1 300 drones, 1 200 bombes, des dizaines de missiles
Le président Volodymyr Zelensky l’a détaille avec une précision glacante : en une seule semaine de fevrier 2026, la Russie a lance environ 1 300 drones kamikazes, 1 200 bombes aériennes guidées et des dizaines de missiles balistiques sur le territoire ukrainien. En une semaine. Sept jours. Le temps que nous mettons a debattre du prix de l’essence où de la dernière polemique sur les réseaux sociaux.
Le dimanche 23 fevrier, a deux jours du quatrième anniversaire de l’invasion, cinquante missiles supplementaires et des centaines de drones ont frappe des installations énergetiques et ferroviaires dans plusieurs régions. Les cibles ne sont pas militaires. Elles sont civiles. Deliberement. La stratégie russe porte un nom que les experts en droit international connaissent bien : c’est du terrorisme aérien. Frapper les centrales, les réseaux d’eau, les voies ferrees — tout ce qui permet à un peuple de survivre — pour le forcer a genoux.
Il y à quelque chose de profondement lache dans cette stratégie. On ne bombarde pas une armée. On bombarde des radiateurs. On bombarde des robinets. On bombarde le droit d’avoir chaud, d’avoir de l’eau, de prendre un train pour retrouver ce qui reste de sa famille. Et on appelle ca une « opération militaire speciale ».
Huit régions sous le feu
Les frappes ont touche huit régions simultanement : Kyiv, Dnipro, Kharkiv, Odessa, Zaporijjia, Kherson, Donetsk, Sumy. Entre le 30 janvier et le début de fevrier, une trentaine de civils ont été tues et environ 90 blessés dans ces seules régions. Des immeubles residentiels. Des infrastructures municipales. Des systèmes d’approvisionnement en eau. Rien de ce qui fait la guerre. Tout de ce qui fait la vie.
A Dnipro, les habitants des tours grelottent dans leurs appartements où il fait moins vingt degres à l’interieur. Pas dehors. Dedans. Dans ce qui etait leur foyer. Dans ce qui devrait etre un réfuge. Un mineur blessé dans une frappe a raconte sa stupeur avec des mots simples qui valent tous les discours : « C’est injuste. Nous sommes de simples mineurs de charbon, qui rentraient juste chez eux, retrouver leurs proches. »
La stratégie de l'épuisément : briser les ames avant les corps
Le froid comme arme de guerre
La Russie ne cherche plus a conquérir le terrain metre par metre. Elle a change de tactique. Elle s’est rabattue sur une guerre d’attrition dont la cible principale n’est plus l’armée ukrainienne — c’est le moral des civils. « La stratégie, c’est de briser le moral des civils », resume un analyste cite par La Presse. Briser. Pas vaincre. Pas convaincre. Briser.
Les organisations humanitaires sont unanimes : cet hiver 2025-2026 est l’un des plus difficiles que l’Ukraine ait connus depuis le début du conflit. L’intensification des bombardements, l’aggravation des difficultes d’accès aux zones touchees et le manque de financement international creent une tempété parfaite. Plus d’un million de citoyens sont sans électricite, sans eau et sans chauffage alors que les temperatures plongent jusqu’a moins 23 degres Celsius.
On parle d’un million de personnes. Un million. C’est la population de Marseille. Imaginez Marseille entiere — chaque maison, chaque appartement, chaque ecole, chaque hopital — sans électricite, sans eau, sans chauffage, par moins vingt-trois. Pendant des jours. Pas à cause d’une catastrophe naturelle. A cause d’une decision. Calculee. Deliberee. Signee Moscou.
L’énergie comme champ de bataille
Les chiffres sont implacables. Avant la guerre, l’Ukraine produisait 33,7 gigawatts d’électricite. Aujourd’hui, il en reste 14. Chaque frappe sur une centrale, chaque drone qui touche un transformateur, chaque missile qui détruit un réseau de distribution fait basculer des milliers de familles dans le noir et le froid. Le Kremlin a compris ce que les manuels militaires enseignent depuis toujours : on peut tuer un peuple sans tirer sur ses soldats. Il suffit de lui couper l’électricite en plein hiver.
Et pourtant, à chaque frappe, des équipes de techniciens ukrainiens se precipitent pour réparer. Souvent sous les tirs. Souvent de nuit. Souvent en sachant que ce qu’ils réparent aujourd’hui sera bombarde demain. C’est le mythe de Sisyphe en version ukrainienne. Sauf que Sisyphe n’avait pas de missiles au-dessus de la tété. Et il n’avait pas d’enfants qui attendaient la lumière.
Les enfants sous terre : quand l'ecole descend dans les caves
L’enfance déplacée vers les sous-sols
L’UNICEF a documente un phénomène qui devrait faire trembler n’importe quel parent : dans les zones de première ligne, l’enfance s’est litteralement déplacée sous terre. Les enfants apprennent, jouent et dorment dans des sous-sols. Pas par choix. Par nécessité. Parce que rester en surface, c’est mourir. L’hopital pour enfants de Kherson a été touche a huit reprises. Huit. Un hopital. Pour enfants.
755 enfants tues depuis le début du conflit, selon les chiffres officiels de l’ONU. Et l’ONU elle-même admet que le chiffre reel est bien supérieur. Derriere chaque numero, un prenom. Un cartable. Un dessin accroche sur un frigo qui n’a plus d’électricite. A Odessa, la nuit du 12 fevrier, l’armée russe a lance des drones d’assaut contre la ville, causant plusieurs morts et blessures, endommageant des zones residentielles où des enfants dormaient.
Il y à un dessin qui circule sur les réseaux ukrainiens. Un enfant l’a fait dans un abri. On y voit une maison avec un soleil. A côté, il a écrit : « Avant ». En dessous, la même maison, mais sans toit, sans fenetrès, avec un ciel noir. Il a écrit : « Maintenant ». Il a sept ans. Il sait dessiner la guerre. Il ne sait pas encore ecrire le mot « paix » sans faute.
L’éducation comme résistance
Et pourtant, les ecoles n’ont pas ferme. Elles ont descendu. Sous terre, dans des caves, des stations de metro, des abris improvisés, des enseignants continuent a faire cours. Les programmes scolaires n’ont pas été suspendus. Les examens sont toujours passes. Les enfants apprennent les mathematiques pendant que les sirenes hurlent au-dessus de leurs tetes. C’est un acte de résistance aussi puissant que n’importe quel tir de riposte. Peut-etre plus.
A Odessa, Caritas Ukraine accompagne des enfants et des jeunes qui étudient et participent à des activites alors que la ville reste sous le feu des attaques. Les benevoles dispensent des formations, organisent des ateliers. D’anciens combattants et d’anciens beneficiaires de services souhaitent aider et se portent volontaires pour soutenir d’autrès personnes. Un tiers de l’Ukraine est truffe de mines. L’UNICEF dispense une éducation sur les risques lies aux mines aux enfants. Apprendre a éviter les mines est devenu une matière scolaire. Lisez cette phrase encore une fois.
Zelensky : « Nous ne sommes pas en train de perdre »
Le discours du quatrième anniversaire
Le 20 fevrier 2026, dans un entretien d’une heure au siege de la présidence a Kyiv, Volodymyr Zelensky a prononce des mots qui résonnent comme un defi lance à la face du monde : « On ne peut pas dire que nous perdons la guerre. Honnetement, nous ne sommes certainement pas en train de la perdre. La question est de savoir si nous allons gagner. »
Il a annonce que ses troupes venaient de reprendre aux Russes 300 kilometrès carres lors de contre-attaques dans le sud. Il a affirme que l’Ukraine « peut 100 % continuer » les combats, même si cela prend des decennies. Et puis il a ajoute une phrase qui merite qu’on s’y arrété : « Poutine a démarre la troisième guerre mondiale. » Ce n’est pas de la rhetorique. C’est un constat. Froid. Lucide. Terrifiant.
Zelensky ne joue pas les heros de cinema. Il ne pose pas. Il est fatigue, ca se voit. Ses traits sont marques par quatre ans de nuits blanches, de decisions impossibles, de deuils accumules. Mais il est la. Debout. Dans un bureau de Kyiv que les missiles survolent chaque nuit. Et il parle d’avenir. Pas de capitulation. D’avenir.
Les mots que personne ne veut entendre
Zelensky a aussi dit ce que les capitales occidentales préférent ignorer : « Les Americains et les Russes disent que si vous voulez que la guerre se termine demain, sortez du Donbass. » Autrement dit : capitullez. Cedez votre territoire. Acceptez que l’agresseur garde ce qu’il a vole. Et appelez ca la « paix ». Le président ukrainien a refuse. 54 % des Ukrainiens interroges par le Kyiv International Institute of Sociology rejettent categoriquement l’idée de transferer le Donbas sous contrôle russe, même en échange de garanties de sécurité des Etats-Unis et de l’Europe.
Sur la question des élections, sa réponse est tout aussi franche : « Soyons honnetes, les Russes veulent juste me remplacer », et « Personne en Ukraine ne veut d’une élection pendant une guerre. Tout le monde craint un effet destructeur, une division de la société. » Il y a du courage dans cette honnetété. Du courage et de la lucidite.
67 % : le chiffre qui defie la logique
Un peuple qui refuse de baisser les bras
C’est peut-etre le chiffre le plus stupefiannt de cette guerre. Selon une enquété menee fin janvier 2026 par le Kyiv International Institute of Sociology, 67 % des Ukrainiens se disent prets a « aller jusqu’au bout ». Apres quatre ans de guerre. Apres 15 000 civils tues. Apres des millions de déplacés. Apres des hivers sans chauffage, des nuits sans sommeil, des matins sans certitude de voir le soir. Deux tiers de la population dit : on continue.
Ce chiffre n’a pas baisse. Il a même legerement augmente par rapport a fin 2025, où il etait a 62 %. C’est-a-dire que plus la guerre dure, plus les bombardements s’intensifient, plus les pertes s’accumulent — et plus les Ukrainiens se radicalisent dans leur refus de capituler. La stratégie russe d’épuisément produit l’effet inverse de celui recherche. Au lieu de briser le moral, elle le cimente.
Il faut s’arreter sur ce paradoxe. Plus on les frappe, plus ils tiennent. Plus on détruit, plus ils reconstruisent. Plus on tente de les plier, plus ils se redressent. Ce n’est pas du patriotisme de facade. C’est quelque chose de plus profond. C’est le refus visceral de laisser un agresseur décider de votre destin. C’est la dignité humaine dans ce qu’elle a de plus brut, de plus irréductible.
La résistance invisible
Selon le CSIS (Centre d’etudes stratégiques et internationales), la résistance en Ukraine occupee va bien au-dela de ce qui est visible. Les civils loyaux à l’Etat ukrainien aident ses autorités et ses forces armées en s’opposant à l’occupant et en affaiblissant son contrôle. Leurs objectifs n’ont pas change depuis 2022 : preserver l’identité nationale, maintenir la croyance en la liberation, soutenir le moral, contrer la propagande, permettre les opérations militaires ukrainiennes.
Le plus frappant : selon les estimations, seuls environ 20 % des actes de résistance deviennent publics. Les 80 % restants demeurent clandestins pour des raisons de sécurité. Ce que nous voyons n’est que la surface. Sous cette surface, un réseau tisse de courage ordinaire, de solidarite silencieuse, de desobeissance methodique. La résistance ukrainienne n’est pas un slogan. C’est une infrastructure.
L'Europe se réveilléle -- mais est-ce assez?
38 milliards de dollars et des promesses
Lors de la dernière réunion de Ramstein, les pays partenaires se sont engages a fournir 38 milliards de dollars d’aide militaire à l’Ukraine pour 2026. L’Allemagne allouera 11,5 milliards d’euros pour des systèmes de défense aérienne, des drones et des obus d’artillerie. Le Royaume-Uni fournira 804 millions d’euros. La Lituanie debloquera plus de 220 millions d’euros. La Norvege prépare une aide totale d’environ 7 milliards d’euros. Au total, le soutien de l’Union europeenne et de ses Etats membres à l’Ukraine atteint 193,3 milliards d’euros depuis le début du conflit.
Quinze pays ont pris de nouvelles obligations d’aide militaire lors de cette réunion. Des chiffres impressionnants. Des engagements solennels. Des poignees de main devant les cameras. Et pourtant. Et pourtant, la Hongrie bloque le 20e paquet europeen de sanctions contre la Russie. Et pourtant, les négociations entre Ukraine et Russie sous l’egide des Etats-Unis a Geneve se sont achevees sans accord significatif. Et pourtant, on murmure dans les couloirs des chancelleries que la « fatigue ukrainienne » gagne du terrain.
La fatigue ukrainienne. L’expression me révolte. Ce ne sont pas les Ukrainiens qui sont fatigues. Ce sont ceux qui les regardent souffrir depuis leur canape. Comme l’a dit un responsable de Caritas : « Si le monde est fatigue de voir la guerre, imaginez à quel point les Ukrainiens qui la vivent sont fatigues. » La difference, c’est que les Ukrainiens n’ont pas le luxe de changer de chaine.
Le grand ecart entre les mots et les actes
Les négociateurs ukrainiens ont qualifie les recentes discussions de Geneve de « difficiles », accusant Moscou de tenter de faire trainer les négociations. C’est la stratégie classique du Kremlin : négocier pour gagner du temps, bombarder pour gagner du terrain, épuisér pour gagner la guerre. Pendant que les diplomates échangent des notes, les drones échangent des vies contre du neant.
Le Pape Leon XIV a renouvele son appel a faire taire les armes. Des marches de soutien ont eu lieu a Paris, Place de la Republique, le 21 fevrier. Des banderoles, des drapeaux bleu et jaune, des discours. Tout cela est necessaire. Rien de cela n’est suffisant. Un drapeau n’arrété pas un missile. Une marche ne répare pas une centrale électrique. Seule la volonté politique — reelle, concrété, financee, armée — peut changer la donne.
Les batisseurs de l'impossible : reconstruire sous les bombes
Des équipes de benevoles dans les decombres
Il y à une image qui resume l’Ukraine mieux que n’importe quel discours. C’est celle de ces équipes de civils qui, dans les premières heures suivant un bombardement, commencent a deblayer, réparer, reconstruire. Pas parce qu’on leur a ordonne. Parce que c’est chez eux. Les gens forment des équipes et s’aident mutuellement, a tour de rôle, pour les réparations. C’est une reconstruction populaire. Spontanee. Organique. Obstinee.
L’UNICEF soutient la reconstruction des infrastructures essentielles — ecoles, systèmes d’approvisionnement en eau. Mais l’essentiel du travail est fait par des mains ukrainiennes. Des mains qui tremblent encore de la dernière explosion. Des mains qui saisissent un marteau au lieu de se tordre de désespéroir. Il y a dans ce geste quelque chose d’indomptable. De profondement humain.
J’ai vu une photo qui m’a hante pendant des jours. Un homme, la soixantaine, debout devant sa maison eventrée par un missile. Il tient une planche et un marteau. Sa femme, derriere lui, tient un seau. Ils ne pleurent pas. Ils ne crient pas. Ils reconstruisent. Leur maison sera peut-etre bombardee à nouveau demain. Ils le savent. Ils reconstruisent quand même. C’est ca, la résistance ukrainienne. Pas des slogans. Des clous plantes dans des planches, un matin de fevrier, a moins vingt.
Quand la solidarite devient survie
Dans les villages détruits, la reconstruction ne vient pas d’en haut. Elle vient des voisins. Des anciens combattants qui ont pose les armes et pris des outils. Des femmes qui organisent des réseaux d’entraide pour distribuer de la nourriture, des couvertures, des générateurs. Des adolescents qui portent des sacs de sable au lieu d’aller au cinema. La guerre a transforme la solidarite en reflexe de survie. Pas une option. Un imperatif.
Un tiers de l’Ukraine est truffe de mines. Chaque champ a deblayer, chaque route a réparer, chaque terrain de jeu a rouvrir est potentiellement mortel. Les demineurs travaillent jour et nuit. Certains sont des civils formes en quelques semaines. La reconstruction ukrainienne n’est pas un chantier. C’est un champ de bataille supplementaire. Avec ses heros. Et ses morts.
Le bilan que personne ne veut compter
Les chiffres de l’horreur
1,8 million de victimes militaires des deux cotes depuis 2022, selon une etude de janvier 2026. Pres de 15 000 civils tues. 40 600 blessés. 755 enfants qui ne grandiront jamais. Des millions de déplacés. Des villes entieres rasees. Des familles éclatees entre les frontières. Et en 2026, le nombre de victimes civiles a encore augmente de 24 % par rapport à l’année précèdente. Selon certaines estimations, le nombre total de victimes franchira les 2 millions cette année.
Chaque chiffre est un échec. Un échec de la diplomatie. Un échec de la dissuasion. Un échec de la communaute internationale a protéger un peuple dont le seul crime est d’avoir voulu choisir son propre destin. Chaque mort est une question posee au monde : qu’avez-vous fait? Et le monde, souvent, répond par le silence.
Je refuse de laisser ces chiffres devenir abstraits. 755 enfants. Ce sont 755 premiers jours d’ecole qui n’auront pas lieu. 755 anniversaires que personne ne fetera. 755 dessins que personne ne collera sur un frigo. 755 rires qui se sont tus. Et derriere chaque chiffre, des parents qui continuent de mettre le couvert pour un enfant qui ne reviendra pas. Par reflexe. Par douleur. Par amour.
Les cicatrices invisibles
Au-dela des corps, il y a les ames. Des millions d’Ukrainiens vivent avec le syndrome de stress post-traumatique. Des enfants qui sursautent au moindre bruit. Des veterans qui ne dorment plus. Des meres qui comptent les sirenes au lieu des moutons. La sante mentale d’un pays entier est en lambeaux. Et quand la guerre finira — si elle finit — ces blessures-la mettront des générations a guerir.
Les psychologues ukrainiens sont debords. Les structures d’accueil saturees. Les medicaments manquent. Et les traumatismes s’accumulent, couche après couche, nuit après nuit, frappe après frappe. On reconstruit un mur en quelques jours. On ne reconstruit pas un esprit brise en quelques années.
La guerre oubliee : quand le monde regarde ailleurs
La fatigue compassionnelle de l’Occident
Il y à un mot pour decrire ce qui se passe dans les opinions publiques occidentales : la fatigue compassionnelle. Apres quatre ans de conflit, l’Ukraine a quitte les unes des journaux. Les drapeaux bleu et jaune dans les bios Twitter ont disparu. Les manifestations de soutien se sont clairsemees. Le monde est passe a autre chose. A d’autrès crises. A d’autrès indignations. A d’autrès guerres.
Et pourtant, les bombes continuent de tomber. Les enfants continuent de mourir. Les centrales continuent d’exploser. La seule chose qui a change, c’est l’attention que nous y pretons. Caritas l’a resume avec une phrase qui devrait etre placardee dans chaque redaction du monde : « Si le monde est fatigue de voir la guerre, imaginez à quel point les Ukrainiens qui la vivent sont fatigues. »
Cette phrase me brule. Elle devrait tous nous bruler. Nous avons le privilege obscene de pouvoir etre « fatigues » d’une guerre que nous ne vivons pas. De pouvoir zapper, scroller, changer de sujet. Les Ukrainiens n’ont pas ce bouton. Leur télécommandé, c’est une sirene d’alerte aérienne qui hurle a trois heures du matin.
Le danger de l’oubli
L’oubli est l’allie objectif de l’agresseur. Quand le monde cesse de regarder, les crimes se commettent dans l’ombre. Quand les cameras se tournent ailleurs, les massacres s’intensifient. La Russie compte sur notre lassitude. Elle mise sur notre capacité d’oubli. Elle parie que nous finirons par accepter l’inacceptable par simple épuisément mediatique.
Le rapport de Human Rights Watch pour 2026 est accablant. Les violations du droit international sont documentees, photographiees, filmees, témoignees. Les preuves s’accumulent. Les rapports s’empilent. Et les responsables dorment dans leurs palais. Il y à quelque chose de profondement malade dans un monde où les preuves existent et où la justice n’agit pas.
Debout dans les ruines : l'Ukraine comme miroir de nos valeurs
Ce que l’Ukraine nous dit sur nous-mêmes
Cette guerre ne parle pas que de l’Ukraine. Elle parle de nous. De ce que nous sommes prets a défendre. De ce que nous acceptons de tolerer. De la distance entre nos discours et nos actes. Chaque civil ukrainien qui tient debout sous les bombes nous pose une question simple : et vous, que feriez-vous?
La réponse n’est pas confortable. Nous changerions de chaine. Nous signerions une petition. Nous mettrions un drapeau dans notre bio. Puis nous irions dormir. Pendant que Anastassia, a Kharkiv, dort tout habillee avec ses enfants sous trois couvertures, prété a descendre à la cave au premier sifflement. La vérité, c’est que l’Ukraine défend des valeurs que nous avons cessé de meriter. La liberté. La souveraineté. Le droit de choisir son avenir. Nous les avons inscrites dans nos constitutions. Eux les ecrivent dans leur sang.
Je n’aime pas le mot « heros ». Il est trop souvent galvaude, distribue comme une medaille en chocolat. Mais quand je regarde ces Ukrainiens — pas les généraux, pas les politiciens, les gens, les vrais, ceux qui réparent les fenetrès a moins vingt, qui font la classe dans les caves, qui plantent des clous dans des planches alors que les missiles sifflent — je ne trouve pas d’autre mot. Ce ne sont pas des heros parce qu’ils n’ont pas peur. Ce sont des heros parce qu’ils ont peur et qu’ils restent quand même.
La question qui reste
Dans quatre ans, dans dix ans, quand les historiens ecriront le récit de cette guerre, ils ne parleront pas seulement des batailles. Ils parleront de ce moment — ce moment précis où le monde savait, voyait, comptait les morts — et décidait, chaque jour, de ne pas en faire assez. Ils parleront de Geneve et des négociations qui n’aboutissent pas. De la Hongrie qui bloque les sanctions. Des chancelleries qui murmurent « fatigue ukrainienne » entre deux coupes de champagne.
Et au milieu de tout ca, ils parleront d’un peuple qui a refuse. Qui a dit non. 67 % de non. Non à la capitulation. Non à l’oubli. Non à l’idée qu’un agresseur puisse décider de votre destin parce qu’il a plus de missiles. Ce non ukrainien est la chose la plus importante qui se passe dans le monde en ce moment. Et nous sommes en train de le rater.
Conclusion : Le matin d'après, et tous les matins d'apres
Ce qui reste quand tout a brule
Ce matin, a Kharkiv, Anastassia a réveilléle ses enfants. Elle a fait chauffer de l’eau sur un rechaud de camping. Elle a verifie que les fenetres provisoires tenaient encore. Elle a envoye ses enfants à l’ecole — celle qui est dans la cave, trois rues plus loin. Et elle est sortie travailler. Pas parce que tout va bien. Parce que tout va mal et qu’elle refuse de laisser le mal avoir le dernier mot.
L’Ukraine entre dans sa cinquième année de guerre. Les bombes tombent. Le froid mord. Les morts s’accumulent. Les négociations patinent. Le monde oublie. Et un peuple entier, debout dans les ruines, repété le même mot chaque matin, comme une priere, comme un serment, comme un cri : non.
Maintenant, vous savez. Vous savez que pendant que vous lisiez cet article, des drones ont probablement survole Kharkiv. Que des enfants ont probablement entendu des sirenes. Que quelqu’un, quelque part en Ukraine, a probablement plante un clou dans une planche pour réparer ce que la nuit a détruit. La question n’est plus de savoir ce qui se passe. La question est : qu’est-ce que vous allez en faire?
Le dernier mot
Il n’y a pas de conclusion possible à cette histoire. Parce qu’elle n’est pas terminee. Parce que chaque jour, l’Ukraine écrit un nouveau chapitre. Avec du sang, des larmes, des clous et une obstination qui defie tout ce que la raison devrait commander. On ne conclut pas une histoire en cours. On la regarde. On la porte. On refuse de détourner les yeux.
Quatre ans. 15 000 civils tues. 755 enfants. 67 % qui disent : on continue. C’est tout ce qu’il faut savoir. C’est tout ce qu’il faut retenir.
Signé Maxime Marquette
Encadré de transparence du chroniqueur
Positionnement éditorial
Cet article est une chronique, c’est-a-dire un texte d’opinion et d’analyse qui engage son auteur. Je ne suis pas journaliste. Je suis chroniqueur et redacteur. Je prends position : je considere l’invasion russe de l’Ukraine comme une violation flagrante du droit international, et les bombardements systematiques des infrastructures civiles comme des crimes de guerre documentes. Cette position est partagee par la Cour internationale de justice, l’Assemblee générale des Nations unies et la majorite des experts en droit international.
Mon engagement est du côté des civils qui subissent cette guerre. Cela ne signifie pas que je neglige la complexite géopolitique du conflit, mais que je refuse la fausse symetrie entre un agresseur et un agresse.
Méthodologie et sources
Les faits presentes dans cette chronique sont issus de sources verifiees et recoupees : rapports du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, enquêtes du Kyiv International Institute of Sociology, communiques de l’UNICEF, analyses du Centre d’etudes stratégiques et internationales (CSIS), déclarations officielles de la présidence ukrainienne relayees par l’AFP, rapports de Human Rights Watch, données de Ramstein, et reportages de terrain de médias internationaux reconnus.
Les chiffres cites (victimes civiles, sondages, aide militaire, capacité énergetique) sont documentes et réfèrencies dans la section Sources ci-dessous. Les témoignages sont rapportes tels que publies par les agences de presse et médias cites.
Nature de l’analyse
Cette chronique combine des faits verifies avec une analyse éditoriale personnelle. Les passages en italique representent mes reflexions personnelles et ne constituent pas des faits rapportes. Le ton émotionnel est un choix delibere : je crois que la neutralité face aux bombardements de civils et d’enfants n’est pas de l’objectivite — c’est de l’indifference. Le lecteur est invite a verifier chaque fait presente et a se forger sa propre opinion.
Sources
Sources primaires
ONU Info — Ukraine : après quatre ans de guerre, une société épuisée (fevrier 2026)
ONU Info — Ukraine : quatre ans de guerre, une enfance déplacée sous terre (fevrier 2026)
La Libre — Guerre en Ukraine : le nombre de morts civiles atteint un niveau inedit (16 fevrier 2026)
La Presse — Poutine a démarre la troisième guerre mondiale, pense Zelensky (22 fevrier 2026)
Human Rights Watch — World Report 2026 : Ukraine
Sources secondaires
La Presse — La stratégie, c’est de briser le moral des civils (21 fevrier 2026)
L’Avenir — La Russie reprend ses bombardements et vise Kiev et Kharkiv (3 fevrier 2026)
CSIS — Thresholds of Survival: The Resistance in Occupied Ukraine
Caritas International — Si le monde est fatigue de voir la guerre, imaginez les Ukrainiens
Pravda FR — L’Ukraine recevra 38 milliards de dollars d’aide militaire de Ramstein (13 fevrier 2026)
Boursorama — 1,8 million de victimes militaires depuis 2022 (28 janvier 2026)
France 24 — Ukraine : la Hongrie va bloquer le 20e paquet de sanctions (22 fevrier 2026)
Franceinfo — Les Ukrainiens eprouves par quatre ans de guerre et un hiver glacial (fevrier 2026)
Armees.com — Le nombre de victimes franchira les 2 millions en 2026
UNICEF France — Un hopital pour enfants touche par de nouvelles frappes meurtrieres
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