Les chiffres qui parlent plus fort que les diplomates
Arretons-nous un instant sur ce que cette guerre a déjà produit. Depuis fevrier 2022, les forces russes ont subi pres de 1,2 million de pertes — tues, blessés, disparus. Selon le CSIS, entre 250 000 et 325 000 soldats russes ont été tues entre fevrier 2022 et decembre 2025. L’estimation du service de renseignement estonien parle d’un million de tues et de blessés. Cote ukrainien, les pertes sont estimees entre 500 000 et 600 000, dont 100 000 a 140 000 morts. Au rythme actuel, les pertes combinees pourraient atteindre 2 millions d’ici le printemps 2026.
Deux millions. Relisez ce chiffre. Laissez-le entrer. Deux millions de vies brisees, de familles dechirees, de reves éteints. Et on ose encore parler de « conflit localise »? On ose encore prétendre que ca ne nous concerne pas? La Premiere Guerre mondiale a commence par un assassinat a Sarajevo. La Deuxieme, par l’invasion de la Pologne. La troisième a commence le 24 fevrier 2022, quand les chars russes ont franchi la frontière ukrainienne. La seule difference, c’est qu’on refuse de la nommer.
On à un problème collectif avec les mots. On préfére « conflit », « opération », « tensions ». On évite « guerre mondiale » comme on éviterait un diagnostic de cancer. Mais refuser de nommer la maladie n’a jamais gueri personne.
Au-dela de l’Ukraine : la guerre hybride planetaire
Poutine ne fait pas la guerre qu’a l’Ukraine. Il fait la guerre au monde. Cyberattaques contre les infrastructures occidentales. Desinformation industrielle dans chaque élection démocratique. Assassinats politiques sur sol europeen. Militarisation de l’énergie. Weaponisation des cereales. Chantage nucleaire permanent. Des agents du GRU sabotent des installations en Republique tcheque, en Allemagne, en Pologne. Des trolls russes inondent vos réseaux sociaux. Votre opinion est un champ de bataille. Et vous ne le savez même pas.
Comme l’a dit Zelensky à la BBC : « La Russie veut imposer au monde un autre mode de vie et changer la vie que les gens ont choisie. » Ce n’est pas une guerre pour le Donbas. Ce n’est pas une guerre pour la Crimée. C’est une guerre contre l’ordre mondial liberal. Contre le droit des peuples a choisir leur destin. Contre l’idée même que les frontières sont inviolables. Et pourtant, dans les chancelleries occidentales, on continue de traiter ca comme un problème bilateral entre Moscou et Kyiv.
L'avertissement allemand que personne n'a voulu entendre
2029 : la date qui devrait vous empêcher de dormir
En decembre 2025, le ministre des Affaires étrangeres allemand Johann Wadephul a lance un avertissement glacant : la Russie pourrait etre en mesure d’attaquer l’OTAN d’ici 2029. Pas dans cinquante ans. Pas dans une génération. Dans trois ans. Le lieutenant-général Alexander Sollfrank, commandant des opérations conjointes allemandes, a été encore plus direct : la Russie pourrait frapper « a tout moment ». L’Allemagne ne parle plus au conditionnel. Elle prépare un plan appele « Operation Plan Germany » — un plan de défense nationale pour acheminer jusqu’a 800 000 soldats allies à travers le territoire allemand en 180 jours.
L’Allemagne — le pays qui, pendant des decennies, a achété du gaz russe en se croyant à l’abri de l’histoire. L’Allemagne qui a ferme les yeux sur Nord Stream, sur les assassinats politiques a Berlin, sur l’empoisonnement de Navalny. L’Allemagne qui a désarme son armée au point de n’avoir plus assez de munitions pour 48 heures de combat. Cette Allemagne-la vous dit aujourd’hui : préparez-vous. Si l’Allemagne a peur, vous devriez avoir peur aussi. Et pourtant, combien d’entre vous ont entendu parler de cette alerte? Combien de journaux télevises lui ont consacre plus de trente secondes?
L’Allemagne a augmente son budget de défense a 153 milliards d’euros d’ici 2029. Elle se prépare à une guerre qu’elle espere ne jamais mener. Pendant ce temps, dans nos pays, on debat du prix du beurre et de la dernière telereaite. Le decalage est vertigineux.
La fenetre se referme
Le renseignement militaire allemand estime que la Russie est en train de reconstituer ses forces à un rythme alarmant. Malgre les pertes colossales en Ukraine, l’industrie de défense russe tourne a plein régime. Poutine a masse pres de 3 millions de soldats. L’économie russe s’est entierement reconvertie en économie de guerre. Les usines d’armement fonctionnent en trois-huit. De nouveaux chars, de nouveaux missiles, de nouveaux drones sortent des chaines de production chaque jour. Ce n’est pas un pays en difficulte. C’est un pays qui se prépare à la suite.
Zelensky l’a dit avec une lucidite désarmante : « Ca le satisferait probablement pendant un temps… il a besoin d’une pause… mais une fois qu’il aura récupére, nos partenaires europeens disent que ca pourrait prendre trois a cinq ans. » Trois a cinq ans. Le temps de reconstruire son armée. Le temps de digerer l’Ukraine. Et ensuite? « Ou irait-il ensuite? Nous ne savons pas, mais qu’il voudrait continuer est un fait. » Les pays baltes. La Moldavie. La Pologne. La Finlande. Le fait n’est pas si. Le fait est quand.
Le marchandage obscene
Quand Washington presse la victime de négocier avec son bourreau
Pendant que Zelensky prononce ces mots à la BBC, un autre theatre se joue en coulisses. Donald Trump veut un accord de paix avant les midterms. Pas pour sauver l’Ukraine. Pas pour arreter Poutine. Pour son calendrier électoral. Les emissaires americains — Keith Kellogg, Jared Kushner — font la navette entre les capitales. Le message est clair : signez. Peu importe les conditions. Signez.
Et les conditions? Les Etats-Unis ont propose que les forces ukrainiennes se retirent des parties du Donbas qu’elles contrôlent encore. Que cette zone devienne une « zone économique libre » demilitarisee. Washington n’a même pas pris position sur la question de la souverainété. Traduction : on vous demande de donner votre terre, vos gens, votre dignité — et on ne vous dit même pas a qui ca appartiendra officiellement. Zelensky a répondu : « Emotionnellement, les gens ne pardonneront jamais ca. Jamais. »
On demande à un pays envahi de faire des concessions à son envahisseur. On presse la victime de satisfaire l’agresseur. Et on appelle ca de la « diplomatie ». Je ne sais pas comment vous appelez ca, moi. Mais je sais comment l’histoire l’appellera.
Geneve : quand la paix meurt en deux heures
Les pourparlers de Geneve, mi-fevrier 2026. La deuxième journée de négociations entre responsables ukrainiens et russes s’est terminee abruptement après seulement deux heures. Deux heures. Le temps d’un film. Le temps d’un match de soccer. Pas assez de temps pour négocier la fin d’une guerre qui a fait deux millions de victimes. Zelensky a accuse la Russie de bloquer les discussions. Aucun progrès sur la question territoriale. Aucun progrès sur les garanties de sécurité. Aucun progrès.
Et pendant que les diplomates echouent a Geneve, les missiles continuent de tomber sur Kyiv. 71 missiles. 450 drones. Le même week-end. Poutine négocie avec des missiles. Il parle le langage de la destruction. Et nous, on lui répond avec des communiques de presse et des « vive preoccupation ». Ca fait quatre ans que l’Occident est « vivement preoccupe ». Les Ukrainiens, eux, sont vivement morts.
La terre et les gens
Ce que « concessions territoriales » veut vraiment dire
Quand les analystes géopolitiques parlent de « concessions territoriales », ils utilisent un vocabulaire antiseptise qui masque une réalité brutale. Zelensky, lui, refuse ce vocabulaire : « Je ne vois pas ca simplement comme de la terre. Je vois ca comme un abandon — affaiblir nos positions, abandonner des centaines de milliers de personnes. » Des centaines de milliers de personnes. Pas des kilometrès carres. Des gens. Des familles. Des enfants qui vont à l’ecole. Des vieux qui jouent aux échecs dans des parcs. Des femmes qui font la file au marche.
La Russie contrôle environ 20% du territoire ukrainien. Vingt pour cent. L’équivalent de la Belgique et des Pays-Bas réunis. Et quand Trump suggere que l’Ukraine devrait « accepter la réalité », il dit à des millions de gens : votre maison n’est plus votre maison. Votre ville n’est plus votre ville. Votre pays vous a abandonnes. Zelensky le sait. Il l’a dit : « Ce retrait diviserait notre société. » Pas seulement une division politique. Une fracture existentielle.
Imaginez qu’un pays étranger occupe le Quebec. Ou la Bretagne. Ou la Flandre. Et qu’on vous dise : « Soyez raisonnables. Acceptez. » Qu’est-ce que vous répondriez? Exactement ce que Zelensky répond. Sauf que lui, il ne l’imagine pas. Il le vit.
« Qu’est-ce que la terre sans les gens? »
La phrase la plus puissante de l’interview tient en sept mots. « What is land without people? Honestly, nothing. » Qu’est-ce que la terre sans les gens? Honnetement, rien. Sept mots qui contiennent toute la philosophie d’un président en guerre. La terre, il la reprendra. Il l’a dit : « On le fera. C’est absolument clair. C’est une question de temps. » Mais pas au prix de millions de vies. Pas en lancant des vagues humaines dans un bain de sang. « Le faire aujourd’hui signifierait perdre un nombre énorme de personnes — des millions de personnes. »
Voila le dilemme de Zelensky. La justice exige le retour aux frontières de 1991. La réalité militaire exige la patience. La pression americaine exige des concessions. Et les Ukrainiens exigent de ne pas etre abandonnes. Quatre directions qui tirent un seul homme dans quatre directions opposees. Et au milieu de tout ca, les missiles continuent de tomber. Chaque nuit.
L'homme qui refuse de ceder
Un président a contre-courant
Zelensky est un cas unique dans l’histoire contemporaine. Un ancien comedien devenu président de guerre. Un homme qui aurait pu fuir dans les premières heures de l’invasion — les Americains lui avaient propose une évacuéation. Sa réponse est entrée dans l’histoire : « J’ai besoin de munitions, pas d’un taxi. » Quatre ans plus tard, il est toujours la. Dans les bunkers. Sur le front. Devant les cameras. Debout.
Et maintenant, tout le monde lui demande de s’asseoir. Trump veut qu’il signe. L’Europe veut qu’il négocie. Les analystes veulent qu’il soit « realiste ». Mais Zelensky s’entété. « Est-ce qu’on va perdre? Bien sur que non, parce qu’on se bat pour l’indépendance de l’Ukraine. » Ce n’est pas de la bravade. C’est de la conviction. La même conviction qui a fait tenir Kyiv dans les premiers jours, quand tout le monde la donnait perdue. La même conviction qui a permis la contre-offensive de Kherson. La même conviction qui fait que l’Ukraine se bat encore, quatre ans plus tard, avec une armée plus petite, moins d’armes, et un soutien occidental qui s’effrite comme du sable mouille.
Il y à quelque chose de profondement troublant a voir le monde entier demander à un homme dont le pays est envahi de faire des compromis, pendant que l’envahisseur ne recule sur rien. On demande à la victime d’etre raisonnable. On ne demande rien au bourreau.
Le pari sur le Congres
Zelensky a compris une chose que beaucoup de dirigeants occidentaux refusent d’admettre : les présidents passent, les institutions restent. C’est pourquoi il mise sur le Congres americain plutôt que sur la Maison-Blanche. « Nous voulons des garanties pour 30 ans, par exemple. Les élites politiques changeront, les dirigeants changeront… Le Congres est necessaire. Parce que les présidents changent, mais les institutions restent. »
C’est un pari audacieux. Un pari qui dit : Trump ne sera pas président éternellement. L’Amerique est plus grande que Trump. Les valeurs americaines — la liberté, la démocratie, le droit des peuples — survivront à un mandat. C’est un pari sur l’avenir. Sur la decence. Sur l’idée que le monde libre finira par se réveilléler. Et pourtant, en attendant ce réveillé, les missiles continuent de tomber. Et les gens continuent de mourir. Et le temps continue de passer.
La guerre que personne ne veut voir
Le syndrome de l’autruche occidentale
On est en fevrier 2026. La guerre en Ukraine dure depuis quatre ans. Et dans la plupart des pays occidentaux, elle a disparu des premières pages. Recouverte par les élections, les scandales, les faits divers, le sport. L’Ukraine est devenue un bruit de fond. Un flux d’informations qu’on scrolle sans s’arreter. « Encore des bombardements en Ukraine » — on lit ca comme on lit la meteo. Avec la même indifference. Avec le même détachement.
Et c’est exactement ce que Poutine veut. La fatigue. L’usure. La normalisation. Qu’on finisse par accepter l’inacceptable parce qu’on est trop fatigues pour s’indigner. C’est sa stratégie. Durer plus longtemps que notre attention. Bombarder jusqu’a ce que le monde s’en lasse. Et ca marche. Regardez autour de vous. Combien de vos amis parlent encore de l’Ukraine? Combien de vos collegues savent qu’il y a eu 71 missiles tires sur des civils ce week-end? Combien savent que des enfants ukrainiens n’ont jamais connu un seul jour de paix?
La plus grande victoire de Poutine ne sera pas militaire. Ce sera le jour où le monde regardera l’Ukraine mourir en haussant les epaules. Ce jour approche. Et ca, ca devrait vous terrifier plus que n’importe quel missile.
Le double standard permanent
Question simple. Si un pays de l’OTAN recevait 71 missiles et 450 drones en une seule nuit, quelle serait la reaction? La réponse : une mobilisation totale. L’article 5. Des flottes entieres déplacées. Des déclarations de guerre. Le monde entier en alerte maximale. Mais quand c’est l’Ukraine? « Vive preoccupation. » Communiques. Condamnations. Puis on passe a autre chose.
Quand la Russie a envahi l’Ukraine, on a dit : « Jamais plus. » On a dit : « L’Europe ne laissera plus faire. » On a dit : « Les valeurs démocratiques ne se négocient pas. » Quatre ans plus tard, on négocie. On presse l’Ukraine de ceder. On parle de « compromis necessaires ». Depuis quand l’intégrité territoriale est-elle un compromis? Depuis quand la souverainété d’un peuple est-elle négociable? Depuis quand le droit de ne pas etre envahi est-il optionnel?
Les fronts invisibles de la Troisieme Guerre mondiale
Au-dela des tranchees
Quand Zelensky dit que Poutine a déjà commence la Troisieme Guerre mondiale, il ne parle pas seulement des tranchees du Donbas. Il parle de quelque chose de bien plus vaste. La Russie mene une guerre sur plusieurs fronts simultanement. Le front militaire en Ukraine. Le front cybernetique contre les infrastructures occidentales. Le front informationnel dans chaque démocratie. Le front énergetique avec le chantage au gaz. Le front alimentaire avec la weaponisation des cereales. Le front diplomatique avec le veto systematique au Conseil de sécurité de l’ONU.
Et puis il y a les proxys. La Syrie. La Libye. Le Mali. La Centrafrique. Le Soudan. Des mercenaires russes qui opérént sur trois continents. Le groupe Wagner — rebaptise Africa Corps — qui installe des régimes favorables a Moscou dans toute l’Afrique subsaharienne. Ce n’est pas un conflit régional. C’est un réseau global de destabilisation. Et quand vous additionnez tous ces fronts, quand vous regardez la carte d’ensemble, vous ne voyez plus un « conflit en Ukraine ». Vous voyez une guerre mondiale.
On attend quoi pour appeler les choses par leur nom? Qu’un char russe traverse la frontière polonaise? Qu’un missile frappe Tallinn? Qu’un drone explose au-dessus de Berlin? Le diagnostic est la. Les preuves sont la. Le seul problème, c’est le courage de le dire.
La Chine regarde
Et pendant que Poutine teste les limites du monde, un autre acteur observe avec une attention chirurgicale. Pekin regarde comment l’Occident reagit à l’invasion de l’Ukraine. Chaque concession faite a Moscou, chaque hésitation, chaque recul est note, analyse, intégre. Taiwan le sait. Si l’Occident abandonne l’Ukraine, le message envoye a Xi Jinping est simple : les démocraties ne protégent pas leurs allies. Les frontières sont négociables. La force prime le droit.
C’est ca, la Troisieme Guerre mondiale. Pas un événement unique. Pas un D-Day mediatise. Mais une erosion lente et methodique de l’ordre international. Un grignotage territorial ici. Une guerre hybride la. Un coup d’Etat assiste ailleurs. Et à chaque fois, le monde regarde, condamne, et ne fait rien. Jusqu’au jour où il n’y a plus rien a faire.
Le prix de l'inaction
Ce que « ne rien faire » nous coutera
Parlons argent, puisque c’est le seul langage que certains comprennent. L’aide occidentale à l’Ukraine a coute quelques dizaines de milliards. Ca semble énorme. Mais comparons. Le budget de défense de l’Allemagne va atteindre 153 milliards d’euros d’ici 2029 — pour se préparer à une guerre que l’inaction d’aujourd’hui rend plus probable. Le cout d’une intervention de l’OTAN si la Russie attaque un pays membre? Des trillions. Sans parler des vies. Le cout de la reconstruction de l’Ukraine après la guerre? Le Fonds monetaire international l’estime a plusieurs centaines de milliards.
Chaque euro non depense pour aider l’Ukraine aujourd’hui sera multiplie par dix demain. Chaque missile non fourni a Kyiv est un missile que l’OTAN devra tirer elle-même dans trois ans, cinq ans, dix ans. C’est de l’arithmetique, pas de la géopolitique. Et pourtant, on hésite. On tergiverser. On debate. Pendant que Poutine, lui, ne debate pas. Il agit.
L’Ukraine ne demande pas qu’on se batte à sa place. Elle demande des armes pour se battre elle-même. Des armes qu’on hésite a lui donner pendant qu’on depense des fortunes pour se préparer à la guerre qu’on aurait pu empêcher en les lui donnant. L’ironie serait comique si elle n’etait pas mortelle.
Les armes qu’on refuse de donner
Zelensky l’a dit sans ambiguite : « Nous n’avons pas non plus assez d’armes. Ca ne dépend pas seulement de nous, mais de nos partenaires. » Quatre ans de guerre. Et l’Ukraine manque toujours d’armes. Les systèmes de défense antiaérienne ne suffisent pas a protéger les villes. Les munitions d’artillerie arrivent au compte-gouttes. Les avions de combat promis sont arrives tard. Les missiles a longue portee ont été autorises avec des mois de retard, quand les cibles avaient déjà bouge.
Chaque decision retardee à un cout humain. Chaque hésitation se mesure en vies. Les analystes militaires sont unanimes : si l’Ukraine avait recu les ATACMS en 2023 au lieu de 2024, la contre-offensive aurait eu une toute autre envergure. Si les F-16 etaient arrives a temps, l’espace aérien ukrainien serait mieux protége. Si les Taurus allemands avaient été livres, la logistique russe en Crimée serait en miettes. Chaque « non » occidental est écrit dans le sang ukrainien.
La justice comme horizon
Les frontières de 1991 : pas un reve, un droit
Zelensky a prononce une autre phrase qui merite d’etre gravee dans le marbre : « Revenir aux frontières justes de 1991, sans aucun doute, ce n’est pas seulement une victoire, c’est la justice. » 1991. L’année où l’Ukraine est devenue indépendante. L’année où le monde a reconnu ses frontières. L’année où la Russie elle-meme a signe des accords reconnaissant l’intégrité territoriale ukrainienne.
La Crimée est ukrainienne. Le Donbas est ukrainien. Zaporizhzhia est ukrainien. Kherson est ukrainien. Ce ne sont pas des opinions. Ce sont des faits juridiques internationaux. Reconnus par l’ONU. Reconnus par chaque traite signe depuis 1991. Y compris le Memorandum de Budapest de 1994, dans lequel la Russie — la Russie elle-meme — a garanti l’intégrité territoriale de l’Ukraine en échange de l’abandon de son arsenal nucleaire. L’Ukraine a renonce à ses armes nucleaires sur la promesse russe de ne jamais l’envahir. Trente ans plus tard, regardez le résultat.
Budapest 1994. L’Ukraine rend ses armes nucleaires. La Russie promet de respecter ses frontières. 2022 : la Russie envahit l’Ukraine. Si ca, ce n’est pas la plus grande trahison géopolitique du siecle, dites-moi ce que c’est.
La question que personne ne pose
Voici la question que je voudrais poser a tous ceux qui demandent à l’Ukraine de « faire des compromis ». Si les Etats-Unis envahissaient le Mexique, demanderait-on au Mexique de ceder le Texas? Si la Chine envahissait le Japon, demanderait-on au Japon de ceder Okinawa? Si la Russie envahissait la France, demanderait-on à la France de ceder l’Alsace?
La réponse est non. Evidemment non. Mais quand c’est l’Ukraine, soudainement, les règles changent. Soudainement, on parle de « pragmatisme ». De « realisme ». De « compromis necessaires ». Ce n’est pas du pragmatisme. C’est du deux poids, deux mesures. C’est l’idée insidieuse que certains pays ont plus le droit d’exister que d’autrès. Que certaines frontières sont plus sacrees que d’autrès. Que certaines vies valent plus que d’autrès.
Quatre ans et demain
Le 24 fevrier 2026 : une date, une cicatrice
Demain, le 24 fevrier 2026, l’Ukraine commemorera quatre ans d’invasion. Emmanuel Macron et Keir Starmer présideront une videoconference de la « Coalition des allies ». Le Conseil de l’Europe illuminera son batiment aux couleurs du drapeau ukrainien. Des discours seront prononces. Des bougies seront allumees. Des minutes de silence seront observees. Et puis?
Et puis les missiles recommenceront a tomber. Les drones reprendront leurs rondes nocturnes. Les soldats retourneront dans les tranchees. Les enfants retourneront dans les sous-sols. Et dans nos pays, on retournera a nos vies. A nos preoccupations. A notre confort. Comme si de rien n’etait. Comme si 1 300 drones en une semaine etaient normaux. Comme si deux millions de victimes etaient acceptables. Comme si une guerre mondiale etait un problème de quelqu’un d’autre.
Quatre ans. Mille quatre cent soixante et un jours. Et on ne sait toujours pas ce qu’on va faire. Pas l’Ukraine. L’Ukraine, elle, sait. Nous. Nous ne savons pas. Et cette indecision est notre plus grande honte.
« Est-ce qu’on va perdre? »
Zelensky a répondu à cette question avec une certitude qui force le respect : « Bien sur que non, parce qu’on se bat pour l’indépendance de l’Ukraine. » Et il a ajoute : « On le fera. C’est absolument clair. C’est une question de temps. » Pas une question de si. Une question de quand. Pas une question de volonté. Une question de moyens.
« Vous ne pouvez pas dire que nous perdons la guerre », a-t-il ajoute dans une interview à l’AFP. « Honnetement, nous ne la perdons pas, definitivement pas. La question est de savoir si nous allons la gagner. » Cette nuance est tout. Ne pas perdre, ce n’est pas gagner. C’est survivre. C’est endurer. C’est tenir jour après jour, nuit après nuit, missile après missile. Et cette survie dépend de nous. De nos armes. De notre soutien. De notre volonté de ne pas détourner le regard.
Ce que Zelensky nous demande vraiment
Pas de la pitie. De la lucidite.
Relisons cette interview. Zelensky ne demande pas notre compassion. Il ne demande pas nos larmes. Il ne demande pas notre pitie. Il demande quelque chose de bien plus difficile : notre lucidite. Il nous demande de regarder les faits en face. De nommer ce qui se passe. De comprendre que cette guerre ne s’arretera pas aux frontières de l’Ukraine si on ne l’arrété pas maintenant.
« La Russie veut imposer au monde un autre mode de vie et changer la vie que les gens ont choisie. » Ce n’est pas une prediction. C’est un diagnostic. Un diagnostic qui dit : si vous ne vous occupez pas de cette guerre, cette guerre s’occupera de vous. Pas demain. Pas dans un siecle. Dans trois a cinq ans, selon les propres estimations des renseignements europeens. Le temps passe. La fenetre se referme. Et chaque jour de plus sans agir est un jour offert a Poutine pour se préparer à la suite.
Zelensky ne nous demande pas de le sauver. Il nous demande de nous sauver nous-mêmes. La difference est fondamentale. Et le jour où on la comprendra, peut-etre qu’on commencera enfin a agir.
Le réveillé où l’abime
Il y a deux scenarios possibles. Le premier : le monde se réveilléle. Les armes arrivent. Les sanctions mordent. Poutine est contraint de reculer. L’Ukraine retrouve ses frontières. La démocratie tient. L’ordre international survit. Ce scenario est encore possible. Mais chaque jour qui passe le rend moins probable.
Le deuxième scenario : le monde continue de dormir. L’Ukraine est forcee de ceder. Poutine prend une pause. Reconstruit. Et dans trois ans, cinq ans, la prochaine guerre commence. Cette fois, contre un pays de l’OTAN. Cette fois, avec des armes nucleaires sur la table. Cette fois, sans possibilite de faire demi-tour. Et ce jour-la, on se souviendra de cette interview. De ces mots. « Putin has already started it. » Et on se demandera pourquoi on n’a pas ecoute.
Conclusion : La guerre mondiale que nous refusons de voir
Le verdict des faits
Zelensky a raison. Pas parce qu’il est le président d’un pays en guerre. Pas parce qu’il à un intérêt a dramatiser. Mais parce que les faits lui donnent raison. 1,2 million de pertes. Des dizaines de milliers de civils tues. Des villes entieres rasees. Une guerre qui deborde sur le cyberespace, l’espace informationnel, le commerce des cereales, les marches de l’énergie, et l’Afrique tout entiere. Ce n’est pas un conflit régional. C’est une guerre mondiale en cours. La seule difference avec les précèdentes, c’est que nous avons encore le choix de la nommer. Et peut-etre, juste peut-etre, de l’arreter.
Mais pour l’arreter, il faut d’abord accepter qu’elle existe. Il faut sortir du deni. Il faut arreter de croire que « ca n’arrivera pas chez nous ». L’Allemagne se prépare à la guerre. Les pays baltes se préparent à la guerre. La Finlande se prépare à la guerre. Pourquoi pas nous?
Demain, le 24 fevrier, on allumera des bougies pour l’Ukraine. C’est bien. Mais ce dont l’Ukraine a besoin, ce ne sont pas des bougies. Ce sont des obus. Des missiles. Des avions. Et surtout, des allies qui appellent les choses par leur nom. La Troisieme Guerre mondiale a commence. Il est encore temps de la gagner. Mais pas longtemps.
L’heure du choix
Maintenant, vous savez. Vous savez ce que Zelensky a dit. Vous savez ce que l’Allemagne prépare. Vous savez ce que les chiffres racontent. Vous savez ce que les diplomates echouent a négocier. Vous savez que 71 missiles et 450 drones ont frappe l’Ukraine pendant que vous lisiez cet article où que vous dormiez dans votre lit. La question n’est plus d’information. La question est de decision.
On peut continuer a faire semblant. A scroller. A hausser les epaules. A attendre que quelqu’un d’autre s’en occupe. Ou on peut regarder la réalité en face. Nommer la guerre. Exiger de nos gouvernements qu’ils agissent. Refuser que l’Ukraine soit sacrifiee sur l’autel du confort occidental. Le choix nous appartient. Mais pas pour longtemps. Pas pour longtemps.
Signé Maxime Marquette
Encadré de transparence du chroniqueur
Positionnement éditorial
Ce billet est une prise de position assumee. Je ne suis pas un observateur neutre de cette guerre et je ne prétends pas l’etre. Je crois que l’invasion russe de l’Ukraine est illégale, immorale et injustifiable. Je crois que la neutralité face à l’agression est une forme de complicite. Je ne suis pas chroniqueur pour etre objectif — je suis chroniqueur pour etre honnete. Et honnetement, cette guerre me révolte.
Je ne suis pas journaliste. Je suis chroniqueur, redacteur d’opinion. Mes textes refletent mes convictions personnelles, etayees par des faits verifiables. Le lecteur est invite a consulter les sources citees et a se forger sa propre opinion.
Méthodologie et sources
Les faits presentes dans ce billet proviennent de sources ouvertes et verifiables : interview originale de Zelensky à la BBC (23 fevrier 2026), données sur les pertes de guerre du CSIS et du service de renseignement estonien, rapports de l’armée de l’air ukrainienne sur les frappes russes, avertissements officiels du ministere des Affaires étrangeres allemand, et couverture des négociations de Geneve par des médias internationaux reconnus. Les interprétations et opinions sont les miennes.
Nature de l’analyse
Ce texte est un billet d’opinion — le genre le plus libre du commentaire éditorial. Il n’a pas vocation a presenter « les deux cotes » d’une invasion militaire. Il assume un parti pris moral en faveur du pays envahi et contre le pays envahisseur. Ce parti pris ne rend pas les faits moins vrais. Il les rend plus urgents. Le lecteur est libre de ne pas etre d’accord avec mes conclusions. Il n’est pas libre d’ignorer les faits sur lesquels elles reposent.
Sources
Sources primaires
Kyiv Post — Zelensky: Putin Already Started World War III (23 fevrier 2026)
Yahoo News — Zelensky tells BBC Putin has started WW3 and must be stopped
Ukraine Today — Zelensky tells BBC Putin has started WW3 and must be stopped
Modern Diplomacy — Russia launches massive strikes on Ukraine power grid (22 fevrier 2026)
France 24 — Live: Russian missiles pound Kyiv ahead of Ukraine war anniversary (22 fevrier 2026)
Sources secondaires
Kyiv Post — Germany Warns Russia Could Be Ready to Attack NATO by 2029
Euronews — Ready for war in 2029: Is a Russian attack on NATO a real possibility?
TIME — Trump Ramps Up Pressure on Zelensky to Sign Peace Deal
Axios — Zelensky says Ukrainian public won’t let him hand Russia territory
Novaya Gazeta Europe — Zelensky bemoans US pressure as Geneva peace talks stall (18 fevrier 2026)
Foreign Policy — 4 Years of Russia-Ukraine War and Its Global Geopolitical Impact (20 fevrier 2026)
TIME — Ukraine-Russia Peace Talks End Abruptly
Russia Matters — The Russia-Ukraine War Report Card, Feb. 18, 2026
Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.