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ANALYSE : Poutine félicite le fils de l’ayatollah assassiné — quand Moscou investit dans les ruines de Téhéran
Crédit: Adobe Stock

L’homme de l’ombre sort de l’ombre

Mojtaba Khamenei a 56 ans. Il est le deuxième fils d’Ali Khamenei, né en 1969 à Mashhad, ville sainte du chiisme dans le nord-est de l’Iran. Il a grandi pendant que son père construisait la République islamique. Il a fréquenté le lycée d’élite Alavi. Il a rejoint les Gardiens de la Révolution pendant les dernières années de la guerre Iran-Irak, où il a tissé des liens avec les hommes qui deviendraient les piliers de l’appareil sécuritaire iranien. Puis il a étudié la théologie à Qom, sous la tutelle de clercs ultraconservateurs.

Son rang clérical est celui de « hujjat al-Islam » — un rang intermédiaire, bien en dessous de celui d’ayatollah. Il n’a jamais occupé de fonction officielle. Jamais été élu. Jamais prononcé un discours public majeur. Un analyste l’a décrit comme « une quantité inconnue — un type qu’on voit sur les photos, dans les réunions, toujours en arrière-plan ». Et pourtant, cet homme en arrière-plan contrôlait les rouages réels du pouvoir iranien depuis deux décennies. Il était le « portier » de son père — celui par qui passaient toutes les décisions, tous les rendez-vous, toutes les nominations.

Un homme sans visage public. Sans discours. Sans mandat. Sans même le rang religieux approprié. Et le voilà Guide suprême de 88 millions d’Iraniens. Pas par la volonté du peuple. Par la volonté des Gardiens de la Révolution. L’Iran de 2026 a remplacé un guide par un fantôme.

Le réseau Mojtaba — pouvoir, argent, répression

Le département du Trésor américain a sanctionné Mojtaba Khamenei en 2019, sous la première présidence de Trump. L’accusation était précise : Mojtaba « représentait le Guide suprême à titre officiel malgré le fait de n’avoir jamais été élu ou nommé à un poste gouvernemental ». Le Trésor américain ajoutait que le Guide suprême avait « délégué une partie de ses responsabilités de leadership à son fils ». Traduction : Mojtaba dirigeait déjà. Son père signait.

Le Trésor a aussi documenté sa collaboration avec le commandant des Gardiens de la Révolution et la Force de résistance Basij — la milice paramilitaire spécialisée dans la répression intérieure et l’écrasement de la dissidence politique. C’est Mojtaba qui aurait orchestré la montée au pouvoir du président ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad en 2005. C’est Mojtaba qui est soupçonné d’avoir manipulé la réélection contestée d’Ahmadinejad en 2009 — celle qui a provoqué le Mouvement vert, les manifestations massives, la répression sanglante. L’ancien président du Parlement Mehdi Karroubi l’a accusé publiquement, dans des lettres au Guide suprême, d’ingérence électorale. Karroubi a ensuite été placé en résidence surveillée en 2011. Il y est resté 14 ans. Sans procès.

Sanctionné par Washington. Accusé de manipulation électorale. Lié à la répression des manifestants. Architecte de l’ombre du régime de son père. Voilà le curriculum vitae du nouveau Guide suprême de l’Iran. Et voilà pourquoi les manifestants de 2009 scandaient dans les rues de Téhéran : « Mort à Mojtaba, pour que tu ne deviennes jamais le prochain Guide. »

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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