Skip to content
BILLET : La Russie condamne une agression « non provoquee » — sans rire
Crédit: Adobe Stock

Quand les mots changent de camp

La Russie est passee maitre dans un art singulier : voler le vocabulaire de ses propres victimes pour le retourner contre ses adversaires. « Violation du droit international. » C’est le ministere russe des Affaires étrangeres qui parle. Le même ministere dont le pays fait l’objet d’un mandat d’arret de la Cour penale internationale contre son propre président. Le même ministere dont le pays a été reconnu coupable par la Cour europeenne des droits de l’homme de violations graves du droit international en Ukraine.

Le communique accuse Washington et Tel-Aviv de « se cacher derriere » le nucleaire iranien pour poursuivre un changement de régime. Fascinant. Parce que Moscou, en 2022, s’est cache derriere la « denazification » pour poursuivre son propre changement de régime a Kyiv. Les mots changent. La méthode reste. Quand c’est la Russie, c’est une « opération speciale ». Quand c’est les autrès, c’est une « agression ».

Je me demande parfois si les diplomates russes relisent leurs propres communiques. S’ils entendent l’echo. S’ils percoivent l’ironie cosmique de condamner chez les autrès exactement ce qu’ils font eux-mêmes, avec les mêmes mots, dans les mêmes formules. Ou s’ils ont simplement décide que la réalité, c’est ce qu’on dit qu’elle est.

Le dictionnaire Kremlin-Realite

Petit lexique pratique pour comprendre la communication russe. Quand Moscou envahit un pays : « opération militaire speciale. » Quand un autre pays frappe un allie de Moscou : « acte d’agression arme premedite. » Quand la Russie bombarde des civils : « objectifs militaires legitimes. » Quand d’autrès frappent des cibles militaires : « catastrophe humanitaire. » Quand la Russie annexe un territoire : « volonté du peuple. » Quand d’autrès remettent en cause des frontières : « violation de la souverainété. »

C’est un système clos. Hermetique. Autoréfèrenciel. La Russie ne pratique pas la diplomatie. Elle pratique la fiction sélective : un monde où les règles s’appliquent a tout le monde sauf a elle. Et le plus remarquable, c’est que ce système fonctionne depuis quatre ans. Pas parce qu’il est credible. Mais parce qu’il n’a pas besoin de l’etre. Il a juste besoin d’exister. De creer du bruit. De brouiller les reperes. De fatiguer ceux qui essaient encore de distinguer le vrai du faux.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

facebook icon twitter icon linkedin icon
Copié!
Plus de contenu