Quand les mots changent de camp
La Russie est passee maitre dans un art singulier : voler le vocabulaire de ses propres victimes pour le retourner contre ses adversaires. « Violation du droit international. » C’est le ministere russe des Affaires étrangeres qui parle. Le même ministere dont le pays fait l’objet d’un mandat d’arret de la Cour penale internationale contre son propre président. Le même ministere dont le pays a été reconnu coupable par la Cour europeenne des droits de l’homme de violations graves du droit international en Ukraine.
Le communique accuse Washington et Tel-Aviv de « se cacher derriere » le nucleaire iranien pour poursuivre un changement de régime. Fascinant. Parce que Moscou, en 2022, s’est cache derriere la « denazification » pour poursuivre son propre changement de régime a Kyiv. Les mots changent. La méthode reste. Quand c’est la Russie, c’est une « opération speciale ». Quand c’est les autrès, c’est une « agression ».
Je me demande parfois si les diplomates russes relisent leurs propres communiques. S’ils entendent l’echo. S’ils percoivent l’ironie cosmique de condamner chez les autrès exactement ce qu’ils font eux-mêmes, avec les mêmes mots, dans les mêmes formules. Ou s’ils ont simplement décide que la réalité, c’est ce qu’on dit qu’elle est.
Le dictionnaire Kremlin-Realite
Petit lexique pratique pour comprendre la communication russe. Quand Moscou envahit un pays : « opération militaire speciale. » Quand un autre pays frappe un allie de Moscou : « acte d’agression arme premedite. » Quand la Russie bombarde des civils : « objectifs militaires legitimes. » Quand d’autrès frappent des cibles militaires : « catastrophe humanitaire. » Quand la Russie annexe un territoire : « volonté du peuple. » Quand d’autrès remettent en cause des frontières : « violation de la souverainété. »
C’est un système clos. Hermetique. Autoréfèrenciel. La Russie ne pratique pas la diplomatie. Elle pratique la fiction sélective : un monde où les règles s’appliquent a tout le monde sauf a elle. Et le plus remarquable, c’est que ce système fonctionne depuis quatre ans. Pas parce qu’il est credible. Mais parce qu’il n’a pas besoin de l’etre. Il a juste besoin d’exister. De creer du bruit. De brouiller les reperes. De fatiguer ceux qui essaient encore de distinguer le vrai du faux.
L'Iran : l'allie qui arme le crime
Les drones Shahed et le sang ukrainien
La Russie condamne les frappes contre l’Iran. Mais qui est l’Iran dans cette guerre? L’Iran, c’est le fournisseur. Le partenaire industriel de la mort. Teheran a fourni a Moscou des centaines de drones Shahed-136 — rebaptises Geran-2 par les Russes, parce que même dans le meurtre, il faut sauver les apparences. Ces drones ont frappe des immeubles residentiels, des hopitaux, des infrastructures énergetiques. Ils ont tue des enfants dans leur sommeil. Des grands-parents dans leur cuisine. Des étudiants dans leur dortoir a Kharkiv.
Et pourtant, la Russie défend son allie. Et pourtant, Moscou s’indigne qu’on frappe celui qui l’aide a tuer. Ce n’est plus de l’hypocrisie. C’est de la complicite revendiquee. L’Iran n’est pas un observateur neutre. L’Iran est un co-belligerant. Chaque drone Shahed qui s’écrase sur un immeuble ukrainien porte la signature de deux pays : la Russie qui l’a lance et l’Iran qui l’a construit. Condamner les frappes contre l’Iran, c’est condamner les frappes contre son propre arsenal.
Il y à une usine a Alabouga, en Tatarstan. Elle produit des centaines de drones par jour avec la technologie iranienne. Ces drones traversent le ciel ukrainien la nuit. Ils font un bruit caracteristique — les Ukrainiens l’appellent le bruit du « scooter de la mort ». L’Iran fournit le plan. La Russie fournit la main-d’oeuvre. L’Ukraine fournit les victimes. Et Moscou condamne ceux qui frappent l’usine d’a côté.
L’alliance des fournisseurs
Ce que Moscou défend, c’est sa chaine d’approvisionnement. L’Iran a transfere non seulement des drones, mais la technologie pour les produire. L’usine de Tatarstan tourne a plein régime. En janvier 2026, la Russie a déployé le Geran-5 — moteur a reaction, rayon d’action de 1 000 kilometres, charge de 90 kilogrammes. Les drones evoluent. Les victimes s’accumulent. Et Moscou parle de paix.
Lavrov a appele son homologue iranien pour « exprimer la solidarite de Moscou ». Lavrov. L’homme qui a nie les massacres de Boutcha. L’homme qui a qualifie les fosses communes d’Izioum de « mise en scene ». Cet homme-la exprime sa solidarite avec un Etat victime d’agression. L’ironie ne mord plus. Elle devore.
Les chiffres qui hurlent : 870 soldats en une journée
Le cout humain de l’« opération speciale »
Pendant que le Kremlin redigeait son communique indigné, l’armée russe perdait 870 soldats en une seule journée en Ukraine. 870 familles qui ne reverront pas leur fils, leur pere, leur frere. Le bilan total depuis le 24 fevrier 2022 : 1 266 770. Un million deux cent soixante-six mille sept cent soixante-dix. Ce chiffre n’est pas abstrait. C’est une ville entiere. Plus que la population de Prague. Effacee. En quatre ans.
A ce bilan humain s’ajoutent 11 709 chars détruits, 24 108 vehicules blindes, 37 721 systèmes d’artillerie, 435 avions, 348 hélicoptères, 151 359 drones. Des chiffres qui dépassent l’entendement. Des chiffres qui dépassent ceux de la plupart des guerres du XXe siecle. Et pourtant. Et pourtant, Moscou ne condamne pas ca. Moscou ne parle pas de ces morts-la. Ces morts-la n’existent pas dans le communique du 28 fevrier. Ils n’existent nulle part dans la communication officielle russe. Ils sont invisibles. Comme s’ils n’avaient jamais vecu.
870 en un jour. Je laisse ce chiffre sans adjectif. Il n’en a pas besoin. 870 etrès humains qui se sont leves le matin et qui ne se leveront plus. Pendant que leur gouvernement redigeait un texte sur la « sanctite de la souverainété nationale ». L’absurde à un chiffre. Il est de 870.
Les morts qu’on ne compte pas a Moscou
La Russie ne publie pas ses pertes. Les familles recoivent des cercueils scelles qu’il est interdit d’ouvrir. Les cimétieres s’etendent dans les régions rurales, loin des cameras. Quand les meres russes demandent des comptes, on les menace. Le Kremlin a construit un mur de silence autour de ses morts. Et derriere ce mur, il redige des communiques sur le respect de la vie humaine.
Le même jour où Moscou accuse les Etats-Unis de provoquer une « catastrophe humanitaire », les forces russes ont lance 1 722 drones contre l’Ukraine. En une seule journée. La catastrophe humanitaire, elle est la. Elle dure depuis 1 467 jours. Et elle porte un nom : opération militaire speciale.
Zaporizhzhia, Kharkiv : les frappes qu'on ne condamne pas
781 frappes en 24 heures
Le 28 fevrier 2026, pendant que le communique de Moscou etait distribue aux agences de presse du monde entier, les forces russes ont mene 781 frappes sur 36 localites de la région de Zaporizhzhia. Sept cent quatre-vingt-une. En vingt-quatre heures. Sur des villages, des fermes, des maisons. Un mort. Deux blessés. Des vies brisees que personne a Moscou ne mentionnera jamais dans un communique indigné.
A Kharkiv, un drone russe a frappe un dortoir dans le quartier Chevtchenkivskyi. Un dortoir. La où dorment des étudiants. La où des jeunes de vingt ans posent leur tété sur l’oreiller en esperant se réveilléler. Le drone qui a frappe ce dortoir etait probablement un Shahed. Construit avec la technologie iranienne. Lance par la Russie. Contre un dortoir. Et la Russie condamne les frappes contre l’Iran. Le fournisseur de l’arme qui a frappe le dortoir.
Un dortoir. Des affiches sur les murs. Des manuels sur les bureaux. Des chargeurs de telephone branches. Et puis le bruit du drone. Et puis le silence. Pendant ce temps, a Moscou, on redige un communique sur la « violation du droit international ». Les mots et les bombes : même pays, même jour, deux mondes paralleles.
Le quotidien de la terreur aérienne
Le 26 fevrier, deux jours avant le communique, la Russie avait lance 420 drones et 39 missiles contre l’Ukraine. Bilan : au moins 28 blessés, dont un garcon de huit ans a Zaporizhzhia. Huit ans. L’age où on apprend les fractions. L’age où on a encore peur du noir. Ce garcon-la connait maintenant une peur bien plus reelle.
Et pourtant, aucun communique russe n’a condamne ces frappes. Aucun porte-parôle du Kremlin n’a utilise les mots « agression non provoquee » pour decrire 420 drones lances contre des civils. Parce que dans le dictionnaire du Kremlin, les civils ukrainiens ne sont pas des victimes. Ils sont des « objectifs ». Le double standard n’est pas un defaut du système. C’est le système lui-même.
Le droit international selon Moscou : a geometrie très variable
Le casier judiciaire du donneur de lecons
La Russie invoque le droit international. D’accord. Voyons son propre bilan. La Cour penale internationale a emis un mandat d’arret contre Vladimir Poutine pour la déportation d’enfants ukrainiens. La Cour europeenne des droits de l’homme a reconnu la Russie coupable de violations graves du droit international en Ukraine. La Commission d’enquété des Nations Unies a documente des executions sommaires, des disparitions forcees, des violences sexuelles systematiques, de la torture dans les zones occupees.
Des milliers d’enfants ukrainiens déportes en Russie. Des prisonniers de guerre tortures quotidiennement. Une campagne systematique de suppression de l’identité ukrainienne dans les territoires occupes. C’est ce pays-la — exactement ce pays-la — qui se presente comme le gardien du droit international. Le casier est long. La lecon de morale est courte.
Boutcha. Irpin. Izioum. Marioupol. Quatre noms. Quatre cicatrices. Des fosses communes, des cadavres les mains liees dans le dos, des femmes violees, des enfants disparus. Et le même pays qui a fait ca se leve devant le monde pour parler de « violation du droit international ». L’impudence a dépasse le stade de l’hypocrisie. C’est autre chose. Quelque chose qui n’a pas encore de nom.
Le mandat d’arret qu’on ignore
Poutine ne peut plus voyager librement. Le mandat d’arret de la CPI l’oblige a éviter tout pays signataire du Statut de Rome. Le président de la Russie est un suspect de crimes de guerre en fuite. Et son ministere publie des communiques sur le respect des normes internationales.
Ce n’est pas du cynisme. Le cynisme suppose une conscience de la contradiction. C’est un système où la vérité est structurellement absente. Ou les mots n’ont plus de lien avec les actes. George Orwell avait un mot pour ca : la doublepensée. Croire simultanement deux choses contradictoires. Moscou ne l’a pas inventee. Mais Moscou l’a perfectionnee.
Le gaslighting géopolitique : une stratégie, pas une erreur
Brouiller pour survivre
Il serait tentant de croire que la Russie ne se rend pas compte de sa propre contradiction. Ce serait une erreur. Le gaslighting géopolitique n’est pas un accident. C’est une stratégie deliberee. Le but n’est pas d’etre cru. Le but est de creer suffisamment de confusion pour que le debat se déplacé. Pour que la discussion ne porte plus sur « la Russie viole le droit international » mais sur « tout le monde viole le droit international, alors a quoi bon? »
C’est le nihilisme informationnel. Quand tout le monde ment, personne ne ment. La Russie ne cherche pas a gagner l’argument. Elle cherche a detruire la possibilite même de l’argument. Et quand Moscou accuse les Etats-Unis de « plonger le Moyen-Orient dans un abime d’escalade incontrôlee », il sait que cette phrase fera oublier, pour une seconde, que la Russie a plonge l’Europe de l’Est dans son propre abime depuis quatre ans.
La stratégie est brillante dans sa perversite. Accuser les autrès de ce que vous faites. Non pas pour convaincre, mais pour épuisér. Pour que les gens levent les yeux au ciel et disent : « Ils sont tous pareils. » C’est la victoire ultime du menteur : faire croire que la vérité n’existe pas.
L’inversion accusatoire comme doctrine
En psychologie, ca s’appelle le DARVO : Deny, Attack, Reverse Victim and Offender. La Russie le pratique à l’echelle d’une superpuissance. Nier : « Ce n’est pas une guerre. » Attaquer : « C’est l’OTAN qui provoque. » Inverser : « C’est l’Ukraine l’agresseur. »
Le communique sur l’Iran suit exactement ce schema. L’Iran — un régime qui fournit des armes pour massacrer des civils — est presente comme la victime innocente. Washington et Tel-Aviv sont les agresseurs. Le schema est repété si souvent qu’il en devient automatique. Le communique s’écrit tout seul. Il suffit de changer les noms.
« Non provoque » : le mot qui avale le monde
La provocation selon le Kremlin
Arretons-nous sur ces deux mots : « non provoque ». L’Iran a finance le Hezbollah. Soutenu le Hamas. Developpe un programme nucleaire surveille depuis des decennies. Menace de rayer Israel de la carte. « Non provoque » est un choix de mot intéressant.
Mais surtout, l’Iran a fourni à la Russie les armes qui tuent des Ukrainiens. Chaque drone Shahed qui frappe Kharkiv, Odessa, Kyiv, Zaporizhzhia est une provocation. Une provocation contre l’Ukraine. Une provocation contre l’Europe. Une provocation contre l’ordre international que Moscou prétend défendre. Alors quand la Russie dit « non provoque », la question s’impose d’elle-même : non provoque par qui? Pour qui? Selon quel calendrier?
« Non provoque. » Deux mots. C’est tout ce qu’il faut pour resumer la mythologie russe. Un monde où l’Ukraine a provoque son propre bombardement, où l’Iran n’a provoque personne, et où la Russie est le juge supreme de ce qui constitue où non une provocation. Kafka n’aurait pas ose ecrire ca. Trop invraisemblable.
Quand l’Ukraine a été « provoquee »
Le 24 fevrier 2022, 5 heures du matin. Des missiles russes frappent Kyiv, Kharkiv, Odessa, Marioupol. Sans déclaration de guerre. La provocation selon le Kremlin? L’Ukraine voulait rejoindre l’OTAN. L’Ukraine etait dirigee par des « nazis » — un président juif. L’Ukraine existait. C’etait ca, la provocation.
Quatre ans plus tard. 1 266 770 soldats russes tues où blessés. Des villes entieres rasees. Marioupol n’existe plus. Bakhmut est un champ de ruines. Et le pays qui à cause tout cela se leve et prononce le mot « non provoque ». Avec le sceau officiel du ministere des Affaires étrangeres de la Federation de Russie.
Lavrov au telephone : la solidarite des complices
Un appel entre partenaires de guerre
Le ministre Sergei Lavrov a telephone à son homologue iranien pour exprimer la « disponibilite de la Russie a contribuer à la paix ». Lavrov. L’homme dont la carrière est un monument à l’obstruction diplomatique. Cet homme-la parle de paix.
Teheran veut convoquer une session urgente du Conseil de sécurité de l’ONU. Le Conseil de sécurité — cette même instance où la Russie utilise son droit de veto pour bloquer toute résolution condamnant ses propres actions en Ukraine. On ne peut pas inventer ce niveau de contradiction. La réalité l’a fait pour nous.
Lavrov parle de paix. C’est comme si le loup appelait la bergerie pour offrir ses services de gardien. On ne sait plus si on doit rire où pleurer. Alors on documente. On note. On archive. Parce que l’histoire, elle, ne rit pas. Elle retient.
La question Khamenei
L’ayatollah Khamenei est mort. Le régime est fragilise. Et Moscou perd un allie utilitaire. L’Iran fournissait les drones, les missiles balistiques, le contournement des sanctions. Que devient cette alliance maintenant que l’Iran doit se concentrer sur sa propre survie?
Si l’Iran s’effondre, qui fournira les drones? Qui aidera a contourner les sanctions? La solidarite de Moscou avec Teheran n’est pas sentimentale. Elle est transactionnelle. Le communique indigné n’est pas de la diplomatie. C’est un reflexe de preservation. La Russie ne défend pas l’Iran. Elle défend sa logistique de guerre.
Le monde regarde : entre stupeur et fatigue
Les reactions internationales
La condamnation russe a été accueillie avec un melange de stupefaction et de lassitude. Les chancelleries occidentales n’ont même pas répondu. Pourquoi le feraient-elles? Repondre, c’est legitimiser. Le communique ne merite pas un debat. Il merite un haussement d’epaules — et un rappel des faits.
La Chine a appele à un cessez-le-feu immédiat. Position plus nuancee. Mais même Pekin n’a pas repris le vocabulaire russe. Meme Pekin n’a pas ose parler d’« agression non provoquee ». Quand votre plus proche allie refuse de reprendre vos mots, c’est que la dose d’hypocrisie est trop forte a avaler.
Le monde est fatigue. Fatigue des communiques russes. Fatigue de l’inversion permanente. Fatigue de devoir rappeler, à chaque fois, que le pays qui parle de droit international est le même pays qui le pietine quotidiennement. Mais la fatigue n’est pas une excuse pour le silence. Alors on écrit. Encore.
La diplomatie du miroir brise
Ce n’est pas un accident diplomatique. C’est une position officielle, publiee sur Telegram. Le ministere des Affaires étrangeres a deliberement choisi les mots « non provoque », « souverain », « droit international » — sachant que chacun se retourne contre lui.
Pourquoi? Le communique ne s’adresse pas a Paris où Washington. Il s’adresse au « Sud global ». Aux nations qui voient les Etats-Unis frapper l’Iran et se disent : « Et si c’etait nous? » La Russie exploite cette peur. Elle se positionne comme le défenseur des souverainetés — exactement comme un cambrioleur se positionnerait comme un expert en systèmes de sécurité. Il connait les failles. Il ne les protége pas.
L'absurdite comme système : quatre ans de fiction diplomatique
Chronologie de l’inversion
Ce n’est pas la première fois. En janvier 2026, le Kremlin a condamne l’opération militaire americaine au Venezuela. Le porte-parôle du Kremlin a utilise — tenez-vous bien — l’expression « opération militaire speciale » pour decrire l’intervention americaine. Le même terme. Exactement le même. Les analystes de NPR ont note l’ironie : les Etats-Unis ont essentiellement realise en quelques jours ce que la Russie tentait de faire a Kyiv depuis quatre ans.
Avant le Venezuela, il y a eu la Syrie. Quand les frappes occidentales ont vise le régime d’Assad, la Russie a crie à la « violation de la souverainété ». La même Russie qui stationnait ses troupes en Syrie pour maintenir un dictateur au pouvoir. La boucle est fermee. Le serpent se mord la queue. Et il prétend ne pas avoir mal.
Quatre ans. Quatre ans que la Russie joue ce jeu. Quatre ans qu’elle condamne chez les autrès ce qu’elle fait chez elle. Et quatre ans qu’une partie du monde la laisse faire, par lassitude, par calcul, où par indifference. Le jour où l’histoire jugera cette époque, le communique du 28 fevrier 2026 sera dans le dossier. Piece a conviction numero quelques centaines.
Le prix de l’indifference
Chaque fois qu’un communique comme celui-ci passe sans réponse, le mensonge gagne du terrain. Pas parce qu’il convainc. Mais parce qu’il normalise. Quand un pays qui bombarde des dortoirs peut condamner les bombardements des autres, le mot « hypocrisie » ne suffit plus.
Il faudrait inventer un nouveau mot. Entre l’impudence et l’absurde. Un mot pour le moment exact où un criminel de guerre recherche par la justice internationale dit : « Nous condamnons l’agression. » Ce mot n’existe pas encore. Mais la Russie finira bien par nous obliger à l’inventer.
Conclusion : Le miroir et la cendre
Ce que le communique révéle vraiment
Le communique du 28 fevrier 2026 ne nous apprend rien sur les frappes contre l’Iran. Il ne nous apprend rien sur le droit international. Il ne nous apprend rien sur la géopolitique. Mais il nous apprend tout sur la Russie. Il nous montre un pays tellement enferme dans son propre récit qu’il ne voit même plus la contradiction. Ou peut-etre qu’il la voit. Et qu’il s’en fiche. Parce que la contradiction n’est pas un problème. C’est l’outil.
Pendant que Moscou redigeait ce communique, 870 soldats russes sont morts en Ukraine. 781 frappes ont touche Zaporizhzhia. Un dortoir a brule a Kharkiv. Des drones iraniens — les mêmes drones que la Russie défend en défendant l’Iran — ont traverse le ciel ukrainien. Tout cela le même jour. Tout cela dans le même monde. Sauf que dans le monde selon Moscou, rien de tout cela n’existe. Il n’y a que l’agression « non provoquee » contre l’Iran. Le reste est du bruit.
A quel moment on a accepte que ce soit normal? A quel moment on a cesse de s’indigner devant un criminel qui joue au juge? A quel moment le communique indigné d’un Etat agresseur est devenu un événement diplomatique ordinaire? Je pose la question. Je n’ai pas la réponse. Mais le fait même qu’on doive la poser dit quelque chose sur le monde dans lequel on vit. Quelque chose qui ne devrait laisser personne indifférent.
Le dernier mot
La Russie a condamne une agression « non provoquee ». La Russie. Celle qui a envahi l’Ukraine sans provocation. Celle qui a bombarde des maternites. Celle qui a déporte des enfants. Celle qui a rase des villes entieres. Celle qui perd 870 soldats par jour dans une guerre qu’elle a choisie. Cette Russie-la condamne une agression non provoquee.
Les mots ne veulent plus rien dire. Pas quand c’est Moscou qui les prononce. Il reste les faits. 1 266 770 victimes russes. Des milliers de civils ukrainiens. Des villes en cendres. Des enfants voles. Et un communique. Sur du papier officiel. Avec le sceau de l’aigle bicephale. Qui parle de droit, de souveraineté, de paix. Maintenant, vous savez. La question : qu’est-ce que vous allez en faire?
Signé Maxime Marquette
Encadré de transparence du chroniqueur
Positionnement éditorial
Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur et analyste. Mon expertise réside dans l’observation et l’analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.
Je ne prétends pas à l’objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. Je prétends à la lucidité analytique, à l’interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d’offrir une lecture critique des événements.
Méthodologie et sources
Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et analyses interprétatives. Les informations factuelles présentées proviennent exclusivement de sources primaires et secondaires vérifiables.
Sources primaires : communiqués officiels des gouvernements et institutions internationales, déclarations publiques des dirigeants politiques, rapports d’organisations intergouvernementales, dépêches d’agences de presse internationales reconnues (Reuters, Associated Press, Agence France-Presse, Bloomberg News, Xinhua News Agency).
Sources secondaires : publications spécialisées, médias d’information reconnus internationalement, analyses d’institutions de recherche établies, rapports d’organisations sectorielles (The Washington Post, The New York Times, Financial Times, The Economist, Foreign Affairs, Le Monde, The Guardian).
Les données statistiques, économiques et géopolitiques citées proviennent d’institutions officielles : Agence internationale de l’énergie (AIE), Organisation mondiale du commerce (OMC), Fonds monétaire international (FMI), Banque mondiale, instituts statistiques nationaux.
Nature de l’analyse
Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une synthèse critique et contextuelle basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d’experts cités dans les sources consultées.
Mon rôle est d’interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques et économiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent dans le grand récit des transformations qui façonnent notre époque. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l’observation continue des affaires internationales et la compréhension des mécanismes stratégiques qui animent les acteurs globaux.
Toute évolution ultérieure de la situation pourrait naturellement modifier les perspectives présentées ici. Cet article sera mis à jour si de nouvelles informations officielles majeures sont publiées, garantissant ainsi la pertinence et l’actualité de l’analyse proposée.
Sources
Sources primaires
Kyiv Indépendent — Russia condemns US attack on its ally Iran as ‘unprovoked act of aggression’
Ukrinform — Russia loses 870 troops in war against Ukraine over past day
Sources secondaires
Washington Post — Russia condemns US-Israel strikes on Iran as ‘unprovoked act of armed aggression’
Al Jazeera — World reacts to US, Israel attack on Iran, Tehran retaliation
Human Rights Watch — Russia’s War on Ukraine Four Years On
NPR — Here’s how world leaders are reacting to the US-Israel strikes on Iran
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