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ANALYSE : La mer Noire ne protège plus rien — Ukraine coulasse la flotte russe dans son dernier refuge
Crédit: Adobe Stock

Le Valentin Pikul — un dragueur de mines qui ne draguera plus

Le Valentin Pikul porte le nom d’un écrivain russe. Un écrivain qui aimait les romans historiques sur la marine impériale. Ironie cruelle : le navire qui porte son nom vient de rejoindre l’histoire de la manière la plus brutale qui soit. Mis en service en 2001, ce dragueur de mines de la flotte de la mer Noire avait une mission précise : escorter les navires, détecter et neutraliser les mines sous-marines, sécuriser les routes maritimes pour que la flotte puisse manœuvrer. Il avait même été déployé en Méditerranée lors des opérations syriennes. Vingt-cinq ans de service. Un équipement de déminage sophistiqué. Des opérateurs entraînés.

La nuit du 2 mars, un drone ukrainien l’a frappé à la poupe. L’arrière du navire — là où se concentre tout l’équipement de dragage — a été pulvérisé. Ce n’est pas une blessure superficielle. C’est une amputation fonctionnelle. Le Valentin Pikul ne peut plus drainer. Il ne peut plus traiter les champs de mines. Sans dragueur de mines opérationnel, chaque sortie des navires russes devient une aventure à hauts risques. Les eaux qui entourent les ports militaires sont maintenant des zones d’incertitude. Les routes que la flotte devait emprunter sont potentiellement minées. La Russie vient de perdre les yeux de sa flotte sous l’eau.

Un navire conçu pour protéger les autres ne peut plus se protéger lui-même. C’est toute la métaphore de cette guerre navale.

Yeysk, Kasimov et la frégate Essen — le reste du tableau

Les navires anti-sous-marins Yeysk et Kasimov ont subi des dommages qualifiés de graves par les sources du SBU. Leur rôle ? Traquer les sous-marins ennemis. Protéger la flotte contre les attaques venues des profondeurs. Deux chasseurs désormais chassés par leurs propres blessures. Leur mise hors service partielle ou totale laisse les autres navires de la flotte exposés à une menace de flanc qu’ils ne peuvent plus surveiller efficacement.

Quant à la frégate Admiral Essen, l’information est venue d’abord des sources de l’état-major ukrainien, confirmée avec prudence. L’Admiral Essen appartient à la classe Grigorovich, les frégates les plus modernes de la flotte russe en mer Noire. Ce sont elles qui tirent des missiles de croisière Kalibr sur les villes ukrainiennes. Ce sont elles qui prolongent la terreur au-delà des lignes de front, qui frappent les hôpitaux, les sous-stations électriques, les immeubles résidentiels de Kyiv ou de Kharkiv à trois heures du matin. Une frégate Grigorovich touchée, c’est une frégate qui ne peut pas lancer de Kalibr. C’est une nuit où Kharkiv dort un peu mieux.

Ces navires ne sont pas des abstractions militaires. Chaque Kalibr qu’ils n’ont pas pu lancer, c’est un immeuble qui n’a pas été pulvérisé. Un enfant qui dort encore dans son lit.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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