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CHRONIQUE : Kharkiv — un missile russe efface l’Université des Arts Kotliarevsky, la guerre contre l’âme ukrainienne
Crédit: Adobe Stock

Deux bâtiments, une cible symbolique

Les détails techniques de la frappe sont précis. Le dortoir du 50, rue Myroslava Mysli a subi des dégâts structurels. Le bâtiment central, situé au 11 place de la Constitution, a vu ses fenêtres exploser sous l’onde de choc. Deux bâtiments touchés. Deux lieux de vie. L’un où les étudiants dorment. L’autre où ils apprennent. L’endroit où l’on rêve et celui où l’on crée. Le missile ne fait pas de distinction. Le missile ne discrimine pas entre un lit et un piano. Entre un oreiller et une partition de Chopin. Tout est une cible. Tout est un objectif militaire aux yeux de ceux qui ont lancé cette frappe depuis l’autre côté de la frontière — à trente kilomètres de là.

Trente kilomètres. C’est la distance qui sépare Kharkiv de la frontière russe. Trente kilomètres. Le temps de boire un café. Le temps de finir un chapitre. Le temps pour un missile de parcourir l’espace entre la haine et sa destination. À cette distance, il n’y a pas de marge d’erreur. Pas de confusion possible. Les coordonnées sont précises. Les opérateurs savent ce qu’ils visent. La place de la Constitution à Kharkiv n’est pas un terrain vague. C’est le coeur historique de la ville. Et l’Université des Arts Kotliarevsky y siège comme un phare culturel depuis des décennies.

Trente kilomètres. Je n’arrive pas à sortir ce chiffre de ma tête. Trente kilomètres entre la rampe de lancement et le pupitre d’un étudiant en violon. Trente kilomètres entre la décision de tuer et la note de musique qui ne sera jamais jouée.

Un acharnement qui a un nom

Ce n’est pas la première fois que l’Université Kotliarevsky est touchée. Déjà en 2022, lors des premiers mois de l’invasion, les bâtiments avaient subi des dommages : toiture endommagée, fenêtres brisées, canalisations fissurées par le gel après que le chauffage avait cessé de fonctionner. Les étudiants et le personnel avaient réparé. Reconstruit. Repris les cours. Et pourtant, le missile est revenu. Comme si la Russie voulait s’assurer que la leçon soit bien apprise. Comme si chaque fenêtre remplacée était une provocation. Comme si chaque note de musique jouée dans ces murs était un acte de résistance intolérable. Et c’est exactement ce qu’elle est.

Le ministère ukrainien de la Culture tient les comptes. Des comptes que personne ne devrait avoir à tenir. Depuis le début de l’invasion russe en février 2022, 1 685 sites du patrimoine culturel ont été détruits ou endommagés à travers l’Ukraine. 2 483 infrastructures culturelles — théâtres, bibliothèques, musées, centres communautaires — ont subi des dégâts. Dans la seule région de Kharkiv, 349 monuments ont été détruits. Ces chiffres ne sont pas des statistiques. Ce sont des actes d’accusation.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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