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ÉDITORIAL : Un drone russe sur le Charles de Gaulle quand Moscou crache sur la dissuasion de l’OTAN
Crédit: Adobe Stock

Décoder la langue des provocations russes

Comprendre ce qu’a fait la Russie dans le détroit de l’Øresund ce 28 février 2026 exige qu’on sorte du cadre étroit de l’incident technique pour entrer dans celui de la stratégie. Moscou pratique depuis des années ce que les analystes appellent la «guerre hybride» ou la «guerre grise» — des actions qui restent délibérément en deçà du seuil qui déclencherait une réponse militaire directe, mais qui accumulent la pression, testent les limites, cartographient les réactions. Envoyer un drone d’un navire de renseignement vers un porte-avions de l’OTAN dans des eaux souveraines alliées est un exemple classique de cette doctrine.

Le message est multiple. Il dit aux membres de l’OTAN : vos porte-avions ne sont pas hors de portée de nos capteurs, même dans vos propres eaux. Il dit à la Suède, le petit nouveau de l’Alliance : votre adhésion à l’OTAN ne vous immunise pas contre nos incursions. Il dit à la France : votre puissance navale, votre dissuasion nucléaire, votre engagement affiché en Europe de l’Est — nous les regardons de près. Et il dit à tous, simultanément : nous sommes encore là. Nous ne reculons pas. Vous devez compter avec nous, même quand vous préférez ne pas le faire.

Il y a dans cette provocation quelque chose qui révèle l’état d’esprit profond du Kremlin en ce début d’année 2026 : une conviction que l’Occident, fatigué, polarisé, tétanisé par ses propres divisions internes, n’est pas prêt à payer le prix d’une riposte ferme. Moscou teste. Et chaque test sans conséquence réelle nourrit le prochain test, légèrement plus audacieux.

La Baltique, nouveau terrain de confrontation

Le détroit de l’Øresund n’est pas n’importe quel bout de mer. C’est l’une des voies navigables les plus stratégiques d’Europe du Nord, le passage obligé entre la mer du Nord et la mer Baltique. Il longe la côte suédoise d’un côté, la côte danoise de l’autre. Il est encadré par deux membres de l’OTAN. Et c’est précisément dans cet espace que la Russie a choisi de faire voler son drone, depuis un navire qui n’avait pas à s’y trouver dans ces conditions. Ce n’est pas anodin. La mer Baltique est devenue, depuis l’invasion russe à grande échelle de l’Ukraine en février 2022 et l’adhésion consécutive de la Finlande et de la Suède à l’OTAN, un lac quasi intégralement entouré de pays de l’Alliance.

Moscou le vit comme un encerclement. Et Moscou, dans sa logique stratégique, répond à l’encerclement perçu par une politique d’affirmation agressive qui vise à démontrer que cet encerclement n’est pas étanche. Les câbles sous-marins endommagés, les sightings de drones au-dessus des installations militaires des pays baltes, les violations répétées des espaces aériens des voisins — tout s’inscrit dans ce schéma. L’incident du Zhigulevsk est la dernière manifestation d’une stratégie de harcèlement systématique qui n’est pas prête de s’arrêter.

Encadré de transparence du chroniqueur

Positionnement éditorial

Cet éditorial assume clairement un positionnement : l’auteur considère les provocations militaires russes dans les eaux et espaces aériens des pays de l’OTAN comme des violations délibérées qui exigent une réponse collective ferme. Ce positionnement est fondé sur l’analyse des faits documentés, du contexte géopolitique, et d’une lecture cohérente de la stratégie russe depuis 2022. Il ne préjuge pas des décisions politiques à prendre, mais évalue leur adéquation avec la situation réelle.

L’auteur reconnaît que la réponse suédoise à cet incident spécifique a été efficace. La critique porte sur l’absence de réponse stratégique collective de l’OTAN à l’accumulation des provocations russes dans la région baltique — une lacune documentée par de nombreux analystes et experts de sécurité.

Méthodologie et sources

Les informations factuelles de cet éditorial sont tirées des déclarations officielles du gouvernement suédois, des forces armées suédoises, des ministres français et de la réponse du Kremlin, telles que rapportées par Al Jazeera et l’Agence France-Presse. Les analyses stratégiques et géopolitiques engagent la responsabilité de l’auteur et s’appuient sur plusieurs années de suivi du conflit en Europe de l’Est et de la dynamique OTAN-Russie.

Aucun témoignage n’a été inventé. Toutes les citations rapportées sont tirées de sources officielles vérifiables. Les déclarations russes sont rapportées avec le scepticisme analytique qu’impose leur historique de déni systématique face aux faits documentés.

Nature de l’analyse

Ce texte est un éditorial au sens plein du terme : une prise de position argumentée, fondée sur des faits, qui propose une lecture critique d’un événement d’actualité et de ses implications. Il ne prétend pas à la neutralité — un éditorial, par définition, n’est pas neutre. Il prétend à la rigueur, à l’honnêteté et à la cohérence argumentative. Le lecteur est libre d’en tirer ses propres conclusions.

Sources

Sources primaires

Sweden confirms Russian drone intercepted near French aircraft carrier — Al Jazeera, 28 février 2026

Swedish military confirms Russian drone flew near French aircraft carrier — Reuters, 28 février 2026

Sources secondaires

Deadly drone strikes cloud US-brokered Russia-Ukraine talks in Geneva — Al Jazeera, 14 février 2026

Poland detains suspected saboteurs amid fears of Russian hybrid warfare — Al Jazeera, octobre 2025

Ukraine war latest: Zelensky sees ‘window for peace’ — The Kyiv Independent, 27-28 février 2026

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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