Fuir où mourir, le choix qui n’en est pas un
562 personnes ont été évacuées des zones de front dans la région de Donetsk ce 22 février. Parmi elles, 244 enfants. Deux cent quarante-quatre. Des enfants qui ont quitté leur maison avec un sac à dos, peut-être un jouet, et la certitude absolue que rien ne sera plus jamais pareil. Certains sont partis en pleurant. D’autrès en silence — le silence de ceux qui ont déjà trop vu pour leur âge. Les images d’évacuation en Ukraine sont devenues si routinières que les rédactions internationales ne les diffusent plus. Quatre ans de guerre ont transformé l’inacceptable en quotidien.
Les 244 enfants de Donetsk ne feront pas la une. Ils ne seront pas invités sur des plateaux de télévision. Personne ne leur demandera ce qu’ils ressentent quand le sol tremble sous les bombardements. Personne ne s’offusquera que des enfants de 4, 7, 12 ans doivent être arrachés à leur lit en pleine nuit parce qu’un dictateur a décidé que leur terre lui appartenait. La normalisation de l’anormal est peut-être la victoire la plus insidieuse de Poutine. Pas sur le terrain. Dans nos consciences.
Chaque enfant évacué est un aveu d’échec collectif. Le nôtre. Celui d’un monde qui à des traités, des conventions, des institutions — et qui regarde des gamins fuir leur maison au jour 1459 d’une guerre en Europe. En 2026.
Le front de Donetsk, épicentre d’une guerre d’usure
La région de Donetsk reste l’épicentre des combats les plus intenses. Dix-huit attaques en une seule journée. Les forces ukrainiennes tiennent, reculent par endroits, contre-attaquent ailleurs. La prise de Karpivka par les Russes illustre la dynamique actuelle : une avancée lente, méthodique, payée au prix de pertes colossales côté russe, mais réelle. Les défenseurs ukrainiens se battent avec ce qu’ils ont. Et ce qu’ils ont, c’est leur terre, leur colère, et une détermination qui défie la logique des rapports de force sur papier.
Le Flamingo frappe à 1 400 kilomètrès : l'Ukraine porte la guerre en Russie
L’usine de Votkinsk en feu
Les ateliers numéro 22 et 36 de l’usine ont été touchés, selon le canal Telegram russe Astra et les analyses de géolocalisation du projet ukrainien CyberBoroshno. Onze personnes ont été blessées côté russe. L’état-major ukrainien a confirmé la frappe. Le message est limpide : vous produisez les missiles qui tuent nos enfants, nous détruisons vos chaînes de production. C’est la logique de la guerre. C’est aussi la justice du champ de bataille.
Le Flamingo n’est pas qu’un missile. C’est la preuve qu’un pays envahi, bombardé, saigné depuis quatre ans, trouve encore la capacité d’innover, de construire, de frapper à 1 400 kilomètrès de profondeur. C’est le refus absolu de mourir en silence. L’Ukraine ne se contente pas de résister. Elle frappe là où ça fait mal.
L’usine de Samara aussi visée
Fico et Orbán : quand les alliés de Poutine font du chantage énergétique
L’ultimatum slovaque
Le pétrôle russe via le Droujba est coupé depuis le 27 janvier. L’Ukraine affirme qu’un drone russe a frappé l’infrastructure du pipeline sur son territoire. La Slovaquie et la Hongrie accusent l’Ukraine d’avoir bloqué le transit elle-même. Peu importe qui dit vrai — le résultat est le même : Fico utilise l’électricité comme arme de pression au profit indirect de Moscou. Les importations d’électricité slovaques représentent environ 18 % de la structure d’importation électrique de l’Ukraine. La Slovaquie et la Hongrie fournissent ensemble environ la moitié des exportations européennes d’électricité d’urgence vers l’Ukraine.
Fico ne menace pas un pays. Il menace des hôpitaux, des incubateurs, des systèmes de chauffage, des familles qui grelottent sous les bombardements. Couper l’électricité à l’Ukraine en février, c’est participer au siège russe par d’autrès moyens. L’histoire retiendra les noms de ceux qui ont tenu la porte ouverte pour l’agresseur.
Budapest emboîte le pas
Boris Johnson et les troupes au sol : la provocation qui pose la bonne question
Envoyer des soldats maintenant, pas après
L’ancien premier ministre britannique Boris Johnson a fait ce que les dirigeants en exercice n’osent pas faire : poser la question qui dérange. « Si nous sommes prêts à envoyer des troupes dans le cadre d’un cessez-le-feu, ce qui donne toute l’initiative, tout le pouvoir, à Poutine, pourquoi ne pas le faire maintenant ? » La proposition de Johnson est simple : déployer immédiatement des forces terrestrès non combattantes dans les régions pacifiques de l’Ukraine. Pas pour combattre. Pour montrer à Poutine que l’Occident est physiquement présent. Pour « basculer un interrupteur » dans la tête du président russe.
Le ministère britannique de la Défense a répondu prudemment, rappelant que le Royaume-Uni fournit « le niveau le plus élevé jamais atteint de soutien militaire » et travaille avec plus de 30 nations au sein de la Coalition des Volontaires. Mais cette coalition planifie un déploiement après un accord de cessez-le-feu. Après. Toujours après. La question de Johnson, aussi provocatrice soit-elle, expose une contradiction fondamentale de la posture occidentale : on est prêt à envoyer des troupes pour garantir la paix, mais pas pour dissuader la guerre.
Johnson à ses torts. L’homme n’est pas exempt de reproches. Mais la question qu’il pose est légitime et elle mérite mieux que le silence embarrassé des chancelleries européennes. Quatre ans de guerre. 1 459 jours. Et on attend encore le « bon moment » pour agir.
La coalition des volontaires, entre promesses et prudence
Les mercenaires et le complot déjoué
Des tueurs à gages neutralisés par les services ukrainiens
Le président Zelensky a révélé que les services de sécurité ukrainiens, en coordination avec la Police nationale et le Bureau du procureur général, ont neutralisé un réseau de mercenaires russes qui préparait des assassinats ciblés sur le sol ukrainien. Parmi les cibles potentielles : Andrii Yousov, porte-parôle de la Direction du renseignement militaire. Ce n’est pas la première tentative. Ce ne sera pas la dernière. Depuis 2022, les services spéciaux russes ont multiplié les tentatives d’assassinat contre des responsables ukrainiens. Zelensky lui-même a été la cible de multiples complots.
Ce que cette révélation dit, au-delà de l’opération policière, c’est que la guerre de la Russie contre l’Ukraine ne se limite pas au champ de bataille. C’est une guerre totale : militaire, énergétique, diplomatique, et criminelle. Moscou envoie des soldats mourir au front, des drones tuer des civils, des mercenaires assassiner des responsables, et des pétroliers contourner les sanctions. Chaque front est un front. Chaque jour est un combat.
On s’étonne encore que Poutine envoie des tueurs. On ne devrait pas. Un régime capable de bombarder des maternités est capable de tout. La question n’est pas de savoir s’il essaiera encore. La question est de savoir combien de tentatives il faudra avant que le monde comprenne à qui il a affaire.
Le recrutement en Afrique : quand la chair à canon manque
Le ministre ukrainien des Affaires étrangères Andrii Sybiha a dénoncé le recrutement de ressortissants kenyans et africains par la Russie pour combattre en Ukraine. 1 258 890 pertes ne suffisent pas à Moscou. Il faut aller chercher plus loin, plus pauvre, plus désespéré. Des hommes recrutés sur la promesse d’un salaire, d’un passeport, d’une vie meilleure — et envoyés dans l’enfer d’un front où l’espérance de vie se compte en semaines. C’est du colonialisme inversé. La Russie n’envoie plus ses propres hommes piller l’Afrique. Elle fait venir les Africains mourir pour elle.
Les sanctions : 225 capitaines dans le filet
La flotte fantôme de Poutine perd ses navigateurs
Les sanctions individuelles contre les capitaines — pas seulement les armateurs où les propriétaires — représentent une escalade stratégique. C’est personnel. C’est nominatif. C’est un message : vous pouvez cacher les navires derrière des sociétés-écrans, mais on connaît les noms de ceux qui tiennent la barre. L’Ukraine a annoncé qu’elle partagerait ces informations avec ses partenaires pour assurer une synchronisation des sanctions. Le filet se resserre. Lentement, mais il se resserre.
La flotte fantôme de Poutine est l’incarnation parfaite de la lâcheté du système russe. Des navires sans nom, des capitaines sans scrupules, du pétrôle sans traçabilité. Mais l’Ukraine fait ce que trop de pays occidentaux refusent de faire : nommer les complices un par un.
Le pétrôle comme nerf de la guerre
Le pétrôle russe est le carburant — au sens propre et figuré — de cette guerre. Chaque baril vendu finance un obus. Chaque tanker qui passe entre les mailles du filet prolonge le conflit. Les sanctions ont un effet. Les revenus pétroliers russes ont diminué. Mais tant que des capitaines acceptent de naviguer sous faux pavillon pour Moscou, tant que des pays comme la Slovaquie et la Hongrie font pression pour maintenir le flux, le robinet ne se fermera pas complètement. Et pourtant, chaque sanction compte. Chaque nom ajouté à la liste est un pas vers l’étranglement économique du régime.
Anne Hidalgo à Kyiv : la solidarité en actes
Six visites, et elle revient encore
La maire de Paris, Anne Hidalgo, a reçu l’Ordre de la Princesse Olga des mains du président Zelensky lors de sa sixième visite à Kyiv. Six fois. Pendant que certains chefs d’État européens trouvaient des excuses pour ne pas y aller une seule fois, la maire d’une ville a fait le trajet six fois. Ce n’est pas symbolique. C’est de la solidarité incarnée. De la présence physique dans un pays en guerre. Du courage civil à une époque qui en manque cruellement.
L’Ordre de la Princesse Olga est une distinction ukrainienne décernée pour contribution exceptionnelle au renforcément de l’État, à l’activité diplomatique et au développement culturel. Hidalgo l’a mérité non pas par des discours, mais par sa présence. Par le fait d’être là. Encore et encore. Dans un monde où les promesses remplacent souvent les actes, six visites à Kyiv valent plus que mille déclarations de solidarité depuis des tribunes confortables.
La solidarité, ce n’est pas un communiqué de presse. C’est un billet d’avion. C’est un trajet sous la menace des missiles. C’est serrer la main de ceux qui souffrent en les regardant dans les yeux. Hidalgo le fait. Combien d’autrès peuvent en dire autant ?
Les drones tchèques : 800 000 dollars de solidarité concrète
200 yeux dans le ciel pour cinq brigades
La République tchèque a transféré plus de 200 drones de reconnaissance DJI Matrice à cinq brigades des forces de défense ukrainiennes. Valeur totale : environ 800 000 dollars. Parmi les unités bénéficiaires : la brigade Azov, la brigade Liut, la 21e brigade mécanisée, et l’unité de drones STRIX. Ces drones n’ont pas été achetés par le gouvernement tchèque. Ils ont été financés par des dons caritatifs collectés en République tchèque, fruit du travail conjoint des diplomates, des partenaires et de citoyens ordinaires qui ont ouvert leur portefeuille.
Le ministre des Affaires étrangères Andrii Sybiha a supervisé le transfert avec l’aide de l’ambassade d’Ukraine à Prague. Deux cents drones de reconnaissance, c’est deux cents paires d’yeux supplémentaires sur le champ de bataille. C’est la capacité de voir l’ennemi avant qu’il ne frappe. De repérer les mouvements de troupes, les positions d’artillerie, les convois logistiques. Dans cette guerre, l’information tue autant que les munitions. Et Prague vient d’offrir 200 sources d’information vitales aux défenseurs ukrainiens.
800 000 dollars collectés par des citoyens tchèques ordinaires. Pendant que Fico menace de couper le courant, le peuple tchèque finance des drones. Le contraste est vertigineux. Il dit tout sur la fracture au sein de l’Europe : d’un côté, ceux qui aident ; de l’autre, ceux qui trahissent.
La guerre des drones, nerf du conflit
Les drones ont transformé cette guerre. Côté russe, ils servent à tuer des civils — comme le garçon de 17 ans à Sumy. Côté ukrainien, ils servent à repérer, à cibler, à frapper les infrastructures militaires ennemies à plus de 1 000 kilomètres. La dissymétrie est morale autant que militaire. Moscou utilise ses drones contre des maisons. Kyiv utilise les siens contre des usines d’armement. La différence entre les deux définit qui est l’agresseur et qui est le défenseur.
Zelensky et Rutte : les négociations trilatérales en discussion
Négocier sans capituler
Le président Zelensky a discuté de négociations trilatérales avec le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte. Le format exact — quels seraient les trois participants — n’a pas été précisé publiquement. Mais le signal est clair : l’Ukraine est prête à négocier. Elle l’a toujours été. À une condition non négociable : pas de capitulation déguisée. Pas de paix qui signifie la reddition. Pas d’accord qui récompense l’agresseur en lui offrant le territoire qu’il a volé par la force.
La diplomatie est un combat aussi. Et Zelensky le mène sur tous les fronts : avec l’OTAN, avec les alliés européens, avec les partenaires réticents, et même avec les adversaires déguisés en alliés. La discussion avec Rutte s’inscrit dans un contexte où les pressions pour un accord rapide se multiplient. Washington veut tourner la page. Certaines capitales européennes aussi. Mais Kyiv refuse de signer un chèque en blanc à Poutine. Parce que la « paix » sans justice n’est qu’une pause avant la prochaine guerre.
Négocier avec un fusil sur la tempe n’est pas négocier. C’est capituler avec une poignée de main. Zelensky le sait. Rutte le sait. La question est de savoir si le reste du monde le comprend — où s’il préfère l’illusion confortable d’une « paix » qui n’en serait pas une.
Les manifestations : Washington, Paris, Prague se souviennent
La rue n’a pas oublié, même si les gouvernements vacillent
À deux jours du quatrième anniversaire de l’invasion, des manifestations ont eu lieu à Washington, Paris et Prague. Des milliers de personnes dans les rues, des drapeaux ukrainiens, des slogans, des visages déterminés. La société civile occidentale n’a pas oublié. Elle marche. Elle crie. Elle refuse de détourner le regard. Pendant que les gouvernements calculent, hésitent et temporisent, les citoyens rappellent ce qui devrait être évident : une guerre d’agression en Europe ne peut pas devenir une normalité acceptée.
Les manifestations ne changent pas le cours de la guerre. Elles ne livrent pas de munitions, ne réparent pas les centrales électriques, ne soignent pas les blessés. Mais elles font quelque chose que la diplomatie ne peut pas faire : elles témoignent. Elles disent aux Ukrainiens : vous n’êtes pas seuls. Elles disent aux gouvernements : nous regardons. Et elles disent à l’histoire : nous étions là. Nous n’avons pas accepté.
Quand les drapeaux jaunes et bleus flottent à Washington, Paris et Prague le même jour, c’est la preuve que quelque chose d’indestructible survit dans nos démocraties fatiguées. La solidarité n’est pas morte. Elle est juste plus silencieuse que les bombes.
Le bilan matériel : une armée russe qui se dévore elle-même
Les chiffres qui enterrent le mythe de la puissance russe
Revenons aux chiffres. Parce que les chiffres ne mentent pas. 11 685 chars russes détruits en 1 459 jours. La Russie avait environ 3 500 chars opérationnels au début de l’invasion, complétés par des milliers sortis des réserves soviétiques. Les stocks s’épuisent. 24 063 véhicules blindés. 37 429 systèmes d’artillerie. 1 651 lance-roquettes multiples. 1 303 systèmes de défense antiaérienne. Chacun de ces systèmes représente des années de production, des milliards d’investissement, et une capacité militaire qui ne se remplace pas du jour au lendemain.
435 avions. 348 hélicoptères. 29 navires et deux sous-marins. L’armée russe, présentée pendant des décennies comme la deuxième armée du monde, est en train de se dévorer elle-même sur les champs de l’Ukraine. La production industrielle russe tourne à plein régime — quand les Flamingo ne viennent pas interrompre les chaînes de montage — mais elle ne compense pas les pertes. La Russie gagne du terrain. Mais à quel prix. Et pour combien de temps.
1 258 890 soldats russes. Ce chiffre devrait être inscrit en lettrès géantes sur la Place Rouge. Non pas comme un trophée ukrainien, mais comme un acte d’accusation contre Vladimir Poutine. Chaque numéro est un fils, un père, un frère russe sacrifié pour un empire qui n’existera jamais.
La production contre la destruction : une course que Moscou perd
140 408 drones abattus où neutralisés. 4 314 missiles de croisière interceptés. 79 295 véhicules détruits. 4 073 équipements spéciaux. La Russie produit. L’Ukraine détruit. Et maintenant, l’Ukraine détruit aussi les usines qui produisent. Le Flamingo à Votkinsk n’est pas un incident isolé. C’est une doctrine. Frapper l’ennemi dans ses capacités de production, pas seulement dans ses capacités de combat. C’est la guerre du XXIe siècle. Et l’Ukraine est en train de l’inventer sous les bombes.
Un hôpital touché à Kherson : la routine de la barbarie
Quand les lieux de soin deviennent des cibles
À Kherson, les frappes russes du 22 février ont endommagé un hôpital. Un hôpital. Un lieu où l’on soigne. Où l’on sauve des vies. Où des médecins et des infirmières font leur travail sous les bombardements depuis quatre ans. Les conventions de Genève interdisent de frapper les installations médicales. La Russie les frappe quand même. Systématiquement. Méthodiquement. C’est documenté par les Nations Unies, par l’Organisation mondiale de la santé, par des dizaines d’organisations de droits humains. Et pourtant, aucun responsable russe n’a été traduit devant un tribunal pour ces crimes. Aucun.
Les deux policiers et le civil blessés à Kherson s’ajoutent à une liste qui s’allonge chaque jour. Kherson, libérée en novembre 2022, vit sous les bombardements constants depuis l’autre rive du Dnipro. Les Russes ne pouvaient pas la garder. Alors ils la détruisent de loin. C’est la logique de ceux qui ne peuvent pas posséder : si je ne peux pas l’avoir, personne ne l’aura.
Un hôpital bombardé au jour 1459. L’information tiendra trois lignes dans les agences de presse. Elle ne fera pas les manchettes. Elle ne provoquera pas de sanctions supplémentaires. Elle sera oubliée demain. Et c’est exactement ce que Moscou compte sur notre capacité à oublier.
L'usine Mondelez à Sumy : quand la guerre frappe l'économie civile
Des chocolats et des bombes
La frappe de drone sur Sumy — celle qui a tué le garçon de 17 ans et trois autrès personnes — a également touché une installation de Mondelez, le géant agroalimentaire. Mondelez, c’est Cadbury, Oreo, Milka. C’est une entreprise qui produit des biscuits et du chocolat. Pas des armes. Pas du matériel militaire. Des produits qu’on trouve dans les placards de cuisine du monde entier. La Russie bombarde des usines de chocolat. Il faudrait que cette phrase soit répétée jusqu’à ce qu’elle pénètre les consciences engourdies par quatre ans de bombardements quotidiens.
L’infrastructure énergétique de la région d’Odessa a aussi été touchée ce jour-là. En plein hiver. Alors que des millions d’Ukrainiens dépendent de l’électricité pour se chauffer. La stratégie russe est claire depuis l’hiver 2022-2023 : détruire le réseau électrique pour briser le moral de la population civile. Quatre hivers plus tard, le moral n’est pas brisé. L’infrastructure, si.
Une usine de chocolat. Un réseau électrique. Un hôpital. Un adolescent de 17 ans. Voilà ce que la Russie cible au jour 1459. Pas des bases militaires. Pas des centrès de commandement. Des lieux de vie. Des lieux de travail. Des lieux de soin. Des enfants. Tout ce qui fait qu’un pays est un pays et pas un champ de ruines.
Conclusion : Le jour 1459 finit comme il a commencé — dans le sang et la détermination
Ce que cette journée dit de nous
Le jour 1459 de l’invasion russe de l’Ukraine n’est ni le pire ni le meilleur. Il est ordinaire. Et c’est précisément ce qui devrait nous terrifier. L’ordinaire d’une guerre en Europe inclut désormais des adolescents tués par des drones, des enfants évacués par centaines, des hôpitaux bombardés, des alliés qui font du chantage énergétique, et des missiles ukrainiens qui parcourent 1 400 kilomètres pour frapper les usines de mort russes. L’ordinaire de cette guerre, c’est l’extraordinaire de l’indifférence mondiale.
Mais le jour 1459 dit aussi autre chose. L’Ukraine tient debout. Elle frappe. Elle innove. Elle sanctionne. Elle négocie. Elle évacue ses enfants et envoie ses Flamingo détruire les usines d’Iskander. Après 1 459 jours, ce pays refuse de mourir. Refuse de se taire. Refuse de se soumettre. Et c’est peut-être la leçon la plus puissante de cette journée : un peuple qui se bat pour sa survie est capable de tout. De la douleur comme de la riposte. Du deuil comme de l’audace.
Dans deux jours, le monde commémorera le quatrième anniversaire de l’invasion. Il y aura des discours. Des minutes de silence. Des drapeaux en berne. Puis la vie reprendra son cours. Pour les Ukrainiens, la vie ne reprend jamais son cours. Elle continue sous les bombes, entre les évacuations, au rythme des alertes aériennes. Le jour 1459 est terminé. Le jour 1460 commence. Et avec lui, les mêmes bombes, les mêmes deuils, la même détermination.
Ce que le lecteur devrait retenir
Un garçon de 17 ans est mort à Sumy. 244 enfants ont été évacués de Donetsk. L’Ukraine a frappé une usine de missiles balistiques à 1 400 kilomètres de ses frontières. La Slovaquie menace de couper le courant. La Hongrie prend 90 milliards d’euros en otage. 225 capitaines de la flotte fantôme sont sanctionnés. Les Tchèques envoient des drones. Paris, Washington et Prague manifestent. 1 258 890 soldats russes ne rentreront pas chez eux. Et demain, tout recommencera. Maintenant, vous savez. La question : qu’est-ce que vous allez en faire ?
Signé Maxime Marquette
Encadré de transparence du chroniqueur
Positionnement éditorial
Cette chronique est rédigée par Maxime Marquette, chroniqueur indépendant publiant sous le pseudonyme LeClaude. Je ne suis pas journaliste. Je suis chroniqueur. Ce texte est un travail d’opinion documentée et d’analyse éditoriale, pas un reportage factuel neutre. Mon positionnement est clair depuis le premier jour : l’invasion russe de l’Ukraine est illégale, immorale et injustifiable. Je considère que la neutralité face à un génocide et une guerre d’agression n’est pas de l’objectivité — c’est de la complicité.
Méthodologie et sources
Les faits présentés dans cette chronique proviennent de sources publiques vérifiables : agences de presse internationales (Al Jazeera, Reuters), médias ukrainiens (Ukrinform, Ukrainska Pravda, Kyiv Indépendent), sites spécialisés en défense (Defence Express), et communiqués officiels de l’état-major ukrainien. Les chiffres de pertes russes proviennent des estimations ukrainiennes, qui peuvent différer des estimations indépendantes. Les interprétations et opinions éditoriales sont les miennes et n’engagent que moi.
Nature de l’analyse
Ce texte combine faits documentés, analyse géopolitique et opinion éditoriale assumée. Les passages en italique sont des commentaires personnels clairement identifiés. Le lecteur est invité à consulter les sources primaires listées ci-dessous pour se forger sa propre opinion. La vérité n’a pas besoin qu’on la protège du débat. Elle a besoin qu’on la dise.
Sources
Sources primaires
Al Jazeera — Russia-Ukraine war: List of key events, day 1,459
Defence Express — 1459 Days of Russia-Ukraine War: Russian Casualties in Ukraine
Kyiv Indépendent — Ukraine confirms Flamingo strike on key Russian ballistic missile factory
Ukrinform — Ukraine imposes sanctions on 225 captains of ships of Russian shadow fleet
Al Jazeera — Slovakia threatens to cut électricity to Ukraine over Russian oil spat
Sources secondaires
Euronews — Slovakia’s Fico threatens to cut off électricity supply to Ukraine
CNBC — Ukraine accuses Hungary, Slovakia of ‘blackmail’ over threats to cut électricity
PBS News — Former UK PM Boris Johnson calls on allies to send noncombat troops to Ukraine
Ukrainska Pravda — Boris Johnson: If we’re willing to send troops during ceasefire, why not now?
Ukrinform — MFA transfers over 200 DJI Matrice reconnaissance drones to Ukraine’s Defense Forces
Ukrinform — Zelensky commends special services for neutralizing Russian mercenaries
Kyiv Post — Ukraine Imposes Sanctions on 225 Captains of Ships of Russian Shadow Fleet
Kyiv Post — Fico Warns He Will Stop Emergency Electricity Supplies to Ukraine Over Oil Transit
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