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CHRONIQUE : La nuit où le ciel du Golfe s’est déchiré
Crédit: Adobe Stock

Les téléphones qui ne répondent plus

La première chose que les gens ont faite, c’est appeler. Appeler leurs parents. Appeler leurs enfants. Appeler leurs amis. Et les réseaux ont saturé en quelques minutes. À Bahreïn, les lignes téléphoniques se sont effondrées. À Dubai, WhatsApp affichait une seule coche — message envoyé, pas délivré. Les gens envoyaient des messages à leurs proches sans savoir s’ils seraient lus. Des messages qui disaient je t’aime. Des messages qui demandaient es-tu en vie. Des messages qui ne recevaient pas de réponse.

Dans un immeuble de Juffair, le quartier de Bahreïn qui jouxte la 5e Flotte, une mère philippine a filmé ses trois enfants serrés sous la table de la cuisine. La vidéo, devenue virale en quelques heures, montre trois visages terrifiés. Le plus petit, un garçon d’environ quatre ans, demande en tagalog : pourquoi le ciel fait du bruit ? Sa mère ne répond pas. Elle filme. Parce que filmer, c’est peut-être la seule chose qu’elle peut faire. Et pourtant, cette vidéo de trente secondes raconte plus sur cette nuit que tous les briefings du Pentagone.

Un enfant de quatre ans sous une table de cuisine à Bahreïn demande pourquoi le ciel fait du bruit. Personne dans cette histoire — ni Trump, ni Khamenei, ni les généraux — ne lui doit des explications. Et pourtant, c’est lui qui paie. C’est toujours les enfants qui paient.

Les expatriés entre deux mondes

Les expatriés du Golfe vivent dans un espace étrange : ils habitent un pays qui n’est pas le leur, travaillent pour une économie qui ne les protège pas, et dépendent d’un visa qui peut être annulé à tout moment. Cette nuit, cette précarité est devenue physique. Les travailleurs indiens dans les camps de construction d’Abu Dhabi n’avaient nulle part où aller. Les infirmières philippines des hôpitaux de Dubai ont continué leur service pendant que le ciel explosait. Les chauffeurs de taxi pakistanais de Doha ont éteint leurs moteurs et ont attendu dans le noir.

Ces gens ne sont pas des acteurs de cette guerre. Ils n’ont pas voté pour Trump. Ils n’ont pas élu les Gardiens de la Révolution. Ils sont venus dans le Golfe pour envoyer de l’argent à leurs familles. Pour construire des immeubles, servir des repas, soigner des malades. Et cette nuit, ils sont devenus des dommages collatéraux potentiels d’un conflit entre deux pays qui ne connaissent même pas leurs noms.

Encadré de transparence du chroniqueur

Positionnement éditorial

Cette chronique est rédigée par Maxime Marquette, chroniqueur indépendant publié sur MSN, Google News et Apple News. Je ne suis pas journaliste et ne prétends pas à la neutralité. Mon travail consiste à donner une voix aux personnes ordinaires prises dans des événements extraordinaires. Les noms utilisés dans cette chronique sont fictifs pour protéger la vie privée des personnes, mais les situations décrites sont basées sur des témoignages réels publiés dans les médias.

Méthodologie et sources

Cette chronique s’appuie sur des témoignages publiés par des agences de presse, des vidéos partagées sur les réseaux sociaux, des reportages de correspondants sur place et des données publiques sur la démographie et l’économie du Golfe. Les détails techniques sur les systèmes d’armes proviennent de sources ouvertes.

Nature de l’analyse

Il s’agit d’une chronique narrative qui privilégie la perspective humaine sur un événement en cours. Les faits rapportés peuvent être incomplets. Les émotions décrites sont une tentative de rendre compte de ce que vivent des millions de personnes prises dans un conflit qu’elles n’ont pas choisi.

Sources

Sources primaires

Al Jazeera — Residents across Gulf describe night of terror as Iranian missiles struck

Reuters — Civilian killed in Abu Dhabi as missile debris falls on residential area

BBC News — Gulf residents share stories of fear and confusion during Iran’s missile strikes

Sources secondaires

The Guardian — Dubai airports closed as Gulf nations shut airspace after Iranian strikes

The New York Times — Millions of expats in Gulf face uncertainty after Iranian missile strikes

CNN — Video shows missile striking near US 5th Fleet base in Bahrain

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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