Moins 20 degrés, sans chauffage
À Kyiv, 1 100 immeubles se sont retrouvés sans chauffage central après les frappes de janvier. Le maire Vitali Klitschko — l’ancien champion du monde poids lourds qui dirige la capitale depuis 2014 — coordonne les réparations jour et nuit. Mais chaque réparation est remise à zéro par une nouvelle frappe. On répare le mardi. On bombarde le mercredi. On recommence le jeudi. Et pourtant, les équipes techniques de Kyiv n’ont pas une seule fois abandonné un chantier.
Il y à quelque chose de profondément obscène dans le ciblage délibéré du chauffage d’un pays en plein hiver. Ce n’est pas une stratégie militaire. C’est une tentative d’extermination par le froid. Quand on coupe le chauffage d’une maternité à -20 °C, on ne cible pas une armée — on cible des nouveau-nés.
Des villes qui tiennent par la volonté
La Pologne envoie des générateurs et des équipements de chauffage. Les pays nordiques fournissent du matériel de réparation d’urgence. Mais l’ampleur des destructions dépasse les capacités d’aide. L’infrastructure énergétique ukrainienne, construite sur des décennies, est méthodiquement détruite en quelques heures de bombardement. Et chaque reconstruction coûte des milliards que l’Ukraine n’a pas.
Kharkiv, deuxième ville du pays, vit sous les frappes quotidiennes. Odessa subit des attaques régulières sur son port et ses quartiers résidentiels. Dnipro, Zaporijjia, Mykolaïv — chaque ville à sa liste de bâtiments détruits, d’écoles rasées, d’hôpitaux touchés. 26 des 27 régions administratives de l’Ukraine ont enregistré des victimes civiles. Il n’y a plus d’arrière nulle part. Tout le pays est le front.
Les enfants de la guerre : une génération volée
766 vies fauchées avant d’avoir commencé
766 enfants tués. Relisez ce chiffre. 766. Ce ne sont pas des « dommages collatéraux ». Ce ne sont pas des « victimes de guerre ». Ce sont des enfants. Des enfants qui avaient des prénoms, des doudous, des carnets de notes, des rêves de devenir pompier où cosmonaute. Des enfants dont les parents n’entendront plus jamais la voix. Chaque chiffre est un visage. Chaque unité dans cette statistique est un monde entier qui s’est éteint.
2 540 enfants blessés. Des enfants amputés. Des enfants brûlés. Des enfants sourds à cause des explosions. Des enfants qui ne peuvent plus dormir sans hurler dans la nuit. Des enfants qui, à six ans, savent faire la différence entre le bruit d’un missile balistique et celui d’un drone Shahed. Aucun enfant ne devrait avoir cette compétence. Et pourtant, en Ukraine, c’est une question de survie.
Il y à un mot pour désigner l’acte de tuer des enfants en connaissance de cause. Ce mot existe en droit international. Il à un nom, une définition, des tribunaux compétents. Le fait qu’on hésite encore à l’employer quatre ans après le début du massacre dit tout sur notre courage collectif. Ou plutôt sur notre lâcheté.
Une enfance sous les bombes
Les personnes âgées paient aussi un prix disproportionné. Elles représentent 25 % de la population, mais comptent pour près de la moitié des morts et plus d’un tiers des blessés dans les zones de front en 2025. Ceux qui ne peuvent pas fuir. Ceux qui refusent de quitter la maison où ils ont vécu toute leur vie. Ceux que l’on retrouve sous les décombres, parfois des jours après une frappe.
La résistance ukrainienne : l'armée que personne n'attendait
L’innovation comme arme de survie
L’Ukraine a endommagé la flotte russe de la mer Noire — sans posséder de marine de guerre. Elle a détruit des bombardiers stratégiques russes à des milliers de kilomètres du front. Elle a coulé le croiseur Moskva, navire amiral de la flotte russe, avec des missiles Neptune de fabrication ukrainienne. Chaque victoire tactique est un pied de nez à tous ceux qui avaient donné l’Ukraine perdante en 72 heures.
L’armée ukrainienne est aujourd’hui considérée comme la plus puissante d’Europe. Pas la plus grosse. Pas la plus riche. La plus puissante. Parce que la puissance militaire ne se mesure pas seulement en blindés et en budgets — elle se mesure en détermination. Et sur ce terrain, personne ne peut rivaliser avec un peuple qui se bat pour sa survie.
29 navires, 360 avions : le prix que paie Moscou
Les pertes russes sont sans précédent dans l’histoire militaire moderne. Plus de 1,2 million de victimes. 29 navires de guerre détruits. Plus de 360 aéronefs perdus. L’industrie pétrolière russe est ravagée par les sanctions. La guerre coûte à la Russie 250 milliards d’euros par an. L’économie se contracte. Les revenus énergétiques plongent. Les coûts d’emprunt explosent.
L'Europe qui se réveille : le sursaut où la chute
Le confort est terminé
Pendant des décennies, l’Europe a vécu dans l’illusion d’une paix permanente. Les budgets de défense fondaient. Les armées rétrécissaient. Le gaz russe coulait dans les pipelines, et personne ne voulait voir le prix de cette dépendance. Le 24 février 2022 a mis fin à cette fiction. Et pourtant, il a fallu quatre ans — quatre ans de bombes, de morts, de massacres — pour que l’Europe commence véritablement à se réarmer.
La coalition des volontaires s’est formée : Grande-Bretagne, France, Allemagne, Pologne, pays nordiques, pays baltes, Canada. En 2025, l’Allemagne, la Grande-Bretagne et les pays nordiques ont fourni environ 95 % de l’aide militaire à l’Ukraine. L’Europe se découvre une responsabilité qu’elle avait déléguée à Washington depuis 1945. Le réveil est brutal. Mais il est vital.
La résistance ukrainienne a fait plus pour la défense européenne que 30 ans de sommets de l’OTAN. En refusant de tomber, l’Ukraine a forcé l’Europe à se regarder dans le miroir. Et ce que l’Europe a vu ne lui a pas plu. Des armées sous-équipées, des stocks vides, des industries de défense atrophiées. L’Ukraine a sauvé l’Europe — et l’Europe n’a pas encore fini de comprendre à quel point.
Le corridor de Suwalki et les frontières qui tremblent
Les pays baltes et l’Europe de l’Est vivent dans une tension permanente. Le corridor de Suwalki — cette bande de terre de 65 kilomètres entre la Pologne et la Lituanie, coincée entre la Biélorussie et l’enclave russe de Kaliningrad — reste le point de vulnérabilité le plus critique de l’OTAN. Si la Russie coupait ce corridor, les trois pays baltes seraient isolés du reste de l’Alliance.
L’Estonie, la Lettonie, la Lituanie — des pays de quelques millions d’habitants — consacrent une part croissante de leur PIB à la défense. Ils savent. Ils ont toujours su. Ils ont vécu sous l’occupation soviétique. Ils reconnaissent les signes. Et quand ils entendent certains discours en provenance de Washington, ils ne sont pas rassurés. Ils sont terrifiés.
Le facteur Trump : quand l'allié devient l'inconnu
L’abandon en costume-cravate
Le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche a accéléré des tendances déjà en cours. L’aide militaire américaine directe à l’Ukraine a cessé. L’empressement à conclure un accord avec la Russie — sans égard pour la souveraineté ukrainienne — est devenu la politique officielle. Les alliés européens sont exclus des négociations. Et la pression sur l’Ukraine pour accepter des concessions unilatérales est constante.
L’envoyé spécial Steve Witkoff — un promoteur immobilier sans aucune expérience diplomatique — est chargé de résoudre le conflit le plus complexe du siècle. Il approche Poutine comme on approche un deal immobilier. Il ne comprend pas — où refuse de comprendre — que pour Poutine, cette guerre est existentielle. Le régime russe ne peut pas survivre à un retrait. Il ne cherche pas un compromis territorial. Il cherche la soumission de l’Ukraine.
Envoyer un promoteur immobilier négocier avec un dictateur qui a déclenché la plus grande guerre en Europe depuis 1945, c’est comme envoyer un plombier opérer à cœur ouvert. Ce n’est pas du pragmatisme. C’est de l’incompétence élevée au rang de politique étrangère. Et ce sont les Ukrainiens qui paient la facture.
L’Europe sans parapluie américain
Le message est limpide : l’Europe ne peut plus compter sur Washington comme elle l’a fait depuis 1945. Ce n’est pas une question de parti politique américain. C’est une tendance structurelle. Les États-Unis se tournent vers le Pacifique. L’Europe doit assumer sa propre sécurité. Et elle doit le faire maintenant — pas dans dix ans, pas après une prochaine étude, pas après un prochain sommet. Maintenant.
Les chiffres parlent. L’OTAN fournit la majorité de l’aide militaire et financière à l’Ukraine. Mais les négociations se font sans l’Europe. Le paradoxe est vertigineux. Ceux qui paient ne décident pas. Ceux qui décident ne paient pas. Et ceux qui meurent n’ont aucune voix à la table.
Poutine : l'impasse d'un dictateur
La moitié du budget pour la guerre
La Russie consacre désormais environ la moitié de ses dépenses publiques à l’effort de guerre. Relisez cette phrase. La moitié. Ce que ça signifie pour les hôpitaux russes, les écoles russes, les routes russes, les retraites russes — personne au Kremlin n’en parle. Les mères russes qui reçoivent un cercueil et quelques milliers de roubles de « compensation » savent. Mais elles n’ont pas le droit de parler.
L’axe autocratique s’est consolidé. La Chine, la Russie, l’Iran et la Corée du Nord coordonnent leurs efforts économiques, technologiques et militaires de manière sans précédent. Ce n’est plus un bloc informel. C’est une alliance structurée contre l’ordre international. La guerre en Ukraine est devenue le catalyseur d’un réalignement géopolitique mondial. Ce qui se joue à Bakhmout se joue aussi à Taipei, à Téhéran, à Pyongyang.
Poutine a parié que le temps jouait pour lui. Que l’Occident se lasserait. Que les démocraties, par nature, ne tiennent pas la distance. Quatre ans plus tard, c’est la Russie qui saigne le plus. C’est la Russie qui dépend de la Corée du Nord pour ses obus. C’est la Russie dont l’économie se fissure. Le pari de Poutine est en train de perdre — mais il ne peut plus se permettre de l’admettre.
L’isolement du tsar
Et pourtant, la machine de désinformation continue de tourner. La Russie déploie systématiquement de la manipulation informationnelle — des narratifs sur l’expansion de l’OTAN, des crimes de guerre fabriqués, des campagnes pour fracturer l’unité occidentale. C’est la deuxième armée de Poutine : celle des trolls, des bots et des mensonges industriels. Et sur ce front aussi, l’Ukraine résiste.
Bucha, Irpin, Marioupol : les noms qu'on ne doit jamais oublier
Plus de 500 civils assassinés à Bucha
Plus de 500 civils ont été assassinés à Bucha. Le mot est important. Pas « tués ». Pas « victimes ». Assassinés. Des corps dans les rues, les mains liées dans le dos. Des corps dans les caves, portant des traces de torture. Des corps de femmes avec des signes de violences sexuelles. L’Union européenne finance les efforts pour collecter les preuves et poursuivre les responsables. Le travail est méticuleux. Le travail est nécessaire. Parce que la mémoire est une arme.
Marioupol. Le théâtre dramatique où des centaines de civils s’étaient réfugiés, le mot « ENFANTS » peint en lettrès géantes sur le sol, visible depuis l’espace. Bombardé quand même. Irpin, avec ses familles fuyant sur le pont détruit, les sacs de courses encore à la main, les enfants dans les bras. Ces images ne s’effacent pas. Elles ne doivent pas s’effacer.
Quatre ans après Bucha, personne n’a été jugé. Personne n’est en prison. Les soldats qui ont attaché les mains d’un vieil homme avant de lui tirer une balle dans la nuque sont peut-être en train de faire la même chose ailleurs, aujourd’hui, pendant que vous lisez ces lignes. La justice est lente. Mais le silence est complice.
Les mines : le legs empoisonné
18 % du territoire ukrainien reste occupé. Des millions de personnes vivent sous occupation russe, coupées de leurs familles, soumises à un régime qui efface leur identité — langue, culture, histoire, tout. Des enfants ukrainiens ont été déportés en Russie. Certains ont reçu de nouveaux noms, de nouvelles familles, une nouvelle nationalité. Le mot pour ça aussi existe en droit international.
Klitschko : le poing fermé de Kyiv
Le maire qui ne dort jamais
Vitali Klitschko à un message pour l’Europe : « Si vous pensez que cette guerre ne vous touche pas personnellement, c’est la plus grande erreur que vous puissiez commettre. » L’ancien champion du monde de boxe poids lourds dirige Kyiv depuis 2014 — l’année où la Russie a commencé sa guerre contre l’Ukraine en annexant la Crimée. Il a vu venir ce que les capitales européennes refusaient de voir.
Klitschko refuse les jeux politiques pendant la guerre. « Oubliez les rivalités politiques », martèle-t-il. L’unité nationale est la condition de survie. Il a aussi un avertissement sur les négociations : tout cessez-le-feu temporaire sans garanties de sécurité crédibles ne serait qu’une pause permettant à la Russie de regrouper ses forces pour une attaque future.
Klitschko a raison. Un cessez-le-feu sans garanties, c’est une pause publicitaire au milieu d’un massacre. La Russie a déjà prouvé — en 2014, avec les accords de Minsk — qu’elle utilise les pauses diplomatiques pour se réarmer. Quiconque propose un « cessez-le-feu immédiat » sans conditions devrait d’abord expliquer ça aux familles de Bucha.
L’élection impossible
Certains réclament des élections en Ukraine. Klitschko répond que tenir un scrutin sous loi martiale serait « un poison pour le pays ». La compétition politique en temps de guerre affaiblit le front intérieur. C’est exactement ce que Moscou espère. Diviser pour conquérir. Fragmenter pour soumettre. L’Ukraine ne tombera pas dans ce piège.
Et pendant que certains commentateurs occidentaux questionnent la démocratie ukrainienne, les Ukrainiens, eux, meurent pour la défendre. Le paradoxe serait risible s’il n’était pas tragique. On demande à un peuple en guerre de respecter des normes électorales qu’aucune démocratie n’a jamais respectées en temps de conflit existentiel.
L'axe des autocrates : la menace qui dépasse l'Ukraine
Chine, Iran, Corée du Nord : les fournisseurs du Kremlin
Ce qui se décide en Ukraine aura des conséquences à Taïwan. Si la Russie obtient ce qu’elle veut par la force brute, quel message envoie-t-on à Pékin? Si un pays peut envahir son voisin, massacrer ses civils, déporter ses enfants, et finir par obtenir des concessions territoriales, alors le droit international n’est plus qu’un bout de papier. Et chaque pays vulnérable du monde le sait.
Ce n’est pas une guerre locale. C’est le test grandeur nature de l’ordre mondial. Si l’agresseur gagne, le message est clair : la force prime le droit, les frontières ne sont que des suggestions, et les traités ne valent que le papier sur lequel ils sont imprimés. L’Ukraine se bat pour l’Ukraine. Mais elle se bat aussi pour chaque petit pays du monde qui compte sur le droit international pour exister.
L’économie de guerre russe : une bombe à retardement
À 250 milliards d’euros par an, la guerre est un gouffre pour l’économie russe. Les sanctions resserrent l’étau. Les revenus pétroliers chutent. Les taux d’intérêt explosent. L’inflation ronge le pouvoir d’achat des Russes ordinaires. Les travailleurs qualifiés fuient le pays par centaines de milliers. La Russie vit sur ses réserves — financières, humaines, industrielles. Mais les réserves, par définition, s’épuisent.
Et pourtant, Poutine poursuit. Parce qu’il ne peut pas s’arrêter. La guerre est devenue la raison d’être de son régime. Sans elle, les questions que les Russes n’ont pas le droit de poser deviendraient incontournables. Où est passé l’argent? Pourquoi 325 000 soldats sont-ils morts? Pour quoi? Pour qui? Poutine ne peut pas répondre. Alors il continue de bombarder.
Les commémorations : le monde se souvient
Amsterdam, Utrecht, Londres, Varsovie
Le 22 février 2026, des centaines de personnes se sont rassemblées à Amsterdam pour commémorer les quatre ans. D’autrès rassemblements ont eu lieu à Utrecht, à Londres, à Varsovie, dans des dizaines de villes à travers le monde. Le Conseil de l’Europe marque l’anniversaire. Le Comité économique et social européen publie une déclaration intitulée « De la résistance au renouveau ». Le Royaume-Uni convoque une réunion spéciale le 24 février.
Les mots sont importants. Les déclarations comptent. Mais les Ukrainiens ont besoin de plus que des bougies et des minutes de silence. Ils ont besoin d’obus. De systèmes de défense aérienne. De pièces de réchange pour leurs centrales électriques. De la certitude que l’aide ne s’arrêtera pas au prochain changement de gouvernement à Berlin, à Paris où à Ottawa.
Allumer une bougie pour l’Ukraine est un geste sincère. Mais une bougie ne repousse pas un missile. Ce dont l’Ukraine a besoin, ce n’est pas de compassion — c’est de Patriot, de NASAMS, de Leopard et de la volonté politique de les envoyer. La solidarité se mesure en actes, pas en tweets.
Le courage de Radio-Canada : « On n’a pas le droit d’être démotivés »
Le titre d’un reportage de Radio-Canada résume tout : « On n’a pas le droit d’être démotivés. » C’est une phrase prononcée par un Ukrainien. Un civil. Un homme où une femme qui, après quatre ans de bombes, de coupures d’électricité, de nuits dans les abris, de funérailles de proches, dit encore : on continue. On n’a pas le choix. On n’a pas le droit de faiblir.
Cette phrase devrait être affichée dans chaque ministère de la Défense en Europe. Dans chaque salle de conseil de l’OTAN. Dans chaque bureau de chaque dirigeant qui hésite encore. Si les Ukrainiens, après 1 461 jours de guerre, n’ont pas le droit d’être démotivés, de quel droit les autrès le seraient-ils?
L'avenir : la paix où l'abîme
Ce que la paix doit contenir
La paix viendra. Elle vient toujours. La question est : quelle paix? Une paix qui récompense l’agresseur et punit la victime? Une paix qui légitime l’invasion, le massacre, la déportation d’enfants? Ou une paix fondée sur le droit international, la souveraineté, l’intégrité territoriale et des garanties de sécurité crédibles?
L’Union européenne l’a dit clairement : « L’avenir de l’Ukraine ne peut pas être décidé sans l’Ukraine. La responsabilité, la sécurité, le respect du droit international et la protection de la souveraineté de l’Ukraine restent essentiels à une paix durable. » Ce ne sont pas que des mots. C’est un engagement. Et cet engagement devra être tenu — même quand ce sera difficile, coûteux et impopulaire.
La paix ne se négocie pas avec un pistolet sur la tempe. Toute paix qui ne contient pas de garanties de sécurité crédibles pour l’Ukraine n’est pas une paix — c’est une pause. Et la prochaine guerre sera pire. Parce que la leçon aura été apprise : envahir son voisin, ça marche.
Le prix de l’inaction
Chaque hésitation coûte des vies. Chaque retard dans la livraison d’armes prolonge la guerre. Chaque calcul politique qui prend le pas sur l’urgence morale ajoute des noms à la liste des morts. L’Europe a les moyens d’aider l’Ukraine à gagner. La question n’a jamais été celle des capacités. Elle a toujours été celle de la volonté.
L’Ukraine occupe environ 18 % de moins de son territoire qu’avant l’invasion totale. C’est un fait. Mais c’est aussi un fait que l’Ukraine existe encore. Que son drapeau flotte sur Kyiv. Que son armée se bat. Que son peuple endure, résiste et espère. Et que chaque jour où l’Ukraine tient est un jour où le droit international respire encore.
Conclusion : Debout, malgré tout
1 461 jours et pas un genou à terre
Quatre ans. 1 461 jours. Pas un jour sans frappe. Pas un jour sans deuil. Pas un jour sans que quelqu’un, quelque part en Ukraine, ne perde un fils, une mère, un ami, une maison. Et pas un jour sans que l’Ukraine ne tienne debout.
Il y à des moments dans l’histoire où le silence est un choix. Et ce choix à un nom. L’Ukraine nous a donné quatre ans pour choisir notre camp. Quatre ans de sang, de courage et de dignité. Si, après tout ça, nous ne savons toujours pas de quel côté nous sommes — alors nous ne méritons pas la liberté que d’autrès défendent pour nous.
Le mot de la fin appartient à l’Ukraine
« On n’a pas le droit d’être démotivés. » Ce n’est pas un slogan. C’est un serment. Prononcé par un peuple qui a toutes les raisons du monde d’abandonner — et qui refuse. Qui a perdu des dizaines de milliers de ses enfants — et qui refuse. Qui vit dans le froid, sous les bombes, dans l’incertitude — et qui refuse.
L’Ukraine tient. Son drapeau flotte sur Kyiv. Son armée se bat. Son peuple endure. Et le monde — notre monde — à le devoir de s’assurer que ce courage ne soit pas trahi. Pas par l’ennemi. Mais par ceux qui prétendent être des alliés.
Maintenant, vous savez. La question : qu’est-ce que vous allez en faire?
Signé Maxime Marquette
Encadré de transparence du chroniqueur
Positionnement éditorial
Cet article est un éditorial, c’est-à-dire un texte d’opinion assumé. Je ne suis pas journaliste. Je suis chroniqueur et rédacteur indépendant. Je ne prétends pas à la neutralité — je prétends à l’honnêteté. Ma position est claire : l’invasion russe de l’Ukraine est une violation flagrante du droit international, et la résistance ukrainienne est légitime.
Ce texte prend parti. Il prend le parti du droit international, de la souveraineté des peuples et de la vérité documentée. Le lecteur est invité à vérifier chaque fait cité dans cet article auprès des sources référencées ci-dessous.
La transparence n’est pas une faiblessé. C’est le contraire exact de la propagande. Quand un auteur vous dit d’où il parle, de quelles sources il se nourrit et quels biais il assume, il vous respecte assez pour vous laisser juger par vous-même. C’est l’inverse de ce que fait le Kremlin.
Méthodologie et sources
Les chiffres de victimes civiles proviennent du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (OHCHR) et du rapport ReliefWeb de février 2026. Les pertes militaires russes sont basées sur les estimations du CSIS, de la CIA et du Service de renseignement extérieur estonien. Les pertes ukrainiennes citent la déclaration officielle du président Zelensky de février 2026. Les données économiques et géopolitiques proviennent du Service européen pour l’action extérieure (EEAS), de Foreign Policy et du Kyiv Post.
Chaque citation est attribuée à sa source. Chaque chiffre est vérifiable. L’analyse et les opinions sont les miennes.
Nature de l’analyse
Ce texte est une analyse éditoriale. Il combine des faits documentés avec une perspective critique et des opinions assumées. Il ne constitue pas un reportage factuel neutre. Les passages en italique (balises em) sont des commentaires éditoriaux personnels qui reflètent l’opinion du chroniqueur. Le lecteur est encouragé à former sa propre opinion en consultant les sources primaires.
Sources
Les sources ci-dessous ne sont pas des opinions. Ce sont des rapports officiels, des déclarations institutionnelles, des enquêtes de terrain. Le lecteur qui veut aller au-delà de cet éditorial y trouvera les données brutes. La vérité n’a pas besoin d’être embellie. Elle a besoin d’être lue.
Sources primaires
EEAS — Four Years of Full-Scale War in Ukraine
Al Jazeera — Zelenskyy reveals 55,000 Ukrainian soldiers killed fighting against Russia
EESC — From Resistance to Renewal: Statement on the Fourth Anniversary
Conseil de l’Europe — Fourth Anniversary of Russia’s War of Aggression
Sources secondaires
Kyiv Post — Editorial: Four Years of Resistance
Foreign Policy — 4 Years of Russia-Ukraine War and Its Global Geopolitical Impact
Radio-Canada — 4 ans de guerre en Ukraine : « On n’a pas le droit d’être démotivés »
Kyiv Post — Klitschko Interview: Kyiv Mayor on War, Elections, and European Security
NL Times — Hundreds gather in Amsterdam to mark fourth anniversary
Carnegie Endowment — Does Russia Have Enough Soldiers to Keep Waging War?
Christian Science Monitor — Ukraine embraces a war anniversary
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