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ANALYSE : Le système Merops, baptisé dans le feu ukrainien, s’apprête à affronter les Shahed iraniens au Moyen-Orient
Crédit: Adobe Stock

Perennial Autonomy, Project Eagle et l’ombre d’Eric Schmidt

Derrière le nom Merops — un oiseau insectivore, guêpier de son état, connu pour attraper ses proies en plein vol — se cache une architecture d’une élégance redoutable. Développé par Perennial Autonomy, une startup soutenue par l’ancien PDG de Google Eric Schmidt dans le cadre de l’initiative américaine Project Eagle, le système Merops n’est pas un drone. C’est un réseau.

À son cœur : les drones Surveyor, des intercepteurs capables de dépasser 280 kilomètres par heure, coûtant environ 15 000 dollars l’unité. Autour d’eux : une station de contrôle au sol, des plateformes de lancement, et surtout, une couche d’intelligence artificielle qui leur permet de naviguer et d’identifier leurs cibles même quand le GPS et les communications électroniques sont brouillées. Dans la guerre en Ukraine, le brouillage électronique est une réalité permanente. Le Merops y a survécu. Plus que survécu : il y a prospéré.

L’ensemble du système tient dans le coffre d’une camionnette de taille moyenne. Pas un destroyer. Pas une batterie Patriot de plusieurs tonnes nécessitant des heures de déploiement. Une camionnette. L’équipage complet : quatre personnes. Commandant, pilote, deux techniciens. Formation : deux semaines.

Mille drones. Le bilan d’un fantôme

Le Merops a opéré en secret pendant des mois. Son existence n’a été confirmée qu’après que le bilan ne soit devenu impossible à taire. En novembre 2025, les premières fuites : le système avait déjà abattu plus de mille drones de type Shahed au-dessus de l’Ukraine. Pas des prototypes. Des cibles réelles, chargées, en vol de mission contre des civils.

Pour comprendre ce que ce chiffre signifie : mille Shahed à 30 000 dollars pièce représentent 30 millions de dollars de matériel ennemi neutralisé. Si l’Ukraine avait utilisé des missiles Patriot à 3 millions de dollars l’unité pour les abattre, la facture aurait dépassé 3 milliards de dollars. Le Merops a réalisé ce travail pour une fraction infime de ce coût.

Le général Ross, qui dirigeait la task force du Pentagone lors de sa visite à Kyiv, a été clair : «Je suis allé en Ukraine pour comprendre la technologie qu’ils utilisent pour protéger leurs sites.» Ce n’est pas un compliment diplomatique. C’est une confession : l’élève américain venait apprendre chez son protégé ukrainien.

Il y a quelque chose de vertigineux à réaliser que le pays le plus envahi d’Europe est devenu le laboratoire le plus avancé de la défense aérienne mondiale. Que ses ingénieurs, ses militaires, ses entrepreneurs ont développé sous les bombes ce que les grands complexes militaro-industriels occidentaux n’avaient pas su anticiper depuis leurs bureaux climatisés.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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