L’arme qui a changé la guerre
Les drones Shahed-136 — rebaptisés Geran-2 par les Russes — sont devenus l’un des symboles les plus terrifiants de cette guerre. Bon marché à produire — environ 20 000 à 50 000 dollars pièce — ils sont lancés par dizaines, parfois par centaines, en essaims conçus pour submerger les défenses aériennes ukrainiennes. Leur bourdonnement caractéristique — que les Ukrainiens appellent le bruit des « mobylettes » — est devenu le son de la terreur nocturne pour des millions de personnes.
L’Iran a nié pendant des mois fournir ces drones à la Russie. Puis les preuves se sont accumulées — débris récupérés avec des composants iraniens, numéros de série traçables, témoignages d’officiers capturés. Téhéran a fini par admettre avoir fourni des drones « avant la guerre » — un mensonge si transparent que même les diplomates les plus indulgents ont cessé d’y croire. La Russie fabrique désormais ces drones sur son propre territoire, mais avec une technologie et un savoir-faire iraniens.
Quand un drone iranien détruit l’immeuble de votre voisin, la neutralité sur l’Iran n’est plus une option. C’est une impossibilité morale. Zelensky ne choisit pas un camp par calcul politique. Il le choisit parce que les drones qui tuent ses citoyens portent l’empreinte de Téhéran.
Les chiffres de la terreur aérienne
Depuis le début de leur utilisation en septembre 2022, les drones iraniens ont été lancés par milliers contre l’Ukraine. Rien que pour la journée du 27 février 2026, l’état-major ukrainien rapportait 6 607 drones kamikazes — un chiffre qui inclut les Shahed et leurs variantes produites en Russie. Ces drones visent les infrastructures énergétiques, les zones résidentielles, les installations militaires. Ils ne font pas de distinction. Ils ne sont pas conçus pour la précision — ils sont conçus pour la terreur.
L’Iran a fourni à la Russie non seulement les drones, mais aussi les missiles balistiques. Des Fath-360, capables de frapper des cibles à 120 kilomètres. Des armes qui, combinées aux missiles russes et aux bombes guidées, créent un cocktail de destruction contre lequel les défenses ukrainiennes luttent chaque jour. L’Iran n’est pas un observateur de cette guerre. L’Iran est un participant actif.
La distinction fondamentale : le régime contre le peuple
Pas contre les Iraniens
Zelensky a pris soin de faire une distinction que peu de dirigeants occidentaux font avec autant de clarté. Le régime, pas le peuple. C’est une distinction fondamentale qui reconnaît ce que les Iraniens eux-mêmes savent : ils sont les premières victimes de leur propre gouvernement. Les manifestations de 2022 — le mouvement « Femme, Vie, Liberté » — ont montré au monde un peuple iranien qui rêve de liberté et qui est prêt à mourir pour elle.
Zelensky a ajouté que, selon lui, le peuple iranien cherche de l’aide pour renverser le régime actuel. Un régime qui, a-t-il souligné, « se comporte de manière agressive envers d’autres pays et est une source de nuisance ». Ce n’est pas seulement une déclaration sur l’Iran. C’est une déclaration sur la nature même des régimes autoritaires — des systèmes qui oppriment leur propre peuple tout en menaçant leurs voisins. Un schéma que Zelensky connaît intimement : c’est exactement ce que la Russie fait.
Zelensky parle des Iraniens avec une empathie que peu de leaders occidentaux possèdent. Peut-être parce qu’il sait ce que c’est que de vivre sous la menace d’un régime qui bombarde des civils. Peut-être parce qu’il comprend la différence entre un peuple et ses dirigeants. Peut-être parce qu’il voit dans les Iraniens le même désir de liberté que celui qui anime les Ukrainiens.
L’alliance des autocraties
La déclaration de Zelensky vise aussi à rappeler au monde une réalité que certains préfèrent ignorer : les autocraties s’entraident. La Russie et l’Iran forment un axe qui s’étend de Moscou à Téhéran, en passant par Pyongyang. Les drones iraniens tombent sur l’Ukraine. Les obus nord-coréens alimentent l’artillerie russe. Les soldats nord-coréens combattent sur le front ukrainien. Et en retour, la Russie fournit à l’Iran des technologies militaires avancées, notamment des systèmes de défense aérienne et potentiellement des composants pour son programme nucléaire.
Cet axe des autocraties n’est pas une alliance formelle comme l’OTAN. C’est un réseau d’intérêts convergents — chaque régime aide les autres à survivre en échange d’un soutien réciproque. Et pourtant, l’Occident continue de traiter chaque menace séparément. La Russie d’un côté. L’Iran de l’autre. La Corée du Nord dans un troisième dossier. Comme si ces crises n’étaient pas interconnectées. Comme si les drones qui tombent sur Kyiv n’avaient rien à voir avec les centrifugeuses qui tournent à Natanz.
Le calcul diplomatique de Zelensky
S’aligner avec Trump
La déclaration de Zelensky n’est pas seulement morale. Elle est aussi stratégique. En soutenant une éventuelle action contre le régime iranien, Zelensky s’aligne avec la politique étrangère de Trump. L’administration américaine actuelle considère l’Iran comme une menace prioritaire — peut-être même plus prioritaire que la Russie. En se plaçant du bon côté de cette ligne, Zelensky rappelle à Washington que l’Ukraine n’est pas seulement un bénéficiaire de l’aide américaine — elle est un allié stratégique dans un combat plus large contre les autocraties.
C’est de la diplomatie en temps de guerre, dans sa forme la plus pure. Zelensky sait que le soutien américain est la clé de la survie de son pays. Il sait que Trump est obsédé par l’Iran. En disant ce que Trump veut entendre sur l’Iran, il espère maintenir l’attention de Washington sur l’Ukraine. C’est du pragmatisme. Ce n’est pas de la capitulation. C’est la différence entre un leader qui navigue dans la tempête et un leader qui la subit.
On peut critiquer le calcul. On peut le trouver opportuniste. Mais quand votre pays est bombardé chaque nuit par des drones fabriqués avec de la technologie iranienne, l’opportunisme et la sincérité convergent. Zelensky ne dit pas ce que Trump veut entendre. Il dit ce qu’il pense. Et ce qu’il pense se trouve aligner avec ce que Trump veut entendre. Ce n’est pas de la flatterie. C’est de la convergence.
Le message à Moscou
En soutenant une action contre le régime iranien, Zelensky envoie aussi un message indirect à Moscou. Si l’Iran tombe — si le régime est affaibli ou renversé — la Russie perd son principal fournisseur de drones. Elle perd un allié stratégique au Moyen-Orient. Elle perd une pièce essentielle de son réseau de contournement des sanctions. L’affaiblissement de l’Iran affaiblirait mécaniquement la Russie. Et Zelensky le sait.
C’est une vision géopolitique qui dépasse le cadre ukrainien. Zelensky ne pense pas en termes de guerre russo-ukrainienne. Il pense en termes de confrontation globale entre les démocraties et les autocraties. Et dans cette confrontation, affaiblir un maillon de la chaîne autocratique affaiblit toute la chaîne. Les drones iraniens qui ne seront plus fabriqués sont des drones qui ne tomberont plus sur Odessa.
L'Iran nucléaire : la menace derrière la menace
L’échec des négociations de Genève
Les pourparlers de Genève entre les États-Unis et l’Iran sur le programme nucléaire ont échoué cette semaine. L’Iran refuse de suspendre son enrichissement d’uranium, qui atteint désormais des niveaux proches du seuil militaire — 60% d’enrichissement, alors que 90% est nécessaire pour une bombe. L’écart se réduit. Le temps presse. Et chaque jour qui passe rapproche Téhéran de la capacité de produire une arme nucléaire.
Zelensky a souligné que la voie diplomatique reste préférable. Mais il a aussi reconnu la réalité : si la diplomatie échoue — et elle semble échouer — des options plus musclées pourraient devenir nécessaires. C’est un calcul que l’Ukraine connaît intimement. Les accords de Minsk étaient censés apporter la paix dans le Donbas. Ils ont apporté huit ans de statu quo pendant lesquels la Russie a préparé son invasion. La diplomatie sans la menace de la force n’est pas de la diplomatie — c’est du théâtre.
L’Iran enrichit son uranium. La diplomatie patine. Et le monde regarde en espérant que le problème se résoudra tout seul. L’Ukraine a vécu exactement ce scénario. Elle sait comment il se termine : par une invasion. Zelensky ne parle pas par idéologie. Il parle par expérience.
Les conséquences d’un Iran nucléaire
Un Iran nucléaire changerait fondamentalement l’équilibre des pouvoirs au Moyen-Orient et au-delà. L’Arabie saoudite lancerait probablement son propre programme nucléaire. La Turquie aussi. L’Égypte peut-être. Le Traité de non-prolifération nucléaire — déjà fragilisé — s’effondrerait. Et un régime théocratique qui fournit des armes à la Russie, au Hezbollah, au Hamas et aux Houthis disposerait de l’arme ultime de chantage.
Pour l’Ukraine, un Iran nucléaire aurait des conséquences directes. Un Iran protégé par la bombe serait intouchable. Il pourrait fournir des armes à la Russie sans craindre de représailles. Il pourrait escalader son soutien — des drones aux missiles balistiques plus avancés, voire des technologies encore plus destructrices. La bombe iranienne ne menace pas seulement Israël. Elle menace l’Ukraine. Elle menace l’Europe. Elle menace l’ordre international tout entier.
Les réactions internationales : entre prudence et approbation
Washington approuve discrètement
L’administration Trump n’a pas commenté directement la déclaration de Zelensky. Mais le signal est reçu. Washington voit en Zelensky un allié qui comprend la menace iranienne et qui est prêt à la nommer. Dans un monde où trop de dirigeants pratiquent l’ambiguïté stratégique, la clarté de Zelensky est rafraîchissante pour une administration qui considère l’Iran comme l’ennemi numéro un au Moyen-Orient.
Et pourtant, cette clarté comporte des risques. En se positionnant aussi ouvertement contre l’Iran, Zelensky s’aliène potentiellement des pays qui maintiennent des relations avec Téhéran — la Chine, la Turquie, certains pays du Golfe. Des pays dont l’Ukraine pourrait avoir besoin dans les négociations de paix. La diplomatie est un jeu d’équilibre. Et chaque prise de position ferme est un pas de plus loin du centre.
Zelensky prend un risque. Mais c’est un risque calculé. Il préfère avoir Washington fermement dans son camp plutôt que de ménager des capitales qui, de toute façon, n’ont jamais vraiment soutenu l’Ukraine. C’est le choix d’un leader qui sait que dans cette guerre, il y a des alliés essentiels et des alliés de façade. Et que les États-Unis sont l’allié essentiel.
L’Europe hésite, comme d’habitude
L’Europe, fidèle à elle-même, n’a pas réagi de manière unifiée. La France maintient sa ligne diplomatique traditionnelle — dialogue avec Téhéran. L’Allemagne appelle à la retenue. Le Royaume-Uni se rapproche de la position américaine. Et les pays d’Europe de l’Est — Pologne, pays baltes, République tchèque — comprennent intuitivement ce que Zelensky dit : les autocraties qui s’entraident doivent être confrontées ensemble, pas séparément.
L’absence de réponse européenne unifiée est symptomatique d’un problème plus large. L’Europe n’a pas de politique étrangère commune digne de ce nom. Elle a 27 politiques étrangères qui tentent de se coordonner, avec des résultats variables. Sur l’Iran comme sur la Russie, l’Europe parle d’une voix quand les choses vont bien et de 27 voix quand les choses se compliquent.
Les leçons de l'histoire : quand la complaisance a un prix
Le précédent des accords de Minsk
L’Ukraine a vécu dans sa chair ce qui se passe quand la communauté internationale choisit la diplomatie molle face à un régime agressif. Les accords de Minsk de 2014 et 2015 étaient censés mettre fin au conflit dans le Donbas. La France et l’Allemagne en étaient garantes. La Russie avait signé. Et pendant huit ans, pendant que le monde se félicitait du processus diplomatique, Moscou armait les séparatistes, infiltrait ses troupes et préparait l’invasion de 2022. Les accords de Minsk n’ont pas empêché la guerre. Ils l’ont rendue plus meurtrière en donnant à la Russie le temps de se préparer.
Et pourtant, face à l’Iran, le monde reproduit exactement le même schéma. Des négociations qui traînent. Des concessions qui ne mènent nulle part. Des lignes rouges qui sont franchies puis redessinées un peu plus loin. Le JCPOA de 2015 — l’accord sur le nucléaire iranien — devait empêcher Téhéran d’obtenir la bombe. L’Iran l’a contourné. Les États-Unis s’en sont retirés. Et aujourd’hui, l’enrichissement atteint des niveaux records. Zelensky voit le pattern. Parce qu’il l’a vécu.
L’histoire ne se répète pas, dit-on. Elle rime. Et les rimes entre le Donbas de 2014 et l’Iran de 2026 sont troublantes. Les mêmes espoirs diplomatiques. Les mêmes illusions de progrès. Les mêmes avertissements ignorés. Zelensky les reconnaît parce qu’il en porte les cicatrices. La question est : le monde les reconnaîtra-t-il avant qu’il ne soit trop tard ?
L’action comme responsabilité
Zelensky ne prône pas la guerre pour la guerre. Il prône la responsabilité. La responsabilité de ne pas laisser un régime qui arme des agresseurs, qui réprime son peuple et qui poursuit un programme nucléaire clandestin opérer en toute impunité. L’inaction face à l’Iran a un coût — un coût que l’Ukraine paie chaque nuit en drones et en missiles. Un coût que le peuple iranien paie en liberté confisquée. Un coût que le monde paiera en prolifération nucléaire si rien n’est fait.
La distinction entre le régime et le peuple n’est pas un simple exercice rhétorique. C’est une éthique de l’action. C’est dire qu’on peut être contre un système sans être contre un peuple. Que la solidarité avec les Iraniens exige précisément de confronter le régime qui les opprime. Zelensky le dit avec la clarté de quelqu’un qui sait que la neutralité face à l’oppression n’est pas de la sagesse — c’est de l’abandon.
La perspective ukrainienne : quand la guerre forge la vision du monde
L’Ukraine comme sentinelle
La guerre a transformé l’Ukraine. Pas seulement son paysage, ses villes, ses frontières. Elle a transformé sa vision du monde. Avant 2022, l’Ukraine était un pays tourné vers ses affaires intérieures — corruption, réformes, intégration européenne. Aujourd’hui, l’Ukraine est devenue une sentinelle — un pays qui voit les menaces globales avec une acuité que peu d’autres possèdent, parce qu’il les vit dans sa chair.
Zelensky ne parle pas de l’Iran comme un analyste de think tank qui rédige des policy papers dans un bureau climatisé. Il en parle comme un homme dont le pays est bombardé par des armes iraniennes. Sa perspective n’est pas théorique — elle est existentielle. Et c’est précisément pour cela qu’elle mérite d’être entendue.
L’Ukraine voit le monde différemment parce qu’elle le vit différemment. Elle voit les connexions que d’autres refusent de voir. Les drones iraniens sur Kyiv. Les obus nord-coréens dans le Donbas. Les sanctions contournées via Dubaï. Le système autocratique mondial qui fonctionne comme un réseau, pas comme des menaces isolées. L’Ukraine ne théorise pas. L’Ukraine témoigne.
Le droit moral de parler
Zelensky s’est donné le droit moral de parler de l’Iran en subissant les conséquences de l’Iran. Ce droit, peu de dirigeants peuvent le revendiquer. Les leaders occidentaux parlent de l’Iran depuis la sécurité de leurs capitales protégées. Zelensky en parle depuis un pays où les drones iraniens transforment des immeubles en ruines et des vies en statistiques.
C’est cette légitimité du vécu qui donne à ses mots un poids que les communiqués diplomatiques n’auront jamais. Quand Zelensky dit qu’une action contre le régime iranien est justifiée, il ne cite pas des rapports de renseignement. Il cite les cratères dans les rues de ses villes.
Conclusion : La cohérence d'un homme en guerre
Un choix limpide
Zelensky a fait un choix. Clair. Net. Sans ambiguïté. Il soutient une action contre le régime iranien. Pas contre les Iraniens. Contre le régime. Le régime qui fabrique les drones qui tuent ses citoyens. Le régime qui fournit les missiles qui frappent ses villes. Le régime qui alimente la machine de guerre russe tout en réprimant son propre peuple.
Cette position n’est pas populaire partout. Elle n’est pas diplomatiquement confortable. Mais elle est cohérente. Un leader dont le pays est bombardé par des armes iraniennes a non seulement le droit mais le devoir de dénoncer le régime qui les produit. Le silence serait de la complicité. Et Zelensky a prouvé, depuis quatre ans, qu’il ne choisit jamais le silence quand la vérité exige d’être dite.
Zelensky soutient l’action contre le régime iranien. Il le dit ouvertement, sans fioritures, sans ambiguïté diplomatique. Parce que les drones iraniens ne sont pas ambigus quand ils explosent. Parce que les victimes ne sont pas des concepts géopolitiques — ce sont des êtres humains. Et parce que la complaisance envers ceux qui arment votre ennemi n’est pas de la neutralité. C’est de la lâcheté.
Le monde des autocraties interconnectées
La déclaration de Zelensky nous oblige à voir ce que beaucoup préfèrent ignorer : les menaces ne sont pas compartimentées. La Russie, l’Iran, la Corée du Nord — ce n’est pas trois problèmes séparés. C’est un seul système. Un réseau d’autocraties qui se soutiennent mutuellement, échangent des armes, partagent des technologies, et coordonnent leur résistance à l’ordre international. Affaiblir un maillon affaiblit la chaîne entière. Ignorer un maillon renforce tous les autres.
L’Ukraine l’a compris. L’Occident ferait bien de l’entendre.
Signé Maxime Marquette
Encadré de transparence du chroniqueur
Positionnement éditorial
Ce texte est une analyse engagée, pas un reportage neutre. Je ne suis pas un journaliste au sens traditionnel du terme — je suis un chroniqueur indépendant qui assume ses prises de position. Mon positionnement est clair : je considère le régime iranien comme un acteur hostile qui alimente la guerre en Ukraine par ses livraisons de drones et de missiles à la Russie.
Méthodologie et sources
Les citations de Zelensky proviennent de son interview avec Sky News du 27 février 2026, relayée par Ukrinform et Kyiv Independent. Les informations sur les drones iraniens et le programme nucléaire proviennent de sources ouvertes multiples et de rapports d’organismes internationaux.
Nature de l’analyse
Cette chronique combine des faits vérifiés avec une analyse éditoriale personnelle. Les passages en italique représentent mes opinions et réflexions. L’analyse des motivations diplomatiques de Zelensky est mon interprétation personnelle et ne prétend pas refléter les intentions réelles du président ukrainien.
Sources
Sources primaires
Ukrinform — Zelensky: I would support operation against regime in Iran, not against people
Sources secondaires
Pravda — Zelensky backed the possibility of a military operation against Iran
Pravda — I would support an operation aimed against the regime in Iran, not against the people
Pravda USA — Zelensky said about a possible US military operation against Iran
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