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CHRONIQUE : L’hiver de la terreur — 34 000 munitions sur l’Ukraine, et ils sont toujours debout
Crédit: Adobe Stock

Qu’est-ce qu’une KAB, exactement

Il faut comprendre ce qu’est une bombe planante pour saisir l’ampleur de l’horreur. Une KAB, c’est une bombe sovietique des années 1960-1970. Un cylindre d’acier de 500 a 1 500 kilogrammes. A l’origine, elle etait concue pour etre larguee a basse altitude, en chute libre, sans précision particuliere. C’etait une arme de masse, pas de précision. La Russie a fait quelque chose de simple et de dévastateur : elle a visse un kit de guidage sur ces vieilles bombes. Des ailettes. Un GPS rudimentaire. De quoi les transformer en planeurs meurtriers, largues depuis des Su-34 a 40 où 60 kilometres de leur cible. L’avion n’a même pas besoin d’entrer dans l’espace aérien ukrainien. Il largue, il tourne, il rentre à la base. La bombe, elle, glisse en silence vers sa cible.

Le problème — et c’est le mot le plus faible qu’on puisse utiliser — c’est la précision. Ou plutôt l’absence de précision. Une KAB n’est pas un missile de croisiere. Elle ne frappe pas une fenetre au troisième étage. Elle frappe un quartier. Elle arrive avec la subtilite d’un immeuble qui s’ecroule. Quatorze mille six cents de ces bombes ont été larguees cet hiver sur les villes de première ligne. Kharkiv. Zaporizhzhia. Sumy. Kherson. Des villes où des gens vivent. Ou des gens essaient de vivre. Ou des gens font la queue pour acheter du pain pendant qu’une tonne et demie d’acier et d’explosifs glisse vers eux a 900 kilometrès à l’heure.

Et pourtant, on parle a peine des KAB dans les journaux occidentaux. On connait les drones Shahed parce qu’ils font un bruit de tondeuse a gazon dans les videos TikTok. On connait les missiles parce qu’ils frappent Kiev et que les cameras sont la. Mais les bombes planantes — ces monstrès sovietiques reconvertis en armes de terreur — restent dans l’angle mort. Quatorze mille six cents. En un seul hiver. C’est plus que le nombre total de bombes larguees sur Londres pendant le Blitz.

Les villes de première ligne : vivre sous les KAB

Kharkiv, deuxième ville d’Ukraine. Un million d’habitants avant la guerre. Aujourd’hui, ceux qui restent vivent dans un état de siege permanent. La ville est a 30 kilometres de la frontière russe. Les Su-34 larguent leurs KAB sans même risquer une egratignure. L’alerte retentit. Parfois, il reste 45 secondes. Parfois moins. On court. On descend. On se couche. On attend. L’explosion. Puis le silence. Puis les cris. Puis les sirenes. Puis on remonte. On compte les vivants. On cherche les autrès.

A Zaporizhzhia, la situation est la même. La plus grande centrale nucleaire d’Europe est à quelques dizaines de kilometrès. La ville recoit des KAB quotidiennement. Un immeuble residentiel de neuf étages a été coupe en deux le 14 janvier. Quatorze morts. Le batiment ressemblait à une maison de poupee ouverte — les chambres a coucher exposees, un rideau qui flottait au vent, un refrigerateur suspendu dans le vide au cinquième étage. Un refrigerateur. Avec les courses de la semaine dedans. Du lait, des oeufs, du fromage. Des choses normales dans un monde qui ne l’est plus.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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