Skip to content
ANALYSE : Iran — Que vient-il ensuite? Quatre scénarios, une seule certitude : rien ne sera comme avant
Crédit: Adobe Stock

Le pari que les bombes suffisent à briser une volonté de quarante-cinq ans

Le premier scénario est le plus optimiste — du point de vue de Washington et de Tel Aviv. Le régime iranien, privé de son guide suprême, décapité dans sa chaîne de commandement, martelé par des frappes incessantes sur ses infrastructures militaires, finit par capituler. Il accepte les conditions — dénucléarisation, abandon du soutien aux proxies, réintégration dans un ordre régional acceptable. La guerre se termine par un acte de reddition, formel ou tacite. C’est la projection la plus séduisante. Et aussi la moins probable, selon les analystes européens.

Pourquoi? Parce que la République islamique n’a pas survécu à quarante-cinq ans de sanctions occidentales, de guerre contre l’Irak, de pressions internes et d’assassinats ciblés en étant fragile. Elle a survécu parce qu’elle est construite pour survivre. Les Gardiens de la Révolution — le CGRI — ont dispersé leur commandement. Leurs bases de missiles étaient enterrées dans des bunkers profonds à travers tout le pays. Leurs réseaux de proxiesHezbollah au Liban, les Houthis au Yémen, les milices irakiennes, le Hamas à Gaza — ne dépendent pas d’un commandement centralisé pour fonctionner. Et pourtant, il y a une logique à ce scénario. La mort de Khamenei a créé un vide de succession que le régime n’avait pas anticipé. Les factions internes du pouvoir iranien — les pragmatiques contre les ultras, les technocrates contre les idéologues — pourraient se déchirer en l’absence de l’arbitre suprême.

Le précédent qui n’en est pas un : pourquoi l’Iran n’est pas l’Irak de 2003

On entend souvent la comparaison avec l’Irak de 2003. Saddam Hussein éliminé. Régime décapité. Et pourtant — pourtant — ce qui a suivi n’a pas été la capitulation. Ce qui a suivi a été huit ans de guerre civile, la naissance de l’État islamique, et une déstabilisation dont le Moyen-Orient porte encore les cicatrices en 2026. L’Irak de 2003 était un État affaibli par douze ans de sanctions et une guerre du Golfe qui avait détruit ses capacités militaires conventionnelles. L’Iran de 2026 est une puissance régionale avec des missiles balistiques capables d’atteindre des cibles à deux mille kilomètres, un programme de drones sophistiqué, et un réseau de mandataires actifs sur quatre fronts simultanés.

La capitulation n’est pas impossible. Mais elle exige une condition que ni Washington ni Tel Aviv n’ont encore clairement définie : à qui offrir la paix? Qui, dans le régime iranien post-Khamenei, a l’autorité suffisante pour signer un accord? Qui a la légitimité politique pour dire à l’armée, aux Gardiens de la Révolution, aux milices que la guerre est terminée? Sans réponse à cette question, la capitulation n’est qu’un mot. Et les mots ne font pas taire les canons. La République islamique a une longue tradition de mener des guerres perdantes au nom de l’idéologie. La guerre contre l’Irak de 1980 à 1988 a coûté un million de morts. L’Iran a tenu huit ans. Il peut tenir encore.

Briser une nation, ce n’est pas la même chose que briser son régime. Et briser un régime, ce n’est pas la même chose que gagner la paix. On peut détruire une armée. On ne peut pas signer la paix avec un vide.

Sources

Sources primaires

Kyiv Post / Eurotopicshttps://www.kyivpost.com/post/71456 — «Iran War: What Comes Next?» — 7 mars 2026

La Stampa (Italie) — Analyse des quatre scénarios possibles de la guerre en Iran, citée dans Eurotopics — mars 2026

Mladina (Slovénie) — «Une aventure militaire dangereuse» — Analyse de la divergence entre objectifs militaires et politiques — mars 2026

Polityka (Pologne) — Analyse du rôle des Basij dans la répression d’un éventuel soulèvement populaire — mars 2026

Sources secondaires

Karar (Turquie) — Analyse de la nécessité d’une invasion terrestre et des dynamiques MAGA face aux conflits non-continentaux — mars 2026

Mădălin Hodor (Roumanie) — Chronique sur la résilience iranienne et la comparaison avec la stratégie vietnamienne — mars 2026

Pierre Firode (France) — Analyse de la théorie de l’effondrement du régime post-décapitation — mars 2026

Brookings Institution — Analyses sur les précédents des campagnes aériennes et les risques de perturbation du détroit d’Ormuz — https://www.brookings.edu

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

facebook icon twitter icon linkedin icon
Copié!
Plus de contenu