Quarante jours — le compte a rebours du deuil
Dans la tradition chiite, le quarantieme jour après un deces marque la fin du deuil formel. C’est un moment de commemoration. De recueillement. Mais en Iran, depuis la révolution de 1979, les ceremonies du quarantieme jour ont toujours été autre chose. Elles sont des detonateurs. En 1979, c’est exactement ce mecanisme — deuil, colere, manifestation, répression, nouveaux morts, nouveau deuil — qui a renverse le Shah. Le régime actuel le sait. Il connait cette mecanique. Il en est ne.
Et pourtant, il n’a pas pu l’empêcher. Samedi 21 fevrier, les premières ceremonies commemoratives ont eu lieu dans les universites. Des étudiants ont depose des photos de leurs camarades tues. Des bougies. Des fleurs. Un sit-in « silencieux et pacifique » a été organise. Il n’est pas reste silencieux longtemps. Tres vite, les voix se sont levees. « Mort au dictateur. » « Femme, vie, liberté. » « Le sang verse ne sera pas oublie. »
Le régime iranien est ne d’un cycle de deuil transforme en révolte. Quarante-sept ans plus tard, ce même cycle se retourne contre lui. Il y à une ironie cruelle la-dedans. Ceux qui ont utilise la colere du peuple pour prendre le pouvoir sont maintenant terrifies par cette même colere. L’histoire ne se repété pas. Elle boucle.
La géographie de la révolte
Les slogans : radiographie d'une colere
Ce que crient les étudiants
Les slogans ne mentent pas. Ils sont le sismographe d’une société. Et ce que les étudiants iraniens crient en ce moment dit tout sur où en est ce pays. « Mort a Khamenei » — directement. Sans euphemisme. Sans détour. Dans un pays où prononcer le nom du Guide supreme en vain peut couter la vie. « Ni monarchie, ni Guide supreme — démocratie, égalité » — un rejet total. Pas seulement du régime actuel, mais aussi du passe monarchique. Pas de nostalgie. Une exigence d’avenir.
« Femme, vie, liberté » — le slogan ne de la mort de Mahsa Amini en septembre 2022, qui refuse de mourir. Trois ans et demi plus tard, il résonne encore. Plus fort. Plus profond. « Le sang verse ne sera jamais oublie » — pas une menace. Une promesse. Et puis ce mot, capte par les cameras, scande en choeur par des centaines de gorges : « Bi sharaf » — « sans honneur », en farsi. Adresse directement aux forces de sécurité. Aux Bassidjis. A tous ceux qui ont tire sur des civils désarmées en janvier.
Quand un peuple n’a plus peur de crier le nom de son oppresseur a voix haute, dans la cour de son universite, devant les cameras et les fusils — c’est que quelque chose a change. Pas dans le rapport de force. Dans l’ame. La peur a cede la place à quelque chose de plus grand qu’elle. Et ca, aucune balle ne peut le tuer.
Le drapeau d’avant 1979
Un détail a retenu l’attention des observateurs. Dans certaines manifestations, des étudiants ont brandi le drapeau iranien d’avant la révolution — celui avec le lion et le soleil, symbole de l’ancienne monarchie. Un geste de soutien a Reza Pahlavi, le fils du dernier Shah, en exil. Un geste qui dit : « Tout vaut mieux que ce que nous avons. » Mais d’autrès étudiants ont immédiatement nuance : « Ni monarchie, ni mollahs. » Le mouvement n’est pas unifie ideologiquement. Mais il est unifie sur un point : Khamenei doit partir.
Les Bassidjis contre les étudiants : la guerre interieure
Quand le régime arme ses partisans
Des pierres ont vole. Des coups ont été échanges. L’agence de presse SNN, proche du pouvoir, a diffuse des videos de ces affrontements — en les presentant, évidemment, comme des « provocations » des étudiants anti-régime. Et pourtant, les mêmes images montrent des Bassidjis organises, en formation, avancant de manière coordonnée contre des étudiants disperses. La provocation ne vient pas de ceux qui portent des livres.
Le Bassidj dans une universite, c’est un fusil dans une bibliotheque. Ca ne devrait pas exister. Mais ca existe depuis quarante-sept ans. Et le fait que les étudiants les affrontent maintenant, mains nues contre matraques, dit quelque chose sur le seuil de tolerance d’une génération entiere. Ce seuil a été franchi. En janvier. Dans le sang.
La réponse securitaire devant les portes
A l’exterieur des campus, la police antiemeute a été déployée en force. Des videos virales montrent des agents repoussant violemment des étudiants à l’entrée de l’universite de Teheran. Du gaz lacrymogene. Des matraques. Des dizaines d’arrestations. Un enseignant activiste a été arrété a Abdanan, dans l’ouest du pays — une ville devenue un foyer de résistance depuis janvier. Le régime frappe. Il frappe les corps. Mais il ne peut pas frapper ce qui se passe dans les tetes.
Janvier 2026 : anatomie d'un massacre
Les 8 et 9 janvier — deux jours de tenebres
Tout a commence en decembre 2025. La crise économique. L’inflation galopante. Le rial en chute libre. Les sanctions. La colere qui couvait depuis la mort de Mahsa Amini en 2022, depuis les manifestations de 2022-2023, n’avait jamais vraiment disparu. Elle s’etait enfouie. En decembre, elle a ressurgi. Des manifestations ont éclate. Le régime a hésite. Puis il a choisi. Le 8 janvier, les forces de sécurité ont ouvert le feu. Le 9 janvier, elles ont continue. Pendant que le monde ne voyait rien.
Parce que le régime avait tout prevu. Avant de tirer, il a coupe internet. Il a coupe les lignes telephoniques internationales. Un blackout total. Le plus meurtrier de l’histoire de la Republique islamique — commis dans l’obscurite numerique la plus complété. Les images qui ont filtre après — des semaines après — montrent des rues jonchees de corps. Des hopitaux submerges. Des familles qui cherchent leurs proches dans les morgues.
Un régime qui coupe internet avant de massacrer ses citoyens sait exactement ce qu’il fait. Ce n’est pas de la panique. C’est de la premeditation. C’est un calcul froid : si personne ne voit, personne ne reagit. Et quand le monde finit par voir, il est déjà trop tard. Les morts sont enterres. Les preuves sont effacees. Et le régime reprend le micro pour dire : « C’etaient des terroristes. »
Le blackout des chiffres
Et pourtant, il demande des preuves. Le pyromane qui demande au voisin de prouver que la maison a brule.
La génération qui n'a plus peur
Mahsa Amini, 2022 — la graine qui a tout change
Pour comprendre ces étudiants qui crient « Femme, vie, liberté » en fevrier 2026, il faut remonter au 16 septembre 2022. Ce jour-la, Mahsa Jina Amini, vingt-deux ans, kurde iranienne, est morte trois jours après son arrestation par la police des moeurs. Son crime : un voile mal porte. Sa mort a embrase l’Iran. Des mois de manifestations. Des centaines de morts. Des milliers d’arrestations. Le mouvement a été écrase. Mais il n’a pas été tue.
Les étudiants qui manifestent aujourd’hui avaient dix-huit, dix-neuf, vingt ans en 2022. Ils ont grandi avec ce traumatisme. Ils ont vu leurs amis se faire arreter. Ils ont vu des camarades disparaitre. Ils ont vecu sous la menace permanente. Et puis janvier 2026 est arrive. Et le régime a fait pire. Bien pire. Et cette génération a décide que la peur etait un luxe qu’elle ne pouvait plus se permettre.
Mahsa Amini est morte il y a trois ans et demi. Son nom est encore dans la bouche de chaque étudiant iranien qui descend dans la rue. C’est la preuve que certaines injustices ne s’oublient pas. Qu’elles ne se dissolvent pas dans le temps. Qu’elles germent. Qu’elles s’enracinent. Et qu’elles finissent par crever le beton.
Trente condamnes a mort — le prix de la révolte
Amnesty International rapporte qu’au moins trente Iraniens font face à la peine de mort en lien avec les manifestations. Trente vies suspendues au bout d’une corde. Pour avoir crie. Pour avoir marche. Pour avoir dit non. Le régime iranien ne se contente pas de reprimer. Il execute. Il utilise la mort comme dissuasion. Et pourtant, les étudiants sont la. Dans les cours. Devant les amphitheatres. A crier les mêmes slogans qui ont condamne leurs predecesseurs.
Le narratif du régime : inversion et fabrication
Les « provocations des forces exterieures »
La machine de propagande iranienne tourne a plein régime. Le ministere de l’Education a qualifie les manifestations de « provocation planifiee par des forces exterieures ». Les médias d’Etat parlent de « faux étudiants » qui propagent des slogans « contraires aux normes ». Les rassemblements pro-régime sont presentes comme des « hommages aux victimes des emeutes soutenues par l’étranger ». Chaque mot est calibre. Chaque image est sélectionnee. Le récit officiel : l’Iran est victime. Les manifestants sont des agents. Les morts de janvier etaient des terroristes.
C’est un script que tous les régimes autoritaires connaissent par coeur. Les Sovietiques l’utilisaient. Assad l’a utilise. Poutine l’utilise en ce moment même. Quand vous massacrez votre peuple, accusez l’étranger. Quand vos étudiants se soulevent, dites qu’ils sont manipules. Quand les chiffres vous accablent, niez les chiffres.
Le régime iranien traite ses étudiants comme des agents étrangers. Ses propres enfants. Formes dans ses propres universites. Nourris par ses propres échecs. Ce n’est pas la CIA qui a rendu le rial sans valeur. Ce n’est pas le Mossad qui a tire sur des civils le 8 janvier. Ce n’est pas l’Occident qui a tue Mahsa Amini. C’est le régime. Et il le sait. Tout le monde le sait.
Le président Pezeshkian et la posture de résistance
Le président iranien Masoud Pezeshkian a pris la parôle. « Les puissances mondiales veulent nous forcer a courber la tete, a-t-il déclare. Mais nous ne courberons pas. » Une posture de defi. Une posture de force. Sauf que la force, en ce moment, est dirigee contre des étudiants de vingt ans qui demandent le droit de ne pas etre surveilles, frappes et tues par leur propre gouvernement. « Nous ne courberons pas. » Devant qui, monsieur le président ? Devant vos propres citoyens ?
Le contexte géopolitique : l'Iran pris en etau
Trump, les porte-avions et la menace nucleaire
L’OTAN parle d’« activites de vigilance renforcée ». La Suede, la Serbie et l’Australie ont demande à leurs ressortissants de quitter l’Iran. Le ministere des affaires étrangeres serbe a évoque une « détérioration de la sécurité ». Des négociations sur le nucleaire sont prevues les 26 et 27 fevrier a Geneve. Le ministre iranien Araghchi affirme qu’une « solution diplomatique reste possible ».
Les étudiants iraniens se battent sur deux fronts. Contre leur propre régime, qui les massacre. Et dans l’ombre d’une guerre potentielle que Trump agite comme une menace. Leur courage est d’autant plus remarquable : ils savent qu’une frappe americaine donnerait au régime exactement le pretexte dont il a besoin pour écraser toute dissidence au nom de la « défense nationale ». Ils manifestent quand même. Parce que pour eux, la tyrannie interieure est une menace plus immédiate que les bombes exterieures.
L’Europe entre condamnation et impuissance
La présidente du Parlement europeen, Roberta Metsola, a déclare : « L’Iran doit etre libre. » Quatre mots. Aussi beaux qu’ils sont vides. Parce que l’Europe, face à l’Iran, fait exactement ce qu’elle fait face a toute crise : elle condamne. Elle « appelle à la retenue ». Elle « exprime sa profonde preoccupation ». Et puis elle attend la prochaine crise pour recommencer le même communique avec des noms de pays différents.
Les universites iraniennes : une histoire de résistance
Du 18 Tir 1999 a aujourd’hui
Les universites iraniennes ont toujours été des foyers de contestation. Le 9 juillet 1999 — le 18 Tir dans le calendrier iranien — des étudiants de l’universite de Teheran se sont souleves contre la fermeture d’un journal réformiste. Le régime a envoye les Bassidjis. Les dortoirs ont été envahis. Des étudiants ont été jetes des fenetres. Des dizaines de blessés. Des arrestations massives. Vingt-sept ans plus tard, le même schema se repété. Les mêmes universites. Les mêmes milices. Les mêmes slogans. Les mêmes matraques.
Ce qui a change, c’est l’echelle. En 1999, c’etait un campus. En 2022, après Mahsa Amini, c’etait plusieurs villes. En janvier 2026, c’etait le pays entier. Et maintenant, en fevrier, les universites reprennent le flambeau. Chaque génération iranienne à sa révolte. Chaque révolte est plus large, plus profonde, plus déterminée que la précèdente. Le régime le sait. C’est pour ca qu’il frappe plus fort à chaque fois.
L’universite de Teheran a été fondee en 1934. Elle a survecu à un Shah, à une révolution, à une guerre de huit ans avec l’Irak, à des decennies de répression. Et elle est toujours debout. Parce qu’une universite, c’est une idée. Et les idées ne meurent pas sous les matraques. Elles se propagent.
Sharif — le MIT iranien qui refuse de se taire
Sharif University of Technology. La meilleure ecole d’ingenieurs d’Iran. L’élite scientifique du pays. Ces étudiants pourraient etre dans des laboratoires. Ils pourraient construire des ponts, des logiciels, des fusees. Ils pourraient faire la fierte de leur nation. Au lieu de ca, ils sont dans la cour, a scanner « Mort au dictateur ». Parce que dans un pays qui tue ses meilleurs esprits, l’intelligence elle-même devient un acte de rebellion.
Internet coupe, vérité muselée : le blackout qui continue
Un peuple dans le noir numerique
L’accès a internet et les appels internationaux restent perturbes en Iran. Pas completement coupes, comme en janvier. Mais suffisamment pour rendre la communication difficile. Les VPN sont bloques. Les réseaux sociaux sont filtres. Les images qui sortent du pays le font au compte-gouttes, à travers des canaux clandestins. Chaque video de manifestation qui atteint le monde exterieur est un petit miracle de courage et d’ingeniosite.
Et pourtant, les images sortent. HRANA en publie. Hengaw, une organisation de défense des droits des Kurdes iraniens, en publie. L’AFP geolocalise des videos. Les étudiants filment avec leurs telephones, cachent les cartes mémoire, les font passer à l’exterieur. C’est une guerilla de l’information. Et le régime, malgre tout son appareil de censure, ne peut pas tout arreter.
Chaque video qui sort d’Iran est un acte de résistance. Celui qui filme sait qu’il risque la prison. Celui qui transmet sait qu’il risque la torture. Celui qui publie sait qu’il risque la mort. Et ils le font quand même. Parce que le silence est l’arme du bourreau. Et ils refusent d’etre complices.
La bataille des récits
Dans cette guerre de l’information, deux récits s’affrontent. Celui du régime : stabilité retrouvee, emeutiers punis, complots étrangers dejoues. Celui des étudiants : massacre impuni, liberté bafouee, avenir vole. Le monde choisira le récit qu’il veut entendre. Mais les faits, eux, ne changent pas. Des milliers de morts. Des dizaines de milliers d’arretes. Trente condamnes a mort. Et des étudiants qui crient encore.
La greve générale étudiante : quand les amphis se vident
Les syndicats étudiants passent à l’action
Les syndicats étudiants ont annonce une greve générale. Plus de cours. Plus d’examens. Plus de normalite. La demande est claire : liberation de tous les étudiants arretes. Les enseignants sont appeles a cesser leurs cours en solidarite. C’est un boycott academique total. Le message au régime : vous ne pouvez pas tuer nos camarades et nous demander de revenir en classe comme si de rien n’etait.
Le ministere de l’Education a répondu par la menace : expulsion immédiate pour tout participant identifie. C’est le reflexe du régime. Toujours la punition. Jamais le dialogue. Toujours le baton. Jamais la main tendue. Et pourtant, les étudiants boycottent. Parce qu’un diplome obtenu dans le silence complice d’un massacre ne vaut rien.
Un étudiant qui refuse de passer son examen parce que son camarade est en prison — c’est un acte politique d’une puissance rare. Il sacrifie son avenir academique pour dire une chose simple : nous ne sommes pas des individus isoles. Nous sommes un corps. Et quand on frappe l’un de nous, nous saignons tous.
Les professeurs face au dilemme
Les enseignants iraniens sont coinces. Entre leur devoir de solidarite avec leurs étudiants et la terreur du régime. Un enseignant activiste a déjà été arrété a Abdanan. Le message est clair : personne n’est à l’abri. Pas les étudiants. Pas les professeurs. Pas les intellectuels. Pas les avocats. Pas les médecins qui ont soigne les blessés de janvier. Le régime ne fait pas de distinction. Tous ceux qui refusent de se taire sont des cibles.
Les femmes en première ligne : femme, vie, liberté
L’héritage de Mahsa, de Nika, de toutes les autres
Les femmes iraniennes sont en première ligne. Elles l’etaient en 2022. Elles l’etaient en janvier. Elles le sont en fevrier. Elles retirent leur voile dans les manifestations. Elles dansent dans les rues. Elles chantent. Elles font exactement ce que le régime leur interdit de faire. Et chaque geste est un acte de guerre contre un système qui les considere comme des citoyennes de seconde classe.
Mahsa Amini avait vingt-deux ans. Nika Shakarami en avait seize. Elles sont mortes pour un voile. Aujourd’hui, dans les universites iraniennes, des femmes marchent tété nue en scandant leurs noms. La mort de ces jeunes femmes n’a pas été vaine. Elle a allume un feu que quarante-sept ans de theocratie n’ont pas réussi a étéindre. Et ce feu brule encore.
L’extension de la police des moeurs aux campus
L'effet domino : les villes qui brulent en silence
Abdanan, Mashhad et au-dela
La révolte ne se limite pas aux campus. Abdanan, petite ville de l’ouest iranien, est devenue un symbole. Depuis janvier, cette localite résiste. Les manifestations y sont quotidiennes. Le régime a du reculer face à la détermination de la population. Un fait rare. Un fait qui donne de l’espoir aux autrès villes. Si Abdanan peut forcer le régime a reculer, pourquoi pas Teheran ?
A Mashhad, deuxième ville du pays et ville sainte du chiisme iranien, l’universite Ferdowsi est en ebullition. Les videos publiees par HRANA montrent des interventions violentes des forces de sécurité. Des étudiants frappes. Des étudiants blessés. Et des étudiants qui reviennent. Le lendemain. Au même endroit. Avec les mêmes slogans.
La résistance n’est pas un événement. C’est un procèssus. C’est le étudiant qui se fait frapper mardi et qui revient mercredi. C’est la ville qui se fait encercler et qui manifeste quand même. C’est le peuple qui enterre ses morts et qui refuse de se coucher sur leurs tombes. L’Iran de fevrier 2026 est en train d’ecrire l’un des chapitrès les plus courageux de l’histoire humaine recente. Et le monde regarde. Le monde devrait faire plus que regarder.
La question qui hante : et après ?
Personne ne sait comment cela va finir. Le régime peut reprimer encore. Il l’a fait en 1999. En 2009. En 2017. En 2019. En 2022. En 2026. A chaque fois, il a gagne. A chaque fois, la révolte est revenue. Plus forte. Plus large. Plus meurtriere — dans les deux sens. La spirale s’accelere. Les intervalles entre les soulevements raccourcissent. L’intensite augmente. Et le régime, chaque fois, doit frapper plus fort pour maintenir le couvercle.
Les disparus : les chaises vides dans les amphitheatres
Ceux qui ne sont pas revenus
Les étudiants qui manifestent aujourd’hui portent les photos de leurs camarades absents. Pas comme des icones. Comme des presences. Comme une facon de dire : ils sont encore la. A travers nous. Dans nos voix. Dans nos cris. Dans notre refus.
Une chaise vide dans un amphitheatre iranien raconte une histoire que mille articles ne peuvent pas contenir. Qui s’y asseyait ? Un futur ingenieur ? Une future médecin ? Un poété ? Un mathematicien ? Nous ne le saurons peut-etre jamais. Parce que le régime iranien ne tue pas seulement des personnes. Il tue des futurs. Des possibles. Des vies qui n’auront jamais eu lieu.
La mémoire comme résistance
Les bougies. Les photos. Les noms inscrits sur des banderoles. Les étudiants transforment leurs campus en memoriaux vivants. Chaque nom prononce est un acte de defi. Le régime veut que les morts soient oublies. Que les chiffres restent flous. Que les victimes restent anonymes. Les étudiants refusent. Ils nomment. Ils comptent. Ils se souviennent. Et tant qu’ils se souviennent, les morts ne sont pas vraiment morts.
Conclusion : Le feu sous la cendre
Ce que le monde devrait voir
Les négociations nucleaires de Geneve auront lieu dans quatre jours. Les porte-avions americains se rapprochent. Le régime serre les dents et les poings. Et dans tout ce fracas géopolitique, la voix la plus importante est celle qu’on entend le moins : celle des étudiants iraniens. Celle qui dit : « Nous ne courberons pas la tété. » Non pas devant l’Amerique. Non pas devant Israel. Devant notre propre gouvernement.
La question qui reste
Combien de cycles encore ? Combien de quarantiemes jours transformes en révolte ? Combien de générations sacrifiees avant que quelque chose cede ? L’histoire iranienne est faite de patience et de feu. De decennies de silence suivies d’eruptions qui changent tout. En 1979, un cycle de deuil a renverse un empire. En 2026, le même mecanisme est à l’oeuvre. Contre ceux qui l’ont invente.
Je ne sais pas si les étudiants iraniens gagneront. Je ne sais pas si la Republique islamique tombera cette année, dans dix ans, où dans cinquante. Ce que je sais, c’est ceci : chaque voix qui crie « Femme, vie, liberté » dans une cour d’universite iranienne est une victoire. Pas une victoire politique. Pas une victoire militaire. Une victoire humaine. La victoire de ceux qui refusent de vivre a genoux. Et ca, aucun régime sur terre ne peut le vaincre definitivement. Parce que la liberté n’est pas un slogan. C’est un besoin. Aussi fondamental que l’air. Et on ne peut pas empêcher les gens de respirer. Pas éternellement.
Signé Maxime Marquette
Encadré de transparence du chroniqueur
Positionnement éditorial
Cette chronique est redigee par Maxime Marquette, chroniqueur et redacteur indépendant. Je ne suis pas journaliste. Je n’appartiens a aucune redaction, aucun groupe de presse, aucun ordre professionnel. Mon travail est une analyse éditoriale assumee qui combine faits verifies et perspective personnelle. Sur le sujet iranien, ma position est claire : je me range du côté des civils, des étudiants et de tous ceux qui exercent leur droit fondamental à la liberté d’expression, de réunion et de manifestation. Cette position ne compromet pas l’exactitude des faits presentes, qui sont verifies aupres de sources multiples.
Méthodologie et sources
Les informations factuelles de cette chronique proviennent d’agences de presse internationales (AFP, Reuters), de médias internationaux (Al Jazeera, NPR, NBC News, Euronews, RFE/RL), d’organisations de défense des droits humains (HRANA, Amnesty International, Hengaw), ainsi que du NCRI (Conseil national de la résistance iranienne). Les chiffres controverses sont presentes avec toutes les versions disponibles (gouvernement iranien, HRANA, ONU, administration americaine). Les videos ont été verifiees et geolocalisees par des agences indépendantes lorsque cela etait possible.
Nature de l’analyse
Cette chronique est une oeuvre éditoriale. Elle contient des faits verifies, mais aussi des interprétations, des opinions et des prises de position assumees. Les passages en italique sont des commentaires personnels de l’auteur et sont clairement identifies comme tels. Le lecteur est invite a consulter les sources primaires listees ci-dessous pour se forger sa propre opinion. La vérité n’a pas besoin qu’on la protége. Elle a besoin qu’on la montre.
Sources
Sources primaires
UNN — Iranian Students Protest for the Second Consecutive Day at the Country’s Largest Universities
Al Jazeera — Iranian students rally as universities reopen after nationwide protests
NPR — University students hold new protests in Iran around memorials for those killed
NBC News — Iranian students clash with pro-government groups at defiant protests
Euronews — Iranian students renew anti-government protests in Tehran amid a US military buildup
Sources secondaires
RFE/RL — New Student Protests Highlight Ongoing Unrest In Tehran
US News — Iranian Students Protest for Second Day at Some Universities
Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.