Skip to content
ANALYSE : Le Golfe Persique au bord de l’asphyxie — quatre scénarios qui menacent l’économie mondiale
Crédit: Adobe Stock

Un passage obligé que rien ne remplace

Les chiffres donnent le vertige. Chaque jour, environ 17 à 18 millions de barils de pétrole transitent par le détroit d’Ormuz. C’est l’équivalent de la consommation quotidienne de la Chine, du Japon et de l’Inde réunis. Le gaz naturel liquéfié du Qatar — premier exportateur mondial — passe par là aussi. Les exportations pétrochimiques du Koweït, de Bahreïn, des Émirats : même route. Il n’existe aucune alternative viable à grande échelle. L’oléoduc Est-Ouest saoudien pourrait détourner une fraction du flux, mais il ne compenserait qu’une infime partie des volumes perdus en cas de blocage total.

Le couloir navigable lui-même est une absurdité géographique. Deux voies de circulation de trois kilomètres de large chacune, séparées par une zone tampon de trois kilomètres. Les tankers, ces mastodontes de 300 000 tonnes, y circulent comme des camions sur une route de campagne. À portée de missile des côtes iraniennes. À portée de vedette rapide. À portée de mine marine. La géographie a donné à l’Iran ce que la diplomatie ne lui a jamais accordé : un levier absolu sur l’économie mondiale.

On construit des gratte-ciel à Dubaï. On organise des Coupes du monde au Qatar. On signe des accords de paix à Bahreïn. Mais toute cette prospérité tient à un fil — un fil de trente-neuf kilomètres de large. Et ce fil, c’est l’Iran qui tient les ciseaux.

Le précédent oublié : la guerre des tankers

Ce n’est pas la première fois que le Golfe Persique se transforme en zone de guerre maritime. Entre 1984 et 1988, pendant la guerre Iran-Irak, les deux belligérants ont ciblé systématiquement les navires commerciaux. 451 navires ont été attaqués. Des tankers en flammes dérivaient dans le Golfe. Le pétrole brûlait à la surface de l’eau. Les États-Unis avaient fini par intervenir dans le cadre de l’opération Earnest Will, escortant les pétroliers koweïtiens rebaptisés sous pavillon américain. Le prix du baril avait bondi. Les primes d’assurance avaient explosé. Pendant quatre ans, le commerce mondial avait navigué sur un champ de mines — au sens littéral du terme.

La différence avec 2026? L’arsenal iranien n’a plus rien à voir. En 1984, l’Iran utilisait des vedettes rapides armées de roquettes et des mines artisanales. Aujourd’hui, le Corps des Gardiens de la révolution dispose de missiles balistiques anti-navires, de drones kamikazes navals, de sous-marins miniatures, de missiles de croisière à guidage terminal. L’Iran a passé quatre décennies à se préparer exactement à ce scénario. Et pourtant, la communauté internationale agit comme si la menace était abstraite. Comme si les missiles étaient en carton.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

facebook icon twitter icon linkedin icon
Copié!
Plus de contenu