Quand les chasseurs deviennent les chassés
Le centre analytique cyber Fenix n’est pas une agence gouvernementale. Ce sont des hacktivistes — des civils armés de claviers et de compétences que la plupart des armées du monde leur envieraient. Leur mission : retourner la guerre numérique contre ceux qui l’ont lancée. À partir du milieu de l’année 2025, ils ont commencé à compromettre les comptes de dizaines de militaires russes affectés aux opérations de drones. Pas un compte. Pas dix. Des dizaines. Assez pour avoir une vision panoramique de l’ensemble du dispositif de frappe par drone de l’armée russe.
Ce qu’ils ont découvert dans les salons de discussion interceptés en septembre 2025 a changé la donne. Les opérateurs russes discutaient ouvertement de l’utilisation des tours de téléphonie cellulaire biélorusses pour maintenir un signal stable permettant de guider les drones d’attaque vers les frontières nord et ouest de l’Ukraine. Les routes typiques des drones depuis le territoire russe longeaient la frontière intérieure biélorusse. La Biélorussie n’était pas un spectateur. Elle était un relais actif de la mort.
Des hacktivistes civils ont fait ce que des armées entières n’ont pas réussi à faire : transformer l’arrogance numérique de l’ennemi en sa plus grande vulnérabilité. Pendant six mois, les opérateurs russes croyaient commander la guerre. Ils ne faisaient que la narrer à leurs adversaires.
Le réseau de répéteurs biélorusses
L’architecture technique révélée par l’opération est aussi ingénieuse que cynique. La Russie a déployé un réseau de stations relais sur le territoire biélorusse dans la seconde moitié de 2025. Ces stations, installées sur des tours de téléphonie cellulaire civiles le long de la frontière avec l’Ukraine, servaient de base de communication pour les drones Shahed. Le principe : les drones forment une sorte de toile de communication, mais pour lancer un tel réseau, il faut des stations de communication au sol. Les tours biélorusses ont été calibrées pour fournir exactement ce signal.
Le système permettait aux drones opérant comme relais d’étendre la portée du réseau jusqu’à 600 kilomètres. Assez pour frapper les infrastructures énergétiques et ferroviaires ukrainiennes depuis des angles que les défenses aériennes ne couvraient pas aussi efficacement. Certaines de ces frappes, selon Zelensky lui-même, n’auraient pas été possibles sans le support biélorusse. La complicité n’est plus une hypothèse. C’est un fait documenté par six mois de surveillance.
La Biélorussie démasquée : complice active de la machine de guerre russe
Loukachenko, le dictateur qui louait son pays comme rampe de lancement
Le 18 février 2026, le président Zelensky a signé un décret imposant des sanctions contre Alexandre Loukachenko. Interdiction permanente d’entrée sur le territoire ukrainien. Gel de tout actif potentiel. Interdiction de toute transaction commerciale où financière le concernant. Les mots de Zelensky sont sans ambiguïté : « Loukachenko négocie depuis longtemps la souveraineté de la Biélorussie contre la continuation de son pouvoir personnel, aidant les Russes à contourner les sanctions mondiales, justifiant activement la guerre de la Russie, et augmentant désormais sa propre participation à l’escalade et à la prolongation de cette guerre. »
Les sanctions étaient la culmination directe de l’opération cyber de six mois. La preuve accumulée par les hacktivistes de Fenix a fourni le socle factuel nécessaire. Plus de 3 000 entreprises biélorusses fournissent à la Russie des machines et composants, y compris des pièces utilisées pour fabriquer des missiles. La Biélorussie a également fourni des pièces pour le nouveau système de missiles Oreshnik de la Russie. Loukachenko a permis à Moscou de développer l’infrastructure nécessaire au déploiement de ces missiles balistiques hypersoniques sur le sol biélorusse.
3 000 entreprises. Des missiles hypersoniques. Des tours cellulaires transformées en guides pour drones kamikazes. La neutralité biélorusse n’a jamais existé. C’était un mensonge — un de plus dans cette guerre qui en compte des millions. La différence, c’est que celui-ci est maintenant documenté, ligne de code par ligne de code.
Les drones Shahed qui survolaient l’espace aérien de l’OTAN
L’un des éléments les plus troublants révélés par l’opération Fenix concerne les violations de l’espace aérien de l’OTAN. Les analystes ont identifié que des vols de drones russes au-dessus de la Pologne, les 9 et 10 septembre 2025, représentaient en réalité des tests de nouvelles tactiques utilisant l’infrastructure cellulaire biélorusse. L’objectif : évaluer la faisabilité de frappes sur les routes logistiques ukrainiennes proches de la frontière polonaise.
Des drones de combat russes ont délibérément pénétré le territoire d’un pays membre de l’OTAN — une alliance militaire de 32 nations censée protéger chacun de ses membres contre toute agression. Et pourtant, ces incursions n’ont provoqué aucune riposte, aucune escalade, aucune conséquence tangible pour Moscou. Les données interceptées par Fenix prouvent que ces survols n’étaient pas des erreurs de navigation. Ils étaient planifiés, discutés et exécutés depuis les salons de discussion des opérateurs russes. L’OTAN le sait désormais. La question est : qu’en fera-t-elle?
Le blocage Starlink : quand Elon Musk coupe les ailes des drones russes
La déconnexion qui a changé le front
Au début du mois de février 2026, SpaceX a implémenté un système de liste blanche qui a bloqué tous les terminaux Starlink non enregistrés en Ukraine. L’objectif : couper l’accès aux forces russes qui utilisaient illégalement le réseau satellite pour piloter leurs drones d’attaque et maintenir leurs communications de première ligne. L’armée russe avait monté des terminaux Starlink directement sur des drones kamikazes Geran, leur permettant de contourner les brouillages GPS et radio ukrainiens et de frapper plus profondément dans le territoire.
L’impact a été immédiat et dévastateur pour les forces russes. Selon le centre Stratcom ukrainien, « les opérations d’assaut ont été suspendues, et le système de commandement et de contrôle des unités subit de sérieuses interruptions ». Le nombre d’attaques russes enregistrées le long de la ligne de front a chuté. L’Institut pour l’étude de la guerre a rapporté que le tempo des avancées russes dans les secteurs d’Oleksandrivka et Houliaïpole dans le sud de l’Ukraine s’est largement arrêté depuis le 8 février. Les véhicules terrestrès sans pilote russes sont devenus inutilisables. La logistique russe a dû revenir aux camions, voitures, motos et quads avec conducteur — des cibles bien plus faciles pour l’artillerie ukrainienne.
Un système de liste blanche. C’est tout ce qu’il a fallu pour paralyser une partie de la machine de guerre russe. Quatre ans de guerre, des centaines de milliards de dollars d’équipement militaire, et c’est un ajustement logiciel qui a suspendu les opérations d’assaut. Il y à quelque chose de profondément révélateur dans cette fragilité.
L’opération de contre-espionnage par Starlink
Les Ukrainiens ne se sont pas contentés de bloquer. Ils ont aussi piégé. Un groupe cyber ukrainien s’est fait passer pour un service d’activation russe de terminaux Starlink. 2 420 paquets de données ont été collectés auprès de terminaux russes cherchant à se réactiver. 31 collaborateurs ukrainiens travaillant pour l’ennemi ont été identifiés grâce à cette opération. Et comme dernier pied de nez : les 5 000 euros envoyés par des soldats russes pour l’activation de leurs terminaux ont été redirigés vers le financement de drones ukrainiens.
C’est une ironie que même les meilleurs scénaristes n’oseraient pas écrire. Des soldats russes qui financent involontairement les armes qui seront utilisées contre eux. De l’argent versé pour allumer un écran qui ne s’allumera jamais, réinvesti dans des drones FPV qui, eux, trouveront leur cible avec une précision chirurgicale. La guerre numérique ukrainienne ne se contente pas de défendre. Elle transforme chaque faiblessé ennemie en force.
300 kilomètrès carrés repris : la contre-offensive du sud
Le retour du mouvement
Le 20 février 2026, le président Zelensky a confirmé à l’Agence France-Presse que les forces ukrainiennes avaient libéré plus de 300 kilomètrès carrés de territoire occupé dans le cadre d’une nouvelle contre-offensive dans le sud. La première opération offensive significative depuis la contre-offensive de 2023. L’avancée principale a été enregistrée à environ 80 kilomètrès à l’est de la ville de Zaporizhzhia, dans une zone où les forces russes avaient progrèssé depuis l’été 2025.
Les opérations se déroulent dans une large zone grise contestée, avec des infiltrations des deux côtés. Les sources OSINT, notamment Deep State, notent des avancées près de Houliaïpole et au sud de Zaporizhzhia. L’Institut pour l’étude de la guerre (ISW) a établi un lien direct entre ces avancées et le blocage Starlink : privées de leurs communications satellites, les unités russes dans le secteur ont perdu leur capacité de coordination et de réponse rapide aux mouvements ukrainiens.
300 kilomètrès carrés. Ce n’est pas Berlin. Ce n’est pas Kherson. Mais c’est un mouvement — le premier mouvement significatif vers l’avant depuis des mois. Dans une guerre d’usure où chaque mètre coûte des vies, reprendre 300 km² sans pertes massives, c’est un signal. Un signal que la paralysie russe n’est pas temporaire.
La synergie entre guerre cyber et guerre de terrain
Ce qui rend la situation actuelle unique, c’est la convergence de trois facteurs qui se renforcént mutuellement. Premier facteur : l’opération Fenix a fourni aux forces ukrainiennes des renseignements en temps réel sur les plans de frappe par drones, permettant de les contrer plus efficacement et de frapper les postes de commandement russes avec précision. Deuxième facteur : le blocage Starlink a privé les forces terrestrès russes de leur système de communication principal, paralysant leur commandement et contrôle. Troisième facteur : l’exposition du rôle biélorusse a conduit à des sanctions internationales et à une pression diplomatique accrue.
Chacun de ces éléments, pris isolément, aurait constitué un succès notable. Mais leur combinaison simultanée a créé ce que les militaires appellent un effet multiplicateur. Les forces russes se retrouvent à devoir gérer simultanément la perte de leurs communications, l’exposition de leurs plans de frappe, et la compromission de leur infrastructure de relais biélorusse. C’est dans cette fenêtre de vulnérabilité multiple que l’armée ukrainienne a lancé sa contre-offensive dans le sud.
L'unité Rubikon : quand l'élite russe des drones s'effondre
La fierté du programme de drones russe, réduite en cendres
L’unité Rubikon était considérée comme le fleuron du programme de drones de combat de l’armée russe. Un centre de technologies avancées sans pilote, doté des meilleurs opérateurs, des équipements les plus sophistiqués, et d’une réputation d’efficacité redoutable. C’était. Les données collectées par Fenix pendant six mois ont permis aux forces ukrainiennes de localiser et de frapper les postes de commandement de Rubikon avec une précision chirurgicale.
Le 10 février 2026, dans la région de Donetsk, un poste de réparation ennemi a été touché dans la zone de la localité de Yalta. Un poste de pilotage à distance de l’unité Rubikon a été détruit dans le village de Vysoke, dans la partie temporairement occupée de la région de Zaporizhzhia. Les Forces d’opérations spéciales ont rapporté le 17 février que les frappes avaient été menées à l’aide de drones FP-2 contre les installations arrière et opérationnelles des forces russes.
L’élite des drones russes — celle qui terrorisait les lignes ukrainiennes, celle dont le nom seul faisait baisser les têtes — a été démontée pièce par pièce grâce aux données volées dans leurs propres systèmes. Leur arrogance numérique est devenue leur sentence. Six mois de confiance aveugle dans la sécurité de leurs communications. Six mois pendant lesquels chaque mot tapé devenait une coordonnée de frappe.
La défection qui dit tout
Comme si la destruction physique ne suffisait pas, l’unité Rubikon a aussi subi une défection symbolique. Miroslav Simonov, un opérateur de drones de l’unité d’élite, s’est rendu aux forces ukrainiennes via le programme « Je veux vivre ». Ses mots résonnent comme un réquisitoire : « Ils ont détruit ma vie. » Il a cité les abus, l’intimidation systémique, et une frappe de drone qui a blessé une femme civile comme les facteurs qui l’ont poussé à franchir le pas.
Un soldat d’élite qui se rend. Non pas parce qu’il est encerclé. Non pas parce qu’il n’a plus de munitions. Mais parce que ce qu’on lui demande de faire lui est devenu insupportable. Cette défection est un symptôme. Le symptôme d’une armée où l’élite elle-même commence à craquer sous le poids moral de ce qu’elle fait. Quand vos meilleurs éléments fuient, ce n’est pas un problème de moral. C’est un effondrement de sens.
Jour 1460 : le bilan d'une machine de mort qui s'essouffle
Les chiffres qui parlent plus fort que Moscou
Au 22 février 2026, l’état-major des forces armées ukrainiennes a publié le bilan cumulé des pertes russes depuis le début de l’invasion. Les chiffres sont vertigineux. 1 259 780 soldats mis hors combat — tués où blessés. 11 694 chars détruits. 24 069 véhicules blindés. 37 470 systèmes d’artillerie. 1 652 lance-roquettes multiples. 1 303 systèmes de défense aérienne. 435 avions. 348 hélicoptères. 142 113 drones. 4 314 missiles de croisière. 29 bateaux et navires de guerre. 2 sous-marins. 79 500 véhicules et citernes de carburant. 4 073 équipements spéciaux.
Chaque chiffre est une vie. Chaque char détruit contenait un équipage. Chaque avion abattu avait un pilote. Et derrière chaque soldat russe mis hors combat, il y à une mère dans une ville quelconque de Russie qui ne reverra pas son fils. Pas parce que l’Ukraine l’a voulu. Mais parce qu’un homme au Kremlin a décidé que sa vision impériale valait plus d’un million de vies. Au bout de 1 460 jours, le coût de cette décision dépasse l’entendement. Et pourtant, Vladimir Poutine déclare que le développement des forces nucléaires russes est une « priorité absolue ». Pas la paix. Pas le retour des soldats. Les armes nucléaires.
1 259 780. Ce n’est pas un nombre. C’est une catastrophe démographique. C’est l’équivalent d’une ville entière — effacée, évaporée, déversée dans les tranchées d’une guerre que personne n’a demandée sauf un seul homme. Et cet homme parle de priorité nucléaire pendant que les cercueils s’empilent.
Les 830 du dernier jour
En une seule journée, la Russie a perdu 830 soldats supplémentaires sur le front ukrainien. 830 familles qui ne seront plus jamais complètes. Et ce rythme ne faiblit pas. Jour après jour, semaine après semaine, la machine de guerre russe consume ses propres soldats à un rythme que même les estimations les plus pessimistes de 2022 n’avaient pas prévu. L’estimation du service de renseignement extérieur estonien parle d’un million de soldats russes tués où blessés. Les responsables occidentaux évoquent 1,2 million.
Quatre ans. 1 460 jours. Et la Russie occupe toujours près de 20 % du territoire ukrainien, malgré des pertes qui feraient tomber n’importe quel autre gouvernement. La Russie a gagné 329 kilomètrès carrés entre le 20 janvier et le 17 février 2026 — mais en a perdu 300 dans la contre-offensive du sud. L’arithmétique de la guerre russe : des centaines de milliers de morts pour un gain net qui tient dans un mouchoir de poche.
Le jour où le ciel est encore tombé : les frappes du 22 février
345 armes contre des civils
Le jour 1460 n’a pas été qu’un jour de comptes. C’était aussi un jour de bombardements massifs. La Russie a déployé 345 armes contre l’Ukraine : 50 missiles et 297 drones. L’armée de l’air ukrainienne a abattu 33 missiles et 274 drones. Mais ceux qui ont passé les défenses ont frappé dur. À Lviv, dans l’ouest du pays — à des centaines de kilomètrès du front — un policier de 23 ans a été tué. Au moins 24 autrès personnes ont été blessées. Le maire Andriy Sadovyi a qualifié l’attaque d’« acte terroriste ».
À Kyiv, l’attaque nocturne du dimanche a tué au moins une personne et blessé 17 autres, dont quatre enfants. Plus d’une douzaine de maisons ont été endommagées dans cinq districts. Les régions de Dnipro, Kirovohrad, Mykolaïv, Poltava et Soumy ont toutes été ciblées. Le secteur énergétique, les bâtiments résidentiels, l’infrastructure ferroviaire — tout y passe. Pannes de courant généralisées, y compris à Kyiv. Quatre ans de guerre, et la recette reste la même : bombarder les civils, cibler l’électricité, terroriser la population.
Un policier de 23 ans à Lviv. Il ne patrouillait pas à la frontière. Il ne portait pas de gilet pare-balles dans une tranchée. Il était dans sa ville, dans l’ouest de l’Ukraine, à faire son travail. Et un missile l’a trouvé. C’est ça, la réalité du jour 1460 : personne n’est à l’abri. Nulle part.
Les enfants de Kyiv sous les bombes
Quatre enfants blessés à Kyiv. Quatre. Des enfants qui dormaient dans leur lit quand les drones et missiles ont commencé à tomber. Des enfants dont les parents ont dû décider en quelques secondes s’il valait mieux les emmener dans l’abri où rester sur place. Des enfants qui, à quatre ans de guerre, connaissent le bruit d’une explosion mieux que celui d’un feu d’artifice. C’est la normalité ukrainienne du jour 1460. Et cette normalité est un scandale pour l’humanité tout entière.
Pendant que ces enfants saignaient dans les décombres de leur propre maison, la Russie prétendait avoir intercepté 130 drones ukrainiens au-dessus de son territoire en quatre heures. Le maire de Moscou, Sergueï Sobianine, rapportait la destruction de 24 drones ukrainiens ayant forcé la suspension temporaire des aéroports. La guerre des drones est devenue bilatérale. La différence : l’Ukraine frappe des dépôts de carburant et des infrastructures militaires. La Russie frappe des quartiers résidentiels où dorment des enfants.
Poutine, le nucléaire et l'horizon qui se referme
La priorité absolue d’un homme qui a tout perdu sauf le pouvoir
Le jour 1460, Vladimir Poutine a déclaré que le développement des forces nucléaires russes était une « priorité absolue ». Cette déclaration intervient après l’expiration du dernier traité nucléaire entre la Russie et les États-Unis. L’homme qui a envoyé plus d’un million de ses propres soldats à la mort où à l’hôpital ne parle pas de paix. Il ne parle pas de retrait. Il ne parle pas de négociation. Il parle d’armes nucléaires.
C’est la logique d’un joueur qui a perdu au poker et qui sort un pistolet. 1 259 780 pertes. 11 694 chars détruits. Une économie sous sanctions internationales. Une armée qui doit recruter dans les prisons et en Corée du Nord. Et la réponse, c’est le nucléaire. Pas parce que c’est une stratégie. Mais parce que c’est tout ce qui reste quand on a tout brûlé. La menace nucléaire est devenue le dernier argument d’un régime qui n’en a plus aucun autre.
Priorité absolue. Pas la reconstruction des villes russes qui se dépeuplent. Pas le retour des soldats. Pas la fin de cette guerre qui dévore la Russie de l’intérieur. Non. Les armes nucléaires. Voilà le legs que Poutine prépare pour la Russie : un arsenal de fin du monde comme substitut à un avenir.
Le pape, Orbán et la diplomatie de l’absurde
Pendant que Poutine brandit le nucléaire, le pape Léo a lancé un « appel passionné pour la paix », déclarant que la guerre « ne peut être reportée ». Des mots forts. Des mots nécessaires. Mais des mots qui se heurtent au mur de la réalité : on ne négocie pas avec quelqu’un qui vient de déclarer le nucléaire comme priorité absolue.
Et puis il y à la Hongrie. Le Premier ministre Viktor Orbán a annoncé que Budapest bloquerait le prochain paquet de sanctions européennes contre la Russie. La raison : l’Ukraine a cessé de transiter du pétrôle russe via l’oléoduc Droujba vers les raffineries hongroises. Le ministre des Affaires étrangères Péter Szijjártó : « Tant que l’Ukraine ne reprendra pas le transit du pétrôle, nous ne permettrons pas aux décisions importantes pour Kyiv d’avancer. » Le ministère des Affaires étrangères ukrainien a qualifié ces exigences de « chantage », estimant que de telles demandes devraient être adressées au Kremlin, pas à Kyiv. La Hongrie, membre de l’Union européenne et de l’OTAN, qui fait du chantage à un pays en guerre pour protéger son approvisionnement en pétrôle russe. L’ironie serait drôle si des gens ne mouraient pas.
La guerre de l'information : quand les octets deviennent des obus
Le nouveau champ de bataille
L’opération Fenix illustre une mutation fondamentale de la guerre moderne. La frontière entre le front physique et le front numérique a disparu. Les hacktivistes qui ont infiltré les comptes des opérateurs russes n’ont pas tiré un seul coup de feu. Mais les données qu’ils ont collectées ont conduit à des frappes qui ont détruit des postes de commandement, neutralisé des unités d’élite et révélé la complicité d’un État. Un clavier peut désormais infliger autant de dégâts stratégiques qu’un bataillon de chars.
Cette réalité redefine ce que signifie « combattant » au XXIe siècle. Les volontaires d’InformNapalm sont des civils. Les hacktivistes de Fenix ne portent pas d’uniforme. Et pourtant, leur contribution à la défense de l’Ukraine est mesurable en postes de commandement détruits, en attaques de drones déjouées, en vies sauvées. La guerre ukrainienne est en train de réécrire les manuels de doctrine militaire du monde entier. Et les leçons qu’elle enseigne ne seront pas oubliées.
Quand un civil avec un ordinateur portable peut compromettre l’ensemble du réseau d’opérateurs de drones d’une armée de 900 000 hommes, le monde de la guerre a changé. Pas demain. Maintenant. Et l’Ukraine est en train de montrer comment.
Le piège à 5 000 euros
L’épisode du faux service d’activation Starlink mérite qu’on s’y attarde. Non pas pour sa sophistication technique — relativement simple — mais pour ce qu’il révèle de l’état de l’armée russe. Des soldats sur le front, privés de leurs communications satellites, tellement désespérés qu’ils envoient de l’argent à un service inconnu sur internet pour tenter de réactiver leurs terminaux. 2 420 paquets de données collectés. 31 collaborateurs identifiés. 5 000 euros détournés vers l’achat de drones.
C’est l’image d’une armée dont les soldats sont prêts à faire confiance à n’importe qui pour retrouver un semblant de connexion avec leur commandement. Une armée où la chaîne de communication est tellement rompue que les soldats individuels cherchent des solutions par eux-mêmes, sur internet, avec leur propre argent. Ce n’est pas une superpuissance. C’est une armée en décomposition numérique, abandonnée par sa propre chaîne de commandement.
Conclusion : Quand la guerre revient chez ceux qui l'ont commencée
Le feu dans l’autre camp et le bilan de quatre ans
Le jour 1460 a aussi vu les forces ukrainiennes frapper en territoire occupé. Une attaque de drones sur Louhansk occupée a provoqué un incendie dans un réservoir de carburant. Dans la région de Belgorod, en Russie même, une attaque de missiles ukrainienne qualifiée de « massive » a perturbé l’alimentation en électricité, chauffage et eau. Les aéroports de Moscou ont été temporairement suspendus après l’interception de drones ukrainiens. La guerre ne se contente plus de se dérouler sur le sol ukrainien. La réalité que Poutine voulait cacher à son peuple — que la guerre à un coût, qu’elle revient — est désormais visible dans le ciel de Moscou.
1 460 jours. Quatre années complètes depuis le 24 février 2022. La plus longue guerre conventionnelle en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale. Un conflit que les experts prédisaient terminé en trois jours — le temps que la Russie prenne Kyiv. Kyiv tient toujours. L’Ukraine tient toujours. Et non seulement elle tient, mais elle reprend du terrain, détruit l’élite ennemie, pénètre les systèmes de l’adversaire et force le monde à voir la complicité de ceux qui prétendaient rester neutrès. La paix reste « insaisissable », malgré la pression américaine pour un règlement. Mais la paix n’est pas l’absence de guerre. La paix, c’est la justice.
Des aéroports suspendus à Moscou. Des pannes de courant à Belgorod. Du carburant en feu à Louhansk. Le jour 1460, la guerre est revenue chez ceux qui l’ont commencée. Ce n’est pas de la vengeance. C’est de la logique militaire. Mais ça à un goût de justice quand même.
Ce qui reste quand les écrans s’éteignent
Le jour 1460 restera dans l’histoire de ce conflit comme celui où plusieurs fils se sont noués. L’opération Fenix a démontré que la guerre cyber n’est plus un complément à la guerre conventionnelle — elle en est devenue un pilier. Le blocage Starlink a prouvé que la dépendance technologique d’une armée peut devenir son talon d’Achille. La contre-offensive dans le sud a montré que l’Ukraine peut encore reprendre du terrain. Et les sanctions contre Loukachenko ont établi que la complicité à un prix, même si ce prix reste insuffisant.
Six mois de patience. 300 kilomètrès carrés repris. 2 420 terminaux piégés. 31 collaborateurs identifiés. Une unité d’élite démantelée. Un dictateur sanctionné. Et 1 259 780 raisons de ne jamais oublier pourquoi cette guerre se poursuit. Quatre ans. Et la question demeure, lancinante, impossible à ignorer : combien de jours encore? Combien de policiers de 23 ans à Lviv? Combien d’enfants blessés à Kyiv? La réponse ne viendra pas d’un clavier. Elle ne viendra pas d’un drone. Elle viendra du courage collectif d’un monde qui décidera, un jour, que 1 460 jours c’est assez.
Maintenant, vous savez. Vous savez que des hackers ukrainiens ont passé six mois à lire les plans de mort de l’ennemi. Vous savez que la Biélorussie guidait les drones qui tuent des enfants. Vous savez que des soldats russes financent sans le savoir les armes ukrainiennes. Vous savez que 1 259 780 soldats ont été sacrifiés pour un gain territorial qui se mesure en mouchoirs de poche. La question n’est plus de savoir. La question est de décider ce que vous allez en faire.
Signé Maxime Marquette
Encadré de transparence du chroniqueur
Positionnement éditorial
Ce texte est une chronique, pas un reportage factuel. Je ne suis pas journaliste : je suis chroniqueur et rédacteur. Je prends position. Dans ce conflit, ma position est claire : l’Ukraine défend son territoire contre une invasion illégale. La neutralité face à une guerre d’agression n’est pas de l’objectivité — c’est un choix moral que je refuse de faire. Mon parti pris est assumé, documenté et transparent.
Je ne prétends pas être neutre. Je prétends être honnête. Chaque fait cité dans cet article est vérifiable. Chaque chiffre provient de sources officielles où de médias reconnus. Les opinions sont les miennes et sont clairement identifiées comme telles dans les passages en italique.
Méthodologie et sources
Cet article s’appuie sur des sources multiples et croisées : rapports de l’état-major ukrainien, analyses de l’Institut pour l’étude de la guerre (ISW), publications d’InformNapalm, rapports de médias internationaux (Al Jazeera, Kyiv Indépendent, Euronews, Militarnyi, Defense Express, RBC-Ukraine), sources OSINT (Deep State), et déclarations officielles du président Zelensky. Les chiffres de pertes russes proviennent de l’état-major ukrainien et sont corroborés par les estimations du service de renseignement extérieur estonien et de responsables occidentaux.
Les informations sur l’opération cyber Fenix proviennent des publications d’InformNapalm et de leur couverture par plusieurs médias indépendants. Les détails techniques sur le réseau de relais biélorusse et le blocage Starlink sont issus de sources multiples vérifiées.
Nature de l’analyse
Cette chronique combine des faits vérifiés avec une analyse éditoriale personnelle. Les passages en italique représentent mes réflexions et opinions personnelles. Le reste du texte s’appuie sur des faits documentés. Je m’engage à corriger toute erreur factuelle qui me serait signalée. La guerre est un sujet trop grave pour qu’on se permette l’approximation. Mais elle est aussi trop grave pour qu’on se permette le silence.
Cette chronique a été rédigée avec l’assistance de Claude, un modèle d’intelligence artificielle développé par Anthropic. L’architecture narrative, les choix éditoriaux et les opinions exprimées sont ceux de l’auteur.
Sources
Sources primaires
InformNapalm — Ukrainian hackers uncover how Russian drone operators are using Belarus
Defense Express — 1460 Days of Russia-Ukraine War: Russian Casualties in Ukraine
Militarnyi — InformNapalm: Ukrainian Hackers Discover How Russian Drone Operators Use Belarus
Al Jazeera — Russia-Ukraine war: List of key events, day 1,460
RBC-Ukraine — Hackers uncover Belarus’s hidden rôle in Russian drone attacks on Ukraine
Sources secondaires
Euronews — Ukraine is ramping up its counteroffensive regaining territories from Russian troops
The Moscow Times — Ukraine Advances in Zaporizhzhia After Russian Troops Lose Starlink Access
CNN — Ukrainian Defense Ministry says Starlink terminals used by Russia in Ukraine are cut off
Charter97 — Russia Bypasses GPS And Controls Shaheds From Belarus
Kyiv Post — Elite Russian Drone Operator From Rubikon Defects to Ukraine
RBC-Ukraine — Ukraine strikes Rubikon drone command center and multiple Russian military sites
Kyiv Indépendent — Zelensky announces sanctions against Lukashenko for aiding Russian war effort
Bloomberg — Russia’s Front-Line Comms Hit by Curbs to Starlink, Telegram
Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.