Skip to content
ANALYSE : La Russie a passé trois ans à briser le soutien occidental à l’Ukraine — l’Iran l’a fait en une semaine
Crédit: Adobe Stock

Huit cents missiles en trois jours

Le chiffre est tombé comme un verdict. Volodymyr Zelensky l’a prononcé avec cette rage froide qui ne le quitte plus : en trois jours de guerre contre l’Iran, les forces américaines et israéliennes ont utilisé plus de huit cents missiles guidés Patriot. Huit cents. L’Ukraine, elle, en a consommé sept cents pendant tout l’hiver 2025-2026. Un hiver entier de bombardements russes quotidiens sur Kharkiv, Odessa, Kyiv, Dnipro. Un hiver de sirènes à quatre heures du matin. Un hiver de mères qui descendent dans les abris avec des enfants endormis dans les bras. Sept cents missiles. Et le Moyen-Orient en a brûlé davantage en un week-end.

La capacité de production américaine? Cinq cent cinquante intercepteurs PAC-3 MSE par an. C’est le chiffre officiel du Département de la Défense. Cinq cent cinquante. Faites le calcul. L’Iran a consommé en trois jours ce que les usines Lockheed Martin produisent en dix-huit mois. Le Pentagone a bien signé un accord-cadre pour porter la production à deux mille unités par an — mais sur six à sept ans. L’accord n’est même pas encore financé.

Cinq cent cinquante missiles par an. Huit cents brûlés en un week-end. Ce n’est pas un problème de volonté politique. C’est un problème d’arithmétique. Et l’arithmétique, contrairement aux promesses, ne ment jamais.

La Russie compte. La Russie attend.

Le lieutenant-général Ihor Romanenko, ancien commandant adjoint des forces aériennes ukrainiennes, ne mâche pas ses mots : « Les Russes savent déjà que nous n’avons que quelques batteries Patriot. Ils ciblent délibérément les sites non protégés. » L’Ukraine dispose de moins d’une douzaine de batteries Patriot. Elle en aurait besoin d’au moins vingt-cinq. La Russie tire environ soixante missiles balistiques Iskander par mois sur le territoire ukrainien. Chaque Iskander nécessite deux à trois intercepteurs Patriot pour être neutralisé. Faites le calcul — encore.

L’analyste Volodymyr Fesenko prévient : la Russie va « saigner à blanc le stock ukrainien de missiles Patriot pour infliger un maximum de dégâts ». Moscou a d’ailleurs temporairement réduit ses attaques sur l’Ukraine — signe qu’elle accumule ses armes pour des raids massifs à venir. Ce n’est pas le problème d’aujourd’hui, disent les analystes. C’est le problème de demain. Et demain, en temps de guerre, arrive en quelques semaines.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

facebook icon twitter icon linkedin icon
Copié!
Plus de contenu