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ANALYSE : Trois artistes, un seul nom — Comment Trump paralyse Hollywood avant même le premier plan
Crédit: Adobe Stock

Le poids du symbole quand la musique devient positionnement politique

Brett Ratner n’a pas nommé publiquement les trois artistes en question. Ce choix est en lui-même révélateur. Il protège ces artistes — ou peut-être protège-t-il le film d’une controverse supplémentaire. Mais ce qu’il a décrit suffit à mesurer l’ampleur du phénomène. Trois artistes dits emblématiques — un terme qui, dans le vocabulaire de l’industrie du divertissement américain, désigne des noms dont la simple mention suffit à légitimer un projet, à lui donner une envergure internationale, à ouvrir des portes dans toutes les salles du monde. Ces artistes, selon les déclarations du producteur, ont apprécié le projet. Certains auraient même exprimé de la sympathie pour la figure de Melania Trump. Mais au moment de signer, au moment de formaliser leur participation, la réponse est tombée comme un couperet : les droits sont refusés. Non pas pour des raisons artistiques. Non pas pour des questions contractuelles. Mais à cause des liens avec Donald Trump.

Ce que cette révélation met en lumière, c’est la mécanique invisible mais terriblement efficace d’une forme d’autocensure collective qui s’est installée dans l’industrie culturelle américaine. Les artistes ne sont pas forcés de refuser. Personne ne leur impose quoi que ce soit. Mais le calcul est simple, froid, implacable : associer son nom, son œuvre, sa musique à un film sur l’épouse d’un homme aussi polarisant que Donald Trump, c’est prendre le risque de perdre une partie significative de son public, de ses partenaires commerciaux, de son image soigneusement construite. Dans une industrie où la marque personnelle est aussi précieuse que le talent lui-même, ce risque est jugé inacceptable.

On peut comprendre la logique de chaque artiste pris individuellement. On peut même la respecter. Mais quand cette logique individuelle se répète trois fois de suite, elle révèle quelque chose de beaucoup plus troublant sur l’état de notre capacité collective à séparer l’art de la politique.

L’économie de la peur dans l’industrie du divertissement

Il ne faut pas sous-estimer la pression réelle qui s’exerce sur les artistes américains lorsqu’ils naviguent dans les eaux troubles de la politique contemporaine. Les réseaux sociaux ont transformé chaque décision artistique en acte politique potentiel. Concéder les droits d’une chanson à un film sur Melania Trump, c’est s’exposer à une tempête sur X, sur Instagram, sur TikTok. C’est s’exposer aux appels au boycott, aux campagnes de harcèlement organisées, à la déferlante d’indignation qui caractérise notre époque. Les labels de musique ont leurs propres calculs. Les agents artistiques ont les leurs. Et au bout de cette chaîne de décisions, l’artiste se retrouve souvent face à un choix simple : prendre un risque considérable pour un bénéfice incertain, ou simplement dire non. La réponse prévisible, dans la plupart des cas, sera le refus. Ce qui s’est produit avec Melania n’est donc pas un incident isolé. C’est le symptôme d’un malaise profond, structurel, qui touche l’ensemble de l’industrie culturelle américaine.

Sources

Sources primaires

HuffPost — « Melania Trump Film Producer Says Three Iconic Artists Were Denied Song Rights Because of Donald Trump Ties », 2025

Sources secondaires

Rolling Stone — « Every Artist Who Has Told Trump to Stop Playing Their Music », 2024

Variety — « Brett Ratner’s Hollywood Comeback : The Melania Trump Biopic », 2024

The New York Times — « When Artists Fight Back : Music Rights and Political Campaigns », janvier 2024

The Guardian — « Hollywood’s War with Trump : How the Culture Industry Became a Battleground », novembre 2023

Deadline Hollywood — « Melania Trump Biopic : Production Updates and Casting News », mars 2024

Signé Jacques Pj Provost

Transparence éditoriale : Cet article est une analyse d’opinion rédigée par un chroniqueur engagé. Les informations factuelles sont tirées de sources vérifiées et citées. Les opinions exprimées sont celles de l’auteur et ne représentent pas une position journalistique neutre, mais un point de vue assumé et argumenté sur les enjeux culturels et politiques soulevés par les événements décrits. Aucun témoignage n’a été inventé. Aucune source n’a été fabriquée.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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