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ANALYSE : Telegram, TikTok, Viber — comment la Russie transforme votre téléphone en arme de guerre
Crédit: Adobe Stock

Telegram, la colonne vertébrale

Telegram n’est pas un réseau social. Ce n’est pas un média. Ce n’est pas une application de messagerie ordinaire. C’est devenu, selon les mots de Tsybulska, « un instrument de l’ennemi » que la société ukrainienne traite comme sa source d’information principale. La distinction est fondamentale. Quand un Ukrainien ouvre Telegram le matin, il ne consulte pas un journal avec une rédaction, une ligne éditoriale, des vérificateurs de faits. Il ouvre une boîte noire où n’importe qui peut publier n’importe quoi sans aucune responsabilité.

Les canaux anonymes sont la norme. Personne ne sait qui écrit. Personne ne sait qui finance. Personne ne sait quel agenda se cache derrière les « informations exclusives » qui y circulent. Et c’est précisément ce que la Russie exploite. Depuis 2014, quand les chaînes de télévision russes ont été bloquées en Ukraine, le Kremlin a pivoté vers Telegram avec une efficacité terrifiante. Viktor Medvedchuk, l’oligarque pro-russe dont les chaînes de télévision 112 Ukraine, NewsOne et ZIK ont finalement été fermées, avait déjà compris que le futur de la propagande ne passait pas par les antennes. Il passait par les notifications push.

Telegram a été créé pour protéger la vie privée. La Russie l’a transformé en arme de destruction massive de la vérité. L’ironie serait presque poétique si des gens n’en mouraient pas.

Le fonctionnement d’une usine à désinformation

Voici comment ça marche. Un réseau de bots alimentés par intelligence artificielle est déployé sur les canaux Telegram locaux des territoires occupés. Entre janvier 2024 et avril 2025, une enquête conjointe de l’Atlantic Council et du Digital Forensic Research Lab (DFRLab) a révélé l’ampleur du dispositif : 3 634 comptes inauthentiques, plus de 316 000 commentaires pro-russes, plus de trois millions de messages dans des groupes ukrainiens et russes. Chaque bot publiait en moyenne 84 commentaires par jour. Les plus actifs dépassaient 1 000 commentaires quotidiens.

Le contenu est calibré avec une précision chirurgicale. Les thèmes les plus fréquents : 48 000 commentaires critiquant le président Zelensky, des attaques contre l’Ukraine, contre l’Occident collectif, contre les États-Unis, des accusations de nazisme. L’objectif n’est pas de convaincre. L’objectif est de fabriquer l’illusion d’un consensus local en faveur de l’occupation. Simuler que les habitants des territoires occupés sont reconnaissants envers la Russie. Créer l’apparence d’un soutien populaire qui n’existe pas. Manufacturer le consentement à l’échelle industrielle.

Encadré de transparence du chroniqueur

Positionnement éditorial

Je ne suis PAS journaliste. Je suis chroniqueur indépendant. Cette chronique est une analyse éditoriale qui assume un positionnement clair : la guerre informationnelle russe constitue une menace directe pour les sociétés démocratiques, et les plateformes numériques portent une responsabilité dans la propagation de cette menace. Ce positionnement est fondé sur des rapports d’organisations internationales reconnues, des enquêtes journalistiques vérifiées et des témoignages d’experts du domaine.

Cette analyse ne prétend pas à la neutralité. Elle assume que le recrutement d’enfants pour des actes terroristes, la fabrication industrielle de désinformation et l’utilisation d’applications de messagerie comme vecteurs de guerre sont des phénomènes qui appellent une réponse claire, pas un « débat équilibré ». La neutralité face à l’instrumentalisation d’enfants n’est pas de l’objectivité.

Méthodologie et sources

Cette chronique s’appuie sur les déclarations publiques de Liubov Tsybulska, directrice de l’ONG Join Ukraine et experte en communications stratégiques, telles que rapportées par Ukrinform. Les données sur les réseaux de bots proviennent de l’enquête conjointe de l’Atlantic Council et du Digital Forensic Research Lab. Les informations sur le recrutement de mineurs sont documentées par le Financial Times, le Kyiv Indépendent, l’ONU, Euronews et l’Institute for War and Peace Reporting. Les détails de l’attentat de Lviv proviennent de sources journalistiques multiples dont CNN, le Kyiv Indépendent et les déclarations officielles du président Zelensky.

L’ensemble des faits présentés sont vérifiables et sourcés. Les analyses et opinions éditoriales sont clairement distinguées des faits par l’utilisation de passages en italique.

Nature de l’analyse

Ce texte est une chronique d’opinion fondée sur des faits documentés. Il ne constitue pas un reportage factuel neutre. Les passages en italique représentent les opinions et réflexions personnelles du chroniqueur. Les passages en caractères normaux présentent des faits vérifiés et sourcés. Le lecteur est invité à consulter directement les sources référencées pour se forger sa propre opinion.

Sources

Sources primaires

Ukrinform — Russia’s main influence campaigns run via Telegram, TikTok, Viber — expert

Atlantic Council — Digital occupation: Pro-Russian bot networks target Ukraine’s occupied territories on Telegram

Euronews — Russia uses Telegram to recruit Ukrainian children for bomb attacks, UN says

Kyiv Indépendent — As Russia recruits Ukrainian teens for sabotage, Ukraine races to reach them first

CNN — Deadly explosions in western Ukraine investigated as terrorist attack

RBC Ukraine — Telegram, Russia’s rôle, killed officer: Details of terrorist attack in Lviv

Carnegie Council — Hybrid Warfare in Ukraine, with Liubov Tsybulska

Sources secondaires

Meduza — How Russia is leveraging TikTok’s algorithm to warp public opinion in Ukraine

UNITED24 Media — Russia recruits Ukrainian teens for espionage and sabotage via Telegram

Security Affairs — Russia-linked APT UAC-0184 uses Viber to spy on Ukrainian military

France 24 — Russian spy network exploits Ukrainian teenagers in Europe

Institute for War and Peace Reporting — Russia Recruits Ukrainian Children for Sabotage

EUvsDisinfo — Freedom of Speech in Russian Hands: How Russia Uses Telegram for Informational Occupation

Global Herald — Banned Russian state média finds a home on Telegram

UACRISIS — Key traits of Russian disinformation on Viber

EU DisinfoLab — Massive Russian influence opération on TikTok and beyond

Brookings Institution — Tracing the rise of Russian state média on TikTok

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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