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ANALYSE : Mexique sous les cartels — quand un pays apprend à vivre confiné par la peur
Crédit: Adobe Stock

Les territoires abandonnés

Pour comprendre ce que signifie le confinement par la violence au Mexique, il faut d’abord comprendre la géographie du pouvoir dans ce pays. Le Mexique n’est pas uniformément dangereux — et c’est précisément ce qui rend la situation si complexe et si perverse. Il existe des zones où la vie suit son cours normalement, où les touristes affluent, où les hôtels cinq étoiles affichent complet. Et il existe, parfois à quelques kilomètres de ces paradis artificiels, des territoires où l’État mexicain n’existe plus qu’en théorie. Des municipios entiers — ces unités administratives équivalentes à nos communes — où le maire est soit mort, soit complice, soit les deux. Des régions où la police municipale a été intégralement corrompue ou remplacée par des sicaires. Des routes où circuler la nuit revient à jouer à la roulette russe. Selon les données compilées par InSight Crime, organisation spécialisée dans le crime organisé en Amérique latine, plus de 35% du territoire mexicain se trouve sous influence directe ou indirecte de groupes criminels organisés. Ce n’est pas un chiffre abstrait. C’est l’équivalent d’un pays entier — plus grand que la France — livré à des entités para-étatiques qui lèvent leurs propres impôts, rendent leur propre justice, et font régner leur propre ordre.

Les cartels mexicains contemporains ne ressemblent plus aux organisations criminelles des années 1990. Ils se sont transformés, sophistiqués, diversifiés. Ils ne font plus que du trafic de drogue — bien que celui-ci reste leur moteur financier principal avec des revenus estimés entre 19 et 29 milliards de dollars annuels selon le Département du Trésor américain. Ils contrôlent désormais des filières d’extorsion, de kidnapping, de trafic d’êtres humains, d’exploitation minière illégale, de vol de carburant — la llamada huachicol — et même d’avocats et de médecins qui exercent sous leur protection. Ce sont des conglomérats criminels, des multinationales de la violence, avec leurs hiérarchies, leurs ressources humaines, leurs stratégies d’expansion. Et face à eux, un État qui peine à répondre.

Quand les cartels deviennent des gouvernements parallèles

L’une des évolutions les plus inquiétantes — et les moins documentées dans les médias occidentaux — est la gouvernance criminelle que certains cartels ont mise en place dans leurs zones d’influence. Dans plusieurs régions du Michoacán, de Guerrero, de Tamaulipas, les groupes criminels ne se contentent plus de contrôler les flux illicites. Ils organisent des services publics : distribution de nourriture, réparation de routes, arbitrage des conflits locaux. Ils imposent des codes de conduite à la population. Ils proscrivent certains comportements — la consommation de drogue dans leurs propres territoires, par exemple, ou la violence domestique — non pas par éthique, mais par calcul stratégique. Une population stable et disciplinée est une population qui produit, qui paye ses extorsions régulièrement, qui ne génère pas l’attention des autorités fédérales. Ce simulacre de gouvernance est peut-être l’aspect le plus glaçant de la réalité mexicaine : certains habitants préfèrent la loi du cartel à l’absence de loi que représente parfois l’État. Ce n’est pas de la sympathie pour les criminels. C’est le résultat logique de décennies d’abandon institutionnel.

Quand un cartel répare les routes que l’État ne répare plus, quand un groupe armé distribue des paniers alimentaires là où les programmes sociaux n’arrivent pas, on ne parle plus de criminalité ordinaire. On parle d’une faillite de l’État tellement profonde qu’elle crée un vide que même ses ennemis comblent mieux que lui. C’est insupportable à écrire. Mais c’est la réalité.

Encadré de transparence du chroniqueur

Positionnement éditorial

Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur et analyste. Mon expertise réside dans l’observation et l’analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.

Je ne prétends pas à l’objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. Je prétends à la lucidité analytique, à l’interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d’offrir une lecture critique des événements.

Méthodologie et sources

Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et analyses interprétatives. Les informations factuelles présentées proviennent exclusivement de sources primaires et secondaires vérifiables.

Sources primaires : communiqués officiels des gouvernements et institutions internationales, déclarations publiques des dirigeants politiques, rapports d’organisations intergouvernementales, dépêches d’agences de presse internationales reconnues (Reuters, Associated Press, Agence France-Presse, Bloomberg News).

Sources secondaires : publications spécialisées, médias d’information reconnus internationalement, analyses d’institutions de recherche établies, rapports d’organisations sectorielles (Le Monde, The Guardian, BBC, Financial Times, Foreign Affairs).

Les données statistiques, économiques et géopolitiques citées proviennent d’institutions officielles : Transparency International, UNODC, Département du Trésor américain, ATF, Reporters sans frontières, InSight Crime, Global Financial Integrity, Médecins sans frontières, registres officiels du gouvernement mexicain.

Nature de l’analyse

Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une synthèse critique et contextuelle basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d’experts cités dans les sources consultées.

Mon rôle est d’interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques et économiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent dans le grand récit des transformations qui façonnent notre époque. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l’observation continue des affaires internationales et la compréhension des mécanismes stratégiques qui animent les acteurs globaux.

Toute évolution ultérieure de la situation pourrait naturellement modifier les perspectives présentées ici. Cet article sera mis à jour si de nouvelles informations officielles majeures sont publiées, garantissant ainsi la pertinence et l’actualité de l’analyse proposée.

Cet article a été construit avec la conviction que la transparence est une obligation, pas une option. Les sources sont citées. Les analyses sont identifiées comme telles. Les opinions sont assumées. C’est la seule façon de faire ce travail avec intégrité.

Sources

Sources primaires

TF1 Info / LCI — « Violences au Mexique : ‘C’est la première fois qu’on parle de confinement’, témoigne sur LCI une ressortissante française habitant sur place » — 16 février 2026

Reuters — « Mexico records over 30,000 homicides in 2025, highest ever recorded » — 20 janvier 2026

Transparency International — « Corruption Perceptions Index 2025 » — 28 janvier 2026

Département du Trésor américain — Rapports sur le financement des cartels mexicains — 2025

Bureau of Alcohol, Tobacco, Firearms and Explosives (ATF) — « Firearms Trafficking to Mexico » — données 2025

Sources secondaires

InSight Crime — « Mexico: Cartel Territorial Control Report 2025 » — décembre 2025

Human Rights Watch — « World Report 2026 : Mexico » — janvier 2026

Reporters sans frontières — « Mexique — Baromètre de la liberté de la presse » — 2025-2026

Médecins sans frontières — « Violence contre les migrants à la frontière mexicano-américaine » — 2025

Global Financial Integrity — « Illicit Financial Flows from Mexico: 2025 Report » — 2025

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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