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ÉDITORIAL : Le Canada choisit Cuba pendant que Trump fabrique la misère
Crédit: Adobe Stock

Une île plongée dans les ténèbres

Pour comprendre pourquoi 8 millions de dollars représentent bien plus qu’un chèque dans le vide, il faut mesurer l’étendue réelle de ce que traversent les Cubains depuis maintenant plusieurs années — et qui s’est considérablement aggravé depuis 2024. Cuba fait face à une crise énergétique systémique : ses centrales thermiques vieillissantes tombent les unes après les autres. Le pays manque de fioul pour les faire tourner, manque de pièces détachées pour les réparer, manque de devises pour importer quoi que ce soit. En octobre 2024, l’ensemble du réseau électrique national s’est effondré, plongeant l’île entière dans l’obscurité totale pendant plusieurs jours. Ce type d’événement, autrefois exceptionnel, est devenu presque banal. Les pannes quotidiennes de 16 à 20 heures sont désormais la norme dans la plupart des provinces.

La crise alimentaire est tout aussi grave. Cuba importe environ 70 à 80 % de sa nourriture, et l’effondrement de ses réserves de devises étrangères rend ces importations de plus en plus difficiles à financer. Les rayons des magasins d’État sont vides. Le marché informel — seule bouée de sauvetage pour une grande partie de la population — fonctionne à des prix astronomiques, inaccessibles pour la majorité des travailleurs dont les salaires sont payés en pesos cubains dévalués. La malnutrition, autrefois rarissime à Cuba grâce aux programmes de distribution alimentaire de l’État, fait son retour inquiétant, notamment chez les enfants et les personnes âgées. Le système de santé cubain, jadis présenté comme un modèle, manque désormais de médicaments de base, d’équipements chirurgicaux, de matériel médical élémentaire.

L’exode massif : le vote des pieds

Face à cette réalité, les Cubains votent avec leurs pieds. Depuis 2021, Cuba a connu l’une des vagues migratoires les plus importantes de son histoire. On estime que plus de 500 000 Cubains ont quitté l’île entre 2022 et 2024, soit environ 5 % de la population totale en l’espace de deux ans. Ces chiffres sont vertigineux. Ce ne sont pas des chiffres abstraits : ce sont des médecins, des enseignants, des ingénieurs, des jeunes parents qui ont décidé que l’avenir n’existait plus là où ils étaient nés. Cet exode aggrave encore la crise, en privant Cuba des forces vives dont elle aurait besoin pour se reconstruire. C’est un cercle vicieux brutal, et l’embargo américain le renforce à chaque tour de vis supplémentaire.

On parle de statistiques. Mais derrière chaque chiffre, il y a une mère qui fait la queue pendant des heures pour un pain, un médecin qui opère à la lampe de poche, un grand-père qui ne peut pas refroidir ses médicaments parce que l’électricité est coupée depuis l’aube. La crise cubaine n’est pas une abstraction géopolitique. Elle est faite de chair, de fatigue et de peur. Et ignorer cela au nom de la lutte contre un régime, c’est confondre la punition et la justice.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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