Ce que la Belgique a dit — et ce qu’elle a fait
2023: adhésion à la coalition F-16 aux côtés du Danemark, des Pays-Bas et de la Norvège. Objectif affiché: 79 chasseurs pour l’Ukraine. La Belgique en promet 30 — soit plus du tiers de la coalition. Le geste est historique. La presse applaudit. Les poignées de mains sont photographiées.
Fin 2024: les autres livrent. La Belgique ne livre pas. Fin 2025: les Pays-Bas ont terminé. Le Danemark avance. La Norvège tient ses engagements. La Belgique annonce un report jusqu’en 2026. Le premier ministre Bart De Wever confirme le décalage. Les raisons invoquées changent au fil des mois comme les saisons.
D’abord, c’est le retard des F-35. La Belgique ne peut pas se séparer de ses F-16 tant que les chasseurs de cinquième génération ne sont pas en service. Ensuite, c’est l’étalement des paiements. Le contrat F-35 coûte cher, et Bruxelles négocie des délais financiers. Puis vient l’argument le plus cynique: l’Ukraine elle-même aurait « demandé un délai » par manque de pilotes formés.
Quand on promet trente avions à un pays en guerre et qu’on n’en livre aucun en trois ans, on ne parle plus de retard. On parle de parjure. Et quand on accuse la victime d’avoir demandé qu’on ne l’aide pas, on atteint un niveau de cynisme que même les manuels de diplomatie n’avaient pas prévu.
Le mensonge de la « non-promesse »
Le général De Decker affirme n’avoir « jamais promis de dates fixes ». C’est une phrase construite avec la précision d’un avocat d’affaires. Techniquement, peut-être. Mais la ministre Dedonder a dit 2025. Le ministère a dit fin 2024. Ces déclarations sont publiques, archivées, documentées. Dire qu’aucune date n’a été promise revient à dire que les discours officiels de vos propres ministres n’engagent personne. Si c’est le cas, à quoi servent les ministres?
Le contraste qui accuse : trois pays livrent, un pays parle
Les Pays-Bas : 24 sur 24, mission accomplie
Les derniers F-16 néerlandais ont quitté la base aérienne de Volkel le 26 mai 2025. Vingt-quatre appareils. Tous livrés. Le processus avait commencé en octobre 2024 et s’est achevé en sept mois. Les Pays-Bas ont achevé leur transition vers le F-35 rapidement, libérant leur flotte pour l’Ukraine. Pas d’excuses. Pas de « calendrier plus optimiste ». Des avions sur le tarmac ukrainien.
Le Danemark a transféré 12 de ses 19 chasseurs promis dès décembre 2024. La Norvège, qui avait complété sa transition F-35 dès 2023, a doublé son engagement initial: 14 appareils au lieu des 6 annoncés publiquement. Trois pays ont tenu parole. Le quatrième rédige des communiqués.
Même constat, mêmes obligations, mêmes alliés. Et pourtant. Les Pays-Bas ont livré vingt-quatre avions. Le Danemark en a transféré douze. La Norvège a doublé sa promesse. La Belgique, elle, a livré exactement le même nombre d’avions qu’en 2023: zéro. Le parallèle n’est pas cruel. Il est mathématique.
La question que personne ne pose à Bruxelles
Si le Danemark, les Pays-Bas et la Norvège ont réussi à livrer — malgré leurs propres besoins OTAN, malgré leurs propres transitions F-35, malgré leurs propres contraintes budgétaires — qu’est-ce qui rend la Belgique structurellement incapable de faire la même chose? La réponse tient en un mot: la volonté. Le Danemark n’avait pas moins besoin de ses F-16. Les Pays-Bas n’étaient pas plus riches. La Norvège n’était pas moins exposée. Ils ont choisi de livrer. La Belgique a choisi de reporter.
Pendant ce temps, dans le ciel ukrainien
Des pilotes au canon contre des drones chargés d’explosifs
De fin novembre à mi-décembre 2025, les F-16 ukrainiens n’avaient plus de missiles. Plus d’AIM-9 Sidewinder. Plus d’AIM-120 AMRAAM. La flotte entière était réduite à une poignée de missiles air-air. Un officier avec une connaissance directe du dossier a résumé la situation en une phrase: « On n’avait rien à mettre sur nos avions pendant presque un mois. »
Cette pénurie a été gardée secrète pendant des mois. Trois sources avec une connaissance directe de la situation ont confirmé l’ampleur du désastre à Reuters. Quand les livraisons de missiles américains se sont taries, c’était précisément au moment où Moscou préparait sa campagne aérienne hivernale massive.
Sans missiles pour les missions de nuit, les pilotes ukrainiens se sont rabattus sur les missions diurnes. Leur arme? Le canon rotatif M61 Vulcan du F-16. Six mille coups par minute. Contre des drones Shahed transportant jusqu’à 90 kilogrammes d’explosifs. L’explosion d’un Shahed à courte portée peut endommager le chasseur lui-même. Les pilotes le savaient. Ils décollaient quand même.
Imaginez un chirurgien forcé d’opérer avec un couteau de cuisine parce que l’hôpital n’a pas commandé les scalpels. Le chirurgien opère quand même. Le patient survit, parfois. Et l’hôpital publie un communiqué expliquant que le calendrier de livraison des scalpels était « plus optimiste que prévu ». C’est exactement ce que la Belgique fait aux pilotes ukrainiens.
Quatre F-16 perdus, trois pilotes tués
L’Ukraine a perdu quatre F-16 depuis leur entrée en combat en août 2024. Le premier, le 26 août 2024: le pilote Oleksii « Moonfish » Mes, tué en répondant à une attaque massive de missiles russes. Le 12 avril 2025: Pavlo Ivanov, 26 ans, tué en mission de combat. Le 16 mai 2025, à 3h30 du matin: contact perdu avec un F-16. Un quatrième appareil a été confirmé perdu avant novembre 2025.
Des sources militaires ont spéculé que l’utilisation des canons embarqués — cette arme de dernier recours imposée par le manque de missiles — a pu contribuer à certaines de ces pertes. Approcher un drone-kamikaze chargé d’explosifs à portée de canon n’est pas une tactique. C’est un acte de désespoir. Et ce désespoir a un nom: pénurie de livraisons alliées.
L'avalanche russe : des chiffres qui écrasent
328 bombes guidées en un seul jour
Pendant que la Belgique étale ses paiements F-35, la Russie déverse son arsenal. Le record: 328 bombes aériennes guidées (KAB) larguées en une seule journée. Un chiffre qui dépasse le précédent record d’octobre 2025 — 268 KAB en 24 heures. En janvier 2026, l’aviation russe a largué 5 717 bombes guidées. En un seul mois. C’est 184 bombes par jour. Chaque jour. Sans exception.
Et les drones. Depuis le début de 2026, la Russie lance des drones Shahed chaque nuit. Plus de 4 600 drones kamikazes dans les six premières semaines de l’année. Sur trois mois, le président Zelensky a rapporté: 14 600 bombes guidées, 738 missiles, près de 19 000 drones d’attaque. Ce n’est plus une guerre aérienne. C’est un pilonnage industriel.
Trois cent vingt-huit bombes en un jour. Cinq mille sept cent dix-sept en un mois. Dix-neuf mille drones en trois mois. Et en face, des pilotes ukrainiens qui chassent des drones au canon rotatif parce que leurs alliés n’ont pas livré les missiles. Ce n’est pas un déséquilibre. C’est un massacre organisé par l’indifférence.
Le Moyen-Orient en trois jours vs l’Ukraine en trois ans
Le président Zelensky l’a souligné avec une amertume que la diplomatie ne parvient plus à masquer: plus de 800 missiles Patriot ont été utilisés au Moyen-Orient en trois jours. C’est davantage que tout ce que l’Ukraine a reçu depuis 2022. Trois jours au Moyen-Orient. Trois ans en Ukraine. Le même système de défense. Le même fabricant américain. Deux poids, deux guerres, deux humanités.
Les armes fantômes : ce que les F-16 belges pourraient emporter
Un arsenal de précision qui dort dans des hangars
Les F-16A/B belges ne sont pas des antiquités. Chaque appareil peut embarquer des bombes JDAM (GBU-31, GBU-38, GBU-54), des missiles AIM-120D à longue portée, des AIM-9X Sidewinder de dernière génération, des missiles IRIS-T, et des bombes guidées laser et GPS (GBU-12, GBU-24). Ce sont des plateformes de combat modernes, capables de frapper au sol et de dominer le ciel.
Trente de ces appareils transformeraient l’équation aérienne en Ukraine. Trente chasseurs supplémentaires capables d’intercepter les missiles de croisière, de neutraliser les drones Shahed avec des missiles plutôt qu’avec des canons, et de frapper les positions russes avec des munitions de précision. Au lieu de cela, ces avions dorment dans des hangars belges, en attendant que les F-35 arrivent. Des armes parfaites pour une guerre en cours, immobilisées par une transition bureaucratique.
Des JDAM. Des AIM-120D. Des bombes guidées laser. Tout cet arsenal existe, opérationnel, prêt à l’emploi, dans des hangars belges. Et pendant que ces armes prennent la poussière, des pilotes ukrainiens décollent avec un canon rotatif comme seule défense. C’est comme avoir un extincteur et regarder la maison du voisin brûler en expliquant qu’on attend le nouveau modèle avant de le prêter.
Le décommissionnement de 2028 : la date qui condamne
La Belgique prévoit le décommissionnement complet de sa flotte F-16 d’ici fin 2028. Ces avions vont être retirés du service. Leur destin est scellé. Ils ne voleront plus jamais sous couleurs belges. Et pourtant, entre 2023 et 2026, pas un seul n’a été transféré à un pays qui en a un besoin vital. Ce sont des avions condamnés à la retraite qu’on refuse de prêter à ceux qui se battent pour survivre.
La défense de l'accusé : décryptage des excuses belges
« Le retard des F-35 » — l’excuse technique
La Belgique invoque le retard de livraison de ses F-35 pour justifier la rétention de ses F-16. L’argument: il faut maintenir les engagements OTAN pendant la période de transition. L’argument tient — si on ignore que les Pays-Bas, dans la même situation, ont livré 24 appareils. Si on ignore que la Norvège, dans la même transition, a doublé son engagement. Si on ignore que le Danemark a transféré 12 chasseurs tout en maintenant ses obligations OTAN.
La transition F-35 n’est pas un obstacle structurel. C’est un prétexte contextuel. Trois pays l’ont prouvé. La Belgique l’utilise comme un paravent.
Quand le Danemark, les Pays-Bas et la Norvège trouvent un moyen de livrer malgré la transition F-35, et que la Belgique dit que c’est impossible, la question n’est plus technique. Elle est politique. Et la réponse est dans la volonté, pas dans les hangars.
« L’Ukraine a demandé un délai » — l’excuse morale
C’est peut-être l’argument le plus révoltant. Des sources citées par des médias belges affirment que l’Ukraine elle-même aurait demandé un report des livraisons par manque de pilotes formés. Renverser la responsabilité sur la victime. Accuser celui qui attend les armes d’avoir demandé à ne pas les recevoir. C’est un classique de la diplomatie de l’inaction: transformer son propre échec en faveur rendue.
Et pourtant. L’Ukraine forme des pilotes F-16 depuis 2023. Des programmes de formation ont été mis en place au Danemark, aux États-Unis, en Roumanie. L’armée de l’air ukrainienne a effectué plus de 1 300 interceptions aériennes et 300 frappes au sol avec ses F-16 existants. Des pilotes qui volent au canon faute de missiles ne sont pas des pilotes qui manquent. Ce sont des pilotes qu’on a abandonnés.
L'innovation du désespoir
Le FP-5 Flamingo : quand l’Ukraine fabrique ce qu’on refuse de lui donner
Pendant que Bruxelles étale ses paiements et que Washington négocie ses livraisons de missiles, l’Ukraine construit. Le FP-5 Flamingo, développé par la firme de défense Fire Point, est un missile de croisière ukrainien. Portée: 3 000 kilomètres. Ogive: 1 150 kilogrammes. Vitesse: 900 km/h. Précision: 14 mètres de rayon d’erreur probable. Révélé le 18 août 2025, il est déjà en production de série — objectif: 210 unités par mois.
Le 8 février 2026, le Flamingo a frappé le polygone d’essais de Kapustin Yar en Russie. Le 11-12 février, il a touché un arsenal de munitions à Kotluban, dans l’oblast de Volgograd. Il a frappé l’usine de construction de machines de Votkinsk en Oudmourtie — là où sont fabriqués les missiles balistiques Iskander et Oreshnik. Trois mille kilomètres de portée. Fabriqué en Ukraine. Par un pays en guerre.
Un pays bombardé chaque nuit fabrique ses propres missiles de croisière à 3 000 kilomètres de portée. Un pays en paix ne parvient pas à livrer des avions de combat qu’il a promis il y a trois ans. Et on se demande encore qui mérite notre admiration et qui mérite notre colère.
Les drones intercepteurs : la réponse ukrainienne au vide occidental
Face à la pluie de Shahed, l’Ukraine a développé une arme inattendue: des drones intercepteurs. Le système MEROPS a intercepté plus de mille drones Shahed. En février 2026, les drones intercepteurs ukrainiens ont détruit 1 500 drones russes à eux seuls. À Kiev et ses environs, la part des drones intercepteurs dans la neutralisation des Shahed a dépassé 70 pour cent.
Le commandant en chef Syrskyi a confirmé ces chiffres. L’économie de la défense aérienne change: un drone intercepteur coûte une fraction d’un missile Patriot. L’Ukraine invente sa propre survie parce que le monde libre prend son temps.
Le miroir : ce que notre inaction dit de nous
La normalisation du retard comme politique étrangère
Il y a un mot pour décrire ce que fait la Belgique: la normalisation. On normalise le retard. On normalise la promesse non tenue. On normalise l’idée qu’un engagement solennel devant la communauté internationale peut être reporté indéfiniment sans conséquence. Le général De Decker dit que le retard ne représente que « quelques mois ». Quelques mois mesurés depuis quand? Depuis la promesse de 2023? Depuis l’échéance de 2024? Depuis celle de 2025? À force de repousser de « quelques mois », on atteint trois ans.
Et pourtant. Personne ne convoque le gouvernement belge devant le Parlement pour exiger des comptes. Personne ne demande pourquoi trois alliés ont réussi et pourquoi la Belgique a échoué. Le silence parlementaire est une forme de complicité. Le retard normalisé est une forme d’abandon.
Nous avons accepté que les promesses aux pays en guerre soient des déclarations d’intention. Nous avons accepté que « bientôt » signifie « jamais » et que « quelques mois » signifie « trois ans ». Et nous appelons ça de la diplomatie. Ce n’est pas de la diplomatie. C’est de l’abandon avec des communiqués de presse.
L’asymétrie morale
D’un côté: Oleksii « Moonfish » Mes, pilote F-16 ukrainien, tué le 26 août 2024 en défendant son pays contre une attaque massive de missiles. Pavlo Ivanov, 26 ans, tué le 12 avril 2025 en mission de combat. Des pilotes qui décollent la nuit pour chasser des drones-kamikazes au canon rotatif.
De l’autre côté: un général belge qui explique que son pays n’a « jamais promis de dates fixes ». Un ministère qui invoque l’étalement des paiements. Un gouvernement qui accuse l’Ukraine d’avoir demandé un délai.
Moonfish est mort avec des missiles sous les ailes. D’autres pilotes volent sans. Le contraste entre ceux qui donnent leur vie et ceux qui reportent des livraisons n’est pas un parallèle. C’est un abîme.
Le verdict des chiffres
Le tableau de la honte
Pays-Bas: 24 promis, 24 livrés, 100 pour cent. Danemark: 19 promis, 12 livrés, en cours de livraison. Norvège: 6 annoncés publiquement, 14 livrés ou en cours, engagement doublé. Belgique: 30 promis, 0 livré, zéro pour cent.
Les chiffres ne mentent pas. Les communiqués mentent. Les calendriers optimistes mentent. Les « quelques mois de retard » mentent. Mais le zéro sur la ligne belge, lui, dit la vérité.
Et ce zéro a un coût humain. Chaque mois sans F-16 supplémentaires, ce sont des missions d’interception en moins. Des bombes guidées qui ne seront pas neutralisées. Des drones qui passeront les défenses. Des civils qui mourront sous des frappes qu’un chasseur aurait pu empêcher.
Zéro. C’est le nombre d’avions que la Belgique a livrés en trois ans. C’est aussi le nombre de conséquences qu’elle a subies pour cet échec. Zéro livraison, zéro sanction, zéro honte. La symétrie est parfaite. Et elle est obscène.
L’équation humaine que personne ne calcule
L’Ukraine possède environ 16 F-16 opérationnels. La coalition visait entre 85 et 95 appareils. Les 30 F-16 belges représentent un tiers de cet objectif. Leur absence crée un trou béant dans la défense aérienne ukrainienne. Un trou qui se mesure en missions non effectuées, en missiles non interceptés, en bombes non neutralisées.
En février 2026, la Russie a lancé près de 19 000 drones en trois mois. Elle a largué 14 600 bombes guidées. 738 missiles. Face à cette avalanche, chaque F-16 compte. Chaque chasseur en plus signifie des vies sauvées. Et trente chasseurs absents signifient des vies perdues qui auraient pu être protégées.
L'accusation finale : les pièces à conviction
Pièce à conviction numéro un : les déclarations publiques
Ludivine Dedonder, ancienne ministre de la Défense: premiers F-16 en 2025. Ministère des Affaires étrangères: calendrier « plus optimiste » fin 2024. Général De Decker, 2026: « jamais promis de dates fixes ». Trois déclarations. Trois versions. Un seul résultat: zéro avion livré.
Pièce à conviction numéro deux: le comportement des co-accusés. Les Pays-Bas, le Danemark et la Norvège — mêmes contraintes, mêmes engagements OTAN, même transition F-35 — ont livré. La défense de la Belgique s’effondre par comparaison directe.
Pièce à conviction numéro trois: le coût humain. Des pilotes ukrainiens réduits au canon rotatif. Quatre F-16 perdus. Trois pilotes tués. Un lien possible entre les pertes et la pénurie de missiles qui force des engagements à courte portée.
Voici les pièces. Voici les dates. Voici les noms. Le dossier est complet. Il ne manque qu’une chose: la sentence. Mais dans le tribunal de l’histoire, les pays qui promettent des armes aux pays en guerre et ne les livrent pas ont un nom. Ce nom n’est pas « allié ».
Le précédent qui devrait hanter l’Europe
En 1938, les démocraties européennes ont choisi le confort plutôt que la confrontation. Elles ont préféré les promesses à l’action. Elles ont cru que reporter les décisions difficiles les protégerait. L’histoire a rendu son verdict: chaque jour de retard a coûté des milliers de vies supplémentaires.
En 2026, la Belgique reporte la livraison d’avions de combat à un pays qui subit 328 bombes guidées par jour. Le parallèle n’est pas une exagération. C’est un avertissement. Et les avertissements ignorés ont une habitude: ils se transforment en catastrophes.
Le mot de la fin : ce qui reste quand les promesses s'évaporent
La résilience comme acte d’accusation
L’Ukraine n’a pas attendu. Elle a construit le Flamingo — un missile de croisière à 3 000 kilomètres de portée. Elle a développé des drones intercepteurs qui abattent 70 pour cent des Shahed au-dessus de Kiev. Elle a formé des pilotes qui décollent au canon rotatif quand les missiles manquent. Elle a accompli plus de 1 300 interceptions aériennes avec une flotte squelettique.
Chaque innovation ukrainienne est un acte d’accusation contre ceux qui promettent sans livrer. Chaque drone intercepteur construit dans un atelier bombardé est un reproche silencieux adressé aux hangars climatisés de Belgique où trente F-16 attendent une date de transfert qui ne vient jamais.
Et c’est peut-être ça, la vérité la plus douloureuse de cette histoire. Ce n’est pas que la Belgique ne peut pas livrer. C’est qu’elle choisit de ne pas le faire. Et chaque jour de ce choix, quelque part dans le ciel ukrainien, un pilote décolle avec un canon comme seule arme et le courage comme seul bouclier. Ce pilote ne demande pas de communiqués. Il demande des avions.
L’avenir est déjà écrit
Le décommissionnement des F-16 belges est prévu pour fin 2028. D’ici là, ces avions auront volé leurs dernières heures sous le drapeau belge. Ils seront ensuite retirés, démontés, oubliés. Effacés. La question n’est plus de savoir si la Belgique livrera. C’est de savoir combien de vies ce retard aura coûté quand les livres d’histoire seront écrits. Et dans ces livres, le zéro sur la ligne belge sera gravé à jamais.
Signé Maxime Marquette
Encadré de transparence du chroniqueur
Positionnement éditorial
Ce texte est une chronique, pas un article de presse factuel. L’auteur, Maxime Marquette, est chroniqueur — il n’est pas journaliste et n’est soumis à aucun ordre professionnel de la presse. Il assume une posture éditoriale engagée en faveur de la défense de l’Ukraine et du respect des engagements internationaux. Cette posture est transparente et revendiquée.
Méthodologie et sources
Les faits présentés proviennent de sources ouvertes vérifiables: déclarations officielles du gouvernement belge, rapports de Defence Express, enquêtes de Reuters, données de l’état-major ukrainien, et couverture par des médias internationaux reconnus. Les chiffres sont sourcés et vérifiables. Les opinions, analyses et jugements de valeur sont ceux du chroniqueur et sont clairement identifiés par des passages en italique.
Nature de l’analyse
Cette chronique adopte la posture du Procureur: elle présente un dossier à charge contre le retard de livraison belge, étayé par des faits comparatifs et des données chiffrées. Le lecteur est invité à se forger sa propre opinion en consultant les sources primaires référencées ci-dessous. L’article est rédigé avec l’assistance de Claude, modèle d’intelligence artificielle d’Anthropic, sous la direction éditoriale de l’auteur.
Sources
Sources primaires
Defence Express — Belgium Pledged 30 F-16 Fighter Jets to Ukraine But Has Yet to Deliver a Single One in Three Years
Reuters / Euromaidan Press — Ukraine kept the F-16 missile shortage secret for months — pilots were flying with rotary cannons
Euromaidan Press — Belgian F-16s can carry JDAMs and AIM-120Ds — but Ukraine cannot use them yet
Defence Express — Ukraine Confirms First Combat Use of FP-5 Flamingo Cruise Missile on Russia’s Kapustin Yar
Sources secondaires
Kyiv Independent — Over 800 Patriot missiles used in Middle East in 3 days — more than Ukraine since 2022
UNITED24 Media — Russia Launched Record Drone and Missile Attacks on Ukraine in February 2026
UNITED24 Media — Russia Intensifies Air War, Launches Record 5,700 Guided Bomb Attacks in January
Militarnyi — Russian Aviation Drops Record 328 Guided Bombs in a Day
Defence24 — Belgium’s promised F-16s are still missing
The Aviationist — Netherlands Completes Delivery of 24 F-16s to Ukraine
Defence Industry EU — Ukraine reports F-16 combat record: 1,300 air interceptions and 300 ground strikes since 2024
Defense News — Novel interceptor drones bend air-defense economics in Ukraine’s favor
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