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CHRONIQUE : Dix morts, quarante blessés — et le monde qui continue de tourner
Crédit: Adobe Stock

Un drone toutes les trois minutes

Dans la nuit du 7 mars, la Russie a lancé 480 drones et 29 missiles contre l’Ukraine. Quatre cent quatre-vingts drones. Le chiffre mérite qu’on s’arrête. Qu’on le visualise. C’est un drone qui décolle toutes les trois minutes, pendant vingt-quatre heures. Sans pause. Sans répit. Un bourdonnement mécanique dans le ciel noir de l’Ukraine, constant comme un battement de coeur — sauf que ce battement-là est conçu pour en arrêter d’autres.

La défense aérienne ukrainienne en a abattu 453. Dix-neuf missiles interceptés sur 29. Un taux d’interception de 94 pour cent pour les drones, de 66 pour cent pour les missiles. Des chiffres qui forcent le respect. Mais la guerre est une affaire de mathématiques cruelles : les 27 drones et les 10 missiles qui ont percé le bouclier ont frappé 22 sites à travers le pays. Et parmi ces 22 sites, un immeuble à Kharkiv où une institutrice dormait à côté de son fils.

453 drones abattus. 19 missiles interceptés. Des opérateurs qui n’ont pas dormi pour que des millions d’Ukrainiens puissent fermer les yeux. On célèbre rarement ceux qui empêchent les catastrophes. On ne parle que de celles qui arrivent. Ce déséquilibre-là est aussi une forme d’injustice.

Les cibles : tout ce qui maintient un pays en vie

Les frappes n’ont pas seulement visé des immeubles. Elles ont ciblé les installations énergétiques de Kyiv, Kharkiv et Donetsk. Les infrastructures de production de chaleur. En mars, quand les nuits ukrainiennes descendent encore sous zéro. Résultat : 2 806 appartements privés de chauffage dans quatre districts de Kyiv. Sept régions frappées par des coupures d’électricité d’urgence. Quatre gares ferroviaires touchées dans le centre de l’Ukraine, forçant la modification des trajets.

La logique est limpide. Quand on ne peut pas conquérir un peuple sur le champ de bataille, on détruit ce qui le fait tenir debout. Le chauffage. L’électricité. Les transports. On transforme chaque nuit d’hiver en épreuve de survie. On force les gens à choisir entre rester et geler ou fuir et tout perdre. Ce n’est pas de la stratégie militaire. C’est de la punition collective. Et la punition collective est un crime de guerre au sens de la Quatrième Convention de Genève.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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