ANALYSE : L’Ukraine soutient les frappes contre l’Iran — solidarité calculée ou conviction profonde?
Un chiffre qui donne le vertige
57 000 drones Shahed. Il faut s’arrêter sur ce nombre. Le laisser résonner. 57 000, ce n’est pas une statistique. C’est une campagne industrielle de terreur. Chaque drone, conçu dans les usines iraniennes, porte en lui une intention précise : frapper l’infrastructure civile ukrainienne, épuiser les systèmes de défense aérienne, briser le moral d’un peuple qui refuse de plier. Chaque nuit, les Ukrainiens les entendent. Ce bourdonnement caractéristique, ce son de tondeuse à gazon qui annonce la mort. Les enfants de Kyiv, d’Odessa, de Kharkiv reconnaissent ce bruit dans leur sommeil.
Le régime iranien a nié pendant des mois. Puis il a admis des « transferts limités ». Puis les preuves se sont accumulées — débris portant des inscriptions en farsi, composants traçables jusqu’aux usines de la République islamique. 57 000 drones. Ce n’est pas un transfert limité. C’est une ligne de production dédiée à la destruction d’un pays souverain.
57 000. Essayez de compter jusqu’à 57 000. Vous n’y arriverez pas en une journée. Et pourtant, chaque unité de ce chiffre représente un moment où une famille ukrainienne a retenu son souffle dans un abri, en se demandant si le prochain impact serait le sien.
Au-delà des drones : un partenariat technologique
Mais l’histoire ne s’arrête pas aux Shahed. Comme l’a souligné Zelensky dans sa déclaration vidéo, l’Iran est passé du simple fournisseur au partenaire technologique principal de la Russie. Téhéran n’a pas seulement livré des drones. Il a transféré les technologies de fabrication, les plans de conception, les savoir-faire industriels qui permettent aujourd’hui à la Russie de produire ses propres drones sur son sol. La menace s’est enracinée. Elle s’est autonomisée.
En échange, Moscou a offert à Téhéran ce que le régime convoitait depuis des années : des avions de chasse Su-35, des systèmes de défense aérienne avancés, une protection diplomatique au Conseil de sécurité de l’ONU. Un troc macabre. Des drones contre des chasseurs. Des morts ukrainiens contre une couverture stratégique iranienne. Le marché de la mort fonctionne à merveille quand les victimes ne sont pas assises à la table des négociations.
La voix de Zelensky : entre conviction et calcul
Un message calibré au millimètre
Le 28 février, dans sa déclaration vidéo, Zelensky n’a pas improvisé. Chaque mot était pesé. « Bien que les Ukrainiens n’aient jamais menacé l’Iran, le régime iranien a choisi de devenir le complice de Poutine. » La phrase est construite comme un acte d’accusation. D’un côté, l’innocence ukrainienne — un pays qui n’a jamais eu de contentieux avec Téhéran. De l’autre, la trahison iranienne — un régime qui a choisi son camp, celui de l’agresseur.
Zelensky a ensuite franchi une ligne que peu de dirigeants européens osent franchir. Il a appelé à donner au peuple iranien la chance de se débarrasser d’un régime terroriste. Ce ne sont pas les mots d’un diplomate prudent. Ce sont les mots d’un homme qui a vu des immeubles résidentiels réduits en cendres par des engins portant la signature technologique de Téhéran. Ce sont les mots d’un président qui enterre ses citoyens chaque semaine.
Zelensky parle du peuple iranien comme il voudrait que le monde parle du peuple ukrainien. Avec cette même distinction fondamentale : un peuple n’est pas son régime. Les Iraniens qui manifestent dans les rues de Téhéran au péril de leur vie le savent. Les Ukrainiens qui résistent depuis trois ans le savent aussi.
La position délicate envers Washington
Mais derrière le discours moral se cache une équation politique complexe. L’Ukraine soutient une opération militaire menée par Donald Trump. Le même Trump qui a gelé l’aide militaire à l’Ukraine. Le même Trump qui a qualifié Zelensky de « vendeur ». Le même Trump qui a affiché une proximité troublante avec Vladimir Poutine. Les relations entre Kyiv et Washington sont au plus bas depuis le début de l’invasion. Et pourtant, sur l’Iran, Zelensky tend la main.
Ce n’est pas de la naïveté. C’est de la realpolitik dans sa forme la plus brute. Si les capacités militaires iraniennes sont dégradées par les frappes américano-israéliennes, c’est autant de drones en moins dans le ciel ukrainien. C’est autant de technologies en moins transférées à Moscou. C’est autant de nuits où les sirènes se tairont peut-être un peu plus tôt au-dessus de Kharkiv. L’ennemi de mon ennemi, dans ce cas précis, fait quelque chose d’utile — même si cet allié de circonstance vous a abandonné par ailleurs.
L'Iran, fournisseur officiel de la machine de guerre russe
De Téhéran aux ruines d’Odessa
Les drones Shahed-136, rebaptisés Geran-2 par les Russes, coûtent entre 20 000 et 50 000 dollars — une fraction du prix d’un missile de croisière. Leur efficacité réside dans le nombre. Quand vous en lancez des dizaines en une seule nuit, certains passent toujours à travers les défenses.
Les cibles ne sont pas militaires. Les centrales électriques de Dnipro. Les réseaux de chauffage de Kyiv en plein hiver. Les immeubles résidentiels d’Odessa. Terroriser, pas vaincre. Épuiser, pas conquérir. Chaque drone qui frappe un transformateur électrique en janvier, quand il fait moins 15 degrés, est une arme de souffrance de masse.
On peut débattre de géopolitique. On peut analyser les alliances. Mais quand une mère de Kharkiv serre ses enfants dans un appartement sans chauffage, sans électricité, sans eau, parce qu’un drone iranien a détruit la centrale qui alimentait son quartier — le débat s’arrête. Il ne reste que les faits. Et les faits sont iraniens.
Un partenariat qui viole le droit international
Le ministère ukrainien des Affaires étrangères l’a dit sans détour : la coopération militaire Iran-Russie constitue une « violation flagrante du droit international » qui « sape les efforts mondiaux pour restaurer la paix et la stabilité ». Les résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU interdisaient ces transferts. Les restrictions ont expiré en octobre 2023. Mais les livraisons avaient commencé bien avant.
Des équipes d’enquête de l’ONU ont documenté la présence de composants iraniens dans les débris. Des images satellites ont montré des cargaisons transitant par la mer Caspienne. Des services de renseignement occidentaux ont intercepté des communications confirmant les livraisons. Et pourtant, pendant des mois, la communauté internationale a traité ce dossier avec la prudence excessive de ceux qui préfèrent ne pas voir.
Deux peuples, un même combat
La solidarité des opprimés
Il y a dans la déclaration de Sybiha quelque chose qui dépasse la simple diplomatie. Quand le ministre dit « nous sommes toujours du côté du peuple iranien », il trace une ligne de solidarité entre deux peuples qui n’ont rien demandé. Les Ukrainiens n’ont pas demandé cette guerre. Les Iraniens n’ont pas demandé ce régime. Les premiers se battent contre une invasion extérieure. Les seconds se battent contre une oppression intérieure. Deux formes de la même tyrannie.
Les manifestations de 2022 en Iran — le mouvement « Femme, Vie, Liberté » — ont résonné en Ukraine. Mahsa Amini, morte pour avoir mal porté son voile. Des dizaines d’Ukrainiens, morts chaque jour pour avoir habité leur propre pays. La brutalité des Gardiens de la Révolution contre les manifestants. La brutalité de l’armée russe contre les civils. Les miroirs sont partout.
Deux peuples que tout sépare — la géographie, la langue, la culture, la religion — et que tout réunit : le refus de courber l’échine devant des régimes qui considèrent leurs citoyens comme du matériel jetable. La solidarité des opprimés ne se négocie pas. Elle se vit.
Le piège de la nuance
Certains observateurs ont soulevé une question morale légitime. Comment un pays victime de bombardements quotidiens peut-il soutenir des bombardements sur un autre pays? La question est formulée pour paraître raisonnable. Elle est en réalité profondément biaisée. Elle met sur un pied d’égalité les frappes ciblant des installations militaires d’un régime qui arme des agresseurs, et les frappes ciblant des maternités dans un pays agressé. Ce n’est pas la même chose. Ce n’est jamais la même chose.
L’Ukraine ne soutient pas la destruction pour elle-même. L’Ukraine soutient la neutralisation d’une source directe de sa propre destruction. Quand les usines de drones iraniennes sont hors service, ce sont des vies ukrainiennes qui sont épargnées. La morale abstraite des éditorialistes confortables se heurte ici à la morale concrète de ceux qui ramassent leurs morts chaque matin. Et pourtant, même dans cette position, Kyiv maintient la distinction entre le peuple et le régime. C’est plus que ce que font la plupart des capitales occidentales.
Le régime iranien : terroriser chez soi, armer à l'étranger
Un régime qui exporte la terreur
Le ministère ukrainien des Affaires étrangères a utilisé des mots précis : « Le régime iranien, avec ses agents, terrorise la région. » La formulation n’est pas diplomatique. Elle est accusatoire. Et elle est exacte. Le Corps des Gardiens de la Révolution finance et arme le Hezbollah au Liban, le Hamas à Gaza, les Houthis au Yémen, des milices pro-iraniennes en Irak et en Syrie. À cette liste s’ajoute désormais un client de poids : la Fédération de Russie.
Le modèle économique du régime est d’une simplicité glaçante. Réprimer à l’intérieur, exporter la violence à l’extérieur. Les milliards qui devraient aller aux infrastructures iraniennes, aux hôpitaux, aux universités, sont détournés vers des programmes balistiques et des usines de drones. Le peuple iranien vit sous des sanctions écrasantes. Le régime vit dans l’opulence des contrats d’armement. La corruption est si profonde qu’elle est devenue le système lui-même.
Et pourtant, la communauté internationale a longtemps traité le régime iranien comme un interlocuteur « difficile mais nécessaire ». Nécessaire pour qui? Pour les Ukrainiens qui ramassent des débris de Shahed dans les décombres de leurs écoles? Pour les Iraniens qui disparaissent dans les prisons du régime pour avoir posté un tweet?
Les occasions diplomatiques manquées
Le ministre Sybiha a rappelé un fait que beaucoup préfèrent ignorer : « Les autorités iraniennes avaient la possibilité d’éviter un scénario de force par les voies diplomatiques. » Téhéran a choisi la confrontation. Choisi de fournir des armes à Moscou. Choisi d’ignorer les avertissements. Chaque porte diplomatique ouverte a été claquée par un régime convaincu de son invulnérabilité.
Les négociations sur le nucléaire ont échoué. Les canaux de dialogue ont été rejetés. À chaque étape, le régime a fait le pari que la communauté internationale n’oserait pas agir. Que les lignes rouges seraient redessinées, encore et encore. Le 28 février 2026, ce pari s’est effondré.
La dimension stratégique : quand la géopolitique rencontre la survie
Un calcul froid derrière des mots chauds
Derrière le soutien moral de l’Ukraine se cache un calcul stratégique d’une logique implacable. Chaque usine de drones iranienne détruite, c’est une chaîne d’approvisionnement coupée. Chaque centre de recherche neutralisé, c’est un transfert technologique interrompu. Chaque installation militaire mise hors service, c’est un maillon de la machine de guerre russe qui se brise. L’Ukraine ne soutient pas ces frappes par idéalisme. Elle les soutient parce que sa survie en dépend en partie.
Les analystes militaires ukrainiens ont calculé l’impact potentiel. Si les capacités de production iraniennes sont significativement dégradées, la Russie devra compter davantage sur sa production domestique — une production qui, malgré les transferts technologiques, reste plus lente, plus coûteuse et de qualité inférieure. Les nuits de terreur ne s’arrêteront pas. Mais elles pourraient devenir moins fréquentes. Dans une guerre d’usure, chaque pourcentage compte.
La guerre a appris aux Ukrainiens une leçon que les capitales occidentales préfèrent ignorer : la morale et la stratégie ne sont pas incompatibles. Soutenir la destruction des usines qui fabriquent les instruments de votre propre destruction n’est pas un dilemme éthique. C’est de la légitime défense par procuration.
L’espoir d’un ciel plus calme
Zelensky l’a dit avec une franchise rare pour un chef d’État : il espère que la destruction des capacités militaires iraniennes réduira la menace des drones sur l’Ukraine. Ce n’est pas un espoir naïf. C’est un espoir arithmétique. Moins d’usines à Téhéran signifie moins de Shahed dans les hangars russes. Moins de Shahed signifie moins de nuits blanches pour les familles de Dnipro. Moins de nuits blanches signifie un peuple qui peut tenir un peu plus longtemps.
Mais la prudence reste de mise. La Russie a déjà commencé à diversifier ses sources d’approvisionnement en drones. La Corée du Nord fournit des munitions. La Chine fournit des composants. Et la production domestique russe, alimentée par les technologies iraniennes déjà transférées, continue de monter en puissance. Les frappes contre l’Iran pourraient ralentir la menace. Elles ne l’élimineront pas.
Trump, Zelensky et l'art de l'alliance impossible
Soutenir celui qui vous abandonne
La dimension la plus troublante de cette affaire est peut-être la plus humaine. Zelensky soutient une opération militaire lancée par l’homme qui a gelé l’aide américaine à l’Ukraine. Par l’homme qui a humilié la diplomatie ukrainienne dans le Bureau ovale. Par l’homme qui a suggéré que l’Ukraine devrait céder du territoire pour obtenir la paix. La pilule est amère. Et pourtant, Zelensky l’avale. Sans grimacer. Du moins publiquement.
C’est la realpolitik dans sa forme la plus brutale. On ne choisit pas ses alliés de circonstance. On les utilise. Si Trump affaiblit l’Iran, l’Ukraine en bénéficie. Peu importe que la motivation de Trump n’ait rien à voir avec la sécurité ukrainienne. Peu importe que Trump n’ait probablement pas pensé une seule seconde aux drones Shahed en ordonnant ces frappes. Le résultat, lui, ne demande pas d’intention. Il existe ou il n’existe pas.
Il y a une dignité particulière dans la capacité de mettre de côté les ressentiments personnels quand la survie de votre peuple est en jeu. Zelensky n’aime pas Trump. Tout le monde le sait. Mais Zelensky aime l’Ukraine plus qu’il ne déteste quiconque. C’est la différence entre un politicien et un chef de guerre.
Un message à Washington autant qu’à Téhéran
En soutenant les frappes, Zelensky envoie aussi un signal à Washington. Nous sommes un allié fiable. Nous ne sommes pas un fardeau — nous sommes un partenaire. À un moment où l’aide américaine fait l’objet de débats féroces au Congrès, chaque geste de solidarité est un investissement diplomatique.
Mais si les frappes tournent mal — victimes civiles massives, escalade régionale — l’Ukraine se retrouvera associée à un fiasco sans avoir eu aucune influence sur son déroulement. C’est le prix de la realpolitik : vous récoltez les bénéfices des succès auxquels vous n’avez pas contribué, mais vous portez le poids des échecs que vous n’avez pas causés.
La question morale : bombardé et bombardant
Le piège de l’équivalence morale
Posons la question frontalement. L’Ukraine, pays victime de bombardements quotidiens, a-t-elle la légitimité morale de soutenir des bombardements contre un autre pays? La réponse des critiques est prévisible : hypocrisie. La réponse des Ukrainiens est plus complexe — et plus honnête. Il n’y a pas d’équivalence morale entre des frappes ciblant des installations militaires d’un régime qui exporte la terreur, et des frappes ciblant des immeubles résidentiels dans un pays agressé.
Frapper une usine de drones qui produit des armes utilisées pour bombarder des civils n’est pas la même chose que frapper les civils eux-mêmes. Le droit international fait cette distinction. Le bon sens aussi. Ceux qui refusent de la voir ne pratiquent pas la nuance. Ils pratiquent l’aveuglement volontaire.
La question n’est pas : peut-on soutenir des frappes quand on est soi-même bombardé? La question est : peut-on rester silencieux quand celui qui fabrique les armes qui vous tuent est enfin confronté aux conséquences de ses actes? Le silence, dans ce cas, ne serait pas de la sagesse. Ce serait de la lâcheté.
L’Ukraine comme boussole morale involontaire
Sans le vouloir, la position ukrainienne expose les contradictions de l’Occident. L’Europe hésite, nuance, tempère. L’Ukraine tranche. Parce qu’elle ne peut pas se payer le luxe de l’ambiguïté. La clarté ukrainienne n’est pas un choix idéologique. C’est un impératif de survie.
Et cette clarté dérange. Elle dérange les chancelleries européennes qui préfèrent les communiqués aux actions. Elle dérange les analystes qui voudraient que la géopolitique reste un exercice intellectuel, déconnecté du sang de ceux qui la vivent.
Les mesures concrètes : au-delà des mots
Évacuation et protection des citoyens
La réaction ukrainienne ne s’est pas limitée aux déclarations. Kyiv a immédiatement émis des avertissements à ses citoyens présents en Iran, leur demandant d’évacuer. Même en soutenant les frappes, l’Ukraine pense d’abord à la protection de ses citoyens. Elle refuse de traiter les vies humaines comme des dommages collatéraux acceptables.
Parallèlement, Kyiv a renforcé ses sanctions contre les canaux logistiques russes dans les territoires occupés. Les services postaux russes vers les zones sous occupation ont été visés. L’Ukraine agit sur tous les fronts, pas seulement par la parole.
Pendant que les grandes puissances jouent aux échecs géopolitiques, l’Ukraine joue aux dames — chaque pion compte, chaque case conquise est une victoire, et chaque pion perdu est un être humain avec un nom, une famille, une histoire qui s’arrête.
Le front diplomatique
Le soutien aux frappes s’inscrit dans une offensive diplomatique plus large. L’Ukraine travaille depuis des mois à isoler l’Iran, en documentant les transferts d’armes, en partageant des renseignements avec ses partenaires, en plaidant pour des sanctions renforcées. Les frappes ne sont pas un événement isolé. Elles sont la conclusion logique d’un dossier construit pièce par pièce depuis plus de deux ans.
Les pays européens commencent à reconnaître l’ampleur du partenariat militaire Iran-Russie. Les sanctions européennes se sont multipliées. La pression diplomatique monte. Pas assez vite au goût des Ukrainiens. Mais elle monte.
Ce que le monde refuse de voir
L’axe de la complaisance
La vraie question n’est pas celle du soutien ukrainien aux frappes. C’est celle de l’inaction qui a rendu ces frappes nécessaires. Pendant des années, la communauté internationale a regardé l’Iran armer la Russie sans réagir. Les débris de Shahed se sont accumulés dans les rues ukrainiennes sans provoquer autre chose que des communiqués de condamnation. Le monde a choisi le confort de l’indignation verbale.
Et pourtant, l’action est venue. Pas de là où on l’attendait. Les frappes américano-israéliennes sont une solution imparfaite à un problème que la diplomatie a échoué à résoudre. Et l’Ukraine, victime directe de l’armement iranien, est peut-être le seul pays qui peut les soutenir avec une légitimité morale incontestable.
On voudrait que le monde soit simple. Que les bons soient d’un côté, les méchants de l’autre. Que la violence soit toujours condamnable, en toute circonstance, sans exception. Mais le monde n’est pas simple. Et quand un régime fabrique des armes pour détruire votre pays, la destruction de ces armes n’est pas de la violence. C’est de la survie.
Le prix du silence
Chaque mois de silence diplomatique a eu un coût. Un coût mesuré en vies humaines. En hivers sans chauffage. En enfants traumatisés par le bruit des drones. Ce coût, les capitales occidentales ne l’ont pas payé. Les Ukrainiens, oui. Chaque nuit. Depuis plus de trois ans.
Alors quand ces mêmes capitales questionnent la légitimité morale de l’Ukraine, il y a quelque chose d’obscène dans le reproche. Ceux qui n’ont rien fait pour arrêter les drones n’ont pas le droit de donner des leçons à ceux qui les reçoivent.
Conclusion : La liberté n'a pas de frontières
Un message qui résonne au-delà des bombes
« Liberté au peuple iranien. » Ces quatre mots, prononcés par un président en guerre, portent un poids que peu de déclarations diplomatiques atteignent. Parce qu’ils ne viennent pas d’un dirigeant confortable qui philosophe sur la liberté depuis un bureau climatisé. Ils viennent d’un homme dont le pays est bombardé chaque nuit. D’un homme qui sait ce que signifie la perte de liberté. D’un homme qui comprend, dans sa chair et dans celle de son peuple, que la liberté est indivisible.
L’Ukraine ne soutient pas les frappes contre l’Iran par opportunisme. Elle les soutient parce que le régime iranien a choisi de devenir un instrument de sa propre destruction. Elle les soutient parce que chaque usine de drones réduite en cendres est une nuit de sommeil récupérée pour une famille de Kharkiv. Elle les soutient parce que la solidarité entre les peuples opprimés n’est pas un slogan — c’est une question de survie.
Quand cette guerre sera finie — et elle finira — on se souviendra que l’Ukraine, au plus profond de sa souffrance, a trouvé la force de penser à un autre peuple opprimé. On se souviendra que Kyiv, sous les bombes, a tendu la main à Téhéran — pas au régime, mais au peuple. On se souviendra de ces quatre mots : liberté au peuple iranien. Et on se demandera pourquoi il a fallu que ce soit un pays en guerre qui les prononce.
Le silence après les drones
Ce soir, quelque part en Ukraine, une mère couchera ses enfants en espérant que le ciel restera silencieux. Que le bourdonnement des Shahed ne viendra pas troubler leur sommeil. Les usines iraniennes tournent un peu moins vite ce soir. Les stocks de drones sont un peu plus maigres. Le ciel est peut-être un tout petit peu moins menaçant.
Peut-être. Les Ukrainiens ont appris à ne pas trop espérer. Ils ont appris que la liberté se défend chaque jour, chaque nuit, à chaque sirène. Que personne ne viendra les sauver. Mais aussi qu’ils ne sont pas seuls. Quelque part en Iran, un autre peuple se bat pour la même chose. La liberté. Juste la liberté.
Maintenant, vous savez. La question : qu’est-ce que vous allez en faire?
Signé Maxime Marquette
Encadré de transparence du chroniqueur
Positionnement éditorial
Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur et analyste. Mon expertise réside dans l’observation et l’analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.
Je ne prétends pas à l’objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. Je prétends à la lucidité analytique, à l’interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d’offrir une lecture critique des événements.
Méthodologie et sources
Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et analyses interprétatives. Les informations factuelles présentées proviennent exclusivement de sources primaires et secondaires vérifiables.
Sources primaires : communiqués officiels des gouvernements et institutions internationales, déclarations publiques des dirigeants politiques, rapports d’organisations intergouvernementales, dépêches d’agences de presse internationales reconnues (Reuters, Associated Press, Agence France-Presse, Bloomberg News, Xinhua News Agency).
Sources secondaires : publications spécialisées, médias d’information reconnus internationalement, analyses d’institutions de recherche établies, rapports d’organisations sectorielles (The Washington Post, The New York Times, Financial Times, The Economist, Foreign Affairs, Le Monde, The Guardian).
Les données statistiques, économiques et géopolitiques citées proviennent d’institutions officielles : Agence internationale de l’énergie (AIE), Organisation mondiale du commerce (OMC), Fonds monétaire international (FMI), Banque mondiale, instituts statistiques nationaux.
Nature de l’analyse
Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une synthèse critique et contextuelle basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d’experts cités dans les sources consultées.
Mon rôle est d’interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques et économiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent dans le grand récit des transformations qui façonnent notre époque. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l’observation continue des affaires internationales et la compréhension des mécanismes stratégiques qui animent les acteurs globaux.
Toute évolution ultérieure de la situation pourrait naturellement modifier les perspectives présentées ici. Cet article sera mis à jour si de nouvelles informations officielles majeures sont publiées, garantissant ainsi la pertinence et l’actualité de l’analyse proposée.
Sources
Sources primaires
‘Freedom to the Iranian people’ — Kyiv voices support for US-led strikes on Iran — Kyiv Independent
Zelenskyy Responds to US-Israel Strikes on Iran — United24 Media
Ces sources ont été sélectionnées pour leur rigueur factuelle et leur couverture directe des événements du 28 février 2026. Le lecteur est invité à les consulter pour se forger sa propre opinion.
Sources secondaires
Iran’s drone supplies to Russia documented by international investigators — Reuters
Iran-Russia military cooperation: What we know about drone transfers — BBC News
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