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ANALYSE : Quand un drone à 50 000 dollars aveugle un radar russe à 100 millions en Crimée
Crédit: Adobe Stock

Ce que voit un radar à 300 kilomètres

Le radar 64N6 Nadgrobok, que l’OTAN désigne sous le nom de code Tombstone, est un radar tridimensionnel à réseau phasé monté sur un châssis MAZ-74106 à huit roues motrices. Ce n’est pas un simple détecteur. C’est le système nerveux central des batteries S-300PM et S-400. Sans lui, ces systèmes de défense antiaérienne qui coûtent entre 115 et 500 millions de dollars par batterie deviennent des tubes de lancement inertes. Le Nadgrobok opère en bande S, capable de détecter des cibles aériennes à 300 kilomètres de distance et de suivre simultanément jusqu’à 200 cibles, y compris des avions de chasse, des bombardiers, des missiles de croisière et des missiles balistiques lancés depuis 1 000 kilomètres. Il surveille des cibles volant jusqu’à 27 000 mètres d’altitude à des vitesses pouvant atteindre 10 000 km/h. C’est un monstre technologique. Et pourtant, un drone ukrainien transportant une bombe de 100 kilos l’a réduit au silence.

Il existe un mot russe pour ce radar. Nadgrobok signifie littéralement pierre tombale. L’ironie est si parfaite qu’on croirait à une fiction. Le radar qui devait protéger la Crimée porte le nom de ce qu’il est devenu dans la nuit du 8 mars.

Le paradoxe du bouclier percé

Voici le paradoxe fondamental de cette guerre. La Russie a déployé en Crimée certains de ses systèmes de défense antiaérienne les plus sophistiqués au monde. Des S-400 Triumf. Des S-300PM. Des Pantsir-S1. Des Buk-M2. Un réseau conçu pour rendre le ciel impénétrable. Et pourtant, depuis 2025, l’Ukraine perfore ce bouclier avec une régularité qui confine à la méthode industrielle. En juin 2025, des drones ukrainiens ont endommagé deux radars de contrôle 92N2E, deux radars de détection 91N6E et un lanceur S-400. En septembre 2025, les Forces spéciales ont détruit le radar d’un S-300 à l’aérodrome de Saky. En novembre 2025, le poste de commandement d’un bataillon S-400 a été neutralisé en pleine veille de combat. Et maintenant, mars 2026, le Nadgrobok. Ce n’est plus une question de savoir si la Russie peut protéger la Crimée. C’est une question de savoir combien de temps elle pourra encore prétendre qu’elle la protège.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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