Un garçon de 17 ans dans la région de Soumy
Il avait 17 ans. On ne connaît pas encore son nom. On sait qu’il vivait dans la région de Soumy, au nord-est de l’Ukraine, à quelques dizaines de kilomètrès de la frontière russe. On sait qu’un drone russe l’a tué, lui et trois autrès personnes, ce samedi matin. On sait qu’il n’aura jamais 18 ans. On sait qu’il ne votera jamais, ne terminera jamais ses études, ne connaîtra jamais la paix dans son propre pays.
À Zaporijjia, un homme de 77 ans est mort de la même façon. Un drone. Une explosion. Un silence. Il avait survécu à l’Union soviétique, à l’indépendance, à la révolution orange, au Maïdan, à l’annexion de la Crimée. Il n’a pas survécu au jour 1 459. Sept décennies et demie de vie, terminées par un engin télécommandé depuis un territoire occupé.
Un adolescent et un vieillard. L’alpha et l’oméga d’une société. La Russie les a fauchés le même jour, avec la même indifférence. La guerre ne discrimine pas. Elle efface.
Les blessés qu’on ne compte plus
À Odessa, deux personnes blessées, des maisons détruites, des voitures calcinées, une infrastructure énergétique endommagée. À Dnipropetrovsk, un homme de 77 ans blessé — encore un ancien qui paie le prix de la folie d’un autre. À Donetsk, quatre blessés sous 18 attaques d’artillerie en une seule journée. À Kherson, deux policiers et un civil blessés, trois immeubles d’habitation touchés, 18 maisons endommagées, un hôpital atteint, des bâtiments publics détruits.
Et puis il y a les 562 personnes évacuées des localités proches du front dans la région de Donetsk. Parmi elles, 244 enfants. Deux cent quarante-quatre enfants arrachés à ce qui restait de leur quotidien, entassés dans des véhicules d’évacuation, emportant ce qu’ils pouvaient — un sac, un doudou, peut-être un cahier d’école. Quatre ans de guerre, et on évacue encore. Quatre ans, et les enfants fuient encore.
Flamingo sur Votkinsk : l'Ukraine frappe au coeur de la machine de guerre
1 300 kilomètrès de portée, 1 150 kilogrammes d’impact
La nuit du 21 février, l’Ukraine a lancé une opération qui restera dans les manuels. Ses missiles de croisière Flamingo — portée maximale de 3 000 kilomètres, charge utile de 1 150 kilogrammes — ont frappé l’usine de construction mécanique de Votkinsk, dans la République d’Oudmourtie, à 1 300 kilomètres de la frontière ukrainienne. Un incendie a été confirmé sur le site. L’état-major ukrainien a confirmé la frappe.
Cette usine n’est pas n’importe quelle usine. C’est l’une des pierres angulaires du complexe militaro-industriel russe. On y fabrique les missiles balistiques à courte portée Iskander-M — ceux-là mêmes qui pleuvent sur les villes ukrainiennes depuis quatre ans. On y fabrique aussi des missiles balistiques intercontinentaux, capables de porter des ogives nucléaires jusqu’aux États-Unis. On soupçonne également que le nouveau missile Orechnik y est produit. Frapper Votkinsk, c’est frapper la colonne vertébrale de la capacité balistique russe.
L’Ukraine n’a pas frappé un dépôt de munitions où un poste de commandement. Elle a frappé l’usine qui fabrique les missiles qui la tuent. Il y à une justice poétique brutale là-dedans. L’agresseur découvre que sa forge n’est plus intouchable.
Le Flamingo, nouvelle arme stratégique
Le missile Flamingo est devenu en quelques mois l’arme de frappe profonde la plus redoutable de l’arsenal ukrainien. Avec une portée de 3 000 kilomètres et une charge de plus d’une tonne, il permet à l’Ukraine d’atteindre des cibles que personne ne croyait vulnérables. L’état-major a également confirmé une frappe sur une usine de gaz dans la région de Samara, toujours avec des Flamingo. Les images de lancement, diffusées le 22 février, montrent des missiles à réaction décollant depuis des rampes mobiles.
Ce n’est plus seulement de la défense. C’est de la projection stratégique. L’Ukraine démontre qu’elle peut atteindre n’importe quel point du territoire russe, frapper les installations qui alimentent la machine de guerre, et dégrader les capacités de production de l’ennemi. Pendant que la Russie pilonne des quartiers résidentiels avec 5 115 drones kamikazes et 161 bombes planantes en une seule journée, l’Ukraine choisit ses cibles avec une précision chirurgicale. La différence de doctrine est morale autant que militaire.
Mondelez sous les bombes : quand Moscou attaque les intérêts américains
Une usine américaine dans le viseur russe
Le même jour, les forces russes ont frappé une installation de production de Mondelez dans la région de Soumy. Mondelez International, c’est un géant américain de l’agroalimentaire — les biscuits Oreo, le chocolat Milka, le chewing-gum Trident. Une entreprise dont le siège est à Chicago. Le ministre des Affaires étrangères ukrainien Andrii Sybiha n’a pas mâché ses mots : « Moscou ne peut pas parler de dialogue économique avec les États-Unis tout en attaquant des installations de production appartenant à des Américains. »
La déclaration est stratégiquement calibrée. À un moment où Washington hésite sur le niveau de son soutien, où des voix américaines plaident pour un « accord » avec Moscou, l’Ukraine rappelle un fait simple : la Russie ne respecte rien. Ni les civils, ni les hôpitaux, ni les entreprises américaines. Frapper une usine Mondelez, c’est envoyer un message à Wall Street autant qu’à Kyiv. Et pourtant, combien de secondes cette nouvelle a-t-elle occupé dans les médias américains?
On bombarde une usine américaine sur le sol ukrainien, et le monde regarde ailleurs. On imagine le tollé si une usine Coca-Cola avait été frappée à Séoul où à Taipei. Mais c’est l’Ukraine. Alors on passe.
Le recrutement colonial en Afrique
Le même Andrii Sybiha a aussi dénoncé le recrutement de Kényans et d’autrès Africains par la Russie pour servir de chair à canon sur le front ukrainien. Le ministre a qualifié cette pratique d’évocation des « attitudes coloniales du passé ». La Russie, qui se présente comme le champion de la décolonisation et l’amie de l’Afrique, recrute des Africains pour mourir dans une guerre d’agression impériale en Europe. L’ironie serait savoureuse si elle n’était pas mortelle.
Ces hommes sont recrutés avec des promesses de salaires, de passeports, de vies meilleures. Ils arrivent sur un front où les pertes russes sont astronomiques — l’Ukraine estime les pertes cumulées russes à des centaines de milliers d’hommes. Ils servent de première vague, de boucliers humains, de chair à canon jetable. Et quand ils meurent, personne ne réclame leurs corps. C’est du néocolonialisme dans sa forme la plus obscène.
Fico et Orbán : le chantage énergétique contre un pays en guerre
L’ultimatum slovaque
Le premier ministre slovaque Robert Fico a donné à l’Ukraine un ultimatum de deux jours. Si Kyiv ne reprend pas le transit du pétrôle russe via l’oléoduc Droujba d’ici lundi, il demandera à l’entreprise d’État SEPS de cesser les livraisons d’électricité d’urgence à l’Ukraine. Fico a accusé le président Zelensky d’agir « malicieusement » envers la Slovaquie. Il a chiffré les dommages causés par l’arrêt du transit de gaz russe — après l’expiration de l’accord de transit le 1er janvier 2025 — à 500 millions d’euros par an.
Remettons les choses en perspective. L’oléoduc Droujba, hérité de l’époque soviétique, a cessé de fonctionner le 27 janvier 2026. Pourquoi? Parce qu’une frappe de drone russe a endommagé les équipements du pipeline dans l’ouest de l’Ukraine. Kyiv attribue la panne à cette frappe. Et pourtant, c’est l’Ukraine que Fico blâme. C’est l’Ukraine qu’il menace. La Russie détruit l’infrastructure, et c’est la victime qu’on punit.
Imaginez. Votre voisin met le feu à votre tuyau d’arrosage. Et votre autre voisin vous menace de couper votre eau si vous ne réparez pas le tuyau en flammes. C’est exactement ce que fait Fico. Exactement.
L’arme hongroise : 90 milliards en otage
Si Fico manie l’ultimatum, Viktor Orbán sort l’artillerie lourde. Le premier ministre hongrois a menacé vendredi de bloquer un prêt européen de 90 milliards d’euros — soit 105 milliards de dollars — destiné à l’Ukraine, tant que le pipeline Droujba ne sera pas rouvert. Sa déclaration est sans ambiguïté : « Tant que l’Ukraine bloque le pipeline Droujba, la Hongrie bloquera le prêt de guerre ukrainien de 90 milliards d’euros. »
Quatre-vingt-dix milliards d’euros. C’est l’aide financière que l’Europe entière a négociée pour soutenir l’Ukraine dans sa survie. Et un seul homme, Viktor Orbán, menace de la faire sauter pour du pétrôle russe. Le premier ministre polonais Donald Tusk a résumé la situation en une phrase glaciale sur les réseaux sociaux : « Devinez qui est content. » Pas besoin de deviner. Moscou est ravi.
L'énergie comme arme : l'Ukraine prise en étau
18 % de survie électrique
Les chiffres sont cruels. En février 2026, les importations d’électricité depuis la Slovaquie représentent 18 % de la structure globale des importations électriques ukrainiennes. C’est un cinquième de ce qui permet à l’Ukraine de garder ses lumières allumées, ses hôpitaux fonctionnels, ses systèmes de chauffage en marche en plein hiver. Fico le sait. Et il utilise cette dépendance comme un levier.
Fico a ajouté que les livraisons d’urgence en janvier 2026 ont été deux fois plus fréquentes que pendant toute l’année 2025. La raison? Les bombardements russes massifs contre le réseau énergétique ukrainien. La Russie détruit méthodiquement les centrales, les sous-stations, les lignes à haute tension. Et quand l’Ukraine se tourne vers ses voisins européens pour survivre à l’hiver, certains de ces voisins exigent en échange que le pétrôle russe coule. Le mot pour ça existe. C’est du chantage.
L’Ukraine est bombardée par la Russie, son réseau électrique est en lambeaux, ses citoyens gèlent, et on lui demande de garantir l’approvisionnement en pétrôle russe de ses voisins. Il y à des moments où l’Europe ne mérite pas le nom qu’elle se donne.
La réponse ukrainienne
Le ministère ukrainien des Affaires étrangères a rejeté les déclarations de Bratislava et de Budapest avec une fermeté mesurée. Les demandes ont été qualifiées d’« ultimatums et de chantage provocateurs et irresponsables ». Le ministère a accusé les deux gouvernements de « jouer dans les mains de l’agresseur ». La formulation est diplomatique. La réalité est plus crue : Fico et Orbán servent les intérêts de Moscou tout en se prétendant membres de l’Union européenne et de l’OTAN.
Et pourtant, l’Ukraine maintient sa position. Elle impose de nouvelles sanctions contre 225 capitaines de navires accusés de transporter du pétrôle russe. Le président Zelensky a personnellement annoncé cette liste. C’est une guerre sur tous les fronts — militaire, énergétique, diplomatique, économique. L’Ukraine se bat sur chacun d’entre eux. Simultanément.
L'anniversaire qui approche : quatre ans de résistance
Washington, Paris, Prague : le monde se souvient
Dans deux jours, le 24 février 2026, cela fera exactement quatre ans que les chars russes ont franchi la frontière. Quatre ans que le monde a découvert, stupéfait, que la guerre conventionnelle en Europe n’était pas un souvenir du passé. Des manifestations ont eu lieu ce samedi à Washington, à Paris et à Prague, en soutien à l’Ukraine et en anticipation de cet anniversaire douloureux.
À Paris, la maire Anne Hidalgo a reçu des mains du président Zelensky l’Ordre de la Princesse Olga, une distinction civile ukrainienne, lors de sa sixième visite à Kyiv depuis le début de la guerre. Six visites. Pendant que certains dirigeants européens menacent l’Ukraine de coupures d’électricité, d’autrès traversent une zone de guerre pour témoigner de leur solidarité. Le contraste est saisissant. Et révélateur.
Six visites à Kyiv pour Anne Hidalgo. Zéro pour Viktor Orbán — sauf pour serrer la main de Poutine. Il y à des gestes qui valent plus que mille discours. Et des absences qui parlent plus fort que mille déclarations.
La fatigue et la mémoire
Quatre ans. Le danger, pour l’Ukraine, n’est plus seulement militaire. Il est aussi psychologique. La fatigue de la compassion s’installe dans les opinions publiques occidentales. Les manifestations de soutien rassemblent moins de monde qu’en 2022. Les drapeaux ukrainiens disparaissent des fenêtrès. Les fils d’actualité passent plus vite sur les bombardements quotidiens. Ce qui était un choc est devenu un bruit de fond.
Et pourtant, les bombes tombent toujours. Les enfants fuient toujours. Les hôpitaux sont toujours frappés. Les vieillards meurent toujours. Rien n’a changé sur le terrain, sinon que la souffrance s’est normalisée. C’est peut-être le plus grand crime de cette guerre : avoir rendu l’inacceptable ordinaire.
Le front militaire : 130 affrontements en 24 heures
Les chiffres bruts du combat
L’état-major ukrainien a rapporté pour la journée du 20 février — les données les plus récentes compilées — un total de 130 affrontements de combat. Une frappe de missile russe. 65 frappes aériennes avec 161 bombes planantes guidées. 5 115 drones kamikazes employés par la Russie. 2 249 tirs d’artillerie. Ces chiffres ne sont pas exceptionnels. Ils sont quotidiens. C’est le rythme normal de la destruction.
Sur le front de Pokrovsk, direction la plus intense, 22 attaques russes ont été repoussées. Les forces ukrainiennes rapportent l’élimination de 48 soldats russes et la destruction de 96 drones dans ce seul secteur. À Konstantynivka, 15 assauts. À Gouliaïpole, 18 attaques. La ligne de front s’étend sur des centaines de kilomètres, et chaque kilomètre est contesté, chaque position défendue au prix du sang.
Cinq mille cent quinze drones kamikazes en une journée. Ce chiffre mérite qu’on s’arrête. Cinq mille. Cent. Quinze. C’est un drone toutes les 17 secondes, 24 heures sur 24. C’est l’industrialisation de la mort à une échelle que même les stratèges de la Première Guerre mondiale n’avaient pas imaginée.
Karpivka tombe, l’Ukraine contre-attaque
Dans la région de Donetsk, les forces russes ont capturé le village de Karpivka, une localité de l’est du front. C’est un gain territorial modeste mais réel, dans une guerre où chaque village conquis coûte des centaines de vies. La Russie avance, lentement, au prix de pertes colossales, en jetant des vagues d’infanterie contre des positions fortifiées.
Mais l’Ukraine ne fait pas que défendre. Le ministère de la Défense britannique a confirmé qu’une contre-offensive ukrainienne lancée le 6 février près de Gouliaïpole, dans la région de Zaporijjia, a permis la reprise de plus de 100 kilomètrès carrés de territoire. Les forces ukrainiennes ont réalisé des gains significatifs près de Verbove, à 14 kilomètres au sud-est de Pokrovske, perturbant l’élan russe vers Orikhiv, décrit comme un « centre logistique fortifié important ».
Zelensky et Rutte : l'OTAN face à ses responsabilités
Une rencontre au sommet
Le président Volodymyr Zelensky a rencontré le secrétaire général de l’OTAN Mark Rutte pour discuter de négociations trilatérales avec les États-Unis et la Russie, ainsi que de la situation énergétique catastrophique de l’Ukraine. Cette rencontre intervient dans un contexte où la pression diplomatique pour des négociations s’intensifie, alors que l’Ukraine refuse tout accord qui légitimerait l’occupation de son territoire.
L’OTAN se trouve à un carrefour historique. L’ancien premier ministre britannique Boris Johnson a proposé que le Royaume-Uni et l’Union européenne envoient des « forces terrestrès pacifiques » en Ukraine pour démontrer leur soutien à l’indépendance ukrainienne. La proposition est audacieuse — certains diraient téméraire. Mais elle reflète une réalité croissante : les armes et l’argent ne suffisent peut-être plus. La question de la présence physique de forces alliées en Ukraine n’est plus taboue.
Boris Johnson propose des troupes au sol. On peut penser ce qu’on veut de l’homme. Mais il pose la bonne question : à quel moment les mots de soutien deviennent-ils insuffisants? À quel moment la solidarité doit-elle prendre une forme physique, tangible, irréversible?
Les 200 drones tchèques : quand l’aide est concrète
Pendant que les grands discutent, les petits agissent. La République tchèque a transféré 200 drones de reconnaissance à cinq brigades ukrainiennes, pour une valeur d’environ 800 000 dollars. Ce n’est pas une somme astronomique. Ce n’est pas un geste spectaculaire. Mais c’est un geste concret, immédiat, utile. Deux cents paires d’yeux supplémentaires dans le ciel ukrainien. Deux cents instruments qui sauveront des vies.
La République tchèque, avec ses 10 millions d’habitants et son économie modeste à l’échelle européenne, fait proportionnellement plus que certains géants du continent. Elle n’a pas d’oléoduc à protéger, pas de gaz russe à sécuriser, pas d’excuses à inventer. Elle à une mémoire — celle de 1968, celle des chars soviétiques à Prague — et cette mémoire la guide plus sûrement que tous les calculs géopolitiques de Budapest où de Bratislava.
225 capitaines sanctionnés : la guerre du pétrôle en mer
La flotte fantôme de Poutine
L’Ukraine a imposé de nouvelles sanctions contre 225 capitaines de navires accusés de transporter du pétrôle russe en violation des sanctions internationales. Le président Zelensky a personnellement annoncé cette mesure. C’est une guerre invisible mais essentielle : celle qui s’attaque aux revenus qui financent les missiles, les drones et les bombes planantes.
La Russie a constitué une véritable « flotte fantôme » — des centaines de pétroliers vieillissants, souvent sans assurance adéquate, battant des pavillons de complaisance, qui sillonnent les mers pour livrer du brut russe à des acheteurs qui contournent les sanctions. Ces navires représentent aussi un risque environnemental majeur : vétustes, mal entretenus, ils naviguent dans des eaux sensibles, de la Baltique à la Méditerranée. Un accident est une question de temps, pas de probabilité.
Deux cent vingt-cinq capitaines. Deux cent vingt-cinq hommes qui ont choisi de transporter le pétrôle qui finance les missiles qui tuent les enfants ukrainiens. La chaîne de responsabilité est longue, mais chaque maillon à un nom et un visage. L’Ukraine les nomme. Un par un.
L’argent du sang
Chaque baril de pétrôle russe vendu finance la guerre. Chaque dollar encaissé par Moscou se transforme en drone, en missile, en bombe. Les sanctions occidentales ont réduit les revenus pétroliers russes, mais pas suffisamment. La flotte fantôme et les acheteurs complaisants — Inde, Chine, Turquie — maintiennent le flux. Et pendant ce temps, Fico et Orbán réclament le droit de continuer à acheter ce même pétrôle via l’oléoduc Droujba.
Et pourtant, l’Ukraine persiste. Elle sanctionne, elle dénonce, elle combat sur le front économique avec la même ténacité que sur le front militaire. C’est une nation qui se bat avec tout ce qu’elle a — des missiles Flamingo contre les usines d’armement, des sanctions contre les pétroliers, de la diplomatie contre le chantage. Seule. Ou presque.
La contre-offensive de Zaporijjia : 100 kilomètrès carrés repris
Gouliaïpole et Verbove : la preuve par le terrain
Au milieu du bruit diplomatique et des menaces énergétiques, il y à cette nouvelle que beaucoup ont manquée. Le 6 février 2026, l’Ukraine a lancé une contre-offensive dans la région de Zaporijjia, près de Gouliaïpole. Deux semaines plus tard, les résultats sont confirmés par le ministère de la Défense britannique : plus de 100 kilomètrès carrés de territoire repris. C’est considérable. C’est la preuve que l’Ukraine ne fait pas que tenir — elle reprend.
Les forces ukrainiennes ont avancé près de Verbove, perturbant l’offensive russe vers Orikhiv. Cette ville est décrite comme un centre logistique fortifié important pour les Russes. En menaçant Orikhiv, l’Ukraine oblige la Russie à redéployer des troupes, à affaiblir d’autrès secteurs, à repenser sa stratégie. C’est de la manoeuvre au sens classique du terme — et l’Ukraine la maîtrise.
On nous répète que l’Ukraine ne peut pas gagner. Qu’elle doit négocier. Qu’elle doit céder du territoire. Et pendant qu’on prononce ces verdicts définitifs depuis les chancelleries confortables, les soldats ukrainiens reprennent 100 kilomètrès carrés dans la boue de Zaporijjia. Peut-être que les experts devraient écouter le terrain plutôt que leurs propres certitudes.
La doctrine ukrainienne : frapper, manoeuvrer, résister
Le jour 1 459 illustre une réalité que beaucoup refusent de voir : l’Ukraine mène une guerre sur trois dimensions simultanées. En profondeur, avec les missiles Flamingo qui frappent l’industrie de guerre russe à 1 300 kilomètres. En manoeuvre, avec la contre-offensive de Zaporijjia qui reprend du terrain. Et en défense, avec la tenue de la ligne sur 130 affrontements quotidiens.
C’est une performance militaire que les historiens étudieront pendant des décennies. Un pays de 44 millions d’habitants, envahi par une puissance nucléaire de 144 millions, qui non seulement survit mais contre-attaque, innove, frappe en profondeur. Tout cela avec un soutien occidental qui fluctue au gré des calculs politiques, des élections et des prix du pétrole.
Belgorod : le miroir inversé
Un enfant de 3 ans blessé
Dans la région de Belgorod, en Russie, une attaque de drone ukrainien a blessé un homme et un enfant de 3 ans. Ce fait mérite d’être rapporté avec la même honnêteté que les victimes ukrainiennes. Un enfant de 3 ans est un enfant de 3 ans, quel que soit le côté de la frontière où il se trouve. Sa souffrance est réelle. Sa peur est réelle.
Mais le contexte est incontournable. Belgorod est une base arrière de l’invasion. Des troupes, du matériel, des convois logistiques transitent par cette région pour alimenter le front. Les frappes ukrainiennes sur Belgorod visent cette infrastructure militaire. Elles ne visent pas les enfants. La différence avec les 5 115 drones kamikazes lancés quotidiennement par la Russie contre les villes ukrainiennes — où vivent des millions de civils loin de tout objectif militaire — est une différence de nature, pas de degré.
Un enfant blessé à Belgorod est une tragédie. Deux cent quarante-quatre enfants évacués en une journée dans le Donetsk en est une autre. La première fait les gros titrès de la propagande russe. La seconde est à peine mentionnée. La disproportion du traitement médiatique est elle-même une forme de violence.
La guerre des narratifs
La Russie utilise chaque victime civile sur son territoire comme arme de propagande. Chaque blessé à Belgorod est filmé, diffusé, instrumentalisé pour démontrer que l’Ukraine est l’« agresseur ». C’est un renversement des rôles d’une obscénité calculée. Le pays qui a envahi son voisin, qui bombarde des hôpitaux, des écoles, des maternités, des centrès commerciaux, se présente comme la victime.
Le ministère russe de la Défense publie ses propres chiffres, ses propres « victoires ». Il revendique la « libération » de villages dont personne n’a jamais entendu parler — Pokrovka, Kharkovka, Minkovka. Il affirme avoir détruit 670 avions ukrainiens, 283 hélicoptères, 115 765 drones. Des chiffres que personne ne peut vérifier. Des chiffres que personne ne croit, pas même les analystes militaires russes les plus complaisants.
Le jour 1 460 arrive : et après?
Ce qui ne change pas
Demain sera le jour 1 460. Puis viendra le 24 février, le jour 1 461, le quatrième anniversaire. Les drones voleront. Les missiles frapperont. Des gens mourront. Des enfants seront évacués. Des maisons seront détruites. Et quelque part en Europe, un dirigeant calculera si le pétrole vaut plus que la solidarité.
Ce qui ne change pas, c’est la résistance ukrainienne. Jour après jour, nuit après nuit, cette nation tient. Elle enterre ses morts, soigne ses blessés, évacue ses enfants, et au petit matin, elle contre-attaque. Elle frappe les usines de missiles à 1 300 kilomètrès. Elle sanctionne les capitaines de pétroliers. Elle reprend 100 kilomètrès carrés dans la boue de Zaporijjia. Elle ne cède pas.
Mille quatre cent cinquante-neuf jours. C’est le temps qu’il a fallu à l’Ukraine pour prouver qu’elle ne pliera pas. C’est le temps qu’il a fallu à certains alliés pour prouver qu’ils ne sont pas à la hauteur. Le jour 1 460 arrive. L’Ukraine sera debout. La question est : qui sera debout à côté d’elle?
Ce qui doit changer
La menace de Fico doit recevoir une réponse européenne ferme. Le chantage d’Orbán doit être nommé pour ce qu’il est : une trahison des valeurs européennes au service des intérêts de Moscou. Les sanctions pétrolières doivent être renforcées, pas affaiblies. L’aide militaire doit augmenter, pas stagner. Et le monde doit se rappeler qu’il y a, en ce moment même, un garçon de 17 ans qui ne verra pas son 18e anniversaire, parce qu’un drone russe en a décidé autrement.
Maintenant, vous savez. Vous savez ce qui s’est passé le jour 1 459. Vous savez que des enfants fuient, que des vieillards meurent, que des alliés trahissent, que des missiles frappent à 1 300 kilomètres, que des soldats reprennent du terrain dans la boue glacée. La question est simple. Elle tient en cinq mots. Qu’est-ce que vous allez en faire?
Conclusion : Le jour où le monde a regardé ailleurs
Le silence et le bruit
Le jour 1 459 de cette guerre ressemble à tous les autrès. Et c’est précisément ce qui le rend insupportable. La normalisation de l’horreur est la victoire silencieuse de l’agresseur. Quand un garçon de 17 ans meurt sous un drone et que le monde passe à autre chose en trois secondes, Poutine a gagné une bataille — pas celle du terrain, mais celle de l’indifférence.
Il y a pourtant des raisons d’espérer. Les missiles Flamingo qui frappent Votkinsk. Les 100 kilomètrès carrés repris à Zaporijjia. Les 225 capitaines sanctionnés. Les 200 drones tchèques livrés. Les manifestations à Washington, Paris, Prague. Anne Hidalgo à Kyiv pour la sixième fois. Donald Tusk qui dénonce le jeu d’Orbán. L’Ukraine qui refuse de plier. Il y a de la lumière. Mais elle est fragile. Et elle a besoin qu’on la protège.
Le jour 1 459 se termine. Dans quelques heures, le jour 1 460 commencera. Les drones décolleront. Les sirènes hurleront. Les enfants se cacheront dans les sous-sols. Et quelque part, un chroniqueur écrira encore ces mots que personne ne devrait avoir à écrire. Encore. Et encore. Jusqu’à quand?
Ce qui reste quand tout est dit
Un garçon de 17 ans dans la région de Soumy. Un vieillard de 77 ans à Zaporijjia. 244 enfants évacués dans le Donetsk. Une usine de missiles frappée à 1 300 kilomètres. Un premier ministre slovaque qui menace de couper l’électricité. Un premier ministre hongrois qui prend 90 milliards en otage. Et une nation entière qui, malgré tout cela, reste debout.
Cette histoire parle de l’Ukraine. Mais elle parle aussi de nous. De ce que nous acceptons. De ce que nous tolérons. De ce que nous regardons sans voir. Le jour 1 459 est fini. Le jour 1 460 commence. Et l’Ukraine attend. Pas notre pitié. Pas nos discours. Nos actes.
Signé Maxime Marquette
Encadré de transparence du chroniqueur
Positionnement éditorial
Ce texte est une chronique, c’est-à-dire un texte d’opinion et d’analyse. Il ne prétend pas à la neutralité. Mon parti pris est explicite: je me positionne du côté des victimes civiles, du droit international et des droits fondamentaux.
Je ne suis pas journaliste. Je suis chroniqueur indépendant. Je n’ai pas de carte de presse, je n’appartiens à aucune rédaction et je ne prétends pas à l’objectivité journalistique traditionnelle. Ma démarche est celle d’un commentateur engagé qui assume ses positions.
Méthodologie et sources
Les faits cités proviennent de sources ouvertes (médias internationaux, rapports d’organisations, documents officiels). Chaque fait est vérifiable via les sources listées en fin d’article. L’interprétation et l’analyse sont les miennes.
Ce texte a été rédigé avec l’assistance de Claude, une intelligence artificielle d’Anthropic. Claude a contribué à la recherche, la structuration et la rédaction. Le positionnement éditorial, les opinions et les choix d’angle sont entièrement les miens.
Nature de l’analyse
Ce texte mélange faits vérifiables et opinions assumées. Les passages en italique (comme ceci) signalent explicitement les moments où je donne mon avis personnel. Le reste s’appuie sur des faits documentés, même si le choix des faits et leur mise en perspective reflètent mon angle éditorial.
Sources
Sources primaires
Al Jazeera — Russia-Ukraine war: List of key events, day 1,459
Al Jazeera — Slovakia threatens to cut électricity to Ukraine over Russian oil spat
Kyiv Indépendent — Ukraine confirms Flamingo strike on key Russian ballistic missile factory
GlobalSecurity.org — Russo-Ukraine War, 20 February 2026
Sources secondaires
EADaily — Footage of the launch of Ukrainian cruise missiles Flamingo deep into Russia
Hungarian Conservative — Hungary and Slovakia Increase Pressure on Ukraine Over Druzhba Transit
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