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ANALYSE : La Chine piégée par Ormuz, quand frapper l’Iran, c’est viser Pékin
Crédit: Adobe Stock

90 pour cent d’un pays sous les bombes

Les importations chinoises de pétrole iranien ont augmenté de 400 pour cent entre 2021 et 2025. En quatre ans, la Chine est passée de client occasionnel à client quasi exclusif de l’Iran. Cette dépendance mutuelle fonctionne comme un mariage forcé par les sanctions : l’Iran ne peut vendre qu’à la Chine parce que personne d’autre n’ose défier Washington. La Chine achète à l’Iran parce que le brut iranien est moins cher — vendu avec un rabais de 10 à 15 dollars par baril par rapport aux prix du marché.

Ce rabais n’est pas un cadeau. C’est le prix de l’isolement. L’Iran vend à perte parce qu’il n’a pas le choix. La Chine achète avec plaisir parce qu’elle économise des milliards. Et pourtant, cette relation que les deux pays présentaient comme un partenariat stratégique vient de révéler sa fragilité. Le 28 février, quand les bombes tombaient sur les installations iraniennes, la Chine n’a pas envoyé de navires de guerre pour protéger ses livraisons. Elle n’a pas menacé de représailles économiques. Elle a commencé à chercher des fournisseurs alternatifs.

Le pétrole iranien pour la Chine, c’est comme l’eau du robinet pour un citadin. On n’y pense pas tant qu’elle coule. On ne réalise sa valeur que quand elle s’arrête. Le 28 février, le robinet iranien a commencé à se fermer. Et Pékin découvre que les alternatives coulent en dollars, pas en yuan.

Le yuan contre le dollar : la vraie guerre

Ce qui rend le pétrole iranien stratégiquement vital pour la Chine n’est pas son volume. C’est sa devise. L’Iran accepte le yuan. C’est l’un des rares producteurs de pétrole au monde à vendre en monnaie chinoise. Pour Pékin, chaque baril payé en yuan est une victoire dans la guerre silencieuse contre le pétrodollar — le système par lequel les États-Unis contrôlent le commerce énergétique mondial depuis l’accord avec l’Arabie saoudite en 1974.

Le pétrodollar fonctionne selon une logique simple : si tout le monde doit acheter du pétrole en dollars, tout le monde doit détenir des dollars. Ce qui crée une demande permanente pour la monnaie américaine. Ce qui permet aux États-Unis d’emprunter à des taux bas. Ce qui finance leur armée, leur dette, leur hégémonie. Chaque pays qui vend du pétrole en yuan est une fissure dans ce système. L’Iran était la plus grande fissure. Et pourtant, en le frappant, Washington ne fait pas que détruire des centrifugeuses. Il colmate cette fissure.

Encadré de transparence du chroniqueur

Positionnement éditorial

Cette analyse est rédigée par Maxime Marquette, chroniqueur indépendant publié sur MSN, Google News et Apple News. Je ne suis pas journaliste et ne prétends pas à la neutralité. Mon travail consiste à identifier les logiques stratégiques derrière les événements que les médias présentent comme isolés. Cette analyse assume que les frappes sur l’Iran ont une dimension anti-chinoise documentée par les propres institutions américaines.

Méthodologie et sources

Cette analyse s’appuie sur des données du CSIS, de Modern Diplomacy, de l’Energy Information Administration américaine, et de reportages de médias internationaux. Les chiffres sur les flux pétroliers, le commerce bilatéral et les capacités militaires proviennent de sources ouvertes vérifiables.

Nature de l’analyse

Il s’agit d’une analyse géoéconomique qui examine les frappes sur l’Iran à travers le prisme de la rivalité sino-américaine. Les projections concernant Taiwan et la transition énergétique chinoise sont des hypothèses analytiques fondées sur des données publiques, pas des prédictions.

Sources

Sources primaires

Modern Diplomacy — The Dragon’s Dilemma: China’s Strategic Playbook for a U.S.-Iran War

Modern Diplomacy — China’s Dependence on Iranian Oil: Strategic Leverage and Exposure

CSIS — What Do Strikes on Iran Mean for China, Russia, and North Korea?

Al Jazeera — What would blocking Strait of Hormuz mean for oil and LNG?

Sources secondaires

CSIS — The 2026 National Defense Strategy by the Numbers

Bloomberg — Can Iran Close the Strait of Hormuz? Oil Market Impact Explained

Iran International — China refiners turn to Russian oil as Iran faces rising uncertainty

Axios — Taiwan 2027: China’s target date for potential takeover fast approaches

Middle East Monitor — Iran, China and Russia sign trilateral stratégic pact

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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