Le sud, ce front qu’on avait presque oublié
Depuis l’été 2025, les regards étaient braqués sur Pokrovsk, sur Koupiansk, sur les avancées russes dans le Donbas. Le front sud, celui de Zaporijjia, était devenu une ligne statique dans l’esprit de beaucoup d’observateurs. Les Russes grignotaient du terrain. Lentement, méthodiquement, avec cette stratégie de la masse humaine qui caractérise leur doctrine depuis le début de cette invasion. Les villages tombaient un par un. Orikhiv, ce hub logistique fortifié qui protège le centre de la région de Zaporijjia, semblait menacé.
Et puis, le 6 février 2026, tout a basculé. L’Ukraine a lancé une contre-attaque près de Houliaïpole, dans l’oblast de Zaporijjia. Le renseignement militaire britannique, dans sa mise à jour du 20 février, a confirmé : « L’Ukraine a repris plus de 100 kilomètrès carrés de territoire, principalement au nord de Houliaïpole. » Des gains limités ont également été réalisés près de Verbove, à environ 14 kilomètres au sud-est de Pokrovske.
Quand le renseignement britannique parle de gains ukrainiens, ce n’est pas de la propagande de Kyiv. C’est du renseignement militaire occidental, vérifié par satellite, confirmé par des sources multiples. Et ce qu’il dit est sans ambiguïté : l’initiative change de camp.
Le plan russe perturbé
Selon le renseignement britannique, ces opérations ukrainiennes ont « perturbé l’élan russe et retardé les opérations offensives russes en direction de la ville d’Orikhiv depuis l’est ». Ce n’est pas un détail tactique. C’est un basculement stratégique. La Russie préparait une offensive d’été 2026 dans la direction de Sloviansk-Kramatorsk où d’Orikhiv-Zaporijjia. Ces plans sont désormais compromis. Les positions de départ que Moscou devait établir selon son calendrier ne sont plus atteignables.
Et pourtant, à Washington, on parle encore de « négociations ». On parle de « réalisme ». On parle de lignes sur une carte qu’on pourrait tracer au crayon pendant que des soldats ukrainiens versent leur sang pour que ces lignes restent exactement là où elles devraient être : aux frontières internationalement reconnues de l’Ukraine.
Les brigades d'élite : qui sont ces soldats?
La 82e Bukovyna : née dans l’urgence, forgée dans le feu
La 82e brigade d’assaut aérien Bukovyna est l’une des unités les plus redoutables de l’armée ukrainienne. Formée dans l’urgence de la guerre, entraînée aux standards OTAN, équipée de blindés occidentaux, elle a déjà prouvé sa valeur sur les champs de bataille les plus brutaux de cette guerre. Son nom fait référence à la Bucovine, cette région historique du sud-ouest de l’Ukraine. Ses soldats portent ce nom comme un étendard.
Lors de la contre-offensive de 2023, la 82e était déjà en première ligne. Aujourd’hui, en 2026, elle est encore là. Pas épuisée. Pas brisée. Plus forte. C’est cela que les analystes qui prédisaient l’effondrement ukrainien depuis trois ans refusent de comprendre : cette armée ne s’use pas comme les autrès. Elle apprend. Elle s’adapte. Elle évolue.
Il y à quelque chose de profondément humain dans le fait qu’une brigade porte le nom de sa terre natale. Ces soldats ne se battent pas pour une abstraction géopolitique. Ils se battent pour des villages qu’ils connaissent, des rivières où ils ont pêché enfants, des routes où ils ont appris à conduire.
La 95e Polissia : la légende vivante
Si la 82e est l’étoile montante, la 95e brigade d’assaut aérien Polissia est la légende. Active depuis l’époque soviétique, reconvertie, modernisée, elle est l’une des unités les plus décorées de l’armée ukrainienne. Elle a combattu à Hostomel dans les premiers jours de l’invasion. Elle a tenu des positions impossibles à Bakhmout. Elle a participé à la libération de Kherson.
Et maintenant, elle est sur l’axe d’Oleksandrivsk, en train de repousser les Russes mètre par mètre. Le commandement des DShV décrit le champ de bataille comme « extrêmement dynamique ». Un euphémisme militaire pour dire que chaque heure apporte son lot de combats, de tirs, de décisions qui séparent la vie de la mort.
L'opération Oleksandrivsk : anatomie d'une offensive
Le choix de l’axe
L’axe d’Oleksandrivsk n’a pas été choisi au hasard. C’est le point névralgique où les plans russes d’avancée vers Dnipropetrovsk et Zaporijjia convergent. Frapper ici, c’est frapper au coeur de la stratégie russe dans le sud. C’est couper les lignes d’approvisionnement. C’est désorganiser les rotations. C’est transformer une avancée planifiée en retraite chaotique.
Les forces d’assaut aéroportées ont une doctrine bien particulière : la vitesse, la surprise, la violence de l’action. Contrairement à l’infanterie classique qui avance et consolide, les unités aéroportées cherchent la rupture. Elles frappent là où l’ennemi ne s’y attend pas, avec une intensité qui ne lui laisse pas le temps de réorganiser sa défense. Et c’est exactement ce qui s’est passé sur l’axe d’Oleksandrivsk.
Trois cents kilomètrès carrés. Ce n’est pas qu’un chiffre. C’est des maisons où des familles pourront peut-être revenir. C’est des champs qui ne seront plus minés. C’est des routes où les convois humanitaires pourront peut-être circuler. Derrière chaque kilomètre carré repris, il y à une promesse de retour.
Huit villages libérés : des noms qu’on n’oubliera pas
Huit localités ont été libérées dans cette offensive. Huit villages dont les noms ne sont pas encore publics pour des raisons de sécurité opérationnelle. Huit communautés où le drapeau ukrainien flotte à nouveau. Huit endroits où des caves qui servaient d’abris redeviennent des caves. Où des écoles bombardées redeviennent des promesses d’éducation. Où le silence de l’occupation cède la place aux voix de la libération.
On ne sait pas combien de civils étaient encore présents dans ces villages. On ne sait pas dans quel état ils ont été retrouvés. L’expérience de Boutcha, d’Izioum, de Kherson nous a appris que la libération ne signifie pas toujours la fin de la souffrance. Elle signifie souvent la découverte de son ampleur.
Le facteur Starlink : la guerre technologique invisible
Quand la Russie détourne la technologie occidentale
Il y à un aspect de cette contre-offensive que peu de médias couvrent en profondeur : le rôle du facteur technologique. Début février 2026, le ministère ukrainien de la Défense et SpaceX ont conjointement bloqué l’accès russe aux systèmes Starlink. La raison : des centaines d’attaques documentées utilisant des drones équipés de terminaux Starlink pour contourner le brouillage électronique ukrainien.
Les Russes montaient des systèmes Starlink sur leurs drones d’attaque. Des terminaux conçus pour connecter des villages isolés à Internet étaient détournés pour guider des munitions vers des positions ukrainiennes. La technologie d’Elon Musk, initialement offerte à l’Ukraine pour maintenir ses communications, était retournée contre elle comme une arme.
Il y à quelque chose de profondément dérangeant dans cette ironie. Les mêmes antennes qui permettaient aux Ukrainiens d’appeler leurs familles sous les bombardements servaient maintenant à guider les bombes russes. La technologie n’a pas de morale. Ceux qui la vendent non plus, apparemment.
La riposte cyber ukrainienne : les chiffres qui parlent
Mais l’Ukraine ne s’est pas contentée de subir. Ses forces cyber ont collecté 2 420 paquets de données provenant de terminaux russes. Elles ont identifié 31 « traîtres » ukrainiens qui avaient aidé les forces russes à enregistrer des terminaux. Et dans un geste qui mêle le pragmatisme au sarcasme, elles ont reçu 5 000 euros de soldats russes tentant de restaurer leur connectivité, une somme immédiatement reversée au financement de drones ukrainiens.
Et pourtant, cette guerre technologique reste largement invisible pour le grand public. On voit les chars. On voit les explosions. On ne voit pas les lignes de code, les paquets de données interceptés, les terminaux désactivés à distance. Et c’est peut-être dans cette guerre invisible que se joue une partie décisive du conflit.
Zelensky parle : entre fierté et prudence
Des mots pesés au gramme près
Quand le président Volodymyr Zelensky s’est exprimé le 20 février, il a choisi ses mots avec une précision chirurgicale. « Je ne rentrerai pas dans les détails », a-t-il dit. « Mais aujourd’hui, avant tout, je veux féliciter notre armée. » Pas de triomphalisme. Pas de déclaration de victoire. Juste une fierté contenue et une reconnaissance envers ceux qui se battent.
Cette retenue est révélatrice. Zelensky sait que chaque mot qu’il prononce est analysé par Moscou, par Washington, par Bruxelles, par Pékin. Il sait que le triomphalisme est l’ennemi du soldat. Il sait aussi que cette contre-offensive, aussi importante soit-elle, n’est qu’une bataille dans une guerre longue. Le chemin vers la victoire totale reste pavé de sacrifices que personne ne peut encore mesurer.
Zelensky a appris quelque chose que peu de dirigeants en temps de guerre comprennent : la puissance du non-dit. Ne pas donner de détails protège ses troupes. Féliciter sans exagérer maintient le moral sans créer d’attentes irréalistes. C’est le leadership par la retenue, et c’est peut-être le plus difficile.
L’avancée la plus rapide depuis 2023
Les observateurs militaires n’ont pas tardé à qualifier cette poussée de l’avancée ukrainienne la plus rapide depuis 2023. Depuis la libération de Kherson et les premiers jours de la contre-offensive d’été 2023, l’Ukraine n’avait pas repris autant de territoire en si peu de temps. C’est un signal. Un signal que l’armée ukrainienne n’est pas seulement capable de tenir, mais aussi de reprendre.
Les sceptiques diront que 300 kilomètrès carrés, c’est peu comparé aux dizaines de milliers de kilomètrès carrés encore sous occupation russe. Ils auront raison sur les chiffres. Ils auront tort sur le sens. Car ce qui compte ici, ce n’est pas la superficie reprise. C’est la démonstration de capacité. C’est la preuve que l’Ukraine peut encore prendre l’initiative, surprendre l’ennemi, le forcer à réagir plutôt qu’à agir.
Le front de Koupiansk : l'autre bataille qui compte
Un hub logistique sous pression
Pendant que les parachutistes avancent dans le sud, une autre bataille se joue à Koupiansk, dans l’oblast de Kharkiv. Cet ancien hub ferroviaire logistique est sous contrôle ukrainien, mais des infiltrés russes occupent encore des immeubles de grande hauteur à l’intérieur de la ville. Depuis mi-décembre 2025, une contre-attaque ukrainienne est en cours dans le quadrant nord-ouest de Koupiansk.
La situation à Koupiansk illustre la nature fragmentée de cette guerre. Il n’y a pas de ligne de front nette, pas de no man’s land clairement défini. Il y à des poches, des infiltrations, des immeubles tenus par l’ennemi au milieu de quartiers contrôlés par l’Ukraine. C’est une guerre urbaine dans sa forme la plus brutale et la plus intime.
Un immeuble occupé par des tireurs russes au milieu d’une ville ukrainienne. Des civils qui vivent à deux rues de combats. Des enfants qui connaissent le bruit d’un RPG avant celui d’une cloche d’école. C’est ça, la réalité quotidienne de Koupiansk. Et personne n’en parle aux informations de 20 heures.
Les Russes face à leurs propres limites
Selon les analyses militaires, la Russie peine à établir les positions de départ nécessaires pour son offensive d’été prévue. Le calendrier russe est compromis. Les pertes s’accumulent. Les réserves déployées pour contrer l’offensive ukrainienne dans le sud sont des réserves qui ne seront plus disponibles pour l’attaque estivale.
C’est le dilemme classique de l’attaquant étiré sur un front trop large : chaque feu qu’il éteint en allume un autre ailleurs. Les forces russes, malgré leur supériorité numérique, se retrouvent à courir d’une urgence à l’autre. Et pendant ce temps, les brigades aéroportées ukrainiennes avancent.
La guerre des DRG : l'ombre derrière les lignes
Groupes de sabotage et de reconnaissance russes
Un aspect crucial de l’opération sur l’axe d’Oleksandrivsk est le nettoyage des groupes de sabotage et de reconnaissance russes, les fameux DRG (diversionnye razvedyvatelnye gruppy). Ces petites unités opèrent derrière les lignes ukrainiennes, minent les routes, attaquent les convois logistiques, transmettent les coordonnées pour les frappes d’artillerie.
Éliminer ces groupes est un travail méthodique, dangereux et ingrat. Il n’y a pas de gloire à traquer un groupe de cinq hommes dans un sous-bois gelé. Il n’y a pas de communiqué de victoire quand on découvre un cache d’explosifs dans une grange abandonnée. Et pourtant, sans ce travail de nettoyage, aucune avancée ne peut être consolidée. Chaque mètre gagné en première ligne doit être sécurisé à l’arrière.
On parle souvent des héros qui chargent. On parle rarement de ceux qui restent derrière pour sécuriser. De ceux qui passent des nuits entières dans le froid à surveiller un chemin de terre parce qu’un groupe de saboteurs pourrait y passer. L’héroïsme silencieux est le plus commun. Et le moins reconnu.
L’extrême dynamisme du champ de bataille
Le commandement des DShV utilise le terme « extrêmement dynamique » pour décrire la situation sur le terrain. En langage militaire, cela signifie que les positions changent d’heure en heure. Qu’un village peut être pris le matin et défendu contre une contre-attaque l’après-midi. Que les unités doivent être prêtes à attaquer et défendre simultanément.
C’est dans ces conditions que les brigades aéroportées excellent. Leur entraînement les prépare exactement à ce type de combat : rapide, fluide, imprévisible. Là où les unités conventionnelles peineraient à s’adapter, les parachutistes prospèrent dans le chaos. C’est leur élément. C’est leur métier. Et en ce moment, ils le font avec une efficacité redoutable.
L'offensive d'été russe compromise : les calculs de Moscou
Le piège stratégique
La Russie préparait une offensive majeure pour l’été 2026. Deux axes principaux étaient envisagés : Sloviansk-Kramatorsk dans le Donbas, où Orikhiv-Zaporijjia dans le sud. Ces deux options nécessitaient l’établissement de positions de départ solides, la concentration de réserves, l’accumulation de munitions et de matériel.
La contre-offensive ukrainienne vient de torpiller ce calendrier. Les réserves que Moscou accumulait pour son offensive d’été sont maintenant jetées dans la bataille pour contenir l’avancée ukrainienne. Les positions de départ patiemment construites sont perdues où menacées. Le plan de bataille russe, méticuleux dans sa brutalité, se désintègre au contact de la réalité ukrainienne.
Il y à une leçon militaire vieille comme la guerre elle-même : aucun plan ne survit au premier contact avec l’ennemi. Moscou l’apprend encore une fois. Et chaque fois que la Russie sous-estime l’Ukraine, elle le paie en positions perdues, en réserves gaspillées, en calendriers explosés.
Le dilemme des réserves russes
Le commandement russe fait face à un dilemme impossible. Envoyer des réserves dans le sud pour contenir les parachutistes ukrainiens affaiblit les autrès fronts. Ne pas les envoyer risque de transformer la contre-offensive en percée stratégique. C’est le problème fondamental d’une armée qui tente de tenir un front de plus de 1 000 kilomètres avec des forces certes nombreuses mais pas infinies.
Et pourtant, la propagande russe continue de parler d’« avancées constantes ». Les blogueurs militaires russes, ces porte-voix semi-officiels du Kremlin, sont partagés entre ceux qui reconnaissent les difficultés et ceux qui maintiennent le récit de la victoire inévitable. La réalité du terrain, elle, ne ment pas : les drapeaux ukrainiens avancent vers l’est.
Le facteur humain : ces soldats dont on ne parle pas assez
Le prix de chaque mètre
Derrière les 300 kilomètrès carrés repris, il y à des visages. Des noms. Des familles. Des histoires individuelles que les communiqués militaires ne racontent pas. Un caporal de 22 ans de la 82e brigade qui a quitté l’université pour s’engager. Un sergent de la 95e qui en est à son troisième hiver sur le front. Une médecin de combat qui a sauvé quatre vies sous le feu avant d’être évacuée elle-même.
On ne connaîtra pas leurs noms. Pas maintenant. La sécurité opérationnelle l’interdit. Mais ils existent. Ils respirent. Ils combattent en ce moment même, pendant que vous lisez ces lignes. Et chaque mètre qu’ils reprennent leur coûte quelque chose qu’aucune médaille ne pourra jamais rembourser.
J’écris ces mots depuis un bureau chauffé, un café à la main. Eux sont dehors, dans le froid de février ukrainien, avec la boue, le bruit et la peur. La moindre des choses, c’est de ne pas les oublier entre deux scrolls sur un téléphone.
L’entraînement qui fait la différence
Ce qui distingue les forces aéroportées ukrainiennes des autrès unités, c’est d’abord leur entraînement. Formées selon les standards OTAN, bénéficiant de l’expérience directe de trois ans de guerre, ces brigades ont développé des tactiques hybrides qui combinent la doctrine occidentale et les leçons du terrain ukrainien.
Les instructeurs occidentaux qui les ont formées le disent en privé : ces soldats apprennent plus vite que n’importe quelle autre armée qu’ils aient entraînée. La raison est simple et terrible à la fois : leur motivation n’est pas théorique. Ils ne s’entraînent pas pour un examen. Ils s’entraînent pour survivre et libérer leur pays. La différence entre un exercice et la réalité se mesure en vies sauvées.
L'Occident regarde : entre admiration et inaction
Le décalage insupportable
Pendant que les parachutistes ukrainiens reprennent du territoire, l’Occident tergiverse. Les débats sur l’aide militaire continuent. Les discussions sur les « garanties de sécurité » s’éternisent. Les sommets se succèdent, produisant des communiqués que personne ne lit et des promesses que tout le monde oublie.
Et pourtant, la preuve est là, sous les yeux du monde : l’Ukraine peut avancer. Donnez-lui les moyens, et elle avance. Donnez-lui des munitions, et elle reprend du terrain. Donnez-lui le droit de frapper les bases arrière russes, et elle désorganise l’ennemi. Ce n’est pas de la théorie. C’est la réalité du 22 février 2026.
Chaque jour de retard dans la livraison d’armes se mesure en vies ukrainiennes perdues. Chaque hésitation occidentale est un cadeau offert à Moscou. Les parachutistes ukrainiens avancent malgré tout. Imaginez ce qu’ils feraient avec tout ce qu’on leur refuse encore.
La leçon que personne ne veut entendre
La leçon de cette contre-offensive est limpide. L’Ukraine n’est pas un pays vaincu qui attend la paix comme une aumône. C’est un pays qui se bat, qui gagne du terrain, qui démontre chaque jour que l’investissement occidental dans sa défense n’est pas de l’argent jeté par les fenêtrès. C’est l’investissement sécuritaire le plus rentable que l’Occident ait fait depuis la fin de la Guerre froide.
Pas un soldat de l’OTAN ne meurt en Ukraine. Pas un avion occidental ne survole le champ de bataille. Et pourtant, la machine militaire russe, cette armée qui devait prendre Kyiv en trois jours, est en train de se faire repousser par des parachutistes dans le sud de l’Ukraine. Si ce n’est pas un retour sur investissement, alors les mots n’ont plus de sens.
Les enjeux de la phase active : ce qui vient ensuite
L’offensive n’est pas terminée
Le commandement des DShV a été clair : la « phase active » de l’opération est toujours en cours. D’autrès développements sont attendus. Cela signifie que les 300 kilomètrès carrés repris ne sont peut-être que le début. Que d’autrès villages pourraient être libérés. Que la pression sur les lignes russes va continuer de s’intensifier.
Les analystes militaires surveillent particulièrement la capacité ukrainienne à consolider les gains. Reprendre du terrain est une chose. Le tenir en est une autre. Les Russes vont tenter des contre-attaques massives, appuyées par l’artillerie et les frappes aériennes. La question n’est pas de savoir si ces contre-attaques viendront, mais quand et avec quelle force.
La guerre est un pendule. Il avance, il recule. Aujourd’hui, il est du côté ukrainien. La question est de savoir combien de temps il y restera. Et cette réponse dépend autant des soldats sur le terrain que des décideurs dans leurs capitales.
Le signal envoyé à Moscou
Au-delà du terrain gagné, cette offensive envoie un message stratégique à Moscou. L’Ukraine peut encore surprendre. L’Ukraine peut encore prendre l’initiative. L’Ukraine peut encore imposer son tempo sur le champ de bataille. Et ce message est peut-être plus important que les 300 kilomètrès carrés eux-mêmes.
Car la stratégie russe repose sur un pari : que le temps joue en faveur de Moscou. Que l’Ukraine finira par s’épuiser. Que l’Occident finira par se lasser. Que les pertes finiront par être insupportables. Cette contre-offensive est la réponse ukrainienne à ce pari : nous sommes toujours là. Et nous avançons.
Trois ans de guerre : la résilience comme doctrine
Ce que l’Ukraine a appris
En trois ans de guerre totale, l’Ukraine a accompli quelque chose que peu d’armées ont réussi dans l’histoire moderne. Elle a transformé une force de défense en une machine offensive capable. Elle a intégré les technologies occidentales à une vitesse stupéfiante. Elle a développé des doctrines tactiques que les académies militaires du monde entier étudient déjà.
La 82e brigade qui avance aujourd’hui sur l’axe d’Oleksandrivsk n’existait pas sous cette forme il y a trois ans. La guerre cyber qui a permis de bloquer les terminaux Starlink russes n’était qu’une ébauche en 2022. Les tactiques de drone qui appuient les parachutistes sont réinventées chaque semaine. Cette armée n’est pas statique. Elle est en évolution permanente.
On dit souvent que la nécessité est mère de l’invention. L’Ukraine en est la preuve vivante. Quand votre existence en tant que nation dépend de votre capacité à innover plus vite que l’ennemi, vous innovez. Ou vous disparaissez. L’Ukraine a choisi.
Le prix invisible de la résilience
Mais la résilience à un coût que les chiffres ne capturent pas. Chaque soldat de la 95e brigade qui avance aujourd’hui a perdu des camarades. Chaque officier de la 82e a pris des décisions qui hanteront ses nuits pour le reste de sa vie. Chaque médecin de combat a vu des choses qu’aucun être humain ne devrait voir.
Et pourtant, ils continuent. Pas parce qu’ils n’ont pas peur. Pas parce qu’ils sont insensibles. Mais parce qu’ils savent que l’alternative — la capitulation, l’occupation, la disparition de leur pays — est pire que tout ce qu’ils endurent. C’est cela, la véritable résilience. Pas l’absence de souffrance. La décision de continuer malgré elle.
Conclusion : Le souffle des parachutistes
Ce qui restera de ce 22 février
Le 22 février 2026 ne sera peut-être pas retenu comme une date historique majeure. Il n’y a pas eu de reddition spectaculaire, pas de ville majeure libérée, pas d’images iconiques diffusées en boucle sur les chaînes d’information. Il y a eu quelque chose de plus discret et de plus profond : la confirmation que l’Ukraine reste une force offensive capable de reprendre son territoire.
Trois cents kilomètrès carrés. Huit villages. Des brigades d’élite qui avancent sous le commandement du général Apostol. Un président qui félicite ses troupes avec la retenue de ceux qui savent que la guerre est longue. Des soldats anonymes qui, en ce moment même, sont quelque part dans le froid ukrainien, en train de faire ce que leur pays leur demande.
Maintenant, vous savez. Vous savez que les parachutistes ukrainiens avancent. Vous savez que la guerre n’est pas finie. Vous savez que des êtrès humains se battent pour leur terre pendant que le monde débat de leurs frontières sur des écrans. La question n’est plus de savoir si l’Ukraine peut gagner. La question est de savoir si nous aurons la décence de l’y aider.
Le silence après la lecture
Quelque part sur l’axe d’Oleksandrivsk, un soldat de la 82e brigade Bukovyna vérifie son équipement. Il fait moins sept. La boue a gelé sous ses bottes. Il ne sait pas que quelqu’un, quelque part, écrit sur lui. Il ne sait même pas si demain il sera encore là pour lire ces lignes.
Mais il avance. Il avance quand même.
Signé Maxime Marquette
Encadré de transparence du chroniqueur
Positionnement éditorial
Ce texte est une chronique, c’est-à-dire un texte d’opinion et d’analyse. Il ne prétend pas à la neutralité. Mon parti pris est explicite: je me positionne du côté des victimes civiles, du droit international et des droits fondamentaux.
Je ne suis pas journaliste. Je suis chroniqueur indépendant. Je n’ai pas de carte de presse, je n’appartiens à aucune rédaction et je ne prétends pas à l’objectivité journalistique traditionnelle. Ma démarche est celle d’un commentateur engagé qui assume ses positions.
Méthodologie et sources
Les faits cités proviennent de sources ouvertes (médias internationaux, rapports d’organisations, documents officiels). Chaque fait est vérifiable via les sources listées en fin d’article. L’interprétation et l’analyse sont les miennes.
Ce texte a été rédigé avec l’assistance de Claude, une intelligence artificielle d’Anthropic. Claude a contribué à la recherche, la structuration et la rédaction. Le positionnement éditorial, les opinions et les choix d’angle sont entièrement les miens.
Nature de l’analyse
Ce texte mélange faits vérifiables et opinions assumées. Les passages en italique (comme ceci) signalent explicitement les moments où je donne mon avis personnel. Le reste s’appuie sur des faits documentés, même si le choix des faits et leur mise en perspective reflètent mon angle éditorial.
Sources
Sources primaires
Kyiv Post — British Defence Intelligence Update Ukraine 20 February 2026
Sources secondaires
Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.