Un message sur Truth Social et soixante-dix ans de diplomatie qui vacillent
Samedi 8 mars 2026, Donald Trump a publié sur Truth Social un message qui restera dans les annales de la relation transatlantique. Le président américain a rejeté publiquement l’offre britannique de déployer ses porte-avions au Moyen-Orient, déclarant que les États-Unis n’en avaient plus besoin. Sept mots qui résument tout : « we don’t need them any longer ». Sept mots qui ne visent pas seulement des navires de guerre. Sept mots qui visent un pays, une histoire, une alliance que l’on croyait indestructible.
Le HMS Prince of Wales, l’un des deux porte-avions de la Royal Navy, venait d’être placé en état de haute alerte par le ministère britannique de la Défense. Une décision lourde, coûteuse, symbolique. Londres signalait sa volonté de rejoindre la coalition. Et Washington a répondu par un crachat numérique. Pas un appel diplomatique. Pas une note officielle. Un post sur les réseaux sociaux.
Il fut un temps où les présidents américains appelaient le Premier ministre britannique avant de publier un communiqué. Ce temps est mort. Il a été remplacé par un homme qui gouverne par notifications push.
Le texte exact qui a fait trembler Whitehall
Trump a écrit, mot pour mot : « The United Kingdom, our once Great Ally, maybe the Greatest of them all, is finally giving serious thought to sending two aircraft carriers to the Middle East. That’s OK, Prime Minister Starmer, we don’t need them any longer — But we will remember. » Chaque mot est pesé. « Once Great Ally » — au passé. « Maybe the Greatest » — condescendant. « Finally » — accusateur. Et surtout, cette menace à peine voilée : « we will remember ». Ce n’est pas de la diplomatie. C’est du chantage affectif entre nations.
Il a ajouté : « We don’t need people that join Wars after we’ve already won! » La guerre contre l’Iran a commencé le 28 février 2026. Nous sommes le 8 mars. Huit jours. Trump déclare la victoire après huit jours d’une guerre qui a déjà tué plus de 1 332 personnes en Iran, six soldats américains, et semé le chaos du Liban au Koweït. Les cercueils n’ont pas encore tous atterri à Dover.
La guerre des huit jours — ce que Trump appelle "déjà gagné"
Le bilan que le président préfère ne pas compter
Le 28 février 2026, les États-Unis et Israël ont lancé des frappes conjointes contre l’Iran. Ce fut le plus grand déploiement militaire américain au Moyen-Orient depuis l’invasion de l’Irak en 2003. Le USS Gerald R. Ford naviguait déjà vers la zone depuis la mi-février, créant une configuration rare de deux groupes aéronavals. Plus de 3 000 cibles frappées. 43 navires de guerre iraniens détruits. Téhéran, Ispahan, Qom, Karaj, Kermanshah — les villes tombent une à une sous les bombardements.
Et pourtant. 1 332 morts en Iran en huit jours. Des écoles touchées. Des hôpitaux éventrés. Le Grand Bazar de Téhéran, vieux de plusieurs siècles, endommagé. Le Palais du Golestan, patrimoine de l’UNESCO, frappé. Et à Minab, une école de filles bombardée — environ 180 enfants tuées. Cent quatre-vingts. Des petites filles qui apprenaient à lire. Qui n’apprendront plus rien. Trump appelle ça une guerre « déjà gagnée ». Gagnée contre qui, exactement?
Une guerre « gagnée » où des enfants meurent dans leurs salles de classe. Le mot victoire n’a jamais sonné aussi creux. Aussi obscène.
Six cercueils américains que personne ne mentionne
Six soldats américains sont morts le 2 mars dans une frappe iranienne de représailles au Koweït. Pas de sirène. Pas d’avertissement. Un centre opérationnel de fortune pulvérisé. Des morts au Liban. Des morts aux Émirats arabes unis. Des morts en Irak. La guerre déborde de l’Iran comme un fleuve en crue, et le président tweet sa victoire depuis Mar-a-Lago.
Trump a déclaré que la campagne pourrait durer cinq semaines. Ce qui signifie que même dans sa propre estimation optimiste, la guerre est loin d’être terminée. Et pourtant, il refuse les renforts britanniques. Pas parce qu’ils sont inutiles militairement — la Royal Navy reste l’une des forces navales les plus compétentes au monde. Il les refuse parce que les refuser punit le Royaume-Uni. Parce que l’humiliation publique est devenue un outil de politique étrangère.
Starmer pris entre deux feux — le piège impossible
L’homme qui a dit non, puis oui, puis peut-être
Le Premier ministre britannique Keir Starmer a d’abord refusé que les bases militaires britanniques soient utilisées pour les frappes offensives contre l’Iran. Position courageuse, juridiquement fondée. Il a déclaré devant le Parlement : « We are not joining the US and Israeli offensive strikes. » Il a invoqué le droit international. Il a parlé de proportionnalité. Il a fait ce que font les dirigeants responsables : il a posé des limites.
Puis la pression est montée. Le 1er mars, Starmer a changé de position. Il a autorisé l’utilisation de RAF Fairford, dans le Gloucestershire, et de Diego Garcia, dans l’océan Indien, pour des « opérations défensives spécifiques » — détruire les missiles balistiques iraniens et leurs sites de stockage, pas frapper d’autres cibles. Starmer a justifié ce revirement par la « légitime défense collective » et la « protection des vies britanniques ».
Starmer a tenté de marcher sur une ligne qui n’existe pas. En géopolitique, il n’y a pas de zone grise entre la guerre et la paix. Il y a ceux qui bombardent, et ceux qui fournissent les pistes d’atterrissage.
Le peuple britannique ne veut pas de cette guerre
Les chiffres sont éloquents. Un sondage Survation auprès de 1 045 adultes britanniques : 43 pour cent jugent cette guerre injustifiable. 56 pour cent avaient approuvé la décision initiale de Starmer de bloquer l’utilisation des bases. Les parallèles avec l’Irak en 2003 sont troublants. Une coalition menée par Washington. Un Premier ministre britannique coincé entre sa conscience et la pression américaine. Des justifications légales qui changent au fil des jours. Et des civils qui meurent pendant que les diplomates cherchent le bon euphémisme.
Le think tank Chatham House a publié une analyse dévastatrice : les arguments britanniques « brouillent la ligne entre la légitime défense légale et la guerre illégale ». Quand Chatham House vous dit que votre justification juridique est bancale, c’est que votre justification juridique est bancale.
Churchill et Starmer — la comparaison empoisonnée
Le fantôme de Downing Street
Le 3 mars, Trump a enfoncé le clou lors d’une rencontre avec le chancelier allemand Friedrich Merz. Il a déclaré être « not happy with the UK » et a lâché cette phrase assassine : « This is not Winston Churchill that we’re dealing with. » La comparaison avec Churchill n’est pas anodine. Churchill représente, dans l’imaginaire anglo-saxon, l’alliance absolue, l’engagement total, le moment où le Royaume-Uni et les États-Unis ont forgé leur « relation spéciale » dans le feu de la Seconde Guerre mondiale.
Comparer Starmer défavorablement à Churchill, c’est dire au monde entier : ce Premier ministre est un lâche. C’est réduire des décennies de coopération militaire, de renseignement partagé, d’alliance au sein de l’OTAN, à la seule question : « Êtes-vous avec nous ou contre nous? » Cette logique binaire, George W. Bush l’avait utilisée en 2001. Elle n’avait pas bien vieilli. Trump la recycle sans vergogne.
Churchill a envoyé des hommes mourir pour défendre la civilisation. Trump veut que Starmer envoie des hommes mourir pour valider son ego. La différence est un gouffre moral que le président ne peut même pas voir.
L’ironie des Chagos — quand la géographie rattrape la politique
Trump a remis sur la table la question des îles Chagos. En 2024, le gouvernement Starmer avait conclu un accord pour transférer la souveraineté de l’archipel — incluant Diego Garcia — à l’île Maurice. Trump a qualifié cette décision d’« acte de GRANDE STUPIDITÉ », en lettres majuscules, comme il sied à un homme qui confond la typographie avec l’argumentation. Et pourtant, son administration avait initialement soutenu cet accord.
Diego Garcia abrite l’une des bases militaires les plus stratégiques de l’océan Indien. C’est de là que les B-2 Spirit décollent pour frapper l’Iran. L’île est un atout militaire inestimable et le symbole d’une injustice coloniale — ses habitants originaux, les Chagossiens, en ont été expulsés par les Britanniques dans les années 1960 pour faire place à la base américaine. Que Trump utilise cette histoire pour humilier Starmer est d’une ironie que seul un empire en déclin peut produire.
L'alliance spéciale en soins intensifs
Ce que « we will remember » signifie vraiment
Dans le langage trumpien, « we will remember » n’est pas une formule de politesse. C’est une menace. C’est la promesse de représailles commerciales, de froideur diplomatique, d’exclusion des cercles de décision. Les États-Unis sous Trump fonctionnent comme un système de récompenses et de punitions. Les alliés qui obéissent sont récompensés. Ceux qui hésitent sont publiquement humiliés. Ceux qui refusent sont traités en ennemis.
Marco Rubio, le secrétaire d’État, a illustré ce paradigme lors d’un sommet récent en louant les dirigeants latino-américains — ceux qui s’alignent sans poser de questions — tout en prenant ses distances avec les alliés européens. Le message est limpide : la loyauté a remplacé la stratégie. L’obéissance a remplacé la consultation. L’alliance atlantique n’est plus un partenariat. C’est un système féodal où Washington distribue des punitions à ses vassaux.
Il y a un mot pour décrire une relation où l’un des partenaires menace l’autre de « se souvenir » s’il n’obéit pas assez vite. Ce mot n’est pas « alliance ». C’est « domination ».
Les précédents qui font froid dans le dos
La France de Jacques Chirac avait refusé de suivre les États-Unis en Irak en 2003. Washington avait répondu en renommant les French fries en « Freedom fries ». Ridicule, mais inoffensif. Trump opère à un autre niveau. Quand il menace le Royaume-Uni, ce ne sont pas des frites qui sont en jeu. Ce sont des accords commerciaux post-Brexit dont Londres a désespérément besoin. Ce sont des partages de renseignement au sein des Five Eyes. Ce sont des contrats de défense qui font vivre l’industrie militaire britannique.
Le Royaume-Uni post-Brexit est dans une position de vulnérabilité qu’il n’a pas connue depuis des décennies. Isolé de l’Union européenne, dépendant des États-Unis pour son poids géopolitique, il ne peut pas se permettre de fâcher Washington. Et Trump le sait. C’est la dynamique du plus fort. Et le plus fort, en ce moment, n’est pas celui qui a raison. C’est celui qui a les plus gros porte-avions.
L'Iran en flammes — la guerre que personne n'a votée
Trois mille cibles et le silence moral de l’Occident
Pendant que Trump et Starmer se disputent sur des porte-avions, l’Iran brûle. Le Central Command américain a frappé plus de 3 000 cibles en huit jours. Quarante-trois navires de la marine iranienne détruits. L’ayatollah Ali Khamenei assassiné dans une frappe sur son complexe. Le régime iranien, aussi brutal soit-il, est en train d’être démantelé pièce par pièce — et avec lui, les infrastructures civiles d’un pays de 88 millions d’habitants.
Les frappes ne distinguent pas entre un site de missiles balistiques et une école de filles. C’est le mensonge fondamental de la « guerre de précision ». On parle de « frappes chirurgicales » dans les briefings du Pentagone et on compte les enfants morts dans les décombres. Minab. Ce nom devrait hanter chaque décideur. 180 petites filles. Dans une école. Pendant les cours.
On peut détruire 43 navires et 3 000 cibles avec une précision de 99 pour cent. Mais ce 1 pour cent restant, ce sont des enfants. Et c’est ce 1 pour cent qui définit ce que nous sommes.
Le miroir irakien que personne ne veut regarder
En 2003, les États-Unis ont envahi l’Irak sur la base de renseignements falsifiés. La guerre devait durer quelques semaines. Elle a duré vingt ans. Elle a coûté des centaines de milliers de vies, déstabilisé la région, engendré Daech. Tony Blair a suivi George W. Bush aveuglément et en paie le prix moral encore aujourd’hui. Starmer regarde ce précédent et comprend le piège. Suivre Trump en Iran, c’est risquer de devenir le prochain Blair.
Mais ne pas suivre Trump, c’est risquer l’isolement. Le Royaume-Uni sans les États-Unis est une puissance moyenne avec un siège au Conseil de sécurité et une économie fragile. C’est le dilemme de toutes les puissances secondaires face à un empire qui exige l’allégeance totale.
La fin de la "relation spéciale" — deux porte-avions contre une flotte de douze
De Roosevelt-Churchill à Trump-Starmer
Roosevelt et Churchill se retrouvaient en mer pour dessiner l’ordre mondial d’après-guerre. Reagan et Thatcher partageaient une vision idéologique. Blair et Bush, malgré la catastrophe irakienne, entretenaient une relation de confiance. Et maintenant? Trump insulte Starmer sur les réseaux sociaux. Il le compare défavorablement à un homme mort depuis 60 ans. Il menace son pays de représailles pour avoir hésité huit jours.
La « relation spéciale » n’a jamais été une relation entre égaux. C’était une relation entre un empire dominant et un ancien empire qui acceptait son rôle de lieutenant loyal. Mais même cette asymétrie reposait sur un minimum de respect mutuel. Ce respect est mort. Trump ne traite pas le Royaume-Uni comme un allié secondaire. Il le traite comme un État client qui doit obéir ou être puni.
La « relation spéciale » avait survécu à deux guerres mondiales, à la guerre froide, à l’Irak. Elle ne survivra peut-être pas à un homme qui tweete sa colère à 3 heures du matin.
La Royal Navy face au miroir de sa puissance perdue
Les États-Unis opèrent onze porte-avions en service actif, dont le USS Gerald R. Ford. Le Royaume-Uni en a deux. Le HMS Prince of Wales, mis en haute alerte, est un navire de 65 000 tonnes capable d’embarquer des chasseurs F-35B. En réalité, la Royal Navy peine à le maintenir opérationnel. Des pannes mécaniques répétées. Des budgets insuffisants. L’ironie est cruelle : Trump rejette un navire que le Royaume-Uni aurait eu du mal à déployer de toute façon.
Avant le début des hostilités, les navires britanniques avaient déjà quitté le Golfe. Présents assez pour être vus, absents assez pour ne pas être touchés. La Royal Navy joue les figurants dans un théâtre où les États-Unis tiennent tous les rôles. Le refus de Trump souligne une vérité que Londres préfère ignorer : militairement, le Royaume-Uni n’est plus indispensable. Il est un complément. Un nom de plus sur une coalition pour donner un vernis de légitimité.
Diego Garcia — l'île que tout le monde veut et que personne ne mérite
Le caillou colonial au milieu de l’océan stratégique
Diego Garcia. Un atoll de 27 kilomètres carrés au milieu de l’océan Indien. C’est de là que les B-2 Spirit décollent pour frapper l’Iran aujourd’hui. C’est de là qu’ils frappaient l’Afghanistan hier. Cette île est le secret le mieux gardé de la puissance militaire anglo-américaine — et aussi sa honte la mieux cachée.
Dans les années 1960, le Royaume-Uni a expulsé l’ensemble de la population chagossienne — environ 2 000 personnes — pour permettre la construction de la base américaine. Des familles déracinées, envoyées à Maurice sans compensation. Et maintenant, Trump reproche à Starmer d’avoir voulu rendre ces îles à Maurice. Il s’indigne d’un acte de réparation historique tout en utilisant la base pour bombarder un autre pays.
Des Chagossiens expulsés pour construire une base. Des Iraniens bombardés depuis cette base. Et un président qui reproche au Royaume-Uni de vouloir rendre justice aux expulsés. Le colonialisme n’est pas mort. Il a juste changé de costume.
Le noeud juridique que personne ne veut trancher
Chatham House a publié une analyse accablante. L’utilisation des bases britanniques « brouille la ligne entre la légitime défense légale et la guerre illégale ». On ne peut pas prétendre ne pas participer à une guerre tout en fournissant les pistes de décollage. La Chambre des communes a publié un briefing de recherche. Le débat parlementaire du 2 mars a été tendu, divisé, inconfortable.
Et pourtant, la question juridique est peut-être la moins importante. La vraie question est morale. Est-il acceptable de participer — même « défensivement » — à une guerre qui a tué 180 enfants dans une école? La réponse est non. Mais personne à Whitehall n’a le courage de la prononcer.
Le nouvel ordre mondial selon Trump — la loyauté ou rien
L’Amérique ne veut plus des alliés, elle veut des sujets
Ce qui se joue entre Washington et Londres dépasse la question des porte-avions. C’est un changement de paradigme. Depuis 1945, l’ordre mondial reposait sur un échange : les États-Unis fournissent la sécurité, les alliés fournissent la légitimité. Imparfait, inégal, mais fonctionnel. Trump a détruit ce modèle. Il ne veut plus d’un échange. Il veut de l’obéissance.
Rubio au sommet avec les dirigeants latino-américains. Trump qui humilie Starmer devant Merz. Les menaces contre le Danemark sur le Groenland. Les pressions sur le Canada. Le schéma est toujours le même : Washington ordonne, et malheur à celui qui hésite. Ce n’est plus de la diplomatie. C’est du management par la peur.
Roosevelt construisait des alliances. Trump construit des hiérarchies. La différence entre un leader et un patron, c’est que le leader inspire la loyauté. Le patron l’exige sous la menace.
Les gagnants et les perdants du nouvel ordre
Qui profite de cette fracture transatlantique? Pas le Royaume-Uni. Pas l’Europe. Pas les civils iraniens. Les gagnants sont ceux qui n’ont jamais cru à l’alliance occidentale. Moscou, qui observe ses adversaires se déchirer. Pékin, qui prend des notes pour Taïwan. Et tous les régimes autoritaires qui peuvent pointer du doigt l’Occident et dire : « Regardez. Ils ne sont même pas capables de s’entendre entre eux. »
La crédibilité de l’OTAN repose sur le principe que les alliés se défendent mutuellement. Si les États-Unis traitent le Royaume-Uni comme un allié de seconde zone pour avoir hésité huit jours, qu’arrivera-t-il quand un État balte hésitera devant une provocation russe? La question n’est plus théorique. Elle est existentielle.
Ce que cette histoire dit de nous
Le spectacle permanent de la guerre télévisée
Nous vivons dans un monde où un président peut rejeter l’aide militaire d’un allié par post sur les réseaux sociaux, décréter une guerre gagnée alors que les bombes tombent encore, et menacer un pays ami devant un chancelier étranger — et personne ne trouve ça anormal. Nous avons normalisé l’anormal. Nous avons accepté que la diplomatie internationale se conduise comme une dispute de cour d’école.
Et pendant ce temps, en Iran, une mère cherche le corps de sa fille dans les décombres d’une école à Minab. Elle ne sait rien des porte-avions britanniques. Elle ne sait rien de Truth Social. Elle sait seulement que sa fille est partie à l’école ce matin-là et qu’elle n’est pas revenue. Voilà la réalité que les tweets présidentiels effacent. Voilà le prix humain que les disputes géopolitiques ignorent.
On peut débattre de porte-avions et de relations spéciales. On peut débattre de droit international et de légitimité. Mais on ne peut pas débattre du corps d’un enfant sous les décombres. Ça, c’est un fait. Et les faits ne se négocient pas.
L’amnésie comme politique étrangère
L’Irak, 2003. L’Afghanistan, 2001. La Libye, 2011. Et maintenant l’Iran, 2026. Chaque fois, le même scénario. Les États-Unis lancent une opération militaire. Les alliés sont sommés de suivre. Ceux qui suivent le regrettent. Ceux qui refusent sont punis. Et vingt ans plus tard, tout le monde admet que c’était une erreur. L’histoire ne se répète pas — elle bégaie.
Trump dit « we will remember ». Mais que se souvient-il? Se souvient-il des armes de destruction massive qui n’existaient pas? Se souvient-il des promesses de démocratie en Afghanistan effondrées en trois semaines? Sa mémoire est sélective. Elle ne retient que les affronts à son ego. Elle efface les morts.
Après les porte-avions — ce qui reste
Le Royaume-Uni face à un choix sans bonne réponse
Starmer se retrouve face au même dilemme que Blair en 2003, mais dans une position plus faible. Blair avait l’Union européenne. Starmer a le Brexit. Blair avait une économie en croissance. Starmer a une économie en stagnation. Blair avait le respect de Bush. Starmer a les insultes de Trump. Le choix est d’une clarté terrifiante : s’aligner sur Washington et perdre sa crédibilité morale, ou maintenir une distance prudente et perdre sa pertinence stratégique.
Le HMS Prince of Wales reste en haute alerte. Les bases de Fairford et Diego Garcia sont opérationnelles. Les bombes américaines décollent de sol sous souveraineté britannique. Et malgré tout, Trump dit que ce n’est pas assez. Ce ne sera jamais assez. Parce que ce que Trump veut, ce n’est pas un porte-avions de plus. C’est la soumission totale. La génuflexion publique. L’aveu que les États-Unis ont toujours raison et que les alliés n’ont qu’un seul droit : celui d’obéir.
Le Royaume-Uni a deux porte-avions. Les États-Unis en ont onze. Mais la vraie question n’est pas combien de navires on possède. C’est combien de dignité on est prêt à sacrifier pour rester dans les bonnes grâces d’un homme qui gouverne par l’humiliation.
Le monde d’après — si on en réchappe
Cette guerre contre l’Iran va redessiner les alliances mondiales pour les décennies à venir. Si le Royaume-Uni plie, l’Europe entière comprendra qu’elle n’a aucun allié fiable. Si le Royaume-Uni résiste, il paiera le prix de l’isolement. Dans les deux cas, le monde sera plus fragmenté, plus dangereux. Les porte-avions rentreront dans leurs ports. Les bombes cesseront un jour de tomber. Mais la confiance brisée entre alliés ne se répare pas.
1 332 morts en Iran. 180 petites filles à Minab. Six soldats américains au Koweït. Un porte-avions en alerte que personne ne veut. Un président qui déclare victoire depuis son réseau social. Un Premier ministre piégé entre la morale et la realpolitik. Et au milieu, des peuples — iranien, britannique, américain — qui n’ont jamais voté pour cette guerre et qui en paieront le prix pendant des générations.
C’est peut-être ça, la vérité finale. Les guerres ne sont jamais « gagnées ». Elles sont survivées. Et ceux qui les déclarent gagnées depuis le confort de leur écran sont toujours ceux qui n’ont rien à perdre.
Signé Maxime Marquette
Encadré de transparence du chroniqueur
Positionnement éditorial
Ce texte est une chronique d’opinion, pas un reportage factuel. Je ne suis pas journaliste — je suis chroniqueur. Je n’ai pas d’ordre professionnel, pas de devoir de neutralité. Mon engagement est envers la vérité telle que je la perçois, pas envers un équilibre artificiel entre des positions qui ne se valent pas. Je prends position. C’est le principe même de la chronique.
Méthodologie et sources
Les faits cités dans ce texte proviennent de sources vérifiables : Al Jazeera, CNN, The Hill, France 24, NPR, CBS News, The Washington Post, The Globe and Mail, Chatham House, Hansard (comptes rendus du Parlement britannique), la House of Commons Library et le Times of Israel. Les citations sont reproduites telles que publiées. Les chiffres sont ceux disponibles au moment de la rédaction et peuvent évoluer.
Nature de l’analyse
Les interprétations, analyses et conclusions sont les miennes. Elles reflètent mon positionnement éditorial et n’engagent que moi. Le lecteur est invité à consulter les sources primaires pour former sa propre opinion. Cet article a été rédigé avec l’assistance de Claude, un modèle d’intelligence artificielle d’Anthropic, pour la recherche documentaire et la structuration du contenu.
Cette chronique est publiée sous le pseudonyme LeClaude sur les plateformes MSN, Google News et Apple News.
Sources
Sources primaires
Al Jazeera — Trump says US does not need UK’s aircraft carriers for Iran war
The Hill — Trump rejects UK’s offer to send carriers to Middle East amid Iran war
The Globe and Mail — Trump tells U.K. he doesn’t need its help to win war with Iran
France 24 — US starts using UK bases for ‘defensive’ Iran operations
Hansard — UK Parliament — Middle East debate, 2 March 2026
Chatham House — UK arguments for US operations blur the line between lawful self-defence and unlawful war
Sources secondaires
CNN — Six US service members killed in Iranian strike in Kuwait
NPR — 6 U.S. soldiers killed as war with Iran engulfs the region
CBS News — U.S. death toll rises to 6 as Trump says campaign could last 5 weeks
Al Jazeera — Death toll in Iran surpasses 1,000
Al Jazeera — Starmer lets US use bases for Iran clash: UK’s military, legal quagmire
The Washington Post — U.S. troops killed amid Iranian counterattack
House of Commons Library — US-Israel strikes on Iran: February/March 2026
The Week — ‘Will remember’: Trump threatens UK over lack of support in Iran war
GB News — Britain preparing aircraft carrier for possible deployment
Times of Israel — US starts using British military bases for ‘defensive’ Iran operations
Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.