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ANALYSE : Quand l’Iran frappe le coeur de la puissance américaine au Moyen-Orient
Crédit: Adobe Stock

Des missiles que personne n’attendait

L’Iran a utilisé un mélange de vecteurs qui a pris de court les défenses américaines. Des missiles balistiques à moyenne portée de la famille Shahab et Emad, capables d’atteindre n’importe quel point du Golfe en moins de dix minutes. Des missiles de croisière Soumar, plus lents mais conçus pour voler à basse altitude et échapper aux radars. Et des drones Shahed-136, ces munitions rodeuses que Téhéran a perfectionnées en les fournissant par milliers à la Russie pour la guerre en Ukraine. La combinaison des trois types de vecteurs a créé ce que les experts appellent un dilemme de saturation : trop de menaces simultanées pour que les systèmes de défense puissent toutes les traiter.

Les systèmes Patriot PAC-3 déployés au Qatar et au Koweit ont intercepté la majorité des missiles balistiques. Le Koweit a confirmé que tous les missiles dirigés vers Al-Salem avaient été abattus. Mais les missiles de croisière, volant à quelques dizaines de mètres au-dessus de l’eau du Golfe, ont posé un autre problème. À Bahreïn, au moins un missile a percé les défenses. Aux Émirats, les débris d’un missile intercepté à basse altitude ont causé la mort d’un civil à Abu Dhabi. Et pourtant, l’Iran avait prévenu. Des responsables iraniens avaient déclaré publiquement, dès les premières frappes américaines, que la riposte serait proportionnelle et massive.

Le paradoxe de cette nuit, c’est que l’Iran a fait exactement ce qu’il avait promis. Il a frappé les bases d’ou les avions américains avaient décollé. La surprise n’est pas dans l’intention. Elle est dans la capacité. Téhéran a prouvé qu’il pouvait atteindre simultanément quatre pays. C’est une démonstration qui change l’équation stratégique pour une génération.

La saturation comme doctrine

La doctrine militaire iranienne repose depuis des décennies sur un principe simple : submerger l’adversaire. Ce que l’Iran n’a pas en précision, il le compense en volume. Les analystes du Center for Strategic and International Studies estimaient l’arsenal balistique iranien à plus de 3 000 missiles de différentes portées. Cette nuit, Téhéran en a utilisé une fraction. Le message est clair : ce n’était qu’un premier acte. Les Gardiens de la Révolution disposent encore de stocks massifs et de la capacité industrielle pour en produire davantage. La question n’est plus de savoir si l’Iran peut frapper les bases américaines. C’est fait. La question est de savoir combien de temps les défenses américaines peuvent tenir face à des salves répétées.

Il faut comprendre ce que signifie la saturation en termes concrets. Chaque batterie Patriot dispose d’un nombre limité de missiles intercepteurs. Chaque interception coute entre 3 et 6 millions de dollars. Un drone Shahed coute environ 20 000 dollars. L’arithmétique est impitoyable. Pour chaque dollar que l’Iran dépense en attaque, les États-Unis dépensent 150 à 300 dollars en défense. Cette asymétrie financière, que l’Ukraine connait bien face aux drones russes, devient maintenant une réalité américaine au Moyen-Orient.

Encadré de transparence du chroniqueur

Positionnement éditorial

Cette analyse est rédigée par Maxime Marquette, chroniqueur indépendant publié sur MSN, Google News et Apple News. Je ne suis pas journaliste et ne prétends pas à la neutralité. Mon travail consiste à analyser les événements avec un regard critique et à présenter les faits dans leur contexte le plus large. Je considère que la guerre est un échec politique et que les civils en paient toujours le prix le plus élevé, quel que soit le camp qui les utilise comme bouclier ou comme argument.

Méthodologie et sources

Cette analyse s’appuie sur des sources ouvertes : communiqués officiels des gouvernements concernés, agences de presse internationales (Reuters, AP, AFP), médias arabophones et anglophones, analyses d’experts militaires et de think tanks spécialisés. Les informations sur les systèmes d’armes proviennent de bases de données publiques (IISS, CSIS, Jane’s). Les chiffres sur le commerce pétrolier proviennent de l’Agence internationale de l’énergie.

Nature de l’analyse

Il s’agit d’une analyse militaire et géopolitique d’un événement en cours. Les informations disponibles au moment de la rédaction peuvent être incomplètes ou partiellement inexactes, comme c’est toujours le cas dans le brouillard de guerre. Les chiffres de victimes, d’interceptions et de dégâts seront révisés dans les heures et jours à venir. Cette analyse sera mise à jour en conséquence.

Sources

Sources primaires

Al Jazeera — Iran strikes US military bases across Gulf in retaliation for American attacks

Reuters — Iran launches missile barrage at US bases in Qatar, Bahrain, UAE and Kuwait

BBC News — Iran retaliatory strikes hit US bases across four Gulf nations

PBS NewsHour — Saudi Arabia condemns Iranian strikes on Gulf states, warns of grave consequences

Sources secondaires

CSIS — Iran’s missile capabilities and strategic implications for the Gulf

IISS — Military analysis of Iran’s retaliatory strikes on US bases

CNBC — Oil prices surge past $120 as Iran strikes US bases across Gulf

Foreign Policy — The war nobody wanted: Iran strikes back at US bases in the Gulf

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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