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CHRONIQUE : Quand les drones ukrainiens abattent les derniers dinosaures volants de la flotte russe en Crimée
Crédit: Adobe Stock

Un géant d’un autre âge

Pour comprendre ce que l’Ukraine vient de détruire, il faut mesurer ce qu’est le Be-12. Trente mètrès de long. Trente mètrès d’envergure. Deux moteurs Ivtchenko Progress AI-20D de 5 180 chevaux chacun, entraînant des hélices quadripales. Une masse maximale au décollage de 36 tonnes. L’appareil peut décoller de l’eau comme d’une piste en dur, patrouiller jusqu’à 3 300 kilomètres, monter à 8 000 mètrès d’altitude et croiser à 530 km/h. Son équipage de cinq personnes opère depuis un poste de pilotage vitré qui offre une visibilité panoramique sur la mer.

L’appareil a été conçu pour une mission précise : chasser les sous-marins de l’OTAN pendant la Guerre froide. Son détecteur d’anomalies magnétiques (MAD) installé dans la queue, son radar de recherche dans le nez, et sa capacité à larguer des torpilles AT-1, des charges de profondeur et même des bombes nucléaires tactiques SC-1 en faisaient un chasseur de sous-marins redoutable dans les années 1960-1970. Au total, 140 exemplaires ont été produits et répartis entre les quatre flottes soviétiques : mer Noire, Baltique, mer du Nord et Pacifique.

Cent quarante appareils construits. Moins de vingt encore en service soixante ans plus tard. Et maintenant, après deux frappes ukrainiennes en cinq mois, peut-être moins de dix. Le Be-12 ne mourra pas au combat contre un sous-marin ennemi, comme ses concepteurs l’avaient imaginé. Il mourra sous les coups de drones qui coûtent moins cher que son train d’atterrissage.

De chasseur de sous-marins à chasseur de drones navals

Depuis le début de l’invasion à grande échelle en février 2022, la Russie a reconverti ses Be-12 restants en version Be-12PS — configuration recherche et sauvétage. Mais leur rôle réel dans le conflit actuel était bien plus tactique : ils servaient principalement à détecter les drones navals ukrainiens — ces vedettes sans pilote (USV) qui ont déjà coulé où endommagé plus de vingt navires russes en mer Noire. Grâce à leur radar embarqué et à leur poste d’observation vitré, les Be-12 survolaient les approches de la Crimée pour repérer les drones de surface à basse altitude — là où les radars terrestrès sont souvent aveugles.

C’est là que réside l’ironie cruelle de cette guerre : un appareil conçu pour traquer des sous-marins nucléaires américains dans les profondeurs de l’Atlantique finissait ses jours à chercher des kayaks télécommandés bourrés d’explosifs au large de la Crimée. Et pourtant, même dans ce rôle diminué, les Be-12 restaient utiles. Leur endurance en vol, leur capacité à amerrir pour des missions de sauvétage, et leur profil radar bas en faisaient un outil irremplaçable pour la flotte de la mer Noire.

Encadré de transparence du chroniqueur

Positionnement éditorial

Maxime Marquette n’est pas journaliste. Il est chroniqueur et rédacteur indépendant. Ses textes sont des chroniques d’opinion fondées sur des faits vérifiables, enrichies d’un regard éditorial assumé. Ce texte prend position en faveur de l’Ukraine, un pays souverain victime d’une agression militaire illégale selon le droit international. Cette prise de position est transparente et revendiquée.

Méthodologie et sources

Les faits rapportés dans cette chronique proviennent de sources ouvertes vérifiables : communiqués officiels de l’état-major ukrainien, médias ukrainiens et internationaux (UNITED24 Media, Kyiv Indépendent, RBC-Ukraine, The War Zone, Defence Blog), analyses d’instituts spécialisés (IISS) et imagerie satellitaire. Les données techniques sur les Be-12 et les navires Okhotnik proviennent de bases de données militaires reconnues. Les affirmations ukrainiennes sont identifiées comme telles lorsqu’elles n’ont pas fait l’objet de vérification indépendante.

Nature de l’analyse

Ce texte est une chronique analytique qui mêle information factuelle et perspective éditoriale. Il ne prétend pas à la neutralité — la neutralité face à une guerre d’agression n’est pas de l’objectivité. Les conclusions stratégiques sont celles de l’auteur et peuvent être discutées, nuancéescontestées. Le lecteur est invité à consulter les sources pour se forger sa propre opinion.

Sources

Sources primaires

UNITED24 Media — Ukrainian Drones Strike Rare Russian Be-12 Amphibious Aircraft In Occupied Crimea

RBC-Ukraine — Ukrainian drones hit high-cost Russia’s ships and aircraft in Crimea

Ukrainska Pravda — Ukraine’s defence forces hit Russian ships and aircraft in temporarily occupied Crimea

Charter97 — Ukrainian Defense Forces Hit Two Ships And Two Aircraft In Crimea

The New Voice of Ukraine — Ukraine strikes Russian patrol ships and aircraft in occupied Crimea

Sources secondaires

The War Zone — Ukrainian Drones Strike Russia’s Rare Be-12 Flying Boats

Wikipedia — Beriev Be-12 Chaika specifications and history

Wikipedia — Rubin-class (Project 22460 Okhotnik) patrol boat specifications

UNITED24 Media — Ukraine Destroys Two Rare Russian Be-12 Chaika in Historic First (September 2025)

UNN — GUR destroyed two Russian Be-12 amphibious aircraft in Crimea for the first time in history

Defense Express — Ukrainian Forces Hit Two Russian Patrol Ships, Two Be-12 Aircraft in Temporarily Occupied Crimea

Military Factory — Beriev Be-12 Tchaika (Mail) Maritime Patrol Flying Boat technical specifications

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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