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ANALYSE : Mojtaba Khamenei, le dauphin sous pression — quand les Gardiens de la Révolution font un roi
Crédit: Adobe Stock

Un homme dans l’ombre depuis vingt-sept ans

Mojtaba Hosseini Khamenei est né le 8 septembre 1969. Il a grandi dans les coulisses du pouvoir absolu, fils du deuxième Guide suprême de la République islamique. À 18 ans, il rejoint les Gardiens de la Révolution et combat dans la guerre Iran-Irak. À partir de 1999, il occupe un poste discret mais stratégique : chef adjoint de l’état-major du Guide suprême pour les affaires politiques et sécuritaires. Il n’a jamais brigué un mandat électif. Il n’a jamais prononcé de grande allocution publique. Il a opéré dans l’ombre pendant 27 ans.

Ce que l’on sait de lui est précis et inquiétant. En 2009, lors du Mouvement vert — le soulèvement populaire qui a suivi la réélection contestée de Mahmoud Ahmadinejad — c’est Mojtaba Khamenei qui a supervisé le déploiement de la force paramilitaire Basij pour écraser les manifestants pacifiques. Des dizaines de morts. Des milliers d’arrestations. Des étudiants battus dans les rues de Téhéran. Son nom est apparu dans des rapports de militants iraniens des droits humains, associé à cette répression.

Ses positions politiques, selon les analystes qui le suivent depuis des années, se situent « parmi les plus dures des conservateurs iraniens ». Ce n’est pas un modéré contraint par les circonstances. C’est un idéologue de la ligne la plus intransigeante, formé dans les entrailles du dispositif sécuritaire de son père.

On nous dit que sa nomination représente la « continuité ». Mais la continuité de quoi, exactement? Continuité d’un régime qui tire sur ses propres manifestants. Continuité d’une ligne qui a conduit l’Iran à se retrouver en guerre contre deux des armées les plus puissantes du monde. Appeler ça de la stabilité, c’est confondre l’inertie et la résistance.

L’IRGC derrière le trône

Le processus de désignation de Mojtaba Khamenei révèle une réalité que personne à Téhéran n’ose dire à voix haute : les Gardiens de la Révolution ont pris le contrôle de la transition. Dès le 3 mars 2026, selon

Iran International

, des commandants de l’IRGC ont commencé à faire pression sur les membres de l’Assemblée des experts pour qu’ils votent pour le fils Khamenei. Au moins 8 membres ont annoncé boycotter la deuxième session du 5 mars, invoquant explicitement les « pressions intenses » exercées par les militaires.

L’Assemblée des experts est supposée être une institution cléricale indépendante. Elle vient de se soumettre à une organisation paramilitaire. Ce glissement est peut-être le fait le plus important de toute cette succession — plus important que l’identité de l’homme choisi.

Et pourtant, une fois le vote annoncé, les allégeances se sont multipliées à une vitesse qui donnait le vertige. Le corps armé de l’Iran, les forces régulières, la police, le Parlement, le ministère des Affaires étrangères : institution par institution, les déclarations de loyauté ont afflué. Le porte-parole du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, a qualifié l’obéissance au nouveau Guide suprême de « devoir religieux et national ».

Il y a une vieille technique de pouvoir : une fois la décision prise, on organise le spectacle de l’unanimité. Chaque serment d’allégeance qui suit le précédent rend le précédent irréversible. L’Iran ne se rallie pas librement à Mojtaba Khamenei. L’Iran se soumet à un fait accompli militairement orchestré.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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