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ANALYSE : L’Ukraine frappe la Russie là où ça fait mal — le timbre-poste
Crédit: Adobe Stock

L’occupation douce — plus efficace qu’un char d’assaut

On connaît l’expression « soft power ». Ce que fait la Russie dans les territoires occupés, c’est du « soft annexation » — une annexion douce, méthodique, qui ne fait pas de bruit. Les services postaux n’en sont qu’un rouage parmi d’autrès. Depuis 2014 en Crimée, et depuis 2022 dans les parties occupées de Donetsk, Louhansk, Zaporizhzhia et Kherson, la Russie a systématiquement démantelé l’infrastructure administrative ukrainienne pour la remplacer par la sienne.

Banques russes à la place des banques ukrainiennes. Programmes scolaires russes à la place des programmes ukrainiens. Tribunaux russes à la place des tribunaux ukrainiens. Passeports russes imposés aux citoyens ukrainiens. Et maintenant — depuis longtemps, en réalité — des bureaux de poste russes à la place des bureaux de poste ukrainiens. Chaque institution remplacée est un clou de plus dans le cercueil de la souveraineté ukrainienne sur ces territoires. Chaque formulaire en russe est une petite mort administrative.

On ne conquiert pas un territoire uniquement avec des armes. On le conquiert en changeant les panneaux de signalisation, les manuels scolaires, les formulaires administratifs. La Russie le sait. Elle l’a toujours su. La question est : combien de temps le monde mettra-t-il à le comprendre?

Les citoyens pris en étau

Pour les civils ukrainiens restés dans les territoires occupés — et ils sont des centaines de milliers — la réalité est d’une brutalité quotidienne. Pas la brutalité des bombes. Celle des files d’attente. Pour recevoir un colis d’un proche resté en territoire libre, il faut passer par le système postal russe. Pour envoyer une lettre, il faut utiliser un timbre russe. Pour retirer de l’argent, il faut une carte bancaire russe. Pour inscrire un enfant à l’école, il faut accepter le programme russe.

Ces gens n’ont pas choisi. Ils n’ont pas voté — malgré les référendums fantoches de septembre 2022. Ils vivent sous occupation, et chaque geste du quotidien leur rappelle que leur pays est en train d’être réécrit autour d’eux. La grand-mère de Kherson qui veut envoyer une carte d’anniversaire à sa petite-fille à Dnipro doit le faire avec un timbre à l’effigie d’un pays qui a bombardé son quartier. Le détail est petit. La violence est immense.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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