Nommer l’innommable
Ce que Zelensky a fait devant la BBC n’est pas un coup de communication. C’est un acte de vérité politique brute. En affirmant que Poutine a déjà declenche la Troisieme Guerre mondiale, il fait sauter le cadre confortable dans lequel l’Occident a installe ce conflit depuis quatre ans. Le cadre qui dit : « C’est une guerre régionale. » Le cadre qui dit : « Ca ne nous concerne pas directement. » Le cadre qui permet de dormir la nuit pendant que Zaporizhzhia brule et que les enfants de Donetsk n’ont de l’eau que trois heures tous les trois jours.
Zelensky ne parle pas en theoricien. Il parle en homme qui vit sous les bombardements depuis 1 461 jours. Il parle en homme dont le pays a perdu 20 % de son territoire. Il parle en homme a qui on demande de ceder ce que l’ennemi n’a même pas réussi a conquérir par la force. Et il dit non. « Je ne vois pas ca comme de la terre. Je vois ca comme un abandon. »
On voudrait que cette déclaration soit de l’exageration. On voudrait pouvoir la balayer d’un revers de main, sourire en coin, avec la condescendance de ceux qui n’ont jamais entendu un missile tomber sur leur quartier. Mais les faits sont la. Et les faits ne sourient pas.
La definition d’une guerre mondiale que personne ne veut admettre
Qu’est-ce qu’une guerre mondiale ? Est-ce qu’il faut attendre que les bombes tombent sur Paris, sur Berlin, sur Varsovie pour que le mot devienne acceptable ? Ou est-ce que la definition commence quand un Etat nucléaire envahit un pays souverain, quand des troupes nord-coreennes combattent en Europe, quand l’Iran fournit des drones, quand la Chine aide la machine de guerre russe, et quand l’Occident finance la défense par milliards ? Si ca, ce n’est pas une guerre mondiale, alors le mot n’a plus de sens.
Poutine ne se contente pas d’occuper l’Ukraine. Il destabilise l’Europe. Il sabote les infrastructures. Il déplacé les frontières du possible. Et pourtant, on continue de traiter cette guerre comme un événement lointain, un conflit exotique entre Slaves, quelque chose qu’on peut gerer a coups de communiques et de réunions a Geneve.
Geneve, où la farce des négociations
Des pourparlers sur du sable mouvant
Les négociations trilaterales a Geneve entre les Etats-Unis, la Russie et l’Ukraine se sont terminees dans l’impasse. Zelensky l’a dit sans détour : « A ce stade, nous ne pouvons pas dire que le résultat est suffisant. » Suffisant. Le mot est d’une retenue dévastatrice. Quand un homme dont le pays est bombarde quotidiennement dit que les négociations ne sont « pas suffisantes », c’est qu’elles sont un échec total qu’il refuse de nommer par calcul diplomatique.
Moscou exige l’intégralite du Donbass — y compris des territoires que ses propres soldats n’ont jamais réussi a prendre malgre 1,2 million de victimes. Kiev veut un gel du conflit sur les lignes de front actuelles. Entre les deux, il n’y a pas un compromis. Il y à un gouffre. Et dans ce gouffre, des gens meurent chaque jour.
Les négociations de paix, dans cette guerre, ressemblent à une scene absurde : l’agresseur exige qu’on lui donne ce qu’il n’a pas réussi a voler. Et la communaute internationale regarde, les bras croises, en disant aux victimes de faire des concessions. A quel moment l’absurdite est-elle devenue la norme ?
Quand la pression s’exerce du mauvais cote
Zelensky a pose la question qui brule : « Ce n’est pas juste que le président Trump continue de demander publiquement à l’Ukraine, et non à la Russie, de faire des concessions pour la paix. » La phrase est posee, calme, chirurgicale. Elle ne crie pas. Elle decoupe. Parce qu’elle pointe une inversion morale que tout le monde voit mais que personne ne nomme : on demande à la victime de négocier avec son agresseur. On demande au pays envahi de ceder du terrain au pays qui envahit.
Et pourtant, c’est exactement ce qui se passe. Trump avait promis de mettre fin à la guerre en 24 heures. Quatre ans plus tard, il demande a Zelensky de « se bouger ». Les livraisons d’armes americaines ont été suspendues, puis reprises, dans un va-et-vient qui ressemble moins a de la stratégie qu’a du chantage. L’Ukraine n’est pas un pion. C’est un pays de 44 millions de personnes qui se bat pour exister.
Le prix du sang : quatre ans en chiffres
La comptabilite de l’horreur
Les chiffres sont la. Ils ne mentent pas. Ils ne font pas de diplomatie. Pres de deux millions de victimes militaires combinees, selon le Centre d’etudes stratégiques et internationales (CSIS) de Washington. Cote russe : 1,2 million de victimes, dont 325 000 morts. Le secretaire d’Etat americain Marco Rubio a estime les pertes russes a 8 000 soldats par semaine. Par semaine. L’équivalent d’une petite ville qui disparait tous les sept jours.
Cote ukrainien : jusqu’a 600 000 victimes, dont 140 000 tues. Le projet UALosses a documente nominalement 86 142 combattants ukrainiens morts et 89 324 disparus — soit 175 466 vies brisees, chacune avec un nom, une famille, une chaise vide à la table du diner. Et ces chiffres sont probablement sous-estimes. La guerre n’a jamais été douee pour compter ses morts avec précision.
On parle de chiffres. De statistiques. De bilans. Mais derriere chaque unité, il y à un gamin de vingt ans qui ne savait pas que ce matin-la serait le dernier. Il y à une mere qui attend un appel qui ne viendra plus. Il y à un chien qui attend devant une porte qui ne s’ouvrira plus jamais.
Les invisibles : civils, enfants, déplacés
Les Nations Unies ont verifie la mort de 13 883 civils depuis le début de l’invasion. 745 enfants tues. 2 375 enfants blessés. Des chiffres qui ne comptent que les cas verifies — combien d’autrès restent enfouis sous les decombres de Marioupol, de Bakhmout, de ces villes dont on ne prononce plus le nom parce qu’il n’y a plus rien a nommer ? En 2026, 10,8 millions de personnes en Ukraine ont besoin d’aide humanitaire, dont 2,2 millions d’enfants et 3,8 millions de déplacés internes.
Dans le Donetsk occupe, les habitants n’ont de l’eau courante que quelques heures tous les trois jours. Ils font la queue devant des camions-citernes. A Zaporizhzhia, un hopital et une ecole maternelle ont été endommages par des frappes. Des milliers de personnes se retrouvent sans chauffage en plein hiver — le pire hiver depuis plus d’une decennie. Et pourtant, dans les salons feutrès de Geneve, on discute de « compromis » et de « concessions territoriales » comme si on parlait d’immobilier.
L'escargot nucleaire : la stratégie de Poutine devoilee
Avancer lentement, detruire totalement
Poutine ne gagne pas cette guerre. Il la pourrit. Ses forces avancent à une moyenne de 70 metrès par jour vers le noeud ferroviaire de Pokrovsk. 70 metrès. La longueur d’un terrain de football. Au prix de combien de vies ? Les drones ont éténdu la zone de mort a 50 kilometres du front. La Russie a introduit de nouveaux drones a fibre optique pour contourner le brouillage électronique. La technologie au service de la destruction methodique.
Et pourtant, Zelensky affirme que l’Ukraine ne perd pas. « Vous ne pouvez pas dire que nous perdons la guerre. Honnetement, nous ne la perdons definitivement pas. » Ce n’est pas du deni. C’est du calcul. L’armée ukrainienne vient de liberer 300 kilometrès carres dans une contre-offensive sud. Elle tient des positions en territoire russe, dans la région de Koursk. Elle se bat avec des moyens inférieurs contre une armée qui envoie ses hommes au hachoir par vagues entieres.
Il y à quelque chose d’obscene a demander à un pays qui se défend de « faire des concessions » pendant que son agresseur avance de 70 metrès par jour en sacrifiant des milliers de soldats par semaine. La question n’est pas de savoir si l’Ukraine perd. La question est de savoir si le monde merite d’etre défendu par des gens aussi courageux.
Le piege de la « pause » russe
Zelensky a mis en garde contre l’illusion d’une paix négociee qui ne serait en réalité qu’une pause stratégique pour Poutine. « Ca le satisferait probablement pour un moment. Il a besoin d’une pause. Mais une fois qu’il aura récupére, nos partenaires europeens disent que ca prendrait trois a cinq ans. » Trois a cinq ans pour que la Russie reconstitue ses forces. Et ensuite ? Les pays baltes ? La Moldavie ? La Pologne ? Poutine ne « se resout pas a abandonner l’idée même de la guerre », selon Zelensky. « Il se prend peut-etre pour un tsar, mais en réalité il est esclave de la guerre. »
Les cinq chefs des services de renseignement europeens partagent ce pessimisme. Leurs évaluéations convergent : les chances de parvenir à un accord cette année sont minces. Pas parce que la paix est impossible. Mais parce que Poutine n’en veut pas. Il veut la soumission. Et la soumission ne se négocie pas. Elle s’impose — où elle se refuse.
Trump, l'allie impossible
Du « 24 heures » à l’impasse permanente
Il avait promis. Donald Trump avait jure qu’il mettrait fin à la guerre en 24 heures. C’etait sa marque de fabrique, son argument électoral, sa certitude tonitruante. 24 heures. Nous en sommes a plus d’un an de sa présidence. La guerre continue. Les missiles tombent. Les enfants meurent. Et la promesse s’est dissoute dans le brouillard des realpolitiks et des calculs électoraux.
Plus troublant encore : Trump a suspendu l’aide militaire americaine à l’Ukraine après une altercation dans le Bureau ovale avec Zelensky. Il l’a accuse d’etre « irrespectueux » et de « jouer avec la Troisieme Guerre mondiale ». L’ironie est a couper au couteau : accuser l’homme qui subit la guerre de jouer avec elle. Les munitions critiques, les systèmes de roquettes guidées, les armes antichars — tout a été gele. Puis repris. Puis gele à nouveau. Le va-et-vient d’un homme qui utilise la survie d’un peuple comme levier de négociation.
On se souviendra de cette époque comme de celle où le président de la première puissance mondiale a suspendu des livraisons d’armes à un pays en guerre pour punir son dirigeant d’avoir ose etre « irrespectueux ». On se souviendra, et on aura honte.
Jonathan Powell et la diplomatie de l’ombre
Zelensky a été coache par Jonathan Powell, le conseiller à la sécurité nationale britannique, entre autrès. La Grande-Bretagne joue un rôle discret mais crucial dans le soutien a Kiev. Mais même les allies les plus fideles savent que sans le poids americain, l’equation militaire reste deséquilibree. Et le poids americain vacille. Il oscille au gre des humeurs présidentielles, des sondages, des deals mineraux.
Zelensky l’a compris. C’est pourquoi il réclame des garanties de sécurité sur 30 ans approuvees par le Congres americain — pas par un président seul. Parce qu’un président passe. Les institutions restent. Du moins, c’est ce qu’on croyait avant que les institutions americaines ne commencent a ressembler à des girouettes dans la tempété populiste.
L'Europe se réveilléle -- trop lentement
Des budgets de défense en hausse, une volonté en retard
L’Union europeenne a depense 343 milliards d’euros en défense en 2024. Le chiffre devrait atteindre 381 milliards en 2025. Une hausse de 30 % en termes reels depuis 2021. L’OTAN vise désormais un objectif de 3,5 % du PIB d’ici 2035, puis 5 % a terme. Les chiffres impressionnent. La réalité, beaucoup moins.
Car ces milliards mettent des années a se transformer en chars, en obus, en systèmes de défense aérienne. Pendant que l’Europe planifie sa « Feuille de route de préparation à la défense 2030 », la Russie prépare son escalade hybride de 2026 — sabotage des infrastructures de défense europeennes, attaques contre les chaines d’approvisionnement destinees à l’Ukraine. Et pourtant, la bureaucratie europeenne continue de produire des acronymes et des feuilles de route pendant que Poutine produit des missiles.
L’Europe depense des milliards pour se défendre contre une menace qu’elle refuse de nommer. Elle achété des armes pour une guerre qu’elle prétend ne pas mener. Elle se prépare à un avenir qu’elle espere ne jamais voir. Il y à un mot pour ca : le deni arme.
Zelensky veut des troupes europeennes sur le front
Zelensky est alle plus loin dans son entrevue avec l’AFP : il veut que des troupes europeennes soient déployées directement sur la ligne de front après un eventuel cessez-le-feu. Pas dans des bases arriere. Pas en observateurs. Sur la ligne. La où les balles sifflent. La où les drones traquent tout ce qui bouge. La demande est audacieuse. Elle est aussi logique : si l’Europe veut que cette guerre la concerne, il faut qu’elle mette ses soldats où elle met ses discours.
La contre-offensive ukrainienne dans le sud a libere 300 kilometrès carres de territoire occupe. Zelensky l’a annonce lui-même. Ce n’est pas un pays qui perd. C’est un pays qui se bat avec tout ce qu’il a. Et ce qu’il a, c’est le courage de ses soldats, la détermination de son peuple, et l’aide intermittente d’un Occident qui n’arrive pas a décider s’il veut sauver l’Ukraine où sauver la face.
L'abandon masque : quand la paix devient capitulation
Ce que Moscou exige reellement
Moscou ne demande pas la paix. Moscou demande la victoire sans avoir à la gagner. La Russie exige que l’Ukraine cede 20 % de son territoire — l’intégralite de la région de Donetsk, plus Kherson et Zaporizhzhia. Des territoires que les forces russes n’ont pas conquis. Des territoires où vivent des centaines de milliers de personnes qui n’ont rien demande.
Zelensky a été clair : « Je ne vois pas ca simplement comme de la terre. Je vois ca comme un abandon — un affaiblissement de nos positions. » Ceder ces territoires, ce n’est pas un compromis. C’est livrer des gens. Des familles. Des communautes entieres. A un régime qui a démontre a Boutcha, a Irpin, a Marioupol, ce qu’il fait aux populations sous son contrôle. Et pourtant, des voix s’élevent a Washington, a Bruxelles, pour dire que l’Ukraine devrait « etre realiste ».
Etre realiste. C’est le nouveau vocabulaire de la lachété diplomatique. Etre realiste, ca veut dire accepter que l’agresseur garde ce qu’il a vole. Etre realiste, ca veut dire dire aux victimes que leur souffrance n’a pas assez de poids face aux intérêts géopolitiques. Etre realiste, ca veut dire trahir en souriant.
La division que Poutine cultive
La stratégie russe ne repose pas seulement sur les missiles. Elle repose sur la fatigue. La lassitude. L’erosion de la solidarite occidentale. Poutine sait que chaque mois qui passe affaiblit la volonté des allies de l’Ukraine. Chaque debat budgetaire est une fissure. Chaque élection est une opportunité. Chaque hésitation est une victoire sans combat.
« La Russie veut imposer au monde une autre facon de vivre, et changer la vie que les gens ont choisie pour eux-mêmes », a dit Zelensky. La phrase est d’une clarte implacable. Ce n’est pas une guerre pour du territoire. C’est une guerre pour un modele de société. Autocratie contre démocratie. Force brute contre droit international. Et le monde regarde, indecis, comme s’il avait oublie que cette bataille-la a déjà été menee — et que la dernière fois, on a attendu trop longtemps pour reagir.
Le courage comme dernière arme
« Nous ne perdrons pas »
« Est-ce qu’on va perdre ? Bien sur que non, parce que nous nous battons pour l’indépendance de l’Ukraine. » Ces mots de Zelensky ne sont pas de la bravade. Ils sont de la survie. Quand un président dont le pays est envahi, dont l’armée est en sous-nombre, dont les allies hésitent, dit qu’il ne perdra pas — ce n’est pas une promesse. C’est une decision. La decision de ne pas plier. De ne pas ceder. De ne pas devenir Tchecoslovaquie 1938.
Le Wall Street Journal a rapporte que Zelensky a dit en prive à ses plus proches conseillers de se préparer a trois années supplementaires de combats. Trois ans de plus. Ce n’est pas du pessimisme. C’est du realisme — le vrai, pas celui qu’on brandit pour justifier l’abandon. Zelensky sait que cette guerre ne finira pas par un accord éclair. Elle finira quand Poutine sera contraint d’arreter. Et pour le contraindre, il faut de la pression militaire et économique intense.
Trois ans. Mille jours de plus. Combien de prenoms en plus sur la liste des morts ? Combien de meres en plus qui ne dormiront plus ? Combien d’enfants en plus qui ne verront pas leur huitieme anniversaire ? Et pourtant, Zelensky dit : on continue. Parce que l’alternative — la soumission — est pire que la guerre.
La contre-offensive comme acte de foi
La contre-offensive sud de l’armée ukrainienne a libere 300 kilometrès carres. Dans un conflit où l’ennemi avance de 70 metrès par jour, reprendre 300 kilometrès carres est un seisme tactique. C’est aussi un message politique : l’Ukraine n’est pas en mode défensif. Elle frappe. Elle reprend. Elle montre que la défaite n’est pas une fatalite.
Les communications Starlink des forces russes ont connu un effondrement qui a facilite cette avancee. La technologie change la guerre. Les drones changent la guerre. Mais au fond, ce qui gagne les guerres, c’est la volonté. Et sur ce terrain-la, l’Ukraine à un avantage que la Russie ne pourra jamais acheter, voler où fabriquer : ses soldats se battent pour leur terre. Les soldats russes se battent parce qu’on leur a ordonne de mourir.
Les 745 enfants qu'on ne nomme pas
Le chiffre qui devrait tout changer
745. C’est le nombre d’enfants dont la mort a été verifiee par les Nations Unies depuis le début de l’invasion. 745 enfants. Assez pour remplir une ecole primaire. Assez pour remplir sept ecoles primaires. Chacun avait un prenom. Chacun avait un jouet préfére. Chacun avait un reve — etre pompier, etre docteur, etre cosmonaute. Et chacun a été fauche par une bombe, un missile, un éclat d’obus fabrique dans une usine russe pour un objectif stratégique.
En 2026, les violations graves verifiees contre les enfants ont augmente de 27 % par rapport a 2024. L’horreur accelere. Et le plan humanitaire 2026 des Nations Unies demande 2,3 milliards de dollars pour aider 4,1 millions de personnes. 2,3 milliards. Moins que le cout d’un porte-avions. Moins que le budget publicite de certaines multinationales. Pour sauver 4,1 millions de vies.
On ne les nommera pas tous. On ne pourra pas. Mais ils avaient des noms. Ils avaient des rires. Ils avaient des cauchemars — ceux qu’on fait a sept ans, où le monstre est sous le lit. Pas dans le ciel. Pas dans le sifflement d’un missile qui approche. Ces enfants-la meritaient mieux que 27 % d’augmentation des violations graves contre eux.
Liubov, 71 ans, et l’exil de la vieillesse
Liubov a 71 ans. Elle a fui Donetsk pour Zaporizhzhia. « Quand les bombardements sont devenus constants, je me suis retrouvee seule », a-t-elle dit. Seule. A 71 ans. Dans un pays en guerre. Avec pour seul bagage ce qu’elle a pu porter. Liubov n’est pas un chiffre. Elle est un visage. Et derriere ce visage, il y a 3,8 millions d’autrès déplacés internes qui ont quitte tout ce qu’ils connaissaient pour survivre.
Les hopitaux sont endommages. Les ecoles maternelles sont détruites. Les réseaux d’eau sont en ruine. Dans le Donetsk occupe, l’eau ne coule que quelques heures tous les trois jours. Les gens font la queue dans le froid glacial de l’hiver le plus rude depuis une decennie pour remplir des bidons devant des camions-citernes. C’est l’Europe. En 2026. Pas un documentaire sur une guerre ancienne. Aujourd’hui.
La question qui hante : et si Zelensky avait raison ?
Le précèdent que personne ne veut voir
Et si Zelensky avait raison ? Et si la Troisieme Guerre mondiale avait effectivement commence le 24 fevrier 2022 ? Les troupes nord-coreennes combattent en Ukraine. L’Iran fournit des drones Shahed. La Chine soutient économiquement la Russie. L’OTAN arme l’Ukraine. Des dizaines de pays sont impliques directement où indirectement. La mer Noire est un champ de bataille. La cyberguerre frappe les infrastructures europeennes. Le sabotage russe vise les cables sous-marins et les chaines d’approvisionnement.
La seule difference avec les guerres mondiales précèdentes, c’est que celle-ci se deroule au ralenti. Pas de déclaration formelle. Pas de mobilisation générale. Juste une escalade permanente deguisee en crise régionale. Poutine l’a compris : la meilleure facon de mener une guerre mondiale, c’est de faire en sorte que le monde refuse de l’appeler ainsi.
A quel moment on décide que ca suffit ? A quel moment on arrété de compter les morts et on commence a compter les responsables ? Zelensky a pose la question. Le monde n’a pas répondu. Le silence, dans ce cas-la, n’est pas de l’or. C’est de la complicite.
L’histoire juge les spectateurs
L’histoire ne juge pas seulement les agresseurs. Elle juge les spectateurs. Ceux qui savaient et qui n’ont rien fait. Ceux qui ont calcule au lieu d’agir. Ceux qui ont mis des intérêts économiques au-dessus de vies humaines. En 1938, Chamberlain est revenu de Munich avec un papier et une promesse de « paix pour notre temps ». On connait la suite. En 2026, on négocie a Geneve avec un homme qui a envahi un pays souverain, bombarde des ecoles et déporte des enfants. Et on appelle ca de la diplomatie.
Zelensky a nomme la guerre. Il a dit le mot. Maintenant, il attend que le monde fasse quelque chose de cette vérité. Pas des communiques. Pas des réunions. Des actes. Des armes. Des sanctions qui mordent. De la pression qui contraint. Pas demain. Aujourd’hui.
Conclusion : La guerre que nous refusons de voir est celle qui nous definira
Le choix qui reste
Volodymyr Zelensky a prononce le mot que le monde fuit. Troisieme Guerre mondiale. Pas pour effrayer. Pour réveilléler. Parce que 1 461 jours de guerre, deux millions de victimes, 745 enfants tues, 10,8 millions de personnes en besoin d’aide humanitaire — ca porte un nom. Et ce nom n’est pas « conflit régional ». Ce nom n’est pas « crise ukrainienne ». Ce nom est celui que Zelensky a prononce. Et il avait peut-etre quatre ans de retard.
Le 24 fevrier 2026 marquera le quatrième anniversaire de l’invasion. Ce jour-la, dans les capitales occidentales, il y aura des discours. Des drapeaux ukrainiens. Des minutes de silence. Et puis le monde continuera de tourner, les négociations continueront de piétiner, et les missiles continueront de tomber. Quelque part dans un abri a Kharkiv, un enfant dessinera un ciel sans bombes. Ce dessin sera le document le plus important de notre époque. Et personne ne le lira.
Maintenant, vous savez. Vous savez que Zelensky a dit le mot. Vous savez que les chiffres sont la. Vous savez que 745 enfants ne grandiront pas. Vous savez que le monde négocie avec l’agresseur en demandant à la victime de ceder. Vous savez tout ca. La question, désormais, est d’une simplicite brutale : qu’est-ce que vous allez en faire ?
Le silence n’est plus une option
Cette histoire parle de l’Ukraine. Mais elle parle aussi de nous. De ce que nous acceptons. De ce que nous tolerons. De ce que nous regardons sans bouger. Zelensky a pose la question. Poutine a donne la réponse — par les armes, par les bombes, par les charniers. Il ne reste qu’une chose a déterminér : de quel côté de l’histoire nous choisirons de nous tenir.
Et pendant que nous deliberons, quelque part en Ukraine, un soldat de vingt ans prend son poste. Il sait que la nuit sera longue. Il sait que les drones arriveront. Il sait que personne, a Paris, a Berlin, a Washington, ne pensera a lui ce soir. Il se bat quand même. Parce que c’est sa terre. Parce que c’est sa liberté. Parce que quelqu’un doit bien le faire.
Signé Maxime Marquette
Encadré de transparence du chroniqueur
Positionnement éditorial
Je ne suis PAS journaliste. Je suis chroniqueur indépendant. Cette chronique est un texte d’opinion qui reflété mon analyse personnelle des événements. Je ne prétends pas à la neutralité : je crois que l’invasion russe de l’Ukraine est une violation du droit international et que les civils ukrainiens sont les premières victimes de ce conflit. Cette position éditoriale est assumee et transparente.
Mon travail consiste a analyser, contextualiser et commenter l’actualite internationale avec un regard critique et une sensibilite humaine. Les faits presentes sont verifies aupres de sources multiples. Les opinions sont les miennes et n’engagent que moi.
Méthodologie et sources
Cette chronique s’appuie sur des sources primaires (déclarations officielles, entrevues directes publiees par la BBC, l’AFP, le Wall Street Journal) et des sources secondaires (analyses du CSIS, rapports des Nations Unies, données du Kyiv Indépendent, du Kyiv Post, de Fortune et de La Presse). Les chiffres sur les victimes proviennent d’organismes internationaux reconnus et sont croises entre plusieurs sources.
Les citations de Volodymyr Zelensky sont tirees de ses entrevues avec la BBC et l’AFP publiees les 21 et 22 fevrier 2026. Les données humanitaires proviennent des rapports UNICEF, OHCHR et du plan de réponse humanitaire 2026 des Nations Unies.
Nature de l’analyse
Ce texte est une chronique d’opinion. Il ne constitue pas un reportage factuel au sens strict. Les passages en italique sont des reflexions éditoriales personnelles de l’auteur. Les faits sont distingues des opinions dans le corps du texte. Le lecteur est invite a consulter les sources citees pour se forger sa propre opinion.
Sources
Sources primaires
La Presse — Poutine a démarre la troisième guerre mondiale, pense Zelensky
Kyiv Post — Zelensky: Putin Already Started World War III
Kyiv Post — Zelensky Says Ukraine Not Losing War
Kyiv Indépendent — Ukraine liberates 300 square km in southern counteroffensive
Sources secondaires
Al Jazeera — Zelensky reveals 55,000 Ukrainian soldiers killed
Foreign Policy — U.S.-Brokered Russia-Ukraine Peace Talks Cut Short in Geneva
CBS News — Zelenskyy accusing Putin of playing for time in Geneva talks
UNICEF — 2026 Humanitarian Action for Children: Ukraine
ReliefWeb — Four years since the full-scale invasion of Ukraine
Cordaid — 2026 Humanitarian Response Plan Ukraine
CNN — Trump pauses military aid to Ukraine after Oval Office argument with Zelensky
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