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CHRONIQUE : Ce cimetière ne devrait pas exister — et pourtant l’Ukraine l’a construit pour ses héros
Crédit: Adobe Stock

Lire la carte d’un conflit dans les pierres d’un cimetière

Un cimetière militaire n’est pas qu’un lieu de sépulture. C’est une archive à ciel ouvert. Chaque tombe est une phrase dans le grand récit d’un conflit. Chaque nom gravé dans la pierre dit quelque chose de la guerre : d’où elle venait, comment elle a évolué, qui elle a pris. En lisant les registres des cimetières militaires ukrainiens existants — notamment le cimetière de Lychakiv à Lviv, qui débordait déjà — on comprend l’ampleur de ce que l’Ukraine a enduré depuis le 24 février 2022. Des hommes de 18 ans. Des pères de famille de 45 ans. Des volontaires venus de toutes les régions du pays. Des soldats de carrière et des civils devenus combattants par nécessité.

Ce nouveau cimetière au sud de Kiev porte en lui la même charge mémorielle. Il a été construit parce que les cimetières existants ne pouvaient plus absorber l’afflux des corps. Ce détail — ce détail brutal et factuel — dit à lui seul ce que les chiffres parfois peinent à transmettre : la guerre en Ukraine tue massivement, régulièrement, depuis trois ans. Et elle ne montre aucun signe sérieux de ralentissement.

Trois ans de pertes : l’impossible comptage

Les chiffres officiels des pertes militaires ukrainiennes restent partiellement classifiés — comme dans toute guerre — mais les estimations sérieuses évoquent des dizaines de milliers de soldats tués depuis le début de l’invasion russe à grande échelle. Certaines sources occidentales et ukrainiennes parlent de plus de 60 000 à 80 000 soldats ukrainiens morts au combat sur trois ans. D’autres estimations sont plus élevées. Personne ne sait avec certitude. Et cette incertitude elle-même est une forme de violence — elle prive les familles de la clarté du deuil.

Ce que l’on sait, c’est que les cimetières de toute l’Ukraine se sont transformés depuis 2022. Des coins de pelouses ordinaires sont devenus des sections militaires. Des villes de province ont vu s’allonger des rangées de tombes portant les drapeaux bleu et jaune. Et maintenant, au sud de Kiev, une infrastructure funéraire entière a été construite spécifiquement pour les soldats tombés au front. Un cimetière de guerre. Le premier de cette envergure depuis la Seconde Guerre mondiale en territoire ukrainien.

Je connais un historien qui étudie les cimetières militaires européens. Il m’a dit un jour quelque chose que je n’oublierai pas : « Un cimetière militaire, c’est le seul monument qu’on espère toujours ne jamais devoir agrandir. » Regardez les photos de l’inauguration au sud de Kiev. Regardez l’espace prévu pour les tombes futures. Et comprenez que les Ukrainiens, en construisant grand, savent déjà ce qui arrive.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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