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ANALYSE : Quatre radars russes détruits en Crimée et un poste de commandement pulvérisé, quand les forces spéciales ukrainiennes aveuglent Moscou
Crédit: Adobe Stock

Un joyau technologique irremplaçable

Le 55Zh6U Nebo-U n’est pas un radar comme les autres. Adopté par l’armée russe en 1995, ce complexe radar mobile représente le sommet de la technologie soviétique modernisée. Son antenne réseau à commande de phase en forme de croix — la section horizontale servant de télémètre, la verticale d’altimètre — lui confère des capacités que peu de systèmes au monde peuvent égaler. Il opère en bande VHF avec une puissance crête de 500 kilowatts. Sa portée de détection atteint les 700 kilomètres pour des cibles de la taille d’un chasseur à haute altitude. À basse altitude, il repère encore des objets volants à 60 à 70 kilomètres. Et surtout, il est conçu pour détecter ce que les radars conventionnels ne voient pas : les missiles de croisière, les cibles balistiques et les aéronefs à faible signature radar. Valeur estimée : 100 millions de dollars. Un seul système. Détruit par des drones dont le coût unitaire représente une fraction infinitésimale de cette somme.

Quand la Russie parle de sa supériorité technologique, elle parle de systèmes comme le Nebo-U. Quand l’Ukraine détruit un Nebo-U avec un drone, elle ne détruit pas seulement du matériel — elle détruit un mythe. Celui de l’invincibilité technologique russe, cette fiction soigneusement entretenue qui s’effrite un peu plus chaque jour sous les frappes asymétriques de Kyiv.

La rareté comme facteur stratégique

Entre 2006 et 2011, la Russie n’a produit que 17 stations Nebo-U. Dix-sept. Pour couvrir un territoire qui s’étend de Kaliningrad à Vladivostok, de l’Arctique au Caucase. Chaque Nebo-U détruit en Ukraine est un trou dans le bouclier aérien russe qu’il est pratiquement impossible de combler. La production industrielle russe, sous le poids des sanctions occidentales qui limitent l’accès aux composants électroniques de pointe, ne peut tout simplement pas remplacer ces systèmes au rythme où l’Ukraine les détruit. Et pourtant, Moscou continue de déployer ces actifs irremplaçables dans des zones de plus en plus vulnérables aux frappes de drones. C’est comme placer ses dernières pièces maîtresses sur un échiquier où l’adversaire a appris à jouer avec des pions qui valent cent fois moins mais qui frappent cent fois plus vite.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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