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CHRONIQUE : Jour 1 465 — une guerre qui ne dort jamais, une Ukraine qui ne capitule pas
Crédit: Adobe Stock

Le port qui nourrit — et qui saigne

Odesa. Ville de marbre et de mer Noire, de passages couverts ottomans et de mémoire juive, de la célèbre Escalier Potemkine et des entrepôts qui longent les quais depuis des siècles. Cette nuit du 27 au 28 février, la Russie a frappé ses infrastructures portuaires. Des incendies. Des équipements endommagés. Des entrepôts détruits. Des conteneurs alimentaires en flammes. Le vice-Premier ministre ukrainien Oleksii Kuleba a confirmé les dégâts. Odesa est un port stratégique pour les exportations de céréales ukrainiennes — les mêmes céréales qui nourrissent des millions de personnes en Afrique et au Moyen-Orient. Frapper le port, c’est frapper une ligne de vie qui dépasse les frontières de la guerre russo-ukrainienne.

Depuis le début de l’invasion, Odesa a été frappée des dizaines de fois. Ses habitants dorment avec l’application d’alerte aux missiles sur leur téléphone. Les musées ont évacué leurs collections. Les cafés du bord de mer ont survécu à plusieurs saisons de guerre avec une obstination qui tient de l’acte de résistance. Mais chaque nuit de frappe laisse quelque chose en moins — des équipements, des infrastructures, des rêves de normalité. Un conteneur alimentaire en flammes à Odesa ne fait pas la une des journaux télévisés en Europe de l’Ouest. Il nourrit quand même moins de gens quelque part.

Il y a une carte mentale que j’ai construite au fil de ces 1 465 jours. Chaque ville ukrainienne y a une couleur. Odesa est rouge depuis le premier jour. Pas le rouge vif des urgences immédiates — le rouge sombre, persistant, de quelque chose qui couve et ne s’éteint jamais vraiment.

La centrale qui résiste — et le truc avec les fils électriques

À Energodar, ville occupée par la Russie depuis le début de l’invasion, se trouve la centrale nucléaire de Zaporizhzhia — la plus grande d’Europe. Ce samedi, les agences de presse russes ont rapporté qu’une trêve locale avait été établie autour de la centrale pour permettre la réparation de lignes électriques. C’est Rosatom, la société nucléaire d’État russe, qui l’a annoncé. La centrale, sous contrôle russe depuis mars 2022, fonctionne depuis au ralenti et en mode arrêt à froid, alimentée par des lignes de secours qui ont été endommagées plusieurs fois. L’Agence internationale de l’énergie atomique suit la situation de près depuis des mois, alertant sur le risque d’accident si l’alimentation électrique est coupée complètement.

Une trêve locale pour réparer des fils. Dans un monde normal, c’est une intervention technique banale. Dans cette guerre, c’est un moment qui retient le souffle de tout un continent, parce que derrière les fils électriques, il y a six réacteurs nucléaires. Et derrière les six réacteurs, il y a la mémoire de Tchernobyl. Personne ne le dit explicitement dans les communiqués officiels. Mais tout le monde y pense.

Encadré de transparence du chroniqueur

Positionnement éditorial

Cette chronique adopte le point de vue d’un observateur engagé qui considère l’invasion russe de l’Ukraine comme une agression illégale et injustifiable au regard du droit international. Ce positionnement n’est pas neutre — il est assumé et documenté. La chronique défend le droit de l’Ukraine à se défendre, le droit des peuples à l’autodétermination, et l’importance du soutien international à un pays qui résiste à une invasion armée. Elle critique les tentatives de normalisation de l’agression russe et les politiques qui contournent les sanctions pour maintenir des relations économiques avec Moscou.

L’auteur reconnaît la complexité humaine et géopolitique de ce conflit, notamment les victimes innocentes des deux côtés, les conséquences mondiales de la guerre, et les défis réels de la diplomatie dans ce contexte. La critique de certaines décisions ou acteurs ne doit pas être interprétée comme un manque de nuance, mais comme un engagement honnête avec des réalités difficiles.

Méthodologie et sources

Les faits rapportés dans cette chronique sont tirés des événements du jour 1 465 tels que documentés par Al Jazeera et les agences de presse AFP, Reuters, et les sources officielles ukrainiennes, russes, roumaines, ghanéennes, polonaises et européennes citées dans l’article original. Les chiffres (nombre de Ghanéens, montant du prêt FMI, estimations de reconstruction) proviennent de déclarations officielles. Aucun témoignage n’a été inventé. Les analyses et interprétations engagent la responsabilité de l’auteur.

La méthodologie de cette chronique privilégie la mise en perspective narrative de faits bruts, cherchant à humaniser des statistiques et à révéler les connexions causales entre des événements qui peuvent sembler distincts mais qui s’inscrivent dans le même tissu de cette guerre.

Nature de l’analyse

Cette chronique est un exercice de mise en récit d’une journée de guerre à travers le prisme d’un observateur engagé. Elle ne prétend pas à l’exhaustivité — une journée de guerre produit plus d’informations qu’un seul article ne peut en contenir. Elle cherche plutôt à capturer l’essentiel émotionnel et stratégique d’un jour parmi 1 465, à rappeler au lecteur que derrière chaque bulletin d’information, il y a des vies, des familles, des villages, et une résistance qui continue.

Sources

Sources primaires

Russia-Ukraine war: List of key events, day 1,465 — Al Jazeera, 28 février 2026

Romania scrambles jets, shoots down drone near Ukraine border — Reuters, 28 février 2026

IMF approves $8.1 billion loan for Ukraine — Reuters, 28 février 2026

Sources secondaires

Deadly drone strikes cloud US-brokered Russia-Ukraine talks in Geneva — Al Jazeera, 14 février 2026

Mapping Russian attacks and territorial gains across Ukraine — Al Jazeera, 24 février 2026

Ukraine war latest — The Kyiv Independent, 28 février 2026

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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