Quand Starlink change de camp
Derrière les gains territoriaux, il y a une opération que les analystes militaires considèrent comme un tournant tactique. Les forces ukrainiennes ont réussi à perturber l’accès des troupes russes au réseau Starlink. L’information, révélée par Euromaidan Press le 2 mars, explique en partie la rapidité de l’avancée ukrainienne. Les unités russes, qui dépendaient massivement du réseau satellitaire pour coordonner leurs opérations, se sont retrouvées coupées de leur système de commandement. La conscience situationnelle des forces d’occupation a été réduite à néant dans la phase initiale de l’opération. La gestion des unités au sol s’est effondrée. Les commandants de terrain ne savaient plus où se trouvaient leurs propres soldats.
Voici l’ironie suprême de cette guerre. La Russie, qui dépensait des milliards pour son complexe militaro-industriel, a été mise en déroute par une opération qui a exploité sa dépendance à un réseau commercial américain. L’armée qui se vante de pouvoir frapper n’importe où sur la planète ne savait plus où se trouvaient ses propres hommes.
Le chaos dans les rangs russes
Sans Starlink, les commandants russes sur le front d’Oleksandrivka ont perdu leur capacité de coordination en temps réel. Les parachutistes ukrainiens ont exploité ce chaos avec une précision chirurgicale. Les forces aéroportées, considérées comme l’élite de l’armée ukrainienne, ont avancé à une vitesse que personne n’avait observée depuis 2023. Le major-général Apostol a reçu la meilleure évaluation de performance de février 2026 pour ces résultats. Et pourtant, Syrskyi a rappelé un fait qui donne la mesure du défi : les forces russes dans ce secteur sont en supériorité numérique de presque trois contre un. Avancer en infériorité numérique de cette ampleur relève de l’exploit tactique. Ou du désespoir de l’adversaire.
Février 2026 réécrit les manuels militaires
Le mois où tout a changé
L’ISW a posé les mots qui comptent : en février 2026, les forces ukrainiennes ont repris plus de terrain qu’elles n’en ont perdu. C’est la première fois que cela se produit depuis l’été 2023. Les chiffres sont précis. Entre le 14 et le 20 février, le gain net ukrainien était de 33 km2. Entre le 21 et le 27 février, il a bondi à 57 km2. En cumul depuis le 1er janvier, environ 257 km2 reconquis selon la méthodologie ISW, qui admet elle-même sous-estimer les avancées ukrainiennes. Rappelons les derniers gains nets ukrainiens de cette ampleur : 377 km2 en juin 2023, 257 km2 en juillet 2023, puis plus rien. Vingt mois de recul, de défense acharnée, de terrain perdu mètre par mètre. Et soudain, le pendule repart.
Vingt mois. C’est le temps qu’il a fallu aux Ukrainiens pour inverser la tendance. Vingt mois de tranchées, de boue, de froid, de drones, de morts. Vingt mois pendant lesquels les sceptiques comptaient les kilomètres perdus comme on compte les clous d’un cercueil. Et pourtant.
L’offensive d’hiver russe en miettes
Pour comprendre la portée de ces gains ukrainiens, il faut se rappeler ce que la Russie avait prévu pour cet hiver. L’offensive hivernale russe, planifiée pour exploiter le froid et les bombardements massifs contre les infrastructures énergétiques, devait briser la résistance ukrainienne. Zelensky l’a dit sans détour : Poutine a perdu son offensive d’hiver. Les 228 frappes de missiles, les 104 frappes aériennes et les 293 800 missions de drones de combat lancées en février n’ont pas suffi. La Russie a frappé les centrales électriques pendant que les températures plongeaient sous zéro, espérant geler la volonté ukrainienne. La volonté n’a pas gelé. Le front, lui, a bougé dans la mauvaise direction pour Moscou.
35 000 soldats par mois : l'hémorragie russe
Le prix humain de l’entêtement
35 000 soldats russes perdus chaque mois. Le chiffre, avancé par Zelensky dans son entrevue avec le Corriere della Sera, donne le vertige. C’est l’équivalent d’une division complète anéantie toutes les quatre semaines. Le président ukrainien a ajouté une observation clinique : le recrutement russe égale désormais les pertes. L’armée russe a cessé de croître. Elle remplace ses morts à la même vitesse qu’elle les produit, comme un organisme qui ne guérit plus mais qui ne meurt pas encore. Poutine, selon Zelensky, préparerait la mobilisation de 400 000 hommes supplémentaires. Quatre cent mille. Le chiffre dit la panique mieux qu’un discours.
Nous ne perdons pas, et la Russie n’est toujours pas satisfaite, a dit Zelensky. Ils perdent beaucoup de gens, jusqu’à 35 000 par mois. Il y a quelque chose de glaçant dans cette comptabilité. Pas parce que les chiffres sont abstraits. Parce qu’ils représentent des fils, des pères, des frères envoyés dans un hachoir par un homme qui ne mettra jamais les pieds dans une tranchée.
Une armée proche de la crise
Zelensky a qualifié l’armée russe de proche de la crise. Les analystes militaires occidentaux nuancent, mais les indicateurs convergent. La capacité de raffinage pétrolier russe a été réduite de 24,8 % par les frappes en profondeur ukrainiennes. L’utilisation de drones FPV russes a chuté de 18 %. L’usine de Votkinsk, qui produit les missiles Iskander-M et les missiles Oreshnik, a été frappée. 85 cibles stratégiques ont été atteintes par les capacités de frappe en profondeur ukrainiennes en février. Et pourtant, la machine russe continue de tourner. Pas parce qu’elle est invincible. Parce qu’elle n’a pas encore compris qu’elle saigne.
Les parachutistes qui ont changé la donne
L’unité Artan et les forces aéroportées
Le rôle des forces d’assaut aéroportées dans cette contre-offensive mérite d’être souligné. Ce sont eux, les parachutistes du major-général Apostol, qui ont mené l’opération d’Oleksandrivka. L’unité spéciale Artan a repris le contrôle de positions près de Stepnohirsk, dans la région de Zaporijjia. Ces forces, entraînées selon les standards OTAN, ont démontré une capacité de manoeuvre que les observateurs pensaient disparue du champ de bataille ukrainien. En février, l’Ukraine a augmenté de 25 % sa capacité de réparation et restauration d’équipement militaire par rapport à janvier. Chaque char réparé, chaque véhicule blindé remis en état, chaque système d’artillerie recalibré contribue à cette dynamique offensive.
On parle souvent des armes livrées par l’Occident. Rarement des mains ukrainiennes qui les réparent, les adaptent, les remettent au combat. Cette guerre se gagne aussi dans les ateliers, les garages, les hangars où des mécaniciens travaillent sous les bombardements pour remettre un blindé en état de marche avant l’aube.
L’aide militaire internationale en accélération
L’aide militaire internationale s’est améliorée en février 2026, selon le rapport du commandement ukrainien. Les livraisons d’armes arrivent plus vite, en quantité plus grande, et avec une coordination qui reflète les leçons des retards catastrophiques de 2024. Les Pays-Bas ont annoncé 3 milliards d’euros d’aide annuelle. L’Union européenne prépare un plan d’investissement de 15 milliards. L’Allemagne est devenue le deuxième exportateur d’armes mondial, dépassant la Chine, en grande partie grâce aux livraisons à l’Ukraine. Mais la vraie question n’est jamais la quantité. C’est le timing. Et pour la première fois depuis longtemps, les armes arrivent au bon moment.
Ce que l'ISW ne dit pas — et ce que cela signifie
La sous-estimation méthodologique
L’Institute for the Study of War a reconnu un fait important : sa méthodologie cartographique sous-estime probablement les avancées ukrainiennes. Les 257 km2 comptabilisés par l’ISW depuis janvier contrastent avec les 460 km2 annoncés par Zelensky. La différence n’est pas un mensonge. Elle reflète le décalage entre la confirmation visuelle — images satellites, vidéos géolocalisées — et la réalité du terrain dans une zone de guerre où l’information circule avec retard. L’ISW a aussi noté que les contre-attaques localisées des dernières semaines ont perturbé les préparatifs russes pour une offensive de printemps-été 2026. Les troupes russes doivent maintenant établir des défenses stables avant même de pouvoir envisager de reprendre le terrain perdu.
Il y a les chiffres prudents des analystes. Il y a les chiffres du terrain. Et il y a la réalité que personne ne conteste : la Russie recule dans le sud. Pas beaucoup. Pas partout. Mais elle recule. Et dans cette guerre, chaque mètre repris est un mètre que Moscou croyait acquis pour toujours.
Le piège stratégique pour Moscou
La contre-offensive d’Oleksandrivka a créé un dilemme stratégique pour le commandement russe. Chaque bataillon envoyé pour stabiliser le front sud est un bataillon retiré de l’offensive dans le Donetsk. Chaque système de défense aérienne redéployé vers Zaporijjia est un système en moins pour protéger les dépôts de munitions et les bases logistiques en Russie. L’Ukraine n’a peut-être pas les effectifs pour une offensive à grande échelle. Mais elle a la capacité tactique de forcer la Russie à jouer sur plusieurs fronts simultanément. Et la Russie, malgré sa supériorité numérique, n’a pas les ressources infinies qu’elle prétend avoir.
La Russie prépare sa riposte — mais avec quoi
400 000 hommes supplémentaires : la mobilisation fantôme
La mobilisation de 400 000 soldats supplémentaires, évoquée par Zelensky, dit tout ce qu’il faut savoir sur l’état réel de l’armée russe. Si Moscou n’avait pas besoin de ces hommes, elle ne les mobiliserait pas. Si l’offensive d’hiver avait fonctionné, ces renforts seraient inutiles. Mais l’offensive a échoué. Le front d’Oleksandrivka a cédé. Et maintenant, Poutine doit trouver 400 000 personnes prêtes à mourir pour des kilomètres carrés que l’Ukraine vient de reprendre. À quel moment un pays commence-t-il à compter ses morts comme on compte une ressource renouvelable? La Russie a franchi cette ligne depuis longtemps.
400 000 hommes. Ce ne sont pas des soldats. Ce sont des numéros sur une feuille de calcul. Des corps qui remplaceront d’autres corps dans des tranchées que personne ne veut occuper. Et pourtant, quelqu’un signera l’ordre. Quelqu’un les enverra. Quelqu’un comptera ceux qui ne reviendront pas.
L’offensive de printemps compromise
Les analystes de l’ISW ont été clairs : les succès ukrainiens des dernières semaines ne se transformeront probablement pas en contre-offensive à grande échelle. Les forces russes vont vraisemblablement stabiliser leurs positions et recommencer à avancer. Mais le mot clé est retard. L’offensive de printemps-été que Moscou planifiait a été perturbée. Le calendrier russe est brisé. Syrskyi l’a dit lui-même : l’ennemi a été contraint de reporter les dates de ses opérations planifiées. Chaque semaine de retard donne à l’Ukraine du temps pour renforcer ses défenses, recevoir de nouvelles armes, former de nouvelles unités. Le temps, dans cette guerre, est une arme. Et pour une fois, il joue en faveur de Kyiv.
Le front technologique où l'Ukraine domine
Les drones contre les divisions
L’Ukraine a fait un choix stratégique que Zelensky a résumé avec clarté : diversifier les méthodes de guerre pour compenser le désavantage démographique. La Russie a trois fois plus de population. Elle peut envoyer trois fois plus d’hommes. Mais un homme dans une tranchée ne vaut rien face à un drone FPV piloté depuis un sous-sol à des kilomètres de distance. L’Ukraine a complété 293 800 missions de drones de combat en février. La baisse de 18 % dans l’utilisation des FPV russes suggère que les capacités de guerre électronique ukrainiennes progressent. La production de drones ukrainiens s’accélère. Le modèle ukrainien prouve quelque chose que les manuels militaires refusaient d’admettre : on peut vaincre un ennemi numériquement supérieur si la technologie compense les effectifs.
L’avenir de la guerre ne se joue pas dans les casernes. Il se joue dans les garages où des ingénieurs ukrainiens de 25 ans programment des drones capables de détruire un char de 40 tonnes. La Russie envoie des hommes. L’Ukraine envoie des machines. Et les machines ne pleurent pas leurs enfants.
Les frappes en profondeur qui changent l’économie de guerre
La réduction de 24,8 % de la capacité de raffinage pétrolier russe n’est pas un simple chiffre. C’est une arme économique dévastatrice. Moins de pétrole raffiné, c’est moins de carburant pour les chars, les camions logistiques, les avions de combat. La frappe sur l’usine de Votkinsk — là où sont fabriqués les Iskander-M et les Oreshnik — atteint le coeur de la capacité balistique russe. Les 85 cibles stratégiques frappées en février dessinent une stratégie d’usure qui vise les fondations mêmes de la machine de guerre russe. Pas le front. L’arrière. Pas les soldats. Les usines qui les arment.
Houliapole : le deuxième front qui inquiète Moscou
L’axe oublié de la contre-offensive
Oleksandrivka capte toute l’attention. Mais c’est l’axe de Houliapole qui complète le tableau. Les forces ukrainiennes y mènent des opérations actives simultanées, forçant le commandement russe à diviser ses forces sur un arc de front qui s’étend du sud du Donetsk à la région de Zaporijjia. Syrskyi a mentionné les deux axes dans le même souffle : Oleksandrivka et Houliapole. Ce n’est pas un hasard. C’est une stratégie de dispersion qui exploite la faiblesse fondamentale de l’armée russe : sa rigidité de commandement. Les unités russes excellent quand elles avancent sur un axe unique avec une puissance de feu massive. Elles s’effondrent quand elles doivent défendre sur plusieurs fronts simultanément.
La guerre moderne ne se gagne pas par la force brute. Elle se gagne par l’intelligence opérationnelle. Par la capacité de frapper là où l’ennemi ne regarde pas. L’Ukraine ne peut pas affronter la Russie homme contre homme. Mais elle peut la forcer à regarder dans dix directions en même temps. Et un ennemi qui regarde partout ne voit rien.
Les implications pour le Donetsk
Chaque soldat russe redéployé vers le sud est un soldat en moins sur le front de Pokrovsk. Chaque système d’artillerie envoyé stabiliser Oleksandrivka est un système qui ne bombardera pas les positions ukrainiennes dans le Donetsk. L’offensive russe sur Pokrovsk, qui a dominé les analyses militaires pendant des mois, montre déjà des signes de ralentissement. La ville, décrite comme un objectif prioritaire de Moscou, reste sous contrôle ukrainien. Et les forces russes qui devaient la prendre sont maintenant partiellement occupées à empêcher l’Ukraine de reprendre le sud. C’est le paradoxe de cette contre-offensive : elle réussit autant par ce qu’elle conquiert que par ce qu’elle empêche.
Ce que personne ne veut entendre
Les limites de la percée
Il serait malhonnête de présenter Oleksandrivka comme le début de la libération totale. L’ISW a été catégorique : les contre-attaques localisées ont peu de chances de se transformer en contre-offensive à grande échelle. L’Ukraine manque d’effectifs. Elle manque de munitions d’artillerie en quantité suffisante pour soutenir une avancée prolongée. La supériorité aérienne russe demeure. Les bombes planantes continuent de frapper les positions ukrainiennes. Et la Russie, malgré ses pertes, conserve la capacité de mobiliser des centaines de milliers d’hommes supplémentaires. La vérité est que cette contre-offensive est un succès tactique remarquable dans un contexte stratégique qui reste extrêmement difficile pour l’Ukraine.
Dire la vérité, c’est aussi dire ce qu’on ne veut pas entendre. L’Ukraine avance à Oleksandrivka. Mais elle recule encore ailleurs. Elle gagne du terrain dans le sud. Mais elle en perd dans le Donetsk. La guerre n’est pas un match où un seul score compte. C’est un échiquier où chaque pièce prise libère une case et en expose une autre. Et pourtant, pour la première fois en vingt mois, l’Ukraine a l’initiative quelque part. C’est peu. C’est énorme.
Le facteur temps
Le temps est l’ennemi des deux camps. Pour l’Ukraine, chaque mois qui passe sans accord de paix signifie plus de morts, plus de destructions, plus d’infrastructures anéanties. Pour la Russie, chaque mois qui passe signifie 35 000 soldats de moins, des usines frappées, une économie de guerre qui dévore les réserves. Zelensky a insisté : l’Ukraine cherche la paix tout en renforçant sa position militaire. La contre-offensive d’Oleksandrivka sert les deux objectifs. Sur le terrain, elle reprend du territoire. À la table des négociations — si elle existe un jour — elle renforce la main ukrainienne. On ne négocie pas de la même position quand on recule que quand on avance.
L'histoire jugera ce que nous avons fait de ce moment
Le choix technologique comme acte de survie
Zelensky a résumé la philosophie ukrainienne en une phrase : l’Ukraine ne peut pas rivaliser en nombre avec la Russie, mais elle peut la surpasser en adaptation technologique. Ce n’est pas un slogan. C’est une doctrine de survie. Les 293 800 missions de drones en un mois, la perturbation de Starlink, les frappes sur les usines de missiles, la guerre électronique qui réduit l’utilisation des FPV russes de 18 % — tout cela forme un modèle que les armées du monde entier étudient déjà. L’Ukraine est devenue le laboratoire de la guerre du 21e siècle. Pas par choix. Par nécessité. Et la leçon qu’elle enseigne au monde est brutalement simple : la technologie multiplie la force. Un pays de 37 millions d’habitants peut tenir tête à un pays de 144 millions si sa capacité d’innovation dépasse la capacité de mobilisation de l’adversaire.
Et c’est peut-être ça, la vraie victoire d’Oleksandrivka. Pas les 460 km2 repris. Pas les neuf localités libérées. Mais la preuve vivante qu’un peuple qui refuse de mourir peut forcer un empire à douter. Que la taille ne fait pas tout. Que l’intelligence bat la masse. Que le courage, quand il est armé de technologie, peut déplacer des montagnes — ou au moins, des lignes de front.
Ce qui reste quand les cartes seront redessinées
Les cartes changeront encore. La Russie tentera de reprendre ce qu’elle a perdu. L’Ukraine tentera de conserver ce qu’elle a gagné. Les analystes publieront d’autres rapports. Les présidents feront d’autres déclarations. Mais ce qui restera de février-mars 2026, c’est le moment où l’Ukraine a prouvé que la Russie n’est pas invincible. Pas sur le papier — tout le monde le savait. Sur le terrain. Avec du sang, du métal et du code informatique. Les parachutistes d’Apostol n’ont pas seulement repris 460 km2. Ils ont repris quelque chose de plus précieux : la croyance qu’il est possible de repousser l’envahisseur. Et dans une guerre qui dure depuis plus de trois ans, la croyance est l’arme la plus puissante de toutes.
Signé Maxime Marquette
Sources
Sources primaires
Ukrinform — Ukrainian forces continue counteroffensive in Oleksandrivka sector — CINC Syrskyi, 9 mars 2026
Ukrinform — Ukraine regains more ground than it loses in February, first time in three years — ISW, mars 2026
Ukrainska Pravda — Ukraine regains control of 400 sq km on the Oleksandrivka front, commander-in-chief says, 9 mars 2026
UNITED24 Media — Ukrainian Counteroffensive Breaks Russian Lines, Reclaims 460Km2 as Moscow Bleeds 35,000 Troops a Month, 3 mars 2026
Kyiv Independent — Ukraine has liberated 400 square kilometers, 8 settlements on southern front since January, Syrskyi says, février 2026
Sources secondaires
RBC-Ukraine — Counteroffensive in southern Ukraine — 460 sq km reclaimed, Zelenskyy says, mars 2026
New Voice of Ukraine — Armed Forces of Ukraine have regained control over 460 square kilometers in 2026, Zelenskyy says, mars 2026
Euromaidan Press — Ukraine’s Air Assault Forces officially reveal southern operation that reclaimed 300+ km2 and eight settlements, 22 février 2026
Euromaidan Press — Oleksandrivka direction sees breakthrough — Russia loses coordination as Ukrainian paratroopers exploit chaos, 2 mars 2026
Euromaidan Press — Russia’s winter offensive ground to a halt as Ukraine recaptured more land than it lost in February, Syrskyi says, 3 mars 2026
Slate.fr — L’Ukraine avance dans cette région-clé : un tournant dans la guerre contre l’envahisseur russe, mars 2026
UNITED24 Media — How Ukraine Liberated 200 Sq Km in Its Fastest Push Since 2023 — Disrupting Russia’s 2026 Plans, février 2026
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