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ANALYSE : Pourquoi frapper l’Iran sert tous les intérêts stratégiques de l’Occident
Crédit: Adobe Stock

Un slogan devenu raison d’État

« Marg bar Amreeka. » Mort à l’Amérique. Ce n’est pas un graffiti sur un mur. Ce n’est pas le cri d’un manifestant isolé. C’est un pilier fondateur de la République islamique d’Iran depuis 1979. Quarante-sept ans. Le slogan est scandé chaque vendredi dans les prières officielles. Il est crié dans les rassemblements d’État. Il est enseigné dans les écoles. Le 4 novembre — anniversaire de la prise de l’ambassade américaine — est un jour férié national officiellement nommé « Jour de la Mort à l’Amérique ». Un pays qui dédie un jour férié à souhaiter la mort d’un autre pays n’est pas dans la rhétorique. Il est dans la doctrine.

En novembre 2025, des parlementaires iraniens ont scandé « Mort à l’Amérique » dans l’hémicycle — pas dans la rue, dans le Parlement. En février 2026, quelques semaines avant les frappes, l’ayatollah Khamenei déclarait que les Iraniens avaient « le courage de scander Mort à l’Amérique » — comme si c’était une vertu nationale. Et à côté de « Mort à l’Amérique », il y a toujours eu « Mort à Israël ». La destruction de l’État hébreu n’est pas une opinion marginale en Iran. C’est une politique étrangère. C’est inscrit sur des missiles. C’est peint sur des murs officiels. C’est répété par le guide suprême depuis quatre décennies.

On peut débattre de la signification exacte du slogan. Le Pulitzer Center note que pour certains Iraniens, « Mort à l’Amérique » vise le gouvernement, pas le peuple. C’est possible. Mais quand un État inscrit ce slogan dans ses institutions, le finance avec son budget, le célèbre par un jour férié et le crie dans son Parlement — la nuance s’efface. À quel moment accepte-t-on qu’un pays qui répète depuis 47 ans qu’il veut notre mort le pense vraiment ?

Le peuple iranien — otage de son propre régime

Et pourtant, la réalité iranienne est plus complexe que le slogan. Un sondage GAMAAN publié en 2025 révèle que deux tiers des Iraniens souhaitent que leur gouvernement abandonne la rhétorique anti-israélienne. Deux tiers. La majorité du peuple iranien ne veut pas cette guerre. Ne veut pas ce slogan. Ne veut pas cette politique étrangère qui isole leur pays et appauvrit leurs familles depuis des décennies.

C’est la tragédie iranienne dans toute sa cruauté : un peuple cultivé, jeune, connecté au monde, pris en otage par un régime théocratique qui a fait de la haine de l’Occident sa seule légitimité. Les Iraniens qui manifestaient en 2022 sous le slogan « Femme, Vie, Liberté » ne criaient pas « Mort à l’Amérique ». Ils criaient le contraire. Ils voulaient rejoindre le monde. Et leur régime les a écrasés. Des centaines de morts. Des milliers d’arrestations. Et le slogan officiel a continué, plus fort que jamais, pour couvrir les cris de ceux qu’on tuait.

Encadré de transparence du chroniqueur

Positionnement éditorial

Ce texte est rédigé par Maxime Marquette, chroniqueur indépendant publié sur MSN. Je ne suis pas journaliste et ne prétends pas à la neutralité. Cette analyse examine les raisons stratégiques derrière les frappes occidentales sur l’Iran, du point de vue des intérêts occidentaux. Elle ne constitue ni une approbation ni une condamnation des frappes — elle vise à expliquer le calcul stratégique que les médias ne détaillent pas.

Méthodologie et sources

Cette analyse s’appuie sur des rapports du CSIS, de l’AIEA, du Pentagone, de l’American Enterprise Institute, de la Foundation for Defense of Democracies, de Heritage Foundation, d’Iran International, de Modern Diplomacy, du Pulitzer Center et de médias internationaux. Les données sur le programme nucléaire iranien proviennent des rapports officiels de l’AIEA. Les données sur le CRINK proviennent du programme dédié du CSIS.

Nature de l’analyse

Il s’agit d’une analyse stratégique qui expose les intérêts occidentaux servis par les frappes sur l’Iran. L’argument central — que l’opération sert simultanément cinq objectifs stratégiques (nucléaire, CRINK, proxys, Ormuz, Taïwan) — est une interprétation éditoriale fondée sur des données publiques et vérifiables. Le prix humain des frappes est reconnu et intégré à l’analyse.

Sources

Sources primaires

CSIS — A New CRINK Axis of China, Russia, Iran and North Korea?

Institute for Science and International Security — Analysis of IAEA Iran Verification Report, May 2025

Heritage Foundation — Defending Taiwan from an Invasion: Next Steps

Al Jazeera — What would blocking Strait of Hormuz mean for oil and LNG?

FDD — Chinese Coercion of Taiwan’s Energy Lifelines

Sources secondaires

Britain’s World — Is the CRINK in crisis?

Modern Diplomacy — China’s Dependence on Iranian Oil: Strategic Leverage and Exposure

The Hill — Don’t expect China and Russia to save Iran

Foreign Policy — Ayatollah Khamenei’s Politics of Martyrdom

AEI — The Deafening Silence of Iran’s Proxies

Steptoe — CRINK: The Strategic Limits of the New Axis of Upheaval

Pulitzer Center — What Does ‘Death to America’ Really Mean?

Iran International — Khamenei says Iranians have courage to chant ‘death to America’

Human Security Centre — The 2026 U.S. National Defense Strategy: It’s Still About China and Taiwan

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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