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ANALYSE : L’axe CRINK fracturé. Comment Washington démonte l’alliance Pékin-Moscou-Téhéran, un allié à la fois
Crédit: Adobe Stock

Quatre pays, une convergence

Ce qui unit la Chine, la Russie, l’Iran et la Corée du Nord n’est pas une idéologie commune. Ce n’est pas le communisme. Ce n’est pas l’islamisme. Ce n’est même pas l’autoritarisme — la moitié des alliés de Washington sont des autocraties. Ce qui unit le CRINK, c’est un objectif partagé : mettre fin à l’hégémonie américaine. Chacun pour ses propres raisons. La Chine veut Taiwan et la domination économique mondiale. La Russie veut sa sphère d’influence en Europe de l’Est. L’Iran veut la survie de son régime et l’hégémonie régionale. La Corée du Nord veut la reconnaissance et la survie des Kim.

Séparément, aucun de ces pays ne peut défier Washington. Ensemble, ils créent ce que les stratèges appellent un problème multi-théâtres — la capacité de forcer les États-Unis à se battre sur plusieurs fronts simultanément. L’Ukraine en Europe. Le Moyen-Orient avec l’Iran. Le Pacifique avec la Chine. La péninsule coréenne avec Pyongyang. Quatre fronts. Un seul budget militaire américain. Et pourtant, cette alliance qui devrait terrifier Washington contient en elle-même les graines de sa propre destruction.

Le CRINK ressemble à une alliance. Il fonctionne comme une alliance. Mais c’est un mariage de convenance entre des pays qui se méfient les uns des autres autant qu’ils détestent Washington. Des documents russes fuités montrent que Moscou espionne l’Iran. La Chine traite la Corée du Nord comme un vassal embarrassant. Et l’Iran sait que ni Pékin ni Moscou ne lèveraient le petit doigt pour le sauver d’une frappe américaine. Le 28 février l’a prouvé.

Le commerce qui cimente — et qui expose

Les chiffres racontent l’histoire mieux que les discours. Le commerce Chine-Russie a atteint 245 milliards de dollars en 2024 — un record historique qui éclipse tous les autres échanges bilatéraux au sein du CRINK. Les importations chinoises de pétrole iranien ont augmenté de 400 pour cent entre 2021 et 2025. La Chine achète désormais plus de 90 pour cent des exportations pétrolières iraniennes — soit 1,38 million de barils par jour. C’est un lien de dépendance mutuelle qui fonctionne comme une artère : coupez-la, et les deux organismes souffrent.

Washington l’a compris. En 2025, les États-Unis ont sanctionné 84 pour cent des pétroliers impliqués dans le transport de brut iranien vers la Chine. Les livraisons ont chuté dans les derniers mois de l’année. Et pourtant, ce n’était que le début. Les frappes du 28 février ne visent pas seulement les installations nucléaires iraniennes. Elles visent l’infrastructure qui permet au CRINK de fonctionner comme un système économique intégré. Frapper l’Iran, c’est couper un câble dans le réseau.

Encadré de transparence du chroniqueur

Positionnement éditorial

Cette analyse est rédigée par Maxime Marquette, chroniqueur indépendant publié sur MSN, Google News et Apple News. Je ne suis pas journaliste et ne prétends pas à la neutralité. Mon travail consiste à identifier les patterns stratégiques que les médias grand public traitent comme des événements isolés. Cette analyse repose sur une lecture critique des sources disponibles et assume un positionnement éditorial clair : la politique étrangère américaine suit une logique de démantèlement systématique des alliances adverses.

Méthodologie et sources

Cette analyse s’appuie sur des publications du CSIS, des rapports du Pentagone, des analyses de Modern Diplomacy et des données économiques publiques. Les données sur le commerce CRINK et les flux pétroliers proviennent de sources ouvertes vérifiables.

Nature de l’analyse

Il s’agit d’une analyse géostratégique qui examine les frappes sur l’Iran dans le contexte plus large de la rivalité entre grandes puissances. Les projections concernant Taiwan et l’évolution du CRINK sont des hypothèses analytiques, pas des prédictions. L’objectif est d’offrir une grille de lecture qui connecte des événements que les médias présentent habituellement de manière fragmentée.

Sources

Sources primaires

CSIS — A New CRINK Axis of China, Russia, Iran and North Korea?

CSIS — What Do Strikes on Iran Mean for China, Russia, and North Korea?

CSIS — Unpacking the CRINK Axis

CSIS — The 2026 National Defense Strategy by the Numbers

Modern Diplomacy — The Dragon’s Dilemma: China’s Strategic Playbook for a U.S.-Iran War

Sources secondaires

Middle East Monitor — Iran, China and Russia sign trilateral strategic pact

Modern Diplomacy — China’s Dependence on Iranian Oil: Strategic Leverage and Exposure

Al Jazeera — What would blocking Strait of Hormuz mean for oil and LNG?

Axios — Taiwan 2027: China’s target date for potential takeover fast approaches

CSIS — CRINK Security Ties: Growing Cooperation, Anchored by China and Russia

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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