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ANALYSE : Les avions russes volent toujours sur des pièces occidentales — 300 intermédiaires, un mensonge mondial
Crédit: Adobe Stock

Les composants américains dans les avions russes

Le nom qui revient le plus dans l’enquête est Honeywell. Le géant américain de l’aérospatiale — basé à Charlotte, en Caroline du Nord — fabrique des composants utilisés dans pratiquement tous les types d’avions du monde. Ses produits se retrouvent dans les avions civils, les jets militaires, les hélicoptères. Et dans les avions russes. Le système inertiel HG2030 — qui permet la navigation sans GPS — et la station radio RTA-44D sont deux composants Honeywell identifiés dans les Tu-214 russes.

Honeywell ne vend pas directement à la Russie. La chaîne est plus subtile. Un intermédiaire chinoisRuida Flying Aviation Technology — achète un bouton-poussoir Honeywell le 18 juin 2024. Ce bouton est ensuite revendu à Aeroflot Technics — la filiale de maintenance de la compagnie aérienne russe, détenue majoritairement par l’État. La transaction viole les règlements européens, les contrôles d’exportation américains et les clauses de non-réexportation. Mais elle a lieu quand même.

Honeywell fabrique la pièce aux États-Unis. Un intermédiaire chinois l’achète. Il la revend à Aeroflot. Et l’avion russe décolle avec une pièce américaine dans ses entrailles. Quatre transactions. Trois pays. Un seul résultat : les sanctions ne fonctionnent pas. Pas parce qu’elles sont mal conçues. Parce que le réseau de contournement est mieux organisé que le système qui devrait l’empêcher.

Les autres fabricants impliqués

Ce n’est pas que Honeywell. L’enquête identifie des composants de Safran Aerosystems — le groupe français — notamment des contrôles de systèmes d’oxygène. Des pièces de Korry Electronics — un fabricant américain d’indicateurs lumineux. Des polymères d’ExxonMobil. Des plugs, bagues, huiles et câbles de PBS Velka Bites, un fabricant tchèque. Des métaux ferreux de Sourieu, un fabricant français de connecteurs.

Chacun de ces fabricants à des obligations légales de ne pas vendre à la Russie. Et aucun ne vend directement à la Russie. Mais leurs produits arrivent quand même en Russie. Parce que le système de contrôle des exportations repose sur la bonne foi des intermédiaires. Et la bonne foi, dans un marché de milliards de dollars, est une denrée rare.

Encadré de transparence du chroniqueur

Positionnement éditorial

Ce texte est une analyse engagée, pas un reportage neutre. Je ne suis pas journaliste. Je suis chroniqueur et j’assume mes prises de position. Mon positionnement est clair : je considère le contournement des sanctions aéronautiques comme une faille grave qui contribue directement à la capacité de guerre russe et donc aux souffrances ukrainiennes.

Méthodologie et sources

L’enquête principale provient de United24 Media, qui a analysé les données de livraisons entre avril 2024 et mars 2025. Les noms des sociétés intermédiaires, les fabricants et les destinataires russes sont tirés de cette enquête. Les informations sur les réglementations européennes et américaines sont des données publiques.

Nature de l’analyse

Cette chronique combine des faits d’enquête avec une analyse éditoriale personnelle. Les passages en italique représentent mes opinions et réflexions. Les conclusions sur l’efficacité des sanctions sont mon interprétation des données disponibles et ne prétendent pas représenter une analyse exhaustive du régime de sanctions.

Sources

Sources primaires

United24 Media — Russia’s Aircraft Still Fly on Western Parts. Here’s How — 27 février 2026

Sources secondaires

ArmyInform — In recent weeks, Ukraine’s Air Force has improved its performance — President — 27 février 2026

ArmyInform — Minus 1,280 occupiers, tanks and armored vehicles: Russian army losses — 27 février 2026

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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