominé par la violence et l’impunité, il serait injuste et inexact de ne voir que la défaite. Le Mexique résiste. Pas à travers ses institutions — trop souvent défaillantes — mais à travers ses individus. À travers ces mères des colectivos de búsqueda qui, dimanche après dimanche, sillonnent les terrains vagues, les friches industrielles, les clairières forestières avec leurs bâtons de prospection et leur dignité intacte. Ces femmes ont développé une compétence que l’État aurait dû avoir et n’a pas : retrouver les corps des disparus. Elles ont formé des milliers de bénévoles. Elles ont créé des protocoles. Elles ont cartographié des centaines de fosses communes. Et elles continuent, malgré les menaces, malgré les pertes dans leurs propres rangs, malgré le découragement que chaque découverte morbide impose. Ces femmes sont l’une des formes les plus pures de résistance civique qui existe dans le monde contemporain. Elles méritent des prix Nobel. Elles méritent, au minimum, qu’on connaisse leur combat.
Il y a aussi les journalistes d’investigation qui continuent, dans des conditions de sécurité précaires, de documenter ce que les cartels voudraient garder dans l’ombre. Des publications comme Proceso, Animal Político, Ríodoce maintiennent vivante une presse indépendante qui, malgré les pressions, malgré les assassinats de ses membres, malgré les menaces constantes, continue de publier. Ce sont ces journalistes — pas nous, depuis nos rédactions parisiennes ou montréalaises — qui prennent les vraies décisions courageuses sur ce qu’il faut dire et ne pas dire. Et puis il y a les défenseurs des droits humains, les avocats des victimes, les travailleurs sociaux qui interviennent dans des quartiers contrôlés par les cartels pour y apporter des services éducatifs ou de santé. Tous ces acteurs constituent une société civile résiliente qui survit malgré tout dans les interstices d’un système qui cherche à l’étouffer.
Les communautés d’auto-défense : le dernier recours
Dans certaines régions, face à l’absence totale de l’État, des communautés rurales ont pris les armes pour se défendre. Ces autodefensas — né principalement au Michoacán au début des années 2010 — représentent une réponse compréhensible à une situation intenable. Quand l’État ne vient pas, quand la police est corrompue, quand les militaires regardent ailleurs : les populations se défendent elles-mêmes. Ce mouvement d’auto-défense a eu des résultats initialement positifs dans certaines zones — reprise de contrôle de territoires, diminution des extorsions. Mais il a aussi rapidement montré ses limites et ses dangers : infiltration par les cartels eux-mêmes, dérapages violents, transformation progressive en milices armées dont les objectifs deviennent flous. La ligne entre autodefensa et cartel est, dans certains cas, devenue impossible à tracer. Ce n’est pas une raison de condamner le phénomène dans sa globalité. C’est une raison supplémentaire de comprendre que quand l’État abdique, les solutions qui émergent dans le vide sont nécessairement imparfaites — et parfois dangereuses.
Des paysans qui prennent les armes pour protéger leurs familles parce que l’État ne le fait pas. Des mères qui fouillent le sol parce que la police ne retrouve pas les corps. Des journalistes qui écrivent sous pseudonyme parce que leur nom pourrait les tuer. Ce sont les visages d’un pays qui se débat. Ce sont aussi les visages de notre échec collectif à construire un monde où personne n’aurait besoin de se défendre seul.
Ce que ce confinement annonce : les leçons pour le monde
Le précédent mexicain
La situation mexicaine n’est pas unique dans son genre. Elle est unique dans son intensité et dans sa proximité avec l’une des plus grandes démocraties du monde. Mais les dynamiques qu’elle illustre — corruption systémique, infiltration des institutions par le crime organisé, impunité structurelle, violence comme mode de gouvernance — sont des dynamiques qui se manifestent, à des degrés divers, dans de nombreuses régions du monde. En Afrique de l’Ouest, où des groupes armés contrôlent des pans entiers de territoires. En Amérique centrale, où les Maras imposent leur loi dans des quartiers entiers de San Salvador ou de Tegucigalpa. Dans certaines régions des Balkans, où le crime organisé a des connexions profondes avec des structures politiques légitimes. Dans des zones périphériques de pays développés, où des déserts institutionnels permettent à des économies criminelles de s’installer durablement. Le Mexique est, en ce sens, un laboratoire tragique des risques que courent les États quand ils laissent la corruption s’installer, l’impunité se normaliser, et la violence se banaliser.
Il y a aussi une leçon sur la résilience démocratique. Le Mexique a des élections. Des médias libres — du moins en partie. Des organisations de la société civile actives. Une Cour suprême qui a osé contester des réformes gouvernementales. Des universités qui produisent des travaux critiques. Ces institutions imparfaites, attaquées de toutes parts, sont aussi ce qui empêche le Mexique de basculer complètement dans l’autoritarisme ou l’état de guerre. Elles sont fragiles. Elles sont sous pression. Mais elles résistent. Et leur résistance devrait nous rappeler que la démocratie n’est jamais acquise, que les institutions doivent être défendues activement, et que laisser la corruption s’installer — même par pragmatisme, même par paresse, même par désintérêt — crée des conditions qui peuvent mener, sur plusieurs décennies, à des situations comme celle que vit le Mexique aujourd’hui.
L’avertissement que nous n’entendons pas
Le témoignage de cette ressortissante française sur LCI est un signal faible dans un monde saturé de signaux. Un mot — confinement — prononcé dans un contexte nouveau, qui devrait alerter ceux qui savent écouter. Ce n’est pas la première fois que le monde reçoit des signaux du Mexique. Ce n’est pas la première fois que des témoignages, des rapports, des chiffres, des images documentent l’ampleur de la crise. Et ce n’est probablement pas la dernière fois que ces signaux seront entendus sans être vraiment écoutés. Mais chaque signal ignoré est un signal de plus qui s’accumule dans une histoire dont la conclusion s’écrit lentement, inexorablement. L’histoire d’un pays qui a failli. L’histoire d’un monde qui a laissé faire. L’histoire de nous tous, collectivement responsables de notre indifférence.
Je ne suis pas naïf. Je sais que cet article ne changera pas le cours des événements au Mexique. Je sais que la ressortissante française sera rentrée en France avant que quoi que ce soit change fondamentalement. Mais je crois, profondément et irréductiblement, que nommer les choses est la première condition pour les changer. Et aujourd’hui, je nomme : le Mexique agonise. Et nous regardons.
Conclusion : le miroir mexicain et notre devoir de lucidité
Un pays qui nous tend un miroir
Au terme de cette analyse, une conviction s’impose avec la force de l’évidence : le Mexique n’est pas un problème mexicain. C’est un problème mondial, alimenté par des dynamiques mondiales, et qui appelle des réponses mondiales. La drogue que les cartels trafiquent part vers des marchés américains et européens. Les armes qu’ils utilisent viennent des États-Unis. L’argent qu’ils blanchissent circule dans des systèmes financiers globaux. La corruption qu’ils entretiennent profite à des acteurs politiques et économiques bien au-delà des frontières mexicaines. Considérer cette crise comme extérieure à notre responsabilité collective est une erreur intellectuelle et morale. C’est une erreur que nous n’avons plus les moyens de nous permettre. Pas quand les chiffres sont ceux que nous avons vus. Pas quand les visages que nous avons décrits sont ceux d’humains comme nous. Pas quand une femme sur un plateau de télévision prononce, avec un calme qui fait froid dans le dos, le mot confinement.
Le Mexique nous tend un miroir. Ce miroir montre ce qui arrive à une société quand on laisse la corruption s’installer sans réagir. Quand on laisse l’impunité devenir la règle. Quand on laisse les institutions se vider de leur sens. Quand on laisse la violence occuper l’espace que l’État a abandonné. Ce miroir montre aussi ce qui arrive à un système international quand il accepte de faire du commerce et de la diplomatie avec des États en faillite morale, en fermant les yeux sur les conditions de cette faillite. Nous ne sommes pas le Mexique. Mais nous ne sommes pas non plus aussi loin du Mexique que nous le croyons.
Le courage d’écouter
La ressortissante française qui témoignait sur LCI a eu le courage de parler. Ce courage est rare. Dans un monde qui produit de l’information en quantité industrielle, prendre le temps de témoigner personnellement, avec ses propres mots, de ce que l’on a vécu et observé, représente un acte de résistance contre la banalisation. Elle a parlé. Maintenant, la question est la nôtre : avons-nous le courage d’écouter ? D’écouter vraiment, pas simplement d’entendre. D’écouter de manière à ce que cela change quelque chose dans notre façon de consommer, de voter, d’exiger de nos gouvernements qu’ils agissent. D’écouter de manière à ce que la prochaine fois qu’un responsable politique parle du Mexique comme d’un problème lointain, nous ayons les outils pour lui répondre que non — ce problème est le nôtre. Qu’il est temps de le traiter comme tel. Trente mille morts. 115 000 disparus. Un confinement par la peur. Ces chiffres, ces réalités, méritent mieux que notre indifférence. Ils méritent notre attention. Notre voix. Et peut-être, un jour, notre action.
Signé Jacques Pj Provost
Encadré de transparence du chroniqueur
Positionnement éditorial
Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur et analyste. Mon expertise réside dans l’observation et l’analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.
Je ne prétends pas à l’objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. Je prétends à la lucidité analytique, à l’interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d’offrir une lecture critique des événements.
Méthodologie et sources
Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et analyses interprétatives. Les informations factuelles présentées proviennent exclusivement de sources primaires et secondaires vérifiables.
Sources primaires : communiqués officiels des gouvernements et institutions internationales, déclarations publiques des dirigeants politiques, rapports d’organisations intergouvernementales, dépêches d’agences de presse internationales reconnues (Reuters, Associated Press, Agence France-Presse, Bloomberg News).
Sources secondaires : publications spécialisées, médias d’information reconnus internationalement, analyses d’institutions de recherche établies, rapports d’organisations sectorielles (Le Monde, The Guardian, BBC, Financial Times, Foreign Affairs).
Les données statistiques, économiques et géopolitiques citées proviennent d’institutions officielles : Transparency International, UNODC, Département du Trésor américain, ATF, Reporters sans frontières, InSight Crime, Global Financial Integrity, Médecins sans frontières, registres officiels du gouvernement mexicain.
Nature de l’analyse
Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une synthèse critique et contextuelle basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d’experts cités dans les sources consultées.
Mon rôle est d’interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques et économiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent dans le grand récit des transformations qui façonnent notre époque. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l’observation continue des affaires internationales et la compréhension des mécanismes stratégiques qui animent les acteurs globaux.
Toute évolution ultérieure de la situation pourrait naturellement modifier les perspectives présentées ici. Cet article sera mis à jour si de nouvelles informations officielles majeures sont publiées, garantissant ainsi la pertinence et l’actualité de l’analyse proposée.
Cet article a été construit avec la conviction que la transparence est une obligation, pas une option. Les sources sont citées. Les analyses sont identifiées comme telles. Les opinions sont assumées. C’est la seule façon de faire ce travail avec intégrité.
Sources
Sources primaires
Reuters — « Mexico records over 30,000 homicides in 2025, highest ever recorded » — 20 janvier 2026
Transparency International — « Corruption Perceptions Index 2025 » — 28 janvier 2026
Département du Trésor américain — Rapports sur le financement des cartels mexicains — 2025
Sources secondaires
InSight Crime — « Mexico: Cartel Territorial Control Report 2025 » — décembre 2025
Human Rights Watch — « World Report 2026 : Mexico » — janvier 2026
Reporters sans frontières — « Mexique — Baromètre de la liberté de la presse » — 2025-2026
Global Financial Integrity — « Illicit Financial Flows from Mexico: 2025 Report » — 2025
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