L’histoire d’un marché
L’alliance entre les monarchies du Golfe et les États-Unis remonte à la Seconde Guerre mondiale, quand Roosevelt rencontra le roi Ibn Saoud sur le USS Quincy en 1945. Le marché était simple : pétrole contre protection. Les Américains garantissaient la sécurité des monarchies. Les monarchies garantissaient l’approvisionnement en pétrole. Pendant des décennies, ce pacte a fonctionné. La Guerre du Golfe de 1991 en fut la démonstration la plus spectaculaire : les États-Unis envoyèrent 500 000 soldats pour libérer le Koweit de l’invasion irakienne.
Mais le pacte avait un prix caché. Chaque base américaine construite dans le Golfe représentait une cible potentielle. Chaque soldat américain stationné était un aimant à missiles. Et pourtant, tant que personne n’osait frapper ces bases, le prix restait théorique. Cette nuit, il est devenu concret. L’Iran a prouvé qu’il pouvait atteindre chacune de ces bases. Et les populations civiles qui vivent à proximité ont découvert que leur sécurité personnelle dépendait de décisions prises à Washington et à Téhéran, pas à Doha ou Abu Dhabi.
Le roi Ibn Saoud pensait acheter une assurance-vie. Ses héritiers découvrent qu’ils ont aussi acheté une police de risque. La protection américaine protège contre certaines menaces. Mais elle en crée d’autres. Et cette nuit, les menaces créées ont rattrapé les menaces évitées.
Les chiffres de la dépendance
La présence militaire américaine dans le Golfe est colossale. Plus de 45 000 soldats répartis dans six pays. Al Udeid au Qatar : plus de 10 000 militaires. Al-Salem et Camp Arifjan au Koweit : environ 13 000. Al-Dhafra aux Émirats : plusieurs milliers. La 5e Flotte à Bahreïn : environ 7 000. Sans compter les navires de guerre en rotation permanente dans le Golfe Persique. Cette infrastructure militaire est si massive qu’elle a transformé certaines zones de ces pays en territoires fonctionnellement américains.
En échange, les pays du Golfe achètent des milliards de dollars d’armement américain. L’Arabie saoudite est le premier client de l’industrie d’armement américaine. Les Émirats viennent de signer un contrat pour des F-35. Le Qatar a commandé des F-15 avancés. Et pourtant, cette nuit, aucun de ces achats n’a empêché des missiles iraniens d’atterrir sur leur sol. Les systèmes Patriot ont intercepté la plupart des missiles — mais pas tous. Et les débris ont tué.
L'Arabie saoudite : le pivot silencieux
MBS entre deux feux
La réaction saoudienne est un chef-d’oeuvre d’ambiguïté calculée. Le prince héritier Mohammed ben Salmane a appelé chaque dirigeant du Golfe. Le communiqué officiel condamne fermement. L’Arabie saoudite offre toutes ses capacités. Mais un mot est absent de tous les communiqués : Iran. Riyad condamne les frappes. Riyad ne nomme pas directement le responsable. C’est de la diplomatie chirurgicale.
MBS joue une partie d’une complexité rare. D’un côté, la solidarité du Golfe exige qu’il condamne l’attaque contre ses voisins. De l’autre, l’accord de normalisation avec l’Iran, négocié sous l’égide de la Chine en 2023, est la pièce maitresse de sa politique régionale. Rompre avec Téhéran signifierait perdre cet acquis diplomatique. Rejoindre la guerre américaine contre l’Iran signifierait exposer l’Arabie saoudite aux mêmes frappes que celles qui viennent de toucher ses voisins. Et pourtant, rester neutre pendant que des missiles tombent sur des pays amis est une position de plus en plus difficile à tenir.
MBS a passé des années à construire l’image d’une Arabie saoudite indépendante, qui ne prend plus ses ordres de Washington. Cette nuit, il découvre que l’indépendance a un prix : quand vos alliés brûlent, rester silencieux vous rend complice. Parler vous rend cible. Il n’y a pas de bonne option.
Le fantôme d’Abqaiq
L’Arabie saoudite connait déjà le prix des missiles iraniens. En septembre 2019, des drones et des missiles de croisière — attribués à l’Iran — avaient frappé les installations pétrolières d’Abqaiq et de Khurais, réduisant la production saoudienne de moitié pendant des semaines. Les États-Unis n’avaient rien fait. Trump, alors président, avait tweeté que les États-Unis étaient prêts à répondre, puis était passé à autre chose. Ce souvenir hante MBS.
Si l’Iran décide de cibler les installations pétrolières saoudiennes dans cette nouvelle escalade, l’Arabie saoudite sera-t-elle protégée ? La réponse, après Abqaiq, est : pas nécessairement. Et pourtant, le royaume a dépensé des dizaines de milliards de dollars en systèmes de défense antimissile. Le paradoxe est cruel : plus l’Arabie saoudite est riche, plus elle a à perdre. Et plus elle a à perdre, plus elle est vulnérable au chantage d’un voisin qui n’a presque rien à perdre.
Les Émirats : le rêve de Dubai face aux missiles
Le mirage de l’invulnérabilité
Dubai s’est construite sur une promesse : être le lieu où le monde vient faire des affaires, vivre dans le luxe et se sentir en sécurité. Le Burj Khalifa, les iles Palm, le tourisme de masse, les zones franches — tout repose sur l’idée que Dubai est hors du conflit. Un havre au milieu d’une région instable. Ce matin, des explosions ont résonné dans la ville. Des résidents expatriés ont été réveillés par des sirènes. L’aéroport international — troisième mondial — est fermé.
L’impact sur l’image de marque des Émirats est potentiellement dévastateur. Dubai attire des millions de touristes et des milliards d’investissements parce qu’elle est perçue comme sûre. Un seul mort civil. Quelques explosions. Et cette perception peut basculer. Les compagnies d’assurance réévaluent déjà leurs primes. Les investisseurs calculent leurs risques. Et les expatriés — qui représentent 88 % de la population des Émirats — se demandent s’ils sont au bon endroit.
Dubai a vendu au monde l’idée que l’argent pouvait acheter la sécurité. Que les gratte-ciels suffisamment hauts étaient au-dessus des guerres. Ce matin, un débris de missile est retombé sur un quartier résidentiel d’Abu Dhabi. L’argent n’achète pas la paix. Il achète du temps. Et le temps vient de s’écouler.
Le dilemme des expatriés
Les Émirats arabes unis comptent environ 10 millions d’habitants, dont seulement 1,2 million de citoyens émiratis. Le reste — 88 % — sont des travailleurs étrangers : Indiens, Pakistanais, Philippins, Occidentaux. Ces personnes vivent aux Émirats pour le travail et la qualité de vie. Elles n’ont aucun attachement politique au conflit irano-américain. Et elles n’ont aucune obligation de rester si la situation dégénère.
Un exode massif d’expatriés serait une catastrophe économique pour les Émirats. L’économie du pays repose sur cette main-d’oeuvre étrangère. Des secteurs entiers — construction, services, finance, tourisme — s’effondreraient. Et pourtant, si les missiles continuent de voler, combien resteront ? L’ambassade d’Inde, dont les ressortissants représentent environ 3,5 millions de personnes aux Émirats, a publié un communiqué recommandant la prudence. C’est un euphémisme diplomatique qui peut rapidement devenir un conseil d’évacuation.
Bahreïn : le maillon le plus faible
Un royaume sur une faille
Bahreïn est le cas le plus explosif du Golfe. Ce petit archipel de 1,5 million d’habitants est gouverné par la dynastie sunnite des Al Khalifa, alors que sa population est majoritairement chiite. La présence de la 5e Flotte américaine est perçue par une partie de cette population comme un instrument d’oppression. En 2011, lors des révoltes du Printemps arabe, les manifestants chiites avaient demandé des réformes démocratiques. La réponse fut l’envoi de troupes saoudiennes pour écraser le mouvement.
L’Iran a toujours considéré Bahreïn comme faisant partie de sa sphère d’influence naturelle. Des responsables iraniens ont historiquement qualifié Bahreïn de province iranienne. La population chiite bahreïnienne a des liens culturels et religieux profonds avec l’Iran. En frappant la 5e Flotte à Bahreïn, Téhéran envoie un message à deux destinataires : aux Américains, pour montrer que leur base navale est vulnérable. Et à la population chiite de Bahreïn, pour rappeler que l’Iran n’a pas oublié.
Bahreïn est un pays qui tient ensemble par la force et les alliances. La force saoudienne empêche la majorité chiite de gouverner. L’alliance américaine empêche l’Iran d’intervenir. Cette nuit, un missile a percé la deuxième barrière. Combien de temps avant que la première ne cède aussi ?
La rue bahreïnienne
Les autorités bahreïniennes ont imposé un couvre-feu immédiat après les frappes. Internet a été ralenti. Les médias locaux ont reçu des consignes strictes. Le pouvoir craint une chose plus que les missiles : la réaction de la rue. Si la population chiite perçoit les frappes iraniennes comme dirigées contre l’occupant américain plutôt que contre Bahreïn, la solidarité nationale que le gouvernement essaie de construire s’effondre. Et pourtant, les images du missile frappant la zone de la 5e Flotte circulent déjà sur les réseaux sociaux. Le contrôle narratif est une bataille perdue d’avance.
Le roi Hamad fait face à un choix impossible. Condamner l’Iran trop fort risque de provoquer sa propre population chiite. Ne pas condamner assez risque de perdre le soutien saoudien et américain. Et demander aux Américains de renforcer leur présence militaire risque de faire de Bahreïn une cible encore plus grande.
Le Qatar : l'équilibriste pris au piège
Le pays qui parlait à tout le monde
Le Qatar avait fait de sa politique de médiation universelle sa marque de fabrique. Parler aux Américains et aux Iraniens. Aux Israéliens et au Hamas. Aux Talibans et à l’OTAN. Ce petit émirat de 2,8 millions d’habitants assis sur les plus grandes réserves de gaz naturel liquéfié du monde s’était taillé un rôle de médiateur indispensable. Al Jazeera, sa chaine d’information, lui donnait une voix qui dépassait largement sa taille.
Mais la médiation suppose la neutralité. Et la neutralité suppose de ne pas héberger la plus grande base aérienne de l’un des belligérants. Al Udeid est une contradiction ambulante de la politique étrangère qatarie. Le Qatar veut être l’ami de tous. Mais quand des B-2 américains décollent de votre piste pour bombarder l’Iran, vous n’êtes plus l’ami de Téhéran. Vous êtes un co-belligérant. Et pourtant, le Qatar partage avec l’Iran le champ gazier de North Dome/South Pars. Détruire cette relation gazière serait un suicide économique.
Le Qatar a passé vingt ans à construire un réseau diplomatique où il était indispensable à tout le monde. Cette nuit, ce réseau s’est retourné contre lui. Quand vous êtes l’ami de tout le monde, vous êtes aussi la cible de tout le monde. La neutralité n’existe pas quand des missiles traversent votre espace aérien.
L’avenir d’Al Jazeera
La chaine Al Jazeera, financée par le Qatar, couvre les frappes iraniennes en temps réel. Mais son ton est soigneusement calibré. Ni trop pro-américain, ce qui aliénerait son audience arabe. Ni trop pro-iranien, ce qui mettrait le Qatar en danger diplomatique. La couverture médiatique de cette nuit illustre parfaitement le dilemme qatari : comment raconter une guerre qui se déroule sur votre propre sol sans prendre parti ?
Et pourtant, Al Jazeera est l’un des rares médias à avoir les ressources et l’accès pour couvrir tous les côtés du conflit. Son réseau de correspondants dans le monde arabe est inégalé. Si le Qatar est forcé de choisir un camp, Al Jazeera perdra cette capacité. Et le monde perdra une source d’information irremplaçable sur une région qui en a désespérément besoin.
Le Koweit : le silence comme stratégie
Le pays qui refuse de parler
Le Koweit a publié le communiqué le plus court et le plus vague de tous les pays touchés. Confirmation de l’interception. Appel au calme. Point final. Pas de condamnation nominative de l’Iran. Pas de déclaration de solidarité avec les États-Unis. Le Koweit fait ce qu’il fait le mieux depuis des décennies : se taire et espérer que la tempête passe.
Cette stratégie a ses limites. Le Koweit héberge 13 000 soldats américains. Il est le point de transit pour toutes les opérations terrestres américaines dans la région. En cas d’escalade, c’est par le Koweit que les renforts arriveraient. Se taire ne changera pas cette réalité. Le Koweit est géographiquement piégé — entre l’Irak au nord et l’Arabie saoudite au sud, à portée directe des missiles iraniens. Son silence n’est pas de la neutralité. C’est de la terreur silencieuse.
Le Koweit a été libéré par les Américains en 1991. Depuis, il paie cette dette en hébergeant des soldats. Trente-cinq ans plus tard, la dette se transforme en danger. Le libérateur est devenu l’aimant à missiles. Le sauveur est devenu le risque.
La mémoire de l’invasion
Les Kowitiens de plus de quarante ans se souviennent de l’invasion irakienne de 1990. Ils se souviennent des chars dans les rues. Des puits de pétrole en feu. De la terreur d’une occupation étrangère. Cette mémoire traumatique explique le lien profond avec les États-Unis. Mais elle explique aussi la peur viscérale de tout ce qui ressemble à un conflit militaire sur le sol kowitien. Les missiles de cette nuit ont réveillé des souvenirs que deux générations ont essayé d’oublier.
Et pourtant, le contexte est radicalement différent. En 1990, l’ennemi était l’Irak, un voisin immédiat qui avait envahi physiquement le pays. Aujourd’hui, l’ennemi potentiel est l’Iran, qui n’a pas envahi le Koweit mais qui vise les Américains présents sur son sol. La nuance est fondamentale mais difficile à expliquer à une population qui vient d’entendre des explosions.
L'économie du Golfe sous le choc
Le pétrole, le gaz, les marchés
L’impact économique des frappes iraniennes dépasse les frontières du Golfe. Le prix du pétrole a bondi de 15 % en quelques heures. Le gaz naturel a suivi. Les bourses du Golfe — qui n’ont pas encore ouvert ce matin — vont subir un choc massif. Les compagnies aériennes du Golfe, qui transportent des millions de passagers entre l’Asie et l’Europe, sont clouées au sol. Le fret maritime dans le Golfe Persique est à l’arrêt. Les assureurs ont classé toute la zone en territoire de guerre.
Les pays du Golfe dépendent encore massivement des revenus pétroliers. L’Arabie saoudite tire 60 % de ses revenus du pétrole. Le Koweit, 90 %. Si le détroit d’Ormuz devient impraticable, c’est toute l’architecture économique de la région qui s’effondre. Le paradoxe est que la hausse du prix du pétrole enrichit temporairement les producteurs — mais si le pétrole ne peut plus être expédié, la richesse reste dans le sol.
Le Golfe produit le pétrole. Le monde le consomme. Entre les deux, il y a un détroit de 34 kilomètres que l’Iran peut fermer. Cette nuit, Téhéran n’a même pas eu besoin de le bloquer. Il a suffi de quelques missiles pour que les assureurs, les armateurs et les compagnies aériennes fassent le travail eux-mêmes.
Vision 2030 en péril
Vision 2030, le plan pharaonique de MBS pour diversifier l’économie saoudienne, repose sur l’attraction de capitaux étrangers, le tourisme de masse et les méga-projets comme NEOM. Tout cela suppose un environnement stable et sûr. Des missiles qui tombent dans la région ne font pas partie du plan marketing. Les investisseurs étrangers que Riyad courtise — fonds de pension, banques d’investissement, géants technologiques — ont des comités de risque qui viennent de voir leur voyant rouge s’allumer.
La même logique s’applique aux Émirats et au Qatar. L’Expo 2020 de Dubai, la Coupe du monde 2022 au Qatar — ces événements étaient censés ancrer l’image de pays modernes, ouverts et sûrs. Un seul missile qui touche un quartier résidentiel peut défaire des années de branding. Et la question que les investisseurs se posent ce matin est simple : si ça recommence, est-ce que je reste ?
La question chinoise : le troisième joueur
Pékin observe et calcule
Dans l’ombre de cette crise, un acteur observe avec une attention particulière : la Chine. Pékin est le premier client pétrolier du Golfe. La Chine achète environ 40 % des exportations de pétrole saoudien et une proportion comparable du pétrole émirati et kowitien. L’accord de normalisation Iran-Arabie saoudite de 2023 était une victoire diplomatique chinoise. Si cet accord s’effondre sous les missiles, c’est un revers pour Pékin.
Mais la crise offre aussi une opportunité. Si les pays du Golfe commencent à douter de la capacité américaine à les protéger — et cette nuit leur donne de bonnes raisons de douter — ils pourraient se tourner vers la Chine comme partenaire de sécurité alternatif. Et pourtant, Pékin n’a ni la volonté ni la capacité de projeter une force militaire comparable à celle des États-Unis au Moyen-Orient. La Chine peut offrir du commerce. Elle ne peut pas encore offrir des systèmes Patriot.
La Chine regarde le Golfe brûler avec un mélange de préoccupation et d’opportunisme. Chaque missile iranien qui atterrit sur une base américaine affaiblit un rival. Mais chaque missile qui menace le détroit d’Ormuz menace aussi l’approvisionnement chinois. Pékin est pris dans le même piège que tout le monde : personne ne contrôle cette escalade.
Le corridor sino-golfe
La Route de la Soie maritime passe par le Golfe. Les investissements chinois dans la région se comptent en centaines de milliards. Huawei a construit les réseaux 5G de plusieurs pays du Golfe. Des entreprises chinoises participent aux méga-projets saoudiens et émiratis. Si la crise se prolonge, ces investissements sont en danger. Et si la Chine doit choisir entre l’Iran — son allié stratégique — et les monarchies du Golfe — ses partenaires commerciaux — le choix sera douloureux.
Ce matin, le ministère des Affaires étrangères chinois a publié un communiqué appelant au calme et à la retenue de toutes les parties. C’est le langage diplomatique le plus neutre possible. Mais la neutralité, dans une guerre qui affecte votre approvisionnement énergétique, a une date d’expiration.
Conclusion : Le Golfe après l'illusion
Les questions sans réponse
Ce matin, les dirigeants du Golfe font face à des questions qu’ils ont évitées pendant des décennies. Les bases américaines sont-elles une protection ou une cible ? La souveraineté peut-elle coexister avec une occupation militaire étrangère — même consentie ? Le modèle économique du Golfe — pétrole, tourisme, investissement étranger — peut-il survivre dans une zone de guerre ? Et surtout : si les États-Unis sont incapables de protéger leurs propres bases, comment peuvent-ils protéger les pays qui les hébergent ?
Ces questions n’ont pas de réponses simples. Mais elles ne peuvent plus être ignorées. Les missiles iraniens de cette nuit n’ont pas seulement frappé des installations militaires. Ils ont frappé les fondations de l’ordre sécuritaire du Golfe. Un ordre bâti sur la puissance américaine, le pétrole et l’illusion que la géographie pouvait être achetée.
Les monarchies du Golfe ont bâti des empires sur le sable. Du sable très riche, certes. Mais du sable. Cette nuit, des missiles ont rappelé que le sable tremble. Que les tours de verre sont fragiles. Et que la seule sécurité réelle, c’est celle qu’on construit soi-même. Le Golfe a sous-traité sa sécurité pendant quatre-vingts ans. Ce matin, la facture est arrivée.
L’aube d’un nouveau Golfe
Il est possible que cette nuit marque le début d’un réalignement fondamental. Que les pays du Golfe commencent à diversifier leurs alliances sécuritaires. Qu’ils investissent davantage dans leurs propres capacités de défense. Qu’ils reconsidèrent la présence militaire américaine sur leur sol. Et pourtant, le changement sera lent. Parce que la dépendance est profonde. Parce que les alternatives sont limitées. Et parce que, ce matin, le seul pays capable de défendre le Golfe contre l’Iran reste celui dont les bases viennent d’être bombardées.
Maintenant, vous savez. La souveraineté du Golfe n’a jamais été aussi théorique qu’en cette nuit où des missiles ont traversé le ciel de quatre nations sans que personne ne leur ait demandé la permission.
Signé Maxime Marquette
Encadré de transparence du chroniqueur
Positionnement éditorial
Cette analyse est rédigée par Maxime Marquette, chroniqueur indépendant publié sur MSN, Google News et Apple News. Je ne suis pas journaliste et ne prétends pas à la neutralité. Mon travail consiste à décrypter les rapports de force géopolitiques avec un regard critique. Je considère que la souveraineté des nations est un droit fondamental et que les populations civiles ne devraient jamais être les otages de conflits entre grandes puissances.
Méthodologie et sources
Cette analyse s’appuie sur des communiqués officiels des gouvernements du Golfe, des agences de presse internationales, des analyses de think tanks spécialisés (IISS, Chatham House, Carnegie Endowment), des données économiques publiques et des rapports sur la présence militaire américaine au Moyen-Orient.
Nature de l’analyse
Il s’agit d’une analyse géopolitique d’un événement en cours. Les informations disponibles sont susceptibles d’évoluer. Les positions diplomatiques des pays cités peuvent changer rapidement. Cette analyse reflète la situation au matin du 28 février 2026.
Sources
Sources primaires
Reuters — Saudi Arabia condemns Iranian strikes on Gulf states as sovereignty violation
Al Jazeera — Gulf states react to Iran’s missile strikes on US bases across the region
BBC News — Gulf sovereignty crisis deepens as Iran strikes US bases in four nations
Sources secondaires
Chatham House — The Gulf security architecture after Iran’s retaliatory strikes
Carnegie Endowment — Gulf states face sovereignty dilemma over US military bases
Financial Times — Gulf economies face uncertainty as Iran strikes send oil prices surging
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