Skip to content
ANALYSE : L’Iran tire encore — et les experts préviennent que la menace résiduelle pourrait changer l’issue de la guerre
Crédit: Adobe Stock

Ce que les frappes américaines et israéliennes ont réellement détruit

Les communiqués officiels ont été généreux en superlatifs. Installations détruites. Capacités dégradées. Arsenal affaibli. Tout cela est vrai, en partie. Les frappes combinées américano-israéliennes ont infligé des dommages réels aux capacités de production et aux stocks de missiles balistiques de longue portée. Mais voici ce que les experts de Kristian Patrick Alexander, de l’Académie Rabdan, et de Francesco Schiavi, du Middle East Institute Switzerland, soulignent avec insistance : la capacité iranienne à lancer des drones et des missiles de croisière demeure opérationnelle.

L’Iran n’a pas perdu sa capacité de nuire. Il a perdu une partie de sa capacité de frapper avec précision à grande distance. La distinction est fondamentale. Les Shahed-136, ces drones-kamikazes produits en série à faible coût, continuent d’être fabriqués. Les lignes de production n’ont pas toutes été touchées. Les stocks dispersés dans des installations souterraines, des tunnels et des sites cachés à travers le territoire iranien n’ont pas été intégralement détruits. Téhéran a eu des décennies pour apprendre à disperser, camoufler et dupliquer ses capacités militaires.

La doctrine de la dispersion : pourquoi l’Iran est difficile à neutraliser totalement

Depuis les années 1980, la doctrine militaire iranienne repose sur un principe simple : ne jamais mettre tous ses œufs dans le même panier. Les Gardiens de la Révolution islamique ont construit un réseau complexe d’installations militaires enfouies, de dépôts dispersés, de lignes de production délocalisées. Ils ont tiré les leçons des guerres américaines contre l’Irak, de la destruction des installations libyennes, des frappes israéliennes sur la Syrie. Chaque frappe ennemie a été analysée, intégrée, transformée en doctrine.

Le résultat est une architecture militaire qui ressemble à une hydre : couper une tête ne tue pas la bête. Les experts avertissent que même après des frappes massives, l’Iran conserve la capacité d’organiser des vagues d’attaques coordonnées, utilisant ses réseaux de mandataires — Houthis au Yémen, milices pro-iraniennes en Irak et en Syrie — pour multiplier les vecteurs d’attaque et rendre la défense encore plus complexe. C’est une guerre de réseau contre une guerre de positions fixes. Et le réseau, par nature, est plus difficile à détruire.

Il y a une chose que les cartes d’état-major ne montrent pas : la résilience d’une doctrine forgée dans quarante ans de pression, de sanctions et de menaces existentielles. L’Iran a été entraîné à survivre à exactement ce type de campagne. Et pourtant, les planificateurs occidentaux semblent chaque fois surpris que la machine continue de tourner.

Sources

Sources primaires

Military TimesIran can still fire drones and missiles — experts weigh the implications on the war

Sources secondaires

Middle East Institute Switzerland — Analyses de Francesco Schiavi sur les coûts asymétriques de la guerre de drones — https://www.mei.edu/

Rabdan Academy (Abu Dhabi) — Recherches de Kristian Patrick Alexander sur les doctrines de défense anti-drone dans le Golfe — https://www.rabdan.ac.ae/

US Congressional Research Service — Rapports sur les systèmes de défense antimissile dans la région Golfe-Moyen-Orient — https://crsreports.congress.gov/product/pdf/RL/RL31111

International Institute for Strategic Studies (IISS) — Military Balance 2025, données sur les arsenaux iraniens de missiles et drones — https://www.iiss.org/publications/the-military-balance/

Center for Strategic and International Studies (CSIS) — Missile Defense Project: Iran’s Missile Arsenal — https://missilethreat.csis.org/country/iran/

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

facebook icon twitter icon linkedin icon
Copié!
Plus de contenu